29 mars 2020
Paul Éluard est un con !

Dit comme ça, suppose qu’on en est un fameux soi-même. Je ne dis pas le contraire, puisque aussi bien, on l’est toujours de quelqu’un. Dans certain cas, il vaut mieux faire le service en personne. Les autres manqueraient d’indulgence.
Ceux qui ne se reconnaîtront pas, qu’ils me pardonnent, il y a des cons intelligents.
J’ai reçu quelques plaintes à propos d’un poète que j’adore. J’avais mis son texte en situation d’inspirer une âme vagabonde, comme la vague d’un littoral.
Les temps ne prêtent ni à parler politique, ni d’amour, ni de sexe, ni d’histoires drôles (surtout), ni d’exploration du cosmos, ni de culture… mais du COVID-19, des dévouements, des morts, des enfants à garder et surtout à respecter les consignes de confinement… Ah ! j’oubliais : se laver les mains.
Je n’aborde pas ces sujets légèrement. Je respecte les personnels soignants et enseignants sur la brèche et dans le danger de choper la saloperie. Par ailleurs, la vie continue. Votre chat ne va pas cesser de passer une patte derrière l’oreille pour signaler qu’il va pleuvoir.
Hormis la substantivation de brave en bravitude de Ségolène et poursuivre cette chronique, il reste l’abandon de mon mur aux liserons et au lierre.

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J’en étais à deux cheveux de claquer la porte, lorsque je lus un article du Huffington Post. Je traduis : « Face au confinement, une journaliste américaine pense à ses ongles – Alors que les États-Unis sont en passe d’être le deuxième pays au monde le plus touché par Covid-19, une journaliste de Fox News s'est inquiétée jeudi à l'antenne, du sort des femmes privées de leur coiffeur ou de leur manucure, par le confinement décidé du gouverneur de New-York. »
Ce fut une illumination : les cons seuls sauveront le monde de la dépression !
Parmi les allergiques à la poésie, un aimable correspondant me faisait une remarque qui l’était moins « T’es un gros con Richard. Ça m’étonne pas d’un type qui lit l’aut’ con Paul Éluard ».
Ce genre de réflexion me mit en joie. Je remerciai intérieurement un lecteur qui n’hésite pas entre fermer sa gueule ou dire une connerie. Je l’avais mal lu ! La Miss de Fox News aussi.
Sur le même journal, juste en-dessous de l’impétueuse américaine, comme si un voile se déchirait devant mes yeux, une autre pépite : « Coronavirus : Le lobby des armes exige l'ouverture des armureries pendant le confinement – La NRA, furieuse que la Californie et New York ferment une bonne partie des armureries, y voit “peut-être la fonction commerciale la plus importante" en pleine crise. » L’ultralibéralisme qui fait de l’Amérique le berceau de la civilisation industrielle, marquait un des plus beaux essais jamais réalisé de la connerie !
Décidément les cons ne finiront jamais de me surprendre.
Les puristes vont faire la fine bouche. Le mot « con » est un outrage pour les femmes. Ce n’est pas le premier mot-tiroir. Prenons au hasard, le mot « Dendrite », soit une arborisation noire observée dans des roches calcaires, ou le prolongement du cytoplasme des neurones, le mot « con », pour moi, ne sera jamais un cytoplasme argotique des mômes. Il n’aura jamais qu’un sens, celui qui désigne les héros de cette chronique.
Le sujet est inépuisable et j’aurais pu commettre une chronique exceptionnellement longue, si je n’avais appris à mes dépens qu’à plus de trois phrases, mon mur devient insupportable pour les utilisateurs de FB.
Je ne résiste pas à une petite dernière. Elle m’a été inspirée par le père Gilbert. Il a le parlé dru des cités. L’idée de dieu le transcende dans le familier. L’argument décisif qu’il tint à un loubard est à la hauteur des circonstances :
– C’était pas un con Jésus, tu sais…
Cette réflexion ouvre les abîmes de la gnoséologie au curieux. Un peu à la manière de feu Charles Aznavour qui dans une de ses chansons s’écriait de tout son filet de voix « face à Dieu qui priait !... »
Quoi, me dis-je, le surpuissant constructeur-propriétaire de tout qui prie !... Mais qui ?
Prochainement « Apollinaire est un con !»

28 mars 2020
Solidarité et Lehmann-Brother bis !

Le FMI profite de la pandémie du Covid-19 pour faire passer la sienne comme résultant du coronavirus. En réalité, le krach nous pend sous le nez depuis six mois. Il paraît qu’il sera pour le moins aussi sévère que celui de Lehmann-Brother en 2008.
On peut comparer le capitalisme à un cavalier. Après une chute de cheval (un yearling, Covid-19), un cancer serait apparu lors des examens relatifs à l’accident (krach boursier).
Le carcinome se serait-il déclaré sans la chute, plus tard ou jamais ? C’est de l’ordre de la spéculation. Le pouvoir a fait l’amalgame.
Cette dernière péripétie pourrait être la dernière de la série « mondialisation de l’économie ».
On le voit bien aujourd’hui a propos du manque de masques et de respirateurs, le système ne produit pas en fonction des besoins de la population, mais plutôt en fonction des profits. Les gouvernements libéraux ont une attitude spéculative du même ordre. Dans les guerres qu’ils ont menées contre les dépenses « non rentables », les hôpitaux étaient en première ligne.
Comment combattre ce capitalisme antisocial que la pandémie éclaire d’un jour cru ?
La gauche doit se déterminer ente deux issues possibles. Les uns suggèrent un écart par rapport au capitalisme. La "politique de l’écart" comprendrait une forme de "prolongement disjonctif"(1) et non une opposition. Les autres se déterminent à l’abolition du capitalisme.
Entre la fin du système et la venue d’une autre économie, comment éviter que le chômeur, le malade, le pensionné tombent dans une situation pire que celle qu’ils quittent par la force révolutionnaire, dans le chaos qui succèdent toujours les grands bouleversements ?
La synthèse entre l’approche subjective et radicale du capitalisme est elle possible ? La démarche aporétique les met en concurrence à égalité sur deux plateaux de la balance, alors qu’elles devraient peser de tout leur poids sur un même plateau.

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Avec le capitalisme, on a assisté à l’émergence d’un "sujet de personne". Le capitalisme dans ce cas a changé les choses. Dans une première période, la bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle éminemment révolutionnaire, c’est Marx lui-même qui l’écrit. Il était logique qu’elle finisse par en abuser. C’est de cet excès qu’elle périt. Le capitalisme contemporain a besoin d’être repensé, de toute manière.
Monde libre et Monde réel, la différence entre la régulation spontanée du premier et la réglementation autoritaire du second, fait débat.
La « solidarité » est au cœur de l’action contre la pandémie. C’est un principe de droit dans le Traité européen. Mais de quoi parle-t-on ? S’agit-il d’un sentiment de sympathie qui nous porte à l’entraide, ou bien une réalité, celle de l’interdépendance entre tous les hommes, ou encore d’une valeur morale et même d’une obligation ? D’où nous vient cette notion énigmatique ?
Avant 1789, les individus étaient liés par des appartenances corporatives ou héritées. Ils sont devenus libres et égaux en droit. La solidarité s’est trouvée requise pour penser un problème désormais crucial : qu’est-ce qui peut faire lien entre des individus émancipés sans retour ? Le Code civil de 1804 me plaît assez « un engagement par lequel les personnes s’obligent les unes pour les autres et chacune pour tous ».
Sous les effets de la révolution industrielle, l’intérêt de quelques-uns se révèle en contradiction avec l’amélioration du sort du plus grand nombre. Comment lutter contre l’atomisme social et la montée d’une division de classes à l’intérieur de ce que la Révolution avait pourtant nommé le « corps social » ? Le patron est solidaire de l’ouvrier comme le lion est solidaire de sa proie. Gustave de Molinari défendra le principe d’une solidarité mondiale, au-delà des États et des frontières politiques. En revanche, la solidarité volontaire rencontre le problème de son territoire d’application.
L’être social n’est pas seulement celui qui est capable de s’associer à d’autres hommes et de respecter les règles de l’association. C’est celui qui comprend qu’il y a une part de sa personne qui est d’origine sociale et qui, par conséquent, doit être consacrée par lui à l’effort commun. La justice est violée quand un homme prétend garder à son profit des avantages qui résultent de la solidarité sociale sans en supporter les charges.
La solidarité sociale devient une sorte de contrat consenti. Nous touchons aux limites du dogme républicain de la méritocratie. Il est clair que les mérites d’un individu ne proviennent pas seulement de lui-même. Comment trouver, la formule d’une « juste égalité des chances », une fois que le droit de tous à l’éducation et à la formation ait été assuré ?
Nous sommes confrontés à des défis nouveaux. Avec la mondialisation financière et les menaces sanitaires et environnementales, la solidarité factuelle ne cesse de s’étendre. Nous ne pouvons plus être seulement solidaires de nos contemporains, nous sommes responsables de la terre que nous laissons à nos enfants.
Sans cette responsabilité collective qui passe par la délibération et l’accord négocié, la solidarité relève plutôt d’un saupoudrage visant à colmater les brèches d’une société en proie à un individualisme forcené. Plus que jamais nous devrons être solidaires, reste à choisir comment et dans quel cadre.
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1. Disjonctif : qui affirme une alternative.

27 mars 2020
Faut-il croire Smith et Tocqueville ?

Le confinement donne du champ à la réflexion philosophique. Des événements s’associent ou se heurtent dans des contradictions où l’oblatif s’oppose à l’égoïsme. Seul à ma table de travail, entre mes livres et l’écran de l’ordinateur ouvert sur le monde, l’incompatibilité du système économique libéral avec la solidarité, saute à mes yeux comme une évidence. Comment la transcrire ?
Alors que les solutions existent, pourquoi le capitalisme semble-t-il incapable de résoudre la crise majeure de notre temps ? On a tellement écrit, tant d’avis tranchés se sont affrontés ! Pourtant, c’est clair, contre le coronavirus aucune défense efficace n’est possible sans une association des talents. S’il y a bien un antidote au coronavirus, c’est le collectif. Rien qu’à voir la réaction de Trump à l’envahissement de son pays par COVID-19, on a compris. Le capitalisme est en défaut. Il ne convient pas dans ce genre d’affrontement. Le virus et lui, c’est une association de tueurs. Les Américains vont l’apprendre à leurs dépens, comme nous.
Est-ce une intuition dont le cartésien que je suis aurait à se méfier ?
Le capitalisme ne vaut-il rien ou seulement à des moments d’exception ? Faut-il définitivement sortir du schéma libéral inopportun aujourd’hui, dangereux demain ?
Un fait devrait attirer notre attention, contrairement à la Chine, les escroqueries et les grossières arnaques se sont multipliées en Belgique et en Europe, alors qu’on est en pleine épidémie. C’est un des effets d’un système qui ne fait jamais appel qu’à des formes schizoïdes de comportement, déformant jusqu’à l’altruisme comme une réclame de soi-même !
Il n’est pas question ici de célébrer un système social en déblatérant le nôtre. Qui voudrait vivre en Chine sans éprouver la pesanteur d’un État du genre de celui d’Orwell ? Mais, cette comparaison dans ce cas bien particulier de la délinquance pose la question : la liberté d’entreprendre, n’est-elle pas d’abord la liberté de dépouiller les autres, peu importe la manière ? Associer les pervers, les mouchards et les opportunistes pour faire triompher le système, la liberté d’entreprendre serait plutôt la négation de la liberté formelle.
Avant de revenir à Gilles Deleuze, que pensent les Michel, Reynders, De block, Bacquelaine, Bouchez, Di Rupo et compagnie du capitalisme ? Pour eux, le capitalisme est la forme même de la vie humaine. Aiguiller l’homme à produire en lui promettant une récompense, est encore le meilleur moyen qu’on a de le faire courir et à rapporter à son maître le bout de bois qu’il a lancé. Chacun y trouve son compte, à condition que les règles d’autorité soient respectées et que le chien ne devienne pas le maître du maître. Ainsi individué, privé, tant que chacun reste à sa place, le capitalisme est un tout cohérent avec un système juridique. Le caractère privé de la vie humaine s’y épanouit et fonde la légitimité de la propriété. Le « Monde libre » pour les personnes citées est une société de profit, dénuée de toute violence légale quand les règles y sont respectées, même si en chipotant un peu, il est facile à démontrer que l’éthique du capitalisme n’est en réalité qu’une métonymie d’une morale détournée à des fins utiles.

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Les périodes de grands troubles renforcent les convictions du monde dirigeant, tandis que les populations perçoivent directement l’inverse dans leur existence. Elles y voient le côté noir du capitalisme, sa capacité à détruire le collectif, de se l’approprier en le privatisant par pièces, son absence de résilience et sa complète indifférence envers ceux qui ne réussissent pas selon ses critères, et le gâchis humain d’intelligence et d’inventivité qui s’en suit.
Ainsi, ce gravé défaut de ce qui fait l’armature obligatoire d’une démocratie devient un outil de propagande Il multiplie ses travers en période de crise et les rend invisibles en période de croissance économique. Pour Gilles Deleuze, ce constat est un objet philosophique proprement dit. Il a été jusqu’à mobiliser la psychanalyse dans sa tentative d’appréhender le capitalisme. « Capitalisme et Schizophrénie ».
Le capitalisme est selon lui, une "entreprise mondiale de subjectivation". C’est une formation sociale qui crée des sujets "sans objet", donc pauvres. Ces sujets se retrouvent au cœur de la machine capitaliste qui régule les "flux de désirs". Le capitalisme est par cette multiplicité de désirs déterminée par le jeu du profit. Tout y est quantifiable, car tout est marchandise ! La production incessante de nouveaux produits le confirme. Dans cette perspective, les sujets sont asservis par un système en perpétuelle crise. Le capitalisme en cherchant à se reproduire crée des situations d’assujettissement. Le citoyen-consommateur sera pratiquement à la naissance classé en sujet dominé ou en sujet dominant.
C’est l’avènement de l’individu privé. Nous sommes divisés naturellement en classe sociale par le capitalisme, d’où le rapport entre le capitalisme et schizophrénie traité dans les deux tomes, l’Anti-Œdipe et Mille Plateaux, de Gilles Deleuze. (À suivre, chronique suivante)

26 mars 2020
1920, 2020 : itérative vigilance.

Nous vivons une pandémie comme on en voit une par siècle. Ce n’est pas la première. L’histoire de l’humanité en est parsemée. Nous aurions pu étouffer celle-ci dans l’œuf ou en réduire le coût humain, si nos ministres n’avaient pas été obnubilés par le profit au détriment du social, des personnels hospitaliers et du matériel techniques des hôpitaux.
Le confinement paraît une épreuve, comme si une immobilité relative était en elle-même une monstruosité, alors que la mobilité et les voyages étaient proprement inconnus pour la plupart des gens, attachés à leur village jusqu’au XIXme siècle.
Covid-19 sème la désolation au hasard, comme une boule dans un jeu de quilles, parce que les autorités politiques ne sont pas à la hauteur de la situation.
Une manœuvre de substitution est en cours pour faire passer la crise économique dans laquelle nous entrons pour la résultante de la pandémie. Le krach prévisible a une ancienneté de trois mois sur COVID-19. Mais comme le coronavirus, c’était top secret.
Nous risquons de passer à côté de quelque chose qui se prépare : un changement de mentalité et peut-être de comportement qui pourrait quand même ne pas avoir lieu, si nous baissons la garde sur les enjeux actuels de la politique sociale et économique.
Nous n’en avons que pour Maggie et les siens qui, de ministère en ministère, ont agrémenté leur vie et détruit nos espoirs, en se sucrant dans la santé et le social.
Nous adressons nos prosopopées à Maggie De Block et Daniel Bacquelaine, parce qu’ils ont effrontément menti aux gens sur des sujets qui touchent à la vie et à la mort. Nous oublions qu’ils font partie d’un système auquel ils croient avec force. Ils sont persuadés d’avoir raison de gérer leur ministère à leur façon et que nos morts ont tort.
Et c’est justement là que notre attention devrait être la plus vive. Nous abandonnons notre vigilance dans le domaine de la politique en général, alors que le système économique libéral est touché en plein cœur et que son absurdité saute aux yeux de tous.

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Le modèle de ces messieurs-dames d’en haut : l’Amérique… va vivre une hécatombe rien qu’avec son organisation hospitalière payante et socialement inexistante, modèle vers lequel nos illustres nous poussaient, par la destruction des hôpitaux publics.
Retenons la leçon : la dramaturgie qui entoure la pandémie sert de paravent au libéralisme des traités d’une économie dévergondée, par la croissance continue et la culture du fric.
Ceux qui nous dirigent ne sont pas des braves. Se sont des lâches. Nous leur devons la pandémie. Mais, c’est aussi le coup d’arrêt de leur entreprise de démantèlement de l’état au profit du privé. C’est aussi par l’état déplorable des hôpitaux, que nous nous apercevons de l’incroyable complot contre la démocratie des forbans qui l’administrent.
Nous avons perdu tant de guerres sociales, que nos ennemis les plus affirmés sont encore aux rênes de l’attelage. Nous sommes leurs bourricots. Nous aurions besoin que sortent du peuple une réplique, comme celles et ceux qui à travers l’histoire, se sont dressés contre les princes et qui sont morts pour nous, 89, puis les communards, Lénine, les Gilets Jaunes…
Rien ne dit, cette épreuve passée, que les dirigeants politiques de Belgique, de France et d’Europe fassent leur mea culpa et cessent d’eux-mêmes une politique néolibérale, demandant pardon au peuple !
On pourrait même être sûr du contraire. Les politiques ne se désavouent qu’en sortant de la politique. Or, à les entendre, ce n’est pas l’honneur qui les chatouille, mais le paraître.
Le risque est que nous oubliions trop vite qu’ils se sont engagés vis-à-vis des multinationales. Les empires industriels les ont avalés. Supposant nos besoins identiques aux leurs, ils ont voté à l’Europe, sans que nous soyons consultés, la continuité de la politique bourgeoise et libérale.
Ne rêvons pas, la pandémie passée et elle passera comme la grippe espagnole de 1920, la crise financière, peut-être le krach, en sera à son sixième mois, nous n’en aurons pas vécu les débuts noyés dans COVID-19. Il est possible que nos suborneurs profitent de la joie de nous retrouver vivant pour se maintenir à flots, oublier tous les manquements et les failles du libéralisme et revenir l’air doucereux, avec une sébile à la main pour que nous sauvions les banques comme en 2008/9 !
Si nous relâchons notre attention, nous pourrions nous repentir du plaisir d’un épectase éjaculatoire essentiellement dardé sur la pandémie vaincue.