20 septembre 2018
Jupiter & Jupiler

…à Marie, pas même d’Amay en Région liégeoise.

Une aimable Française, en a assez de Macron ! Comme je la comprends. Je ressens ce qu’elle ressent. C’est étrange, ce surdoué des écoles, cet impressionnant jeune homme de la banque Rothschild, me hérisse autant le poil que notre sous doué Charles Michel, non pas bon à rien, mais mauvais en tout !
Si encore ces deux là s’étaient contentés, l’un de sentir les poches de la clientèle de la banque et l’autre de plaider, puisqu’il est avocat. Mais non ! le premier est sorti de son bureau à triple moquette donnant directement sur une terrasse avec palmiers des îles, place de l’Étoile, en racontant qu’il allait faire Président de la République, l’autre s’est enfui d’un tribunal d’Instance qu’il avait à peine fréquenté depuis sa sortie d’école, pour reprendre la boutique de son père et vendre des petits pois libéraux. Son vieux lui avait dit « Fais ton droit. Je sais c’est emmerdant. C’est juste pour le diplôme qui prouve que t’es un petit mariolle. Je me charge de faire de toi un homme politique à dix ou quinze mandats. Enfin le voilà premier ministre de Belgique avec le privilège d’avoir serré la main du type de chez Rothschild, sur le perron de l’Élysée !
Ce sont ces destins mêlés que Marie ne supporte plus, quoiqu’elle ne connaisse pas Charles, le nôtre, sauf que lorsque le sien touche la main du mien, forcément nous nous rejoignons par diallèle au cercle vicieux des deux personnages qui feront un jour dix lignes dans nos livres d’Histoire respectifs, au chapitre les derniers feux de la cinquième République pour l’un, et un livre d’anecdotes de Theo Francken, « Belgïe barst », pour notre grand comique national.
Ils ont tous les deux la cote en baisse. Emmanuel à 15 % et l’autre on ne sait pas. En Belgique, quand on ne sait pas, c’est que les statistiques sont impubliables parce qu’elles font du tort au poulain de l’éditeur de presse.
Macron à Benalla, son sicaire favori, chef d’une police parallèle qui verra le jour quand le président aura régler son compte au Sénat et à la flicaille hostile. Charles Michel a Bart De Wever, son vigoureux garde du corps flamand, qui ne le quitte plus d’une semelle, histoire de montrer à tout le monde, qui des deux fait des petites douceurs à l’autre. Charles n’est pas humilié. C’est de famille, rien ne l’humilie, tant qu’on solde au prix fort ses humiliations. Je pense que s’il pouvait avoir un mandat rétribué supplémentaire à condition que l’autre lui botte le cul en public, qu’il n’hésiterait pas une seconde.

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En ce moment Marie est au plus mal avec son chef d’État. Dorénavant il va la soulager de son pognon tout de suite, chaque mois, sans attendre la fin de l’année. Ah ! le grand impatient. C’est une manie chez Macron. Il ne supporte pas les gagne-petit, les malades, les vieux, les jeunes, bref, il déteste tout le monde. Il chambarde les chemins de fer, fait fondre le nombre des fonctionnaires, alors qu’on en a besoin dans les écoles et les hôpitaux. Il augmente l’essence, les clopes. Il emmerde même les prostituées en traquant leurs clients. Elles ont du mal à joindre les bouts l’un après l’autre. Quand il pense à quelque chose, paf, il l’augmente ! Mais sa popularité baisse, il a des doutes. Il veut, puis ne veut plus, ratiboiser les héritages. Il s’en explique. C’est la faute des Français. Ils sont incompatibles avec lui, ils ne sont pas riches. Ils ne devaient quand même pas s’attendre à ce qu’un président des riches ruinât sa réputation en aimant les pauvres !
Il veut avant la fin de son quinquennat établir une sorte de record, en concurrence avec les Belges, devenir le premier pays d’Europe, au plus haut dans les taxes et impositions. Impatient d’en palper davantage, il exigera sans doute d’ici la fin du quinquennat, qu’on fouille à corps les passants qui ont les poches pleines ? On vit en France sous un système de péage des autoroutes, pourquoi ne pas étendre le péage aux ponts et aux piétons ? Macron y a sans doute pensé.
Charles Michel l’admire secrètement. Il est beau, lui ne l’est pas. Il parle un bon français, l’autre à l’accent lourd du Belge que les autres francophones connaissent comme les frites. Un chauffeur à Ouagadougou m’a dit un jour qu’il avait cru que Michel parlait en kikongo, comme son beau-frère cultivateur à Kinshasa !
Mais Charles est en praxie avec le pouvoir, c’est déjà un vieux de la vieille, rompu à l’exercice du paraître. Il paraît que sa lourdeur est feinte et que chez lui, il parle sans accent ! Il dit en se moquant, comme Macron est mal parti, qu’il n’aura pas sa carrière.
En privé, il se vante d’être le champion des indemnités perçues de l’État. L’année dernière il avait touché en salaire autant que les indemnités de remplacement de 45 chômeurs ! Il espère faire mieux en 2018, année faste de limitation de la durée des indemnités de chômage. Il pourrait dépasser la cinquantaine de demandeurs d’emploi !
Il est encore un peu gauche (pas à gauche NDLR), il n’ose pas se proposer. Il aimerait avoir la cravate de la légion d’honneur, comme son ennemi intime Reynders. Il attend la prochaine entrevue pour en parler à Macron. Il ne sait pas ce qu’il doit offrir à Brigitte Macron, un pot-de-vin qui n’en aurait pas l’air ? Reynders lui a suggéré une œuvre d’art, oubliée dans un sous-sol du musée des Beaux-arts. C’est interdit, mais qui s’en apercevra ? Les visiteurs sont tellement distraits !

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19 septembre 2018
Tunnel sans bout du…

Dans les pays sujets aux tornades, typhons et autres colères de la Nature, lorsqu’on est prévenu de l’arrivée d’une catastrophe : on protège ses fenêtres, on attache ce qu’on peut et puis on attend, dans l’anxiété que ça tienne.
La démocratie ne prend aucune précaution à l’encontre de l’économie libérale, alors que des soubresauts financiers d’une gravité extrême ont déjà eu lieu et sont encore possibles ?
Il y a collusion entre les partis politiques dans l’économie libérale, pour s’attirer les grâces des grands décideurs mondiaux, en-dehors des règles démocratiques !
Charles Michel n’est pas au gouvernement pour nous garantir un meilleur avenir, il est là pour servir des intérêts économiques qui échappent au contrôle de la démocratie. Il ne le fait pas délibérément, mais il est persuadé qu’il ne peut faire autrement, si bien que la volonté lui manque pour une autre politique.
Sinon, il aurait une autre attitude et chercherait, au moins, à éviter les manœuvres de ceux qui font leur miel, dans la perversité du système.
Ce n’est pas rabâcher que de revenir sur le 15 septembre 2008, lorsque la faillite de Lehman Brothers déclenchait un cataclysme planétaire.
On oublie trop facilement et pour des raisons électorales en Belgique, que cette faillite a provoqué la pire crise du système financier mondial depuis la Grande Dépression, privant des centaines de milliers de personnes de leur emploi et de leur logement.
Quelles leçons nos illustres en ont-ils retirées ? Aucune, l'Union européenne abrite une poignée de pays qui méritent la qualification de paradis fiscaux : l'Irlande, les Pays-Bas, le Luxembourg et dans une moindre mesure, la Belgique.
Les pays de l’UE se sont lancés dans une compétition pour baisser l'impôt sur les sociétés, afin d'attirer les multinationales. Cette course au plus attractif menace tout le monde de conséquences redoutables et pourrait rouvrir une crise majeure.

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La tendance mondiale est tout aussi explosive. Donald Trump a réduit les taux d'intérêt sur les sociétés de 35 à 21%. Des rachats d'actions et des primes aux chefs d'entreprise sont devenus possibles au détriment de la croissance des salaires. Cette politique, très visible dans la politique de Macron, est identique à Bruxelles. Charles Michel est sans doute le meilleur suiveur en politique économique des deux géants européens que sont la France et l’Allemagne, ce qui ne nous empêchera pas d’entrer les premiers dans les tourbillons de la descente de la rivière. Nos grands voisins seront trop occupés à se sauver eux-mêmes ce jour là, pour venir à notre secours.
Cette concurrence sur la baisse des impôts des sociétés a des effets pervers sur les salaires et la consommation des ménages.
L'impôt des sociétés doit être proportionné aux gains réalisés. Il est le prix à payer pour un équilibre social, qui même très éloigné d’une action solidaire, doit au moins tendre vers ce but. Le système s’en fiche éperdument et avec lui les dirigeants en charge de la démocratie.
La réduction de l’impôt des sociétés ne produit pas d’emplois supplémentaires, mais accroît les bénéfices de l’actionnariat. « C'est une soupape de sécurité essentielle des gouvernements démocratiques dans la lutte contre les multinationales, devenues des États dans l’État.
La course, au nivellement par le bas de l'impôt sur les sociétés, prive les gouvernements non seulement de revenus, mais aussi de l'un des outils politiques les plus puissants pour réduire les inégalités. » (Huffpost).
L’Union européenne est un paradis pour les fraudeurs caractériels, avec JC Juncker le plus habile d’entre eux, quand il était ministre au Luxembourg. Aucune règle ne permet de lutter contre les montages crapuleux qui surfent sur l’impôt, des géants du numérique en tête de gondole. Facebook et Apple planquent leurs bénéfices en Irlande. Le taux d’imposition moyen de Google dans l’Union européenne est de 0,82%. Apple paye 50 euros d’impôts en Europe à chaque million empoché, une imposition effective de 0,005%.
Des pays conscient du phénomène pourraient venir des réponses au niveau mondial. Hélas ! cela ne viendra pas de la Belgique. Le gouvernement actuel est en train de magouiller avec les Pays-Bas, une coordination de contournement du système de taxes européen, par l’accueil que nous faisons au capitalisme français sur la foi de notre législation favorable, pour des investissements communs. La pompe aspirante vers le Nord est Anvers avec à sa tête le champion du capitalisme sauvage, l’ami des Michel, Bart De Wever.
De cette magouille personne ne dit rien. L’opposition socialiste y verrait même l’occasion de sortir le pays de l’impasse au détriment des autres. Voilà où nous en sommes et voilà où nous conduisent ces gens indignes.
Quand la société libérale concède aux multinationales et aux grosses fortunes de détenir 10% du PIB mondial dans des paradis fiscaux, elle alimente le terreau de l'autoritarisme. Les gouvernements abandonnent l’esprit constituant les démocraties et accélèrent le processus financier vers la prochaine crise mondiale.
Il est regrettable que nous n’ayons plus de bons journalistes financiers d’investigation, à la solde sont-ils tous, des financiers malhonnêtes, que sont nous éditeurs de presse.

18 septembre 2018
Ciel ! Richard III n’est pas de gauche !

Une rumeur circule :
…une taupe aurait infiltré le lumpenprolétariat liégeois !

– Alors, coco, il paraît que t’es pas de gauche ! – …qu’est-ce que c’est encore que cette connerie ? – Se prendre pour Richard III tout de même !... – Là, je t’avoue que dénommer son blog Richard III (1), un type contrefait dont les ossements ont été retrouvés en septembre 2012 sous un parking à Leicester et qui est mort percé de neuf blessures à la bataille de Bosworth en 1485, faut être un peu cinglé. – C’est pas de gauche ça… un peu comme disaient les bien pensants en 1900, c’est pas chrétien ! – J’aurais dû appeler ça comment ? – Marx II par exemple, là y aurait pas eu photo, t’aurais scié tout le monde ! – D’abord qu’est ce que c’est pour une manie de distribuer des bons points « t’es de gauche, mon pote, félicitation, mais l’autre l’est pas. Pourquoi ? Sais pas, j’le sens ! ». – Choisir un roi tout de même ! – Justement, parlons-en. Sais-tu pourquoi il y a plus de quinze ans l’idée m’est venue d’appeler une chronique - qu’on la baptise de gauche ou de droite, je m’en fous - Richard III ? On est en Angleterre, fin du moyen-âge, deux classes face à face, celle des nobles et celle des manants, comme il y a deux histoires d’Angleterre, celle qui a voulu accréditer Thomas Morus (2), rapportée par Shakespeare et complaisante à Henri VIII et l’autre, plus ambigüe, moins catégorique, la vraie, qui fait de Richard III un infirme repoussé par tout le monde et qui se voit roi pendant deux ans, amené à régner par les circonstances. – C’était quand même pas un homme de gauche ! – Encore une fois, la droite, la gauche, c’est une invention récente. Mais ce qu’elle a de moderne l’Histoire en cette période, nous découvre presque ce que nous sommes. Il n’y a pratiquement plus que deux classes sociales en Europe. C’est l’Europe du dessus contre l’Europe du dessous, exactement comme du temps de Richard III. – Qu’est-ce qui change dans ton cas de savoir si t’es de gauche ou de droite ? – Tiens, j’aimerais que les gens de droite le soient comme moi. Le MR n’existerait plus depuis longtemps et le trio les Michel et Reynders seraient en taule en attendant de répondre à un procès de mauvaise gestion des fonds publics.

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– Ramène-nous à Richard III. – Ce mec a foutu la merde en son temps parmi les gens du dessus. C’était pas Cromwell, mais en deux ans il a réussi à baiser tous les York au profit des Tudor. Pour un peu, il baisait aussi les Tudor, car les manants se marraient fort en voyant les gras seigneurs se pourfendre pour des terres et des châteaux, comme aujourd’hui on voit Trump se battre au nom de l’Amérique, mais pour sauver son pognon contre l’intelligentsia new-yorkaise qui a une autre façon de se faire du blé, en plus cool. – En quoi c’est de gauche ? – Mais en rien. Sauf qu’on fait partie d’une classe sociale, quelque soit l’image que l’on en ait. Même si j’avais des idées de droite, je n’en serais pas moins de gauche par le fait que mes intérêts sont de classe. – Alors, ceux du peuple qui portent aux nues les libéraux et tout leur cirque sont des cons – En quelque sorte, puisqu’ils prêchent pour des intérêts qui ne sont pas les leurs. – C’est comme si tu disais qu’un chômeur militerait en faveur de l’augmentation des traitements des ministres, alors qu’on s’apprête à diminuer ses indemnités ? – C’est un peu ça. Remarque que les partis de pouvoir, le PS compris luttent farouchement pour effacer des faits, la persistance des classes sociales, ainsi ils éliminent le problème des luttes d’intérêt entre elles. – De sorte que la droite qui devrait tout au plus avoir 10 % des électeurs est majoritaire en ce moment. – Voilà, t’as tout compris. – Note que t’es suspect ! Des camarades ne te trouvent pas clair. – On en revient au tout début, qu’est-ce qu’être de gauche ? Selon le point de vue de Di Rupo, je ne suis pas de gauche, c’est clair. Je suis un mec aux idées inintéressantes parce qu’excessives. Ils ont seuls le pouvoir d’être excessifs en taxant, par exemple, exagérément les pauvres, mais celui qui le leur fait remarquer, pour eux, il est excessif. Eh bien ! soit, je suis excessif… et alors ? – Tu prends à la légère des choses sérieuses, tu t’es moqué de Marx, tu ne crois pas trop à la démocratie, à la possibilité de réformer le système de l’intérieur, tu te situes en-dehors, c’est-à-dire nulle part.
– Faudrait savoir, est-ce qu’on débat encore dans ce pays à l’intérieur des partis ? Est-ce que la gauche ne montre pas l’exemple, si l’on excepte le PS qui n’est plus de gauche, d’une confrontation des points de vue ? Il n’y a qu’une certitude pour nous autres de la classe d’en-dessous, c’est que ce système est mauvais et qu’il faut trouver les moyens de le flanquer par terre. Le reste n’est que littérature. – Et quid des gens qui trouvent que tu n’es pas des leurs ? – C’est leur droit de penser de la sorte. Tant qu’ils me laissent expliquer les choses à ma manière, je ne peux pas m’empêcher de croire que je suis solidaire d’eux, même si eux ne veulent pas se sentir solidaires de moi. – T’es celui qui croit détenir la vérité contre tout le monde, alors, une sorte de génie méconnu ? – Je m’en fous que l’on puisse me juger ainsi. J’écris ce que je pense. Je pourrais même le dire aussi, si j’avais une tribune. Mais qui voudrait m’y voir ? – C’est ça l’excès… – Merde, je suis comme Flaubert, je ne connais qu’une façon de protester, c’est l’émeute. – Nous y voilà, ne t’étonne pas qu’on ne puisse pas te piffer chez certains militants orthodoxes. – D’accord, quant à dire que je ne suis pas de gauche… – Aha ! ça te reste sur le cigare… – Seulement que celui qui a dit cela me concernant, lui ne l’est certainement pas.
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1. Histoire d’Angleterre, des origines à nos jours, Philippe Chassaigne, éd. Champs Flammarion.
2. Thomas Morus (More) « La pitoyable vie du roi Edouard V & les cruautés horribles du Roi Richard III, éd. « À l’enseigne du pot cassé » Paris.

17 septembre 2018
– Une nouvelle crise ? – Tu es folle !

J’avais anticipé sur les discrètes allusions des médias en commémo des dix années après le 15 septembre 2008, jour fatal pour Lehmann Brothers la banque en faillite. Je me doutais bien que nos grandes voix allaient rester discrètes. Reynders n’en a pas pété une ! Pourtant, lui, il a mordu dans l’argent public, avec l’ivresse d’un type qui contrevient à toutes les règles depuis Adam Smith et son Alexis de Tocqueville chéri, mais pour une grande cause !
Il faut croire que la main invisible n’était pas ce jour là destinée à sa tête à claques.
On n’a pas vu grand-chose. Les journaux caniveaux n’en ont pas soufflé mot. Les estafettes de Rossel ont tapissé leurs bureaux de bonnes intentions et les économistes officiels se sont montrés aussi stupides qu’il y a dix ans. Le tout est de savoir si la plus grande récession après 1929 a servi de leçon au monde capitaliste ?
Le système économique est éculé comme mes bottes. On sait que ça va mal finir. Mais, c’est comme le glyphosate ou les récipients en plastic, on voit que ça va nous tuer, mais on ne peut rien y faire, les derniers instants du pognon vite fait bien fait, c’est sacré. Même les fauchés savourent !...
– Le monde de la finance a-t-il vraiment changé ? – Non, madame, rassurez-vous. C’est toujours comme avant. – Vous croyez ? – Oui, j’en suis sûr ! – Vous me paraissez bien certain ! – Mais que ferions-nous sans lui ? – Oui, vous avez raison. – Comme je vous le dis ! – Je peux rentrer chez moi et me manustuprer ? – À votre aise. – La faim dans le monde ? – Non, ce n’est pas pour tout de suite, vous dis-je….enfin, pas pour vous encore.
Les cinq Charlots, les plus grands acteurs mondiaux de la banque d'investissement qui ont poussé Reynders à nous dévaliser, drainent toujours un tiers de l'activité du secteur. Forcément, on les a pouponnés, bichonnés, comme des jeunes pandas ! Le club des cinq est la, à l'exception d'UBS, remplacé par Bank of America Merrill Lynch. Les trois agences de notation, Moody's, Standard & Poor's et Fitch, toutes bigleuses au point de voir un dollar en double, ont tellement toujours mal à distinguer un trou du cul d’un goulot d’une bouteille de Cola, pourtant ils trustent toujours 96,4 % du marché. The Economist note que les rémunérations des patrons de J.P. Morgan, Goldman Sachs et Bank of America ont atteint de 23 à 30 millions de dollars en 2017.
– Charles, vous avez dit la Crise ? – Je sors la Bentley ou vous préférez la Rolls ? – Ne serait-ce pas plus prudent de rester discret en ce moment ? – Sortez à bicyclette, c’est la journée sans voiture à Bruxelles ! – Oh ah ! quelle horreur ! J’espère que vous avez une dispense ? – Comme d’habitude. – Alors nous prendrons la Berlingo de la femme de ménage.
Mais tout n’est pas voyous et compagnie. Le caractère de l’homme est d’être insondable. Certaines banques ont fait des efforts en matière de fonds propres.
Mais comme en finance l’honnêteté n’est jamais récompensée, leur rentabilité a beaucoup baissé. Au total, le système financier global a été nettoyé. Les 243 milliards de dollars d’amendes ou de transactions qui lui ont été imposées sur plus de 200 opérations jugées illégales montrent que les Banques centrales ont encore quelques gendarmes probes.
Restent deux grattes profondes dans la carrosserie qu’on désespère de « ravoir ».

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L’endettement mondial s’est multiplié par deux en dix ans. C’est la vieille histoire de la fin des accords de Bretton Woods dont les conséquences font travailler les planches à billets du dollar jour et nuit. Gonflées à bloc, les liquidités des banques centrales, que les pays remboursent laborieusement et non sans déchirements, que valent-elles au juste ? On a du mal à croire que la production des imprimeries d’État, c’est le fruit de la sueur, du sang et des larmes. Les travailleurs en doutent.
Le Vatican lui-même sort le nez des burettes, le pape François s’inquiète. Peut-être sera-t-il encore au rez-de-chaussée de la basilique, plutôt qu’étendu raide au sous-sol, le jour où patatras ! le monde de patraque passera à barjo !
Il ne plie pas l’affaire comme ça ; mais il n’est tout de même pas nécessaire de sortir d’un stage de commerce de François Lenglet pour comprendre le pape « On perçoit la nécessité d’entreprendre une réflexion éthique sur certains aspects de l’intermédiation financière – écrivait la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans un petit ouvrage (Oeconomicae et pecuniariae quaestiones) qui a fait grand bruit. Son fonctionnement, lorsqu’il est déconnecté des justes fondements anthropologiques et moraux, non seulement produit des abus et des injustices évidents, mais se révèle capable de créer des crises systémiques de portée mondiale».
– Encore une gorgée, sa Sainteté ? – Non, j’ai déjà trop bu ! – Mais du Petrus 1968, tout de même ? – 68 ! surtout ne le dites pas à Cohn-Bendit.