23 février 2017
À la carte ou plat du jour ?

Mais quelle méchanceté sur la Meuse de ce mercredi « Contrôle des chômeurs : la Wallonie tape dur! Voici les premiers chiffres... » à la suite de quoi le rédacteur se livre à la joie de proclamer le FOREM, digne successeur de l’ONEM.
C’est un peu comme si, pour faire écran aux crimes du tyran, ses gardes assassinaient d’initiative quelques prisonniers oubliés dans ses geôles ! On est en plein Shakespeare. Et il faut croire, puisque le journal vend toujours autant de papier, que les lecteurs, tous à la dévotion d’Édouard VIII, courent à la Tour de Londres, voir la tête de Thomas More tranchée par le bourreau.
Délaissant toute pudeur, les médias se délectent de la situation des personnes qui, depuis ce 1er janvier, n’ont plus droit à l’allocation d’insertion dont ils bénéficiaient jusque-là.
« Quel crime ont commis ces gens pour qu’on leur supprime un revenu de remplacement indispensable dans un contexte de chômage structurel ? » s’interroge « Politique » un magazine belge auquel Mediapart s’est associé dans un numéro consacré à la France.
Avec la loi Di Rupo, trouver un emploi est un impératif dans un délai « raisonnable ». L’appréciation, dans les officines du FOREM du délai raisonnable, s’est raccourcie depuis Charles Michel en relais de Di Rupo. Les personnels jugeront de la bonne volonté du demandeur, un peu à la « tête du client », comme le flic français qui fourre sa matraque dans le trou du cul d’un « contrôlé » selon son inspiration et son humeur ou ne la fourra pas, dans le cas où le contrôlé ne serait pas franchement black-beur !
30.000 sans revenus cette année et 20.000 autres l’année prochaine, les atlantistes révulsés par la lenteur du redressement économique suivent la chasse aux chômeurs avec l’œil mouillé de reconnaissance.
Tirer un revenu d’un travail qui n’existe pas, voilà qui n’est pas comme chez Publifin, donné à tout le monde...
Cette mesure aura comme conséquence de pousser les travailleurs à accepter des conditions de salaire et de travail revues à la baisse. Sinon en face, la tour de Londres, les têtes qui tombent… on a compris.
Comment comprendre le peu de réactions indignées ? Richard III tout seul, au coin du bois et pas un maquisard, rien que des Michel et des Di Rupo la lippe gourmande en sauveurs de la FEB, de la belge attitude ?

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Me serais-je mépris sur l’attitude de la population ?
Monica De Coninck (sp.a), ministre de l’Emploi sous Di Rupo qui a voté la mesure en question, a un superbe raisonnement « Donner de l’argent sans échange, ce n’est pas une politique de gauche. Avec le délai de trois ans, on peut sérieusement s’occuper des personnes concernées ». (Le Soir 5/1/2015).
Reste que lorsque le boulanger refusera de livrer son pain à crédit, comment on va nourrir le petit dernier ?
Ce qui m’aura toujours étonné dans ce charmant pays de faux-culs, c’est, finalement, le peu de faits-divers pour autre chose que les lubies purificatrices à la gloire d’Allah. Ils ont quand même une sacrée veine les hotus du gouvernement, à 500 € la kalach, c’est juste la somme qu’on retire au chef de famille qui passe de demandeur au FOREM, au statut d’assisté au CPAS.
Du coaching, de l’accompagnement, de la formation, tant qu’on veut, mais rien que ça, Charles Michel vous le dira, rue de la Loi, quand sonne midi, il aime bien consulter la carte des menus de la maison.
– Vous avez pensé à mon velouté de cailles aux fraises ?
Le chômeur dans le parc d’en face, pourra s’essayer à manger les feuilles des platanes.

22 février 2017
Bras de fer.

Des trois possibilités « démocratiques » (voir le blog d’hier), c’est encore celle d’élire un chef qui est la plus hasardeuse. Le chef ou le président place, dans presque tous les cas de figure, des obligés, des fidèles et des « godillots » (option 2). Le risque est grand de l’autoritarisme non maîtrisé. Par exemple, si Fillon est élu et qu’il veut appliquer son programme, bonsoir les dégâts…
Presque… car il est possible aussi qu’un candidat plombé par son comportement avant l’élection (le pénélopegate), mais élu président quand même par détestation de son adversaire (Marine Le Pen) n’ait pas une majorité présidentielle, à cause de ses antécédents douteux.
On sait jusqu’où le chef peut conduire le peuple. Sans remonter à Adolphe et ses adolphins au siècle dernier, l’élection du chef aux USA n’a pas fini d’être commentée.
Et si Trump, outre milliardaire grossier et inculte, était aussi un débile mental ? Il y a un type de démence qui lui va comme un gant : le trouble de la personnalité histrionique (1) !
Trump par-ci, Trump par-là, immigration « out », construction de l'oléoduc du Missouri « on », le mur...
Dommage qu'il ait fallu attendre qu'un businessman détraqué prenne le pouvoir aux States pour avoir conscience des dangers du système présidentiel.
Trump aura quand même servi à éliminer une croyance solidement enracinée dans l’esprit des gens selon laquelle le pouvoir politique s’est aplati définitivement devant le pouvoir économique.
Quoique à peine son deuxième mois de présidence entamé, Trump classé nuisible a cependant agi contre les délocalisations en faisant pression sur les industriels américains, Ford a renoncé de construire une usine au Mexique. La méthode est contestable et il n’est pas dit qu’elle portera ses fruits, mais le fait qu’à cette occasion le pouvoir économique se soit aligné sur le pouvoir politique prouve que nos élus ont tort de capituler et que Charles Michel aurait pu s’inspirer de Trump pour empêcher la fuite de nos entreprises vers des paradis fiscaux. Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui concluent trop vite à l'impuissance du politique, quand il convient au contraire de lutter contre le dumping social et les méfaits du libéralisme.
Les économistes de l’ULB et de l’Institut E. Vandervelde feraient bien de revoir leur copie : s’il y avait bras de fer entre l’Autorité citoyenne et les forces économiques, il se pourrait que les décisions essentielles ne soient plus prises depuis des officines échappant au contrôle des institutions, mais depuis les ministères concernés, à condition d’y avoir des ministres convaincus que la démocratie est un impératif intransigeant.
Hélas ! il n’y a jamais bras de fer, à croire que les libéraux ne sont que les gérants des succursales des entreprises.

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Le rôle de conciliateur a toujours été mineur. En ne défendant pas leurs électeurs, les partis se placent dans les mains de l’autre pouvoir, celui que détiennent les hommes des intérêts privés.
Et, à tout point de vue, c’est logique, puisque le libéralisme est un courant qui joue le privé contre le collectif. C’est un peu comme si Charles Michel tenait le rôle de Marine Le Pen à l’Europe qu’elle veut détruire, tout en étant payée par le Parlement européen. Idem, nous payons Michel pour qu’il détricote l’État au profit du privé.
Nous sommes bel et bien trompés par les dirigeants qui prétendent défendre nos intérêts, alors qu’ils sont tout simplement d’accord avec le néo-libéralisme.
Depuis toujours, le néo-libéralisme est chez lui au Parlement, mais aussi aux sièges des partis traditionnels.
Arrêtons de prêter une oreille attentive à ceux qui osent justifier baisses de charge, baisses de salaire et régression sociale, alors qu’ils sont au pouvoir et que ce pouvoir leur vient du peuple.
On peut croire que le peuple américain est en train de refonder la Nation en se réunissant contre Trump. Chez eux, si la folie s’est concentrée sur une personne, c’est parce qu’elle est d’évidence chargée de beaucoup de pouvoir, donc de beaucoup de nuisance. En Belgique, ce pouvoir est dilué dans tellement de camarillas que nous n’avons pas à nous méfier d’un fou, mais de toute une série de malfaisants et de détraqués, pourris par l’argent et le pouvoir.
Ces satrapes n’en détiennent chacun qu’une petite partie. Reste à définir quel est des systèmes 1 et 2 celui qui nous conduira au système 3 plus rapidement ?
Nous avons l’exemple américain. Combien de temps Trump restera-t-il à la tête des USA ?
Les paris sont ouverts.
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1. Comportement exagérément théâtral, semble en train de se produire sur scène, haute idée du « moi », mépris du « surmoi », persuadé de détenir la vérité, capable de l’inventer, etc. Sa grossièreté et le manque de respect des femmes font partie d’une autre facette de sa personnalité, peut-être rédhibitoire à son manque de culture.

21 février 2017
Rousseauiste malgré tout.

Bien sûr, c’est facile de reporter sur les seules têtes des dirigeants les fautes qui accablent la démocratie. Ils sont ainsi faits parce que nous les avons mis en état de nous piéger et de contourner les règles pour une bonne gouvernance.
Les torts sont partagés. J’ai participé dans un collectif électoral à les mettre dans une position favorable. C’est humain qu’ils en profitent et encore plus humain qu’ils en abusent.
La démocratie s’est adaptée au système économique. Ils essaient de rentabiliser au maximum leur travail et ils sont dans une position pour le faire, bien meilleure que la mienne.
Nous agitons sans cesse le spectre de la morale, du civisme, des valeurs humaines, alors qu’ils sont comme nous qui n’avons que le profit en tête et l’amour de nous-mêmes.
Comment peut-on imaginer une démocratie à l’instar de celle de Platon dans un environnement où la loi est celle du commerce et l’exploitation sous toutes ses formes, de la nature et de la personne humaine ?
Loin des boules vertes ou rouges du Fernandel bruxellois (Deborsu), un vrai intérêt des citoyens, sur les questions essentielles qu’ils se posent, démontre qu’une majorité de Belge pense que la démocratie fonctionne mal. Parmi celle-ci, une part non négligeable considère qu’elle n’est pas irremplaçable.
Évidemment dans ce dernier cas de figure, un méli-mélo de propositions assez farfelues couvrent l’éventail des opinions, des extrêmes aux centristes. D’autres alternatives existent-elles vraiment ? Là est la question.
La défiance vis-à-vis du régime étant en nette progression, il serait temps d’y réfléchir.
Une première remarque, si c’est remplacer les Narcisses qui nous dirigent par des Narcisses qui nous commandent, cela pourrait plus mal finir encore que cette aventure-ci.
Dès le départ le débat est faussé. Nous votons pour des personnages qui se sont mis en évidence, ont joué des coudes et, finalement, sont tombés dans le portrait charge qu’en fait Paul Valéry « Ce ne sont pas les meilleurs qui réussissent mais les pires ».
Ils se prétendent au contraire les seuls à toujours avoir raison et capables de nous sortir de nos angoisses.
En définitive, ils ne servent à rien d’autres qu’à nous distraire. Ce sont nos danseuses, nos geishas que nous surpayons jusqu’à ce qu’ils ne nous amusent plus. Comme ils tiennent à leur place, ils nous deviennent odieux. Dès que nous voulons nous en séparer, ils s’accrochent.
Comment imaginer une démocratie sans corruption ? Comme cette corruption est constante, que l’élu soit surpayé ou sous-payé, comme on n’a jamais essayé de le sous-payer, essayons de réduire ses émoluments, ainsi nous ferons partir du pouvoir les fastueux et les intéressés. Au moins verrons-nous de nouvelles têtes, tout en s’en méfiant, puisqu’on ne peut pas connaître toutes les arnaques, les clés du coffre donnent de l’imagination au gardien.

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Trois scénarios alternatifs sont possibles : un gouvernement « technocratique » composé d’experts non-élus, sorte de fonctionnaires chargés d’appliquer le cahier des charges élaboré par les citoyens ; un gouvernement « autoritaire » dirigé par un chef élu par le peuple avec une équipe minimale ; un gouvernement « participatif » composé de citoyens volontaires ou tirés au sort sous la surveillance et par la consultation des citoyens.
Il n’y a pas de quatrième possibilité dans l’état actuel des choses.
Une majorité se dégage (par sondage) pour un gouvernement participatif (troisième proposition).
Le hic tient dans l’organisation d’une démocratie participative, au lieu d’une démocratie par délégation, celle que nous rejetons aujourd’hui.
Il y a d’abord l’énorme frein de l’appareil politique qui se nourrit du système actuel. Comment pourraient-ils admettre de se désister, ceux qui font les lois qui leur permettent de vivre au-dessus de la condition moyenne de leurs concitoyens ?
La rupture entre le peuple et les élites pose la question de la mainmise des experts et des élus sur le débat public. Comment faire de la politique en-dehors d’eux ?
La démocratie participative tant qu’on veut, mais qui va mettre en place cette démocratie participative, sinon « d’autres élites » ?
J-J Rousseau y avait pensé avant nous. Il avait au Siècle des Lumières déjà formulé la grande tâche de la politique à venir : articuler l’autonomie des individus et la puissance collective.
Ce n’est pas mon intention de refroidir les ardeurs pour le changement, qui dans le fond est nécessaire, mais du XVIIIme siècle à nos jours, un facteur est intervenu. Le système économique a corrompu aussi mais de façon moindre, toutes les couches de la société civile.
Si les gouvernants sont corrompus, c’est parce que je le suis aussi.
Il faut logiquement que je m’évertue à d’abord éliminer en moi le goût que j’ai de l’économie capitaliste. J’avoue, depuis que j’y pense, ce n’est pas facile.
Un petit profit est légitime pour le travail que l’on fournit. Un gros profit est un vol. D’accord.
Encore faut-il s’entendre sur ce que travailler veut dire. Il y a trente six manières de rétribuer le travail. On en est arrivé à rétribuer l’argent lui-même et à honorer le « travail » du rentier !
Tous plus ou moins voleurs et délinquants en puissance ?
Aujourd’hui, c’est la révolte des petits voleurs contre les gros… il y a un peu de ça !...

20 février 2017
Un job en or.

Les affaires en Belgique ressemblent à l’affaire Fillon en France, en ce sens que cette affaire Fillon est une référence aux raisons qui font l’indignation du citoyen franco-belge pour ces mandatés qui se la pètent !
Chez le mari de Pénélope se concentre le maximum de pratiques « légales » qu’interdit la morale de comportement, quand on est élu et responsable !
L’ambivalence d'une professionnalisation de l’élu avec un mandat de confiance de l’électeur est tout l’enjeu d’une démocratie qui mute en ploutocratie, sans que la population en prenne conscience. .
La création d'une nébuleuse de discrets avantages pour les parlementaires et votée par eux, les disjoignent dangereusement du corps social.
Ce ne sont pas les boules puantes lancées par des adversaires qui rendent l’atmosphère irrespirable, puisqu’elle l’est déjà par les pratiques de nos mandataires qui ont réussi, par exemple, à doter la Belgique de cinq gouvernements et à faire des différents parlements qui en découlent, la source de la plus grande représentation au monde par habitant. Il est clair que dans le fourmillement des particularismes régionaux, il est facile d’intégrer des pratiques qui tournent vite aux avantages acquis dont il est difficile de se défaire.
La professionnalisation de la représentation des citoyens fait le reste.

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L’évolution des mœurs de nos dirigeants tient aux bizarreries propices aux embrouilles à cet engouement, pour d’autres valeurs que celles du civisme et de la morale, à savoir l’argent.
C’est dans le cadre « dis-moi ce que tu gagnes et je te dirai qui tu es » que désormais tout se traite.
Jusqu’à l’extravagant discours ce midi sur RTL de ce bourgmestre de Jemeppe-sur-Sambre, Joseph Daussogne "Avant, j’avais 2.700 euros net de pension. Maintenant, je vais chercher 3.400 euros. 2.700 euros en tant que conseiller plus deux jetons de présence (un en commission et un autre pour le conseil), ça fait presque 3.000. Et ici, je fais le couillon pour 400 euros. »
On ne peut pas argumenter sur cela, puisqu’il n’entre dans ce décompte, aucune force morale compatible avec la Démocratie !
Des Daussogne, il en pleut dans notre système ! C’est le discours, il y a peu de Louis Michel, c’est le choix laissé au bourgmestre d’Ans entre sa fonction de bourgmestre et celle qu’il a créée de toute pièce, grâce à l’argent des citoyens, c’est la double casquette de Demeyer, bourgmestre de Liège et député fédéral et qui semble bien la conserver quoique les discours de Di Rupo aillent dans l’autre sens, etc. etc.
Loin de moi l’idée que par le passé les hommes politiques étaient plus vertueux, ce qui est nouveau tient dans la légalité de pratiques qui, n’en demeurent pas moins moralement condamnables. Avant, cela ne se savait pas et c’est même devenu un progrès que cela se sache. Oui, mais alors, le sachant, qu’est-ce qu’on fait ? Rien, puisque le bénéficiaire de ces pratiques, c’est l’élu lui-même, à savoir celui qui fait les lois !
La démocratie va donc essayer de survivre avec ce cancer révélé.
J’aime autant dire, qu’elle ne tiendra pas le coup longtemps.
Comment dire à des gens qui n’ont pas exercé d’autres «métiers», qu’ils devraient en sortir et que la démocratie y gagnerait ? Certains sont, sitôt les études finies, entrés directement dans la « fonction ». Ils ne connaissent rien d’autres. Contrairement à la mobilité professionnelle qu’ils prêchent à tous les demandeurs d’emploi, ils seraient tout à fait incapables de faire autre chose.
Des indemnités multiples garantissent les intervalles d’échecs ou d’opposition.
Un véritable corps d’élus défend aujourd’hui les acquis, même en cas de défaite.
Ils ne peuvent justifier leurs avantages devant l’opinion.
Assurer un train de vie appréciable sans le laisser paraître, tient dans leur inconscient à ce qu’ils considèrent quand même comme honteux ou peu électoraliste.
Les signes extérieurs de richesse sont difficiles à mettre en évidence, comme les fringues, les voitures ou les maisons de campagne. Il faut dire qu’en Belgique, les journalistes sont assez respectueux de la « vie privée » des mandataires publics, ainsi le faste échappe aux lecteurs.
Cette tradition de la discrétion est un élément non négligeable qui a eu pour effet d’engendrer une dissimulation de leur part, comme une sorte de réflexe. .