20 août 2018
Les maquereaux de la démocratie.

Il paraît que si les salaires des grands patrons du privé comme du public grimpent en flèche, c’est parce qu’on les a obligatoirement divulgués depuis la parution d’une loi sur la transparence ! Dès lors, comme de grands enfants qui jouent « au plus fort, au plus costaud », ils ne veulent pas paraître les moins bien payés. Dans cette société, le seul critère de capacité, celui qui vous établit au sommet de l’intelligence et du savoir-faire, c’est l’argent que les actionnaires sont prêts à lâcher pour conserver le phénix sur la moquette du plus beau bureau de l’entreprise. Vous avez compris la hauteur du débat !
Si le salaire publié apparaît plus faible, la croyance collective va estimer la productivité de son bénéficiaire plus faible. Autrement dit, avec une rémunération inférieure à la moyenne ou à la baisse, tout le monde va le savoir et tout le monde va juger que ce patron n’est pas parmi l’élite du management. Au foot, c’est pareil. On est une grosse vedette, parce que le club fait des sacrifices financiers pour le garder.
Ce petit concours de mentons est remonté à la surface à l’occasion de la polémique autour du salaire du nouveau patron d’Air France. Il toucherait 3 fois le salaire de son prédécesseur Jean-Marc Janaillac et 22% de plus que le salaire moyen des patrons du CAC40, de 2,7 millions d’euros en 2017.
C’est un exemple français. De récentes polémiques en Belgique à propos des salaires publics et privés n’ont pas abordé la chose sous un autre aspect qu’une guerre de préau d’école gardienne, mais il va de soi que c’est le même raisonnement de caractériels.
Le grand public a évidemment difficile de digérer la chose. Comment expliquer un tel décalage, une telle inflation des salaires de haut niveau, alors même que les entreprises concernées connaissent des années difficiles, avec une croissance en berne, parfois des pertes, comme par exemple la grande distribution ?
Le coupable serait donc la transparence qui a provoqué les enchères scandaleuses.
L’idée était bonne au départ en dévoilant ces paies insensées, on espérait les contenir et éviter les scandales médiatiques. C’est l’inverse qui s’est produit.

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On a les chiffres pour la France, ce ne serait pas impossible qu’ils fussent identiques à la Belgique. Au début des années 2000 à 2015, l’écart de rémunération entre le patron et le salarié le moins bien payé est passé de «1 à 300 en 2000 à 1 à 373 en 2015». Il n’était que de 1 à 30 en 1978 et 1 à 60 en 1990 !
Ce n’est pas tant du pognon jeté par les fenêtres qu’on observe ici, c’est le mépris de ces harpagons qui mégotent 25 cents au personnel en salopette, tandis qu’ils en remplissent des valises au mirliflore qui s’essuie le fion à la feuille d’or, dans les lavabos privés de la haute direction.
Outre la signification de prestige, il y aurait une perte dans la capacité syndicale à faire respecter le travailleur en exigeant le maintien d’une différence « acceptable » entre les deux extrémités de rémunérations. Notez que ce devrait être aussi la préoccupation du monde politique, mais si c’est pour compter dessus que vous vous apprêtez à voter MR, autant vous dire que vous participez par ce geste à la branlette collective des grands chefs.
L’entreprise mondialisée échappe à l’action syndicale. Le syndicat n’est pas relayé par le personnel politique, car la démocratie échappe à la volonté du peuple, puisque les partis au pouvoir sont généralement pour la mondialisation et l’absence de contrôle des entreprises.
La hiérarchie patronale ne s’établit plus au regard des compétences mais en fonction du salaire. Les actionnaires supposent que si un patron est très bien payé, c’est qu’il est très bon et, à l’inverse, il est dans la seconde partie de tableau. «La rémunération des dirigeants est instrumentalisée. Elle devient à la fois un outil de mesure et un mécanisme d’influence».
Dans les échelons inférieurs, il y a un autre genre de conflit latent, c’est celui de la comparaison entre salaires du privé et salaires publics.
Ici, d’autres arguments sont pris en considération, mais quels qu’ils soient, entre le privé et le secteur public, il y a convergence d’intérêt dans les directions. Les différences ne sont jamais abolies par le salaire le plus faible tiré vers le haut, mais par le salaire le plus haut tiré vers le bas. Opposer les deux régimes est un vieux truc que tous les libéraux connaissent.
Avec ces phénomènes de l’argent qui font faire bon ménage à la démocratie maquée à l’économie mondialisée, on se demande si le seul moyen de se défendre ne serait pas de travailler au prorata de la différence de salaire. Plus le salaire du chef suprême est élevé, moindre devrait être la productivité du bas de l’échelle.

19 août 2018
Responsable, pas coupable !

On trouvera plus aisément d’arguments à dénoncer « le marchand d’idées » qui fait de la politique son business, que créditant de lettres de noblesse, un personnage politique qui se dévoue à la démocratie et qui rentre à peine dans ses frais.
Le « Tous pourris » est dans l’air du temps. Ce totalitarisme est contraire à la réalité.
Le dévouement au bien public veut encore dire quelque chose. Si ceux qui sont porteurs d’un idéal ne sont pas entendus comme ils le devraient, ce n’est pas qu’ils seraient peu nombreux, mais parce que les autres ne défendent pas des idées, mais leur beefsteak, dans un système économique idéalement conçu pour eux. Ils aménagent la démocratie à leur façon. Ils s’octroient augmentations et primes sans consulter leurs bailleurs de fonds, c’est-à-dire nous !
Non, l’honnêteté n’a pas disparu des milieux de la politique. Il se trouve même dans les partis participants perpétuels du pouvoir, des idéalistes en butte à l’hostilité des arrivistes et des carriéristes.
C’est évidemment dans des partis d’opposition que se retrouvent le plus d’idéalistes et de gens honnêtes. Ils veulent que changent les choses pour une autre économie dans une autre démocratie. N’étant pas aux affaires, les places, les profits, les mandats-rentes n’y tentent pas.
Un premier tri entre le bon grain et l’ivraie est simple à faire. On retient les noms de celles et ceux qui militent pour le non-cumul des mandats et entendent limiter à deux législatives le mandat rétribué.
Encore faudrait-il trouver une solution d’égalité entre les candidats pour la suite des carrières, en sachant qu’elle fait défaut, entre public et privé.
Cette démocratie est malade de ses carriéristes sans principe qui ne doivent leur réélection qu’à la notoriété qu’ils ont acquise au fil des tribunes et des complaisances journalistiques.
Les premières pages des gazettes sont pleines de leurs « exploits » et de leurs moindres faits et gestes. Avec la disparition du journalisme d’opinion qui était garant de la démocratie par la pluralité des organes de presse de toutes tendances, on a perdu l’exposition d’idées contradictoires, principe même de la démocratie.
Sous prétexte de neutralité objective, nous avons aujourd’hui en Belgique des journaux qui défendent tous la même opinion sous des couleurs diverses : celle des grands intérêts particuliers de l’économie libérale. Sous prétexte de neutralité, ils perpétuent une classe pluri-partis, celle des habitués du pouvoir qui ont leurs pantoufles dans les ministères.

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Stefan Zweig est un exemple d’idéaliste réduit au désespoir, puisqu’il se faisait une haute idée de la démocratie et des libertés, voyant Hitler au pouvoir partout en Europe, à 58 ans, au Brésil, le 11 février 1942, il mit fin à ses jours.
C’est à la fois pathétique et émouvant la sensibilité d’un citoyen si fortement attaché à la démocratie au point d’en arriver à vouloir disparaître avec elle.
D’ici à ce que l’on voie Charles Michel l’imiter par le constat de son échec, ou son comparse Bacquelaine disparaître dans l’eau pétillante de sa commune, au vu des innombrables pensionnés qui crèvent de faim, il y a de la marge. Que les fans de ces élites se rassurent. Responsable et jamais coupable, c’est la devise de la maison Belgique.
Rien ne faisait plus rendre espoir à Stephan Zweig. Tout chez nos nombrilistes est matière à satisfaction.
Ils osent tirer gloire du mauvais accueil qu’ils font aux étrangers, se vantent de mesures humanitaires et de sauvegarde. Puis, ils jettent derrière les barreaux de leurs centres fermés, des familles entières jusqu’aux enfants. Diminuent-ils le droit aux allocations de chômage, ils s’en félicitent. Didier Reynders fait du pied à la N-VA pour sauver son siège à Bruxelles, puis s’en va prendre la parole dans un club francophone pour vanter la francophonie ! Les grévistes d’une entreprise rentrent-ils dans leur usine la mort dans l’âme et sans avoir rien obtenu, qu’aussitôt Kriss Peeters, ministre fédéral du travail, triomphe et parle de bon sens !
Quelques jours après l’entretien avec Bernanos, lui aussi en exil, Zweig décidait d'avaler des barbituriques en compagnie de sa femme. Les clés de son suicide se trouvent dans son livre-testament « Le Monde d'hier ». Il y exprime la fin des libertés comme la fin du monde.
Il y écrivait : "il ne m'a été d'aucune aide d'avoir entraîné mon cœur durant presque un demi-siècle à battre au rythme universel d'un citoyen du monde. Non, le jour où l'on m'a retiré mon passeport, j'ai découvert qu'à 58 ans, qu'en perdant ma patrie, on perd bien davantage qu'un petit coin de terre délimité par des frontières".
Dans une lettre posthume, il ne reconnaît plus le monde qu’il voit, un monde où l'humanisme n'est qu'un mot vague sans contenu.
Encore un petit effort, les saltimbanques rue de la Loi nous poussent à ce désespoir. Seulement, attention, ne confondons pas, eux prennent des barbituriques seulement en doses homéopathiques, mais, par contre, si les chômeurs pouvaient se suicider…

18 août 2018
Ça vole bas chez Richard.

Cette époque est formidable, les libéraux ont bien raison de nous détester, si je n’étais pas obstinément de gauche, définitivement fauché, trop vieux, ayant trop étudié les philosophes de la raison pour me résoudre à dire qu’ils avaient tort, incurablement méfiant de ce duo adulé des mémères et des banquiers dont l’un porte un prénom (Michel) et l’autre une grande insignifiance sous l’apparence trompeuse des hyperboles d’Alain Gerlache et quarante ans de bonheur conjugal (Didjé), si enfin ma tante en avait, elle serait état-civilement mon oncle, je crois bien, oui, que j’irais me rafraîchir l’esprit en découvrant mille nouvelles manières de renouveler mon stock de sarcasmes, dans les miteuses réunions des partisans MR, fameusement enthousiastes de la société telle qu’elle est, c’est-à-dire une merde innommable !
N’en étant pas là, comme je m’enthousiasme pour un rien, qu’en plus j’en apprends un peu plus sur l’art de s’essuyer les pieds sur les pauvres pour accéder aux plus hautes fonctions de l’État et qu’en outre, tout en étant conscient que notre beau système économique est en train de faire en sorte que notre belle planète n’en a plus pour longtemps de nous héberger à titre gracieux, je constate avec la satisfaction égoïste du condamné à mort qui sait qu’il ne mourra pas seul, que les PIB de tous les pays « évolués » sont repartis à la hausse, hâtant la fermeture de l’établissement !
Acquise dans mon nouveau rang d’être bien éduqué et civilisé, une saine revue de l’actualité ne peut que passer par l’aviation. Je vous invite à vous émerveiller avec moi, de la science époustouflante de nos grands ingénieurs.
Plus vite, plus loin, plus cher: chaque patron veut son joujou volant, dont certains frôlent les 70 millions de dollars. Que les CPAS se réjouissent, ils trouveront de quoi se documenter dans les invendus de presse déversés par tombereaux entiers chez OXFAM, sous le titre « La révolution supersonique – Le projet de jet supersonique AS2, au-dessus de New York ». Cet appareil, dont le premier vol d’essai doit avoir lieu en 2023, pourrait voler à Mach 1,4 (1.700 km/h).
Vous vous rendez compte ? Non, vous ne vous en rendez pas compte, bande d’incrédules !
« Toujours plus grands, toujours plus chers. Dans le petit monde de l'aviation d'affaires, la guerre de l'ultra-haut de gamme fait rage. Bombardier a dévoilé le 28 mai au Salon EBACE de Genève deux nouveaux appareils, les Global 5500 et 6500, des avions à 46 et 56 millions de dollars pièce. Tout en haut du spectre, les prix vont jusqu'à tutoyer les 70 millions de dollars pour les Global 7500 de Bombardier et le G650 de Gulfstream, des joujoux de 14.000 kilomètres de rayon d'action. Ce segment ultra-premium est de loin le plus dynamique d'un secteur qui peine à se relever de la crise de 2009-2010. Le spécialiste des ventes d'avions Jetcraft estime le besoin à 1.775 avions, soit un marché de 115 milliards de dollars à se partager entre les trois leaders du segment, Gulfstream, Bombardier et Dassault Aviation. »
C’est fou ! En recopiant à la lettre près, cette nouvelle aéronautique du magazine Challenge de l’adorable Ghislaine Ottenheimer, je me suis persuadé que j’avais trouvé le plus merveilleux outil de propagande qu’une gauche cherche parfois désespérément. Celui qui consiste à recopier tel quel au sommet de l’ultra luxe, le gâchis que cela suppose et l’incroyable distance entre ceux qui voient la terre au plus mal, parce qu’ils ont les pieds dessus et ceux qui s’en foutent éperdument, parce qu’ils la voient depuis leur fauteuil plein cuir à plus de quarante mille pieds !

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La suite est tout aussi délicieuse, merci Ghislaine !
« Pourquoi cette frénésie d’achats d’avions ultra-luxe? «Un jet d’affaires ne vole en moyenne qu’une heure par jour, mais les clients achètent un avion en fonction des plus longues missions qu’ils ont à effectuer», explique Ernest Arvai, fondateur du cabinet Arvai Group. L’effet du «biggest toy on the tarmac» (le plus gros jouet sur le tarmac) joue également. «Beaucoup de clients veulent le dernier appareil sorti, la plus grande cabine, le plus grand rayon d’action, quel que soit leur besoin réel», résume Richard Aboulafia, vice-président du cabinet Teal Group. Ainsi, à peine le patron d’Amazon Jeff Bezos avait-il pris livraison de son G650ER, fleuron de la gamme Gulfstream, en 2015, qu’Elon Musk achetait le sien quelques mois plus tard. »
La suite serait tout aussi délectable, mais vous savez comme ces chroniques sont volontairement limitées à deux pages dactylographiées.
Voici quelques indices qui pourraient mettre un baume sur la disparition de votre Berlingo, victime de l’usure à ses deux cent mille kilomètres près…
Suignard/Dassault Aviation - Macdiarmid/Getty/AFP - Urman/Sipa. Rayon d’action : 11.000 km. PRIX : 53,8 millions de dollars. Ce best-seller a été adopté par le milliardaire russe Roman Abramovitch et le prince Albert de Monaco.
Farrell/BFA/SIPA - People Picture/Willi Sc/SIPAG650. Rayon d’action : 13.890 km. PRIX : 68,2 millions de dollars. C’est la référence des grands patrons américains, Elon Musk et Jeff Bezos en tête. Il a effectué en 2017 un vol New York-Paris en cinq heures et quarante-huit minutes.
Bombardier/SP - Meigneux/Sipa. Rayon d’action : 11.100 km. PRIX : 62,3 millions de dollars. De la gamme de l’avionneur canadien, le Global 6000, dont Bernard Arnault et Vincent Bolloré sont clients.
On en tellement heureux pour eux, vraiment, que toute chute, fût-elle grandiose, est superflue.

17 août 2018
Une perte…

Complètement ignoré des abrutis stipendiés pour vanter les mérites du système économique, donc délaissé des foules, Samir Amin vient de mourir. Ici et là, quelques curieux de gauche le connaissent comme une sorte de visionnaire de l’altermondialisme et du néo-marxisme, plutôt que spécialiste des économies du Sud, attendu que lorsqu’on s’appelle Samir et fervent opposant à l’impérialisme occidental, les bien-pensants du PS et les chaisières du MR ne lisent de tels économistes, qu’en se défendant mal de leur préjugé raciste, venu de ce que vulgairement Louis-Ferdinand Céline appelle « leur trognon ».
Pourtant de mère française et de culture idoine, Samir Amin devrait être des nôtres glapirait Richard Miller qui s’étonne que l’on puisse être intelligent et cultivé sans être du MR.
C’est que son parcours douche les enthousiasmes des démocraties bourgeoises. En 1957, il devient militant de la nouvelle gauche, proche des courants maoïstes et tiers-mondistes. Il élabore alors une théorie en opposition frontale au capitalisme moderne, en mettant en avant l’accaparement par les pays du Nord des richesses des pays du Sud sous couvert d’un développement indifférencié.
Ce qui le dissocie de Sartre (c’est une opinion personnelle) est son accessibilité à la lecture pour tous. Et puis Sartre, c’est autre chose aussi dans l’approche de la philosophie et de la fiction romancée. Samir Amin est un économiste avec une touche d’extravagance moyen-orientale et une écriture fluide. C’est tout. Mais c’est beaucoup en même temps.
Il a pris le système à contre-pied, dans une critique de la division internationale du travail qui fait référence.
Il nous met devant une réalité : l’hégémonie des pays riches et développés contre les pays pauvres et sous-développés. Les premiers monopolisent les moyens et les facteurs de production et donnent ainsi des ordres aux seconds, qui ne sont que des exécuteurs.
L’ordre mondial actuel est le résultat du deal et ne profite qu’à quelques rares privilégiés qui s’entendent pour accaparer la plus grande part de créations de richesse, produite dans les pays pauvres, arrivant même jusqu’à rendre précaire la situation des travailleurs des riches démocraties, par contagion de l’identité des tâches. C’est écrit comme je le pense, puisque nos éminences en matière d’économie font défaut et n’ont d’yeux que pour le télégénique François Lenglet. Samir Amin critique la sacro-sainte division du travail bêlée par les économistes du genre de Roland Gilet (1) à la dévotion des partis de pouvoir classiques.

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L’économie actuelle vulgarise le système productif de l’entreprise en parcellisant les tâches les rendant ainsi accessibles à tous sans pratiquement d’apprentissage. À l’échelle mondiale, c’est pareil. Chaque pays, assujetti aux pays riches, produit l’objet au moindre coût de l’exploitation des ressources naturelles, produit par la main-d’œuvre locale au meilleur rendement. Chaque nation se spécialise dans sa production, ce dont profite le système productif global. C’est la théorie du FMI et de ses sous-diacres répartis dans les ministères de Belgique et des démocraties qui justifient la mondialisation.
Si elle abrutit les travailleurs dans les entreprises, elle renforce les inégalités et les différences entre les pays. C’est avec raison que Samir Amin voit dans la spécialisation généralisée la dépendance, la hiérarchie et renforce les inégalités entre les pays riches et les pays pauvres.
La mondialisation n’offre rien à personne, sauf à une minorité. Elle condamne à la paupérisation les sociétés paysannes,
Samir Amin prône un développement marxiste pour remplacer d’urgence le système libéral devenu obsolète, un des grands dangers actuels de l’humanité ! Je le crois aussi. Son idée de mettre la croissance dans les améliorations sociales et écologiques pour des progrès de tous les citoyens, avec en priorité les plus démunis, est ce qu’il faut faire et vite.
Samir Amin critique l’économie pure orthodoxe. Il offre un vade-mecum complet de l’art de remplacer le pourri par l’utile. Marx était le grand théoricien. Sartre serait l’intellectuel se dispersant dans la formule. Samir Amin a été capable de tout théoriser, tout schématiser et tout expliquer. Son œuvre, opposée à la vision économiste des sociétés dites « libérales », dénonce des dirigeants à la Viktor Orban, à la Trump, à la Netanyahou et aussi à la Macron, Michel et tutti quanti.
L’économie actuelle conduit à l’ultralibéralisme, un moyen de légitimer et de justifier les choix sociaux et la hiérarchie des nations, sous un précepte scientifique fort discutable, bref une dictature de l’économie qui ne veut pas dire son nom. Le gouvernement belge est partie prenante dans ce deal. il n’en tempère pas le cours, il l’accélère !
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1. Roland Gillet, professeur à l'ULB (Solvay) et à la Sorbonne (Paris 1), membre actif de la cellule stratégique de Charles Michel.