25 septembre 2020
La guerre des gangs.

Goliath et Lilliput, les États-Unis ont un peu de la Belgique dans leur ADN en ce moment.
« Leurs sénateurs ont récolté moins de suffrages que les démocrates, leur président a été élu avec 3 millions de voix de moins que Hillary Clinton, leur majorité à la Cour suprême ne représente pas celle de la population... Les Républicains se servent du système pour rester au pouvoir. Cette anomalie est devenue un enjeu majeur de la campagne de 2020. » (Challenge)
Les partis actuels en Belgique n’y seraient plus si on votait fin de cette année. Ce serait donc à d’autres à nous servir la Quatre-Fromages. La comparaison s’arrête là, sauf si l’on veut comparer l’ego de Donald Trump à celui de Georges-louis Bouchez.
Nous n’avons pas le système des grands électeurs qui ont le pouvoir aux USA, après le vote populaire, d’inverser le scrutin, qui pourrait être lui-même blackboulé par les neuf juges de la Cour suprême. Cela donne une idée de la drôle de démocratie qui se pratique dans ce « charmant » pays et pourquoi les démocrates ont préféré Joe Biden à Bernie Sanders, catalogué « socialiste » et donc match perdu d’avance pour la Maison Blanche.
Trump peut en faire des tonnes, mentir, proférer des inepties, montrer son inculture : son électorat adore ! Il se sent représenté par quelqu’un qui lui ressemble. La politique de Donald, c’est simple, il n’en a pas. C’est le pitbull qui défend son écuelle remplie à ras bord de ce qu’il adore : la vénération des foules pour les dollars !
Qui a dit que le droit et l’égalité finissaient par sortir un numéro du chapeau qui était à la mesure de la grandeur de la démocratie ? On prend conscience que ce sont les pires qui triomphent, parce qu’ils sont riches, arrogants et ambitieux, sauf qu’en Belgique les fortunes ne se comparent pas aux premiers de cordée de l’autre côté de l’Atlantique.
On assiste aux USA à la confiscation pure et simple de la démocratie au profit d’une poignée d’individus. On ne voit qu’eux, les faire descendre de l’estrade est impossible. À Bruxelles, on nous fait à peu près le même numéro, le pays est en coma profond depuis +/– 500 jours.

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La démocratie aux USA est en passe de devenir une fameuse foutaise, pire même que la mascarade de l’Europe. Exemples, la population du Wyoming, plus de 68 fois plus petite que celle de Californie, envoie le même nombre de sénateurs que celle-ci à Washington (deux par Etat), le recours fréquent des Républicains au charcutage électoral pour bidouiller les circonscriptions : au Texas, où les blancs ne représentent plus que 41,5% de la population et où les deux partis sont au coude-à-coude dans les sondages, le Parti républicain a raflé en 2018 les deux tiers des sièges à la Chambre des Représentants, avec seulement 58% des votes, etc.
La démocratie est devenue un sac d’embrouilles qu’on manipule à coup d’astuces et de lois. Il est de plus en plus difficile à une opinion majoritaire de se faire entendre, puisqu’on peut très bien diriger une démocratie sans le consensus des gens.
Alors, me direz-vous, on n’est plus en démocratie ! Bien sûr que si officiellement, puisque tout qui est plus ou moins bien servi par le système à tous les moyens en sa possession pour affirmer qu’au contraire « le peuple n’a jamais été aussi bien compris ».
Depuis 1992, il y a eu 7 présidentielles aux USA. Les Républicains ont remporté le vote populaire une seule fois, mais installé trois présidents à la Maison-Blanche. Trump a remporté l'élection de 2016 avec 3 millions de voix de moins qu’Hillary Clinton, grâce au système des grands électeurs. On en est là, pour eux et pour nous, cela s’appelle la démocratie. Ce n’est pas celle des Droits de l’Homme, de la justice pour tous, de l’abolition des différences de traitement à la couleur de peau, de la solidarité des citoyens entre eux, non, mais ça s’appelle quand même la démocratie par comparaison avec l’hyperbole de la dictature communiste.
« A la Cour suprême, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh, les deux juges nommés par Trump, sont les seuls juges de l'histoire de la Cour à avoir été nommés par un président ayant perdu le vote populaire et confirmés par un Sénat représentant moins de la moitié des votes. Ajoutez à cela les scandales ayant entouré leur nomination, et le fait qu'une troisième juge les rejoindra probablement bientôt dans les mêmes conditions : le tiers de la Cour suprême sera contrôlé par des juges n'ayant pas de légitimité démocratique. » (Challenge)
2020 verra peut-être se renouveler le scandale de l’élection d’un Républicain contre toute attente à un Démocrate plébiscité au nombre de voix.
Peut-être bien, après tout, que les démocrates ne font qu’un avec les républicains, puisqu’en réalité les deux partis vu d’Europe sont tous deux conservateurs ! Ce serait alors des élections hors de l’opinion publique, chargées de départager deux groupes maffieux luttant pour le pouvoir, comme dans une vulgaire guerre des gangs ?

24 septembre 2020
L’Europe hoax.

Bien avant Covid, un paquet d’économistes voyait dans le néolibéralisme la dernière boulette de la bourgeoisie affairiste.
Poussé par le tragique des événements, des pertes d’emploi et des entreprises en faillite virtuelle, qui nierait aujourd’hui la pertinence de leur jugement ?
La dispersion d’un éventail complet d’activités jadis dynamiques, aux quatre coins du monde, rend l’Europe dépendante d’une dizaine de pays gros producteurs à bas coup. Elle se révèle ainsi fragile quand ses fournisseurs extérieurs viennent à manquer. L’épidémie qui sévit actuellement nous en montre cruellement quelques conséquences.
La logique qui prévalait à ce néolibéralisme met à nu les mécanismes faisant effet d’aubaine en mettant en concurrence les mains-d’œuvre, dans le seul but d’aligner les salaires et les coûts de production vers le bas.
La politique des États aurait pu par une série d’Arrêtés-lois empêcher l’appauvrissement général du tissu industriel et des populations. L’Europe n’en a rien fait. Les pouvoirs politiques y sont néolibéraux, convaincus d’être dans le bon.
La Covid-19 n’a rien changé à cette politique de la bourgeoisie contre le peuple.
Les récents avatars des 831 ouvriers de la société japonaise Goodyear en France, qui plie boutique et disparaît, après les aides massives de l’État et les sacrifices financiers des personnels, montrent comment d’autres entreprises finiront en Europe, les petits producteurs asiatiques étant devenus de gros producteurs grâce à nous.
Jusqu’à présent, le peuple ne s’était guère aperçu des méfaits du néolibéralisme sur la société, tant les politiques vantaient les mérites du libre-échange dont ils attendaient des merveilles. Aujourd’hui, le peuple est saturé de ce régime de mondialisation néolibérale, qui a accru les inégalités, désindustrialisé des pays et comprimé les salaires.
Tout en exprimant son ras le bol, le peuple s’est aperçu qu’il ne saurait être entendu par ceux qu’il a élu, puisqu’ils sont tous néolibéraux et qu’ils persistent et signent !
C’est bien la première fois qu’apparaît aussi clairement la dissonance des discours des chefs par rapport aux cris montant de la foule.
Comme en politique on ne peut pas dire qu’on a eu tort, sous peine de dégringoler de l’opinion et des estrades, ces gens de pouvoir vont persister dans leur choix jusqu’au bout et provoquer, peut-être des émeutes, voire un début de guerre civile.
Le cri de la foule est légitime. C’est celui de la démocratie.
Au risque de dire cent mille fois la même chose, mais l’historique nous tombe dessus comme un couperet.

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Le libre-échange a comprimé la demande et le néolibéralisme l'a renforcée par l'endettement privé. On a dit aux ménages de continuer de dépenser, sans hausses de salaire, mais par l'endettement. La dette privée a éclaté en 2008. On s'attendait donc à ce qu’après 2008, le pouvoir change la donne, comme les chefs de gouvernement de l’époque l’avait promis.
Dix ans plus tard, les politiques économiques mises en œuvre en Europe nous mènent à la catastrophe. En 2020 avec la pandémie, on touche le fond !
Non seulement le système néolibéral expire, mais l'Europe, en saupoudrant d’euros les moyens de productions qui restent, ne fait rien de ce qu’elle devrait faire, puisqu’elle n’a aucune politique de rapatriement des entreprises qui ont fichu le camp ailleurs.
On a juste vu après la crise de 2008, l’Europe revenir vers quelques mesures keynésiennes de renationalisation, qu'elle a rapidement arrêtée en 2010 pour un nouveau départ libéral avec l'austérité budgétaire et salariale. L'Europe est la zone économique qui a le plus mal géré la crise de 2008. Elle n’en a tiré aucune leçon, produisant même des aberrations politiques qui voient un Charles Michel devenir son président et un Reynders un de ses commissaires. C’est-à-dire deux politiciens qui sont parmi ceux qui ont le plus mal géré le pays.
Un nouveau plan et une remise à plat de la construction européenne et de l'euro est nécessaire. L'Union Européenne actuelle n’est plus viable, au même titre, et à plus petite échelle, la Belgique. Le noyau dur néolibéral est trop présent dans les décisions. Si le sort de l’Europe tenait à un référendum, je suis persuadé qu’il y aurait aujourd’hui une majorité de citoyens à pointer le pouce vers le bas.

23 septembre 2020
Le roi Philippe contre Charles X !

On savait Georges-Louis Bouchez un drôle de loustic, depuis ses prestations épiques au conseil communal montois. On ignorait qu’il fût l’héritier de Charles X (roi de France de 1824 à 1830), le dernier de la lignée des Bourbons, frère de Louis XVI. C’est tout à fait lui dans ce portrait de roi « Très attaché aux conceptions et aux valeurs de l'Ancien Régime, chef de file des ultraroyalistes sous le règne de Louis XVIII, il tenta d'incarner la continuité de l'État et de la monarchie après la période révolutionnaire. À son avènement, sa priorité est de conserver la Charte constitutionnelle de 1814 octroyée par son frère dix ans plus tôt. »
Bref, le loustic casse les pieds de tout le monde. Il va finir par indisposer Philippe par son ultraroyalisme, ce qui est un comble !
Le flop viendrait donc de Georges-Louis, représentant la bourgeoisie ! C’est nouveau que la classe dominante tolère un con force 10 aux manettes. Bouchez ne s’est même pas rendu compte que sa mission n’était pas de faire sa Jeanne d’Arc, mais d’entrer dans le palmarès des « glorieux » qui ont sauvé le commerce et l’industrie à la sauce libérale, de Verhofstadt à Di Rupo, au grand Charles Michel, ces trois remparts du tiroir-caisse !
Tandis que le jobastre amuse le tapis, le monstrueux hangar Belgique pourrait déposer le bilan de l’usine à gaz. Toute la question tient en une interrogation : « Qu’est-il permis d’espérer par la voie démocratique dans ce fichu bordel ?
Voir ces messieurs s’affairer autour du comptoir du vieil Elbeuf (1) pour l’inventaire de ce qu’ils pourraient sauver, nous, c’est le socialisme qu’il faut sortir d’une fausse démocratie.
Le passé nous a rendus méfiants d’un gouvernement PS pas du tout anticapitaliste. On voit dans quel foutoir Paul Magnette pousse ses pions. Si la « 4 fromages » réussi, cela vaudra quelques pénalités de plus pour les chômeurs et les bas salaires garantis pour la classe ouvrière. Requiem pour la social-démocratie, mais quel avenir pour un vrai socialisme ?
La gauche doit s’apprêter à un choc frontal contre la force des marchés et son pouvoir de refuser un socialisme qui ne lui convient pas et qu’il discrédite, par sa propagande médiatique. Jusqu’à présent, les gens ne se sont pas départis d’un certain calme. Pour ceux qui ont rêvé de calmer les esprits et de museler tout le monde, la Covid-19 semble être tombée à pic.

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Le foutoir actuel, c’est probablement une occasion unique de sortir le beau monde par la porte ou par la fenêtre des Institutions. Ce virus nous en prive. Mais, ce pourrait n’être que partie remise, parce que la crise est aussi économique. Elle ne s’arrêtera pas au vaccin, pour tout autant qu’on en trouve un d’efficace !
L’oligarchie est dans une situation où l’ordre capitaliste est remis en question. D’ici à ce que septembre 73 au Chili se reproduise en 2020, comme je l’écrivais hier, si nous montrons notre enthousiasme à mesurer les échecs et demander des comptes, ça pourrait mal finir.
Lorsqu’un peuple réclame de la considération et son dû, quand ça tourne à l’émeute, le FMI ferme les robinets, les autres pays bourgeois s’arrangent pour un boycott.
Un projet socialiste tient rarement quand la population est poussée à la faim par la volonté des Nations libérales. On a failli le voir à Cuba. Si Castro a tenu seul pratiquement contre tous, c’est parce que sa révolution se passait sur une île. C’est plus difficile à subvertir par des infiltrations contrerévolutionnaires (l’aventure de la baie des cochons et le fiasco de Kennedy). Le blocus des Américains dure encore.
La classe ouvrière belge, n’est même pas persuadée qu’elle est majoritaire.
On sait par les leçons de l’histoire, que la foule n’est pas toujours la bonne fille à qui on fait croire n’importe quoi. Peut-être bien que les jolis mannequins poudrés et fardés qui nous distillent les poisons de l’information non informative seront-ils insuffisants, au train où la bourgeoisie se délite avec des Bouchez à sa tête ?
La fin de l’histoire n’est pas connue. Peut-être que le remue ménage qui verrait un gouvernement provisoire des travailleurs de Belgique occuper le « seize » rue de la Loi, ne finirait pas sous les bombes, comme le « Palaccio de la Moneda » à Santiago en 1973 ?
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1. Zola « Au bonheur des dames ».

22 septembre 2020
C’était, le 11 septembre 1973…

Il flotte dans l’air chaud de septembre, cette odeur de pourriture qui annonçait Pinochet au Chili. C’était en 1973…
On n’a jamais vu la bourgeoisie abandonner ses gains sur le tapis de ses tripots ou dans la caisse d’entraide ouvrière de ses usines. Elle a l’oreille du président des USA et l’armée américaine en appui, comme à Santiago, il y a 47 ans et 10 jours.
Il ne faut rien attendre de ces gens-là ! Pourquoi aideraient-ils les gens ?
Par exemple l’économie capitaliste, au plus mal et dans l’urgence de faire autre chose, pourquoi la bourgeoisie aiderait-elle à sa destruction, puisque la société capitaliste, c’est elle ?
Il s’agirait de trouver les moyens de faire payer aux classes inférieures le manque à gagner de son busines, d’ici les deux ou trois prochaines années. Le truc de l’austérité est usé. Pragmatique, elle trouvera autre chose. Elle a le pouvoir politique à la botte, que craint-elle ?
Entre nous, que ce soit Magnette, Wilmès ou De Croo, le futur premier ministre, qu’est-ce que ça changera ? Rien !...
Même si la Belgique est dans les records, nombre de morts du Covid, complexité des institutions, etc. y compris la comédie « de la démocratie », la bourgeoisie a la même gueule haineuse partout en Europe.
De Macron qui mutile à plaisir la foule des gilets jaunes, à ce couple d’Américains de Saint-Louis (Missouri) le visage tordus de haine, armes à la main, devant le défilé pacifique du mouvement Black Lives Matter, la même démangeaison les guette le doigt sur la gâchette : tirer sur la foule !
L’ensauvagement, un mot emprunté par Gérald Darmanin à l'extrême droite (les journaux), ça ne veut rien dire ! Darmanin, Macron, Bouchez, Wilmès, c’est la droite un point c’est tout. De la même farine que les propos de Georges-Louis Bouchez, qui se « trumpise » et entraîne tout le MR dans la logique du pire, dit un opposant de ce parti de notables. Quand on pense que ce type veut légiférer sur le mot « nazi » et proprement l’interdire ! Signe des temps : la bourgeoisie prend des précautions pour se garer des pieds au derrière et des mots absolus, chargés d’histoire et non dépourvus de sens, qu’elle a soin d’entourer de barbelés. Si bien qu’il est difficile au vulgum pecus de sortir de son ignorance en lisant l’histoire telle que la raconte la classe bourgeoise, celle-ci tellement nazifiée lors de la dernière guerre, qu’il vaut mieux pour elle, ne pas revenir sur ce passé peu glorieux. Et puis, c’est stupide de supprimer des mots du dictionnaire. On appauvrit la langue.

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Ne serait-ce pas plutôt la bourgeoisie ensauvagée avec des énergumènes comme Bouchez et Wilmès, celle-ci toute en demi-teinte, mais gare si on la confirme dans son poste.
Ces actuels beaux messieurs ont eu des ancêtres versaillais de cœur qui portèrent la bourgeoisie sur les fonts baptismaux en 1871, après la culbute de Badinguet. Vous lisez Zola, vous avez tout compris. La censure ne date pas d’hier, elle date de ces temps reculés. Tandis qu’on reléguait au bagne Louise Michel, le pouvoir extrayait de la libre parole ce qui fixe dans la durée le pouvoir social, la propriété privée des moyens de production, et le salariat. Quiconque y touchait avait la troupe à ses trousses. La gendarmerie et la police armés de Flash-Balle aujourd’hui, remplacent les pantalons rouges d’alors.
En 2020, des imprudents ont clamé haut et fort qu’après le Covid plus rien ne pourra être comme avant. Quelle erreur !... la même qui fut celle d’Allende au Chili dans les années 70.
Si je saute trois quarts de siècle, c’est que la similitude entre les événements du Chili et le foutoir actuel est frappante. Cela sert d’expérience à ceux qui n’en ont pas, afin qu’ils ne se fassent pas trop d’illusion sur le devenir de leur contestation, pacifique et non armée ; car, pour leur gouverne, le camp d’en face, la bourgeoisie l’est, elle, armée jusqu’aux dents.
Cette société chilienne figurait une démocratie proche de celles de l’Europe en 1973, avant que Pinochet ne vienne la saccager au nom des intérêts bourgeois. Les problèmes auxquels elle a eu à faire face ne sont pas si différents de ceux que nous rencontrerions, si, par aventure, nous décidions de nous séparer de ces parloteurs infinis que le roi s’amuse à déléguer dans son désir de gouvernement. L’« avènement du socialisme par la voie démocratique », c’est lequel d’entre ces messieurs qui sortirait son grand sabre pour s’écrier « Le socialisme, mon cul, tas d’esclaves » ! La bourgeoisie a eu de tous temps, des Pinochet en réserve.