15 novembre 2019
Le Belge heureux !

Selon une enquête d’Eurostat, les Belges seraient les plus heureux d’Europe !
Depuis cette nouvelle, je me sens tout ragaillardi.
Une chronique sur le bonheur s’impose, « La démocratie en chantant » en serait le titre.
Vue sous cet angle, la lecture des journaux de ce matin change l’opinion sur le bonheur. Tout est dans la manière de lire.
« Stéphane Moreau mis en rétention !
Le comité de rémunération du groupe Nethys, apprend le journal, a décidé en 2018, de verser des indemnités dites 'de rétention', nécessaires pour éviter le départ des intéressés vers le privé, en cause le décret limitant les rémunérations, des dirigeants d'entreprises publiques. Cela concernait trois dirigeants, dont le CEO Stéphane Moreau qui perçut 12 millions d’euros en plus de son traitement annuel d’un million. »
Une musique de fond est importante pour accompagner un salarié en rétention. « Cette année là » beuglait, au moment de cette lecture roborative, Claude François. La rétention, alors que tant de salariés sont en expulsion ! En honorant l’un d’entre eux et pas n’importe lequel, un des plus injustement critiqués, le syndicat des CEO de la FGTB a fêté ça, titrerait La Meuse !
« À 23H35 mercredi, le pic de marée haute s'est arrêté sous le mètre (à 77 cm), à Venise, alors qu'il était prévu à 1,20 m. » Venise inondée est d’une beauté ! On n’a pas idée. Aussi les touristes attendent les fortes marées pour faire des photos. Les marchands de bottes de caoutchouc sont aux anges. Et puis la marée en-dessous du mètre, cela montre bien que le réchauffement climatique qui fait monter les océans, est une fausse nouvelle dans le but d’inquiéter les gens exprès pour que les mines s’allongent. Les Belges ne sont pas dupes. Il n’y a pas de raison d’être inquiet. Ils ne tombent pas dans le panneau des mines effarouchées de Greta Thunberg.
« En Russie, un élève a été tué et trois ont été blessés par un tireur qui s'est donné la mort dans un lycée technique à Blagovechtchensk, petite ville d'Extrême-Orient russe sur la frontière chinoise. » Les horreurs s’éloignent. Elles vont même jusqu’à s’enterrer à Blagovechtchensk. Je vous demande un peu ! L’horreur est moins horrible quand c’est loin ! C’est la joie et la bonne humeur chez nous qui la font fuir ! Et puis la frontière chinoise, est-ce qu’on sait même où elle est ? A-t-on idée d’aller tuer ses camarades en Chine !
« Des écoles bruxelloises tombent en ruine, bâtiments vétustes, mauvaise gestion des risques incendie, installations électriques non conformes, cours de récréation qui s'affaissent »... La Libre et la DH mettent au jour l'état délétère de certaines écoles. Le Belge heureux sent tout de suite le bon parti qu’il peut tirer de ce constat. Il suffit d’aménager des visites à ces sites par les amoureux de la Ville médiévale, enfin exhumée des sous-sols dorénavant réservés aux tunnels routiers. Les Monuments et les sites de la capitale pourraient ainsi étendre les visites guidées à des communes rarement visitées. Pour que cela ait de l’effet, il serait évidemment recommandé de ne pas toucher aux toitures défaillantes et aux murs lézardés. On éditerait une petite brochure illustrée des plus belles ruines récentes.

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« Les Fourniret sont en garde à vue » écrivent les journaux. Tant mieux disent les Belges qui vivent heureux depuis qu’ils ont abandonné l’idée de suivre l’actualité et qui ignorent tout du passé à la Dutroux de ces oiseaux-là. Aussi disent-ils en méconnaissance de cause, voilà un dossier qui démontre bien que la justice est très performante en matière de crimes.
Le Belge heureux n’en est pas moins sensible aux mauvaises nouvelles qui parfois viennent détériorer le bel azur de la Belgique joyeuse. C’est ainsi que si épiler le maillot est devenu la norme pour bon nombre de femmes, n’encourent-elles pas des risques, ces imprudentes ! Le Belge heureux en est conscient, beaucoup plus que l’Albanais loin derrière au classement du bonheur. « Priver le pubis de ses poils n’est pas sans risques » dit une spécialiste à la BBC. Toute annonce tristounette à ses moments de joie, l’article sur l’épilation du maillot expose quand même pour le plaisir des yeux, de belles plastiques épilées sur des photos couleur grand format. Cela relativise le chagrin.
Une autre source de peine, c’est la manière dont Georges-Louis Bouchez et Denis Ducarme se font la gueule, tout ça pour un poste de président ! On a vu comment on peut rendre heureux les travailleurs en les dotant, comme c’est le cas du CEO Moreau. Pourquoi ne pas dédoubler le poste de président du MR, pour un travail « par » équipe, puisque « en » équipe s’avère impossible ? Deux poses classiques six-deux et deux-dix font tourner de belles entreprises. Deux postes en alternance au MR et tout le mode serait heureux ! Ainsi, en se renseignant sur celui qui est du matin et celui qui est du soir, on pourrait choisir son président.

14 novembre 2019
Un club social et progressiste.

On a voté au MR pour la présidence. Les numineuses élites se sont décantées dans les agrégats européens. Sa sérénissime grandeur Charles Michel et son grand vizir Didier Reynders, ainsi que l’insignifiant Chastel, casé près d’un radiateur du parlement de Strasbourg, ont déserté la maison mère.
La boîte est à remettre.
Louis Michel, géniteur de la dynastie, à la retraite grâce à des économies et de plantureuses pensions, compte néanmoins négocier fermement le pas-de-porte.
Signe du désintérêt des foules libérales, le MR compte moins de 25.000 membres.
Un simple calcul : Wallonie + Bruxelles au dernier recensement faisaient 4.842.337 habitants. 24.882 membres du MR font donc moins de 2 % de la population et si l’on considère que 53 % des membres ont voté, nous avons donc à peine 1 % de libéraux francophones.
C’est dire le peu de légitimité de celui qui sortira du lot au deuxième tour, puisque Georges Louis Bouchez n’a obtenu que 44,59 des voix et le suivant, Denis Ducarme, 25,12 %. Pour le Tariq Ramadan libéral, cela ne fait pas 0,5 % de la population, s’il est élu. Pourtant, on le sent prêt à plastronner, poser des règles, affirmer des points de vue… au nom de l’ensemble de la population ! Quant au sanguin Ducarme, on descend jusqu’à un quart de pour cent !
Ça donne le vertige !
Ces lilliputiens politiques n’en sont pas moins hommes, dirait Tartuffe.
Christine Defraigne s’étonne du peu d’enthousiasme des foules libérales alors que son parti est à la croisée des chemins.
Cette manie de se retrouver à la croisée des chemins !
Voilà tantôt cinquante ans que Louis Michel s’y trouve et il y est toujours !
Croisée des chemins pour madame Sophie Wilmès. Notre dame en fer blanc occupe le pupitre de chef intérimaire, à son programme rien que des airs entraînant américains. Hier, en majorette sportive, elle est allée en notre nom dire à la France qu’on ne se portait pas mal sous son gouvernement officieux. Elle a déclaré qu’elle suivra la grande allée du pouvoir qui mène au Capitole de l’économie de marché, avec les rescapés de l’ancien orphéon !
Sophie, c’est encore moins d’un demi % des électeurs. Philippe a bien compris. La Belgique, c’est Chypre au cœur de l’Europe, les Turcs flamands occupent le Nord et les patriotes le Sud. Sophie, c’est la balle du jokari, l’élastique la retient de sortir du jeu, tandis que dans les deux camps, on lui tape dessus comme des sourds.
Les débats électoraux au sein du club MR n’intéressent personne. Ils ont pourtant dégagés les joueurs du second tour, Georges-Louis Bouchez et Denis Ducarme. Hargneux et légitimés par ce qu’ils croient être leur droit d’accéder à la présidence du MR, ils se donnent des directs et des uppercuts comme jamais Joe Louis Michel n’en donna. (Évidemment lui, c’était plutôt la savate).
Richard MILLER, président du Bureau électoral, en est saisi. Dans le cénacle jadis tenu par Jean Gol, des cris et des fureurs, cela ne s’était jamais vu. Il faut dire que ce qui a fait exploser Denis Ducarme, ce sont les éminences du parti qui s’étaient positionnées avant l’élection, comme Coca-Cola Bacquelaine et qui ont fait pencher la bascule sur Tariq de Mons.

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Denis a raison. Qu’est-ce qu’il leur a fait pour qu’il paraisse aussi déplaisant ? Il est comme eux pour une économie américanisée. Son libéralisme social s’arrête à l’augmentation possible des parlementaires et régionaux de l’étape. Il privatiserait l’administration publique comme la Poste, s’il le pouvait. Comme Georges-Louis, il est pour l’austérité des foules, le bien-être des élites. Qu’est-ce qu’on veut de plus ?
Certes, il n’a pas la manière, la rhétorique de Bouchez, ce ton doucereux pour envelopper la victime de mystère et de senteurs suaves avant l’étouffement, comme savaient si bien faire les Borgia… pardon les Michel !
Et quand il sera nécessaire de remplacer l’anguleuse Sophie Wilmès, dans deux trois ans, qui sera le quelqu’un de fort, de brutal même, providentiel : Ducarme ! L’efféminé Bouchez chuchotent les partisans, peu nombreux il est vrai, du taureau de Thuin, Georges-Louis à l’air trop oriental, avec sa barbe dans les poils de laquelle quelques bribes de loukoum traînent ! .
Coca-Cola Bacquelaine n’aime plus Denis, depuis qu’il s’était lancé dans la littérature avec son livre « Islam de Belgique: entre devoir d'intégration et liberté religieuse. » Coca-Cola Bacquelaine lui reproche « liberté » associée à « religieuse ». Pour Coca-Cola Bacquelaine la liberté ne peut être que libérale et c’est une injure qu’elle fût ainsi maladroitement associée à des pratiques qui relèvent plus d’une secte qu’autre chose.
Bref, Coca-Cola Bacquelaine aurait été capable de prétexter n’importe quoi pour ne pas voter Ducarme pour l’unique raison qu’il pense avoir pris de l’ascendant sur Bouchez, tandis que le sanguin est imprévisible. Enfin, comme Bouchez va sûrement l’emporter au second tour, ce n’est pas le moment de se mettre mal avec lui, en défendant un adversaire malheureux.
Reste la question à deux balles : Denis Ducarme est-il un libéral social et progressiste ?
À y regarder de près, c’est Gros Loulou avec son premier Mai qui avait débuté le travail de sape du côté des socialistes de droite. Depuis, tout le monde a compris la leçon. Ils sont tous « social-progressiste ». C’est le slogan d’avenir !

13 novembre 2019
Une démocratie formidable !

Expliquer les choses comme on les pense et non pas comme on les dit, n’est pas aisé. Rares sont ceux qui ont cette sincérité là. Nous nous mentons à nous-mêmes : sur nos performances, notre intelligence et notre sagesse, le tout dans le désordre, bien entendu. Sage d’abord et déconner ensuite ? Même, si la sagesse était avant, la connerie, il n’est pas sûr que l’on puisse éviter cette dernière.
Dans la haute société, on ne raisonne pas ainsi. L’attitude est en fonction du rang. Un certain état de dépendance envers qui a la signature bancaire règne, c’est tout.
Les familles vivent derrière des paravents. Cela peut être un petit espace clos, un jardin avec un chemin entouré de rosiers ou un parc, que l’on franchit en voiture tant de la grille de la rue, au perron, il y a du chemin.
La plupart des gens vivent au bord des trottoirs, même parfois sur le trottoir. Entre le monde extérieur et eux, il n’y a qu’une vitre. Les chanceux l’ont en double. Tous ont des rideaux derrière lesquels on voit sans être vu ou à peine vu. Surtout des tentures, plus elles sont épaisses, plus on a l’illusion d’être retranché du monde, de n’être pas vu.
Comme aurait dit Bourdieu, l’épaisseur des tentures joue un premier rôle social.
Ce quotidien dit l’essentiel d’une discrimination, d’autres diront une injustice, entre le propriétaire du parc et celui des rideaux et entre celui des rideaux et celui du trottoir.
Puisqu’il y a une vie sociale et qu’il faut bien se nourrir, les grosses différences viennent de ce qu’on appelle le reste et qui n’est rien d’autre que l’essentiel.
On se fait à tout, certes, mais on s’habitue plus vite à gérer de haut en bas que l’inverse. On est plus à l’aise d’être le chef que d’en avoir un. La plupart des gens qui en ont un ne sont pas maîtres de leur temps. Ils ne peuvent pas organiser leur travail comme ils l’entendent. Ils le font selon des ergonomes et des techniciens de production.
Là est la plus grande discrimination.
Cette discrimination part des métiers libéraux, médecins, avocats, notaires, des hauts emplois d’administration et des mandats d’hommes publics (puisque selon Reynders être parlementaire est un métier), pour descendre jusqu’aux métiers à mains, physiques, pénibles, contraignants, mal payés, etc.

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Autant l’organisation de la journée peut passer pour exaltante dans la hiérarchie au sommet des professions, autant celle de tout en dessous de l’échelle sociale paraît gravement compromise par des contingences et des obligations qui achoppent sur l’organisation de la propre vie de l’intéressé. On a peine à imaginer que les deux bouts de cette chaîne aient la même dénomination pour désigner des actions si différentes : le travail !
L’objectif du monde libéral : l’amalgame ! Faire accepter l’inacceptable par les gens d’en-dessous et par un réflexe de prudence, tempérer les bouffées orgueilleuses, sadiques parfois, des gens du dessus. Cet amalgame profite exclusivement aux classes supérieures.
C’est un assemblage discordant, un faux ménage, que depuis toujours les instances dirigeantes tentent de concilier, sans jamais y parvenir, et pour cause, tout cela suinte d’inégalités et d’injustices. Voilà quarante ans que le PS a solennellement condamné le principe de la lutte des classes !
Deux mondes différents : un qui tire la couverture à soi et il en a le pouvoir et l’autre qui ne dispose que de la couverture qu’on lui octroie qui n’est jamais qu’un coin de la couverture de l’autre, qui ne le protégera jamais tout à fait du froid.
L’Ancien Régine n’avait pas besoin de raisonner sur sa condition élevée par rapport aux conditions du dessous. Il avait au moins le mérite de la sincérité dans le mépris des gueux.
En démocratie, il en va tout autrement. Il faut que l’on puisse justifier des fortes différences ; il est crucial d’avoir des électeurs en nombre pour maintenir le système à flot. Donc, il faut nécessairement que des gens aux conditions basses votent pour que les conditions hautes poursuivent leur parcours avantageux.
De cela on peut en déduire que les gogos les plus affirmés se retrouvent dans les partis de la majorité qui soutiennent en l’état, la démocratie comme elle va.
Ceux d’en bas qui n’en font rien, sont évidemment des ennemis potentiels que les gens du dessus veulent réduire.
Parmi les gagnants du système, on allègue les niveaux d’intelligence diversement répartis. Comme il n’existe pas vraiment de critères réels, on en a trouvé un, tout à fait spéculatif, qui ne repose sur aucune réelle différence séparant le tout venant de l’université. Le critère est la longueur du parcours, plus long d’un côté et plus court de l’autre. On s’est dit en haut lieu, voilà de bons critères qui closent le bec aux revendications égalitaires. Attendu qu’il y a moins de diplômés de l’université, nous ferons admettre par le cercle des privilégiés, quelques membres venus des bas du classement. Cela permettra aux masses populaires de rêver. Les bourgeois rentiers qui n’ont qu’un certificat d’études du premier degré passeront au bleu. Ils ont leur gold-Cart qui leur sert de diplôme. Elle est même d’une qualité supérieure.
Ce que la haute société n’avait pas prévu arrive à grandes enjambées : le nombre croissant de diplômés des universités. Il faudra bien en prendre son parti, certains resteront chômeurs.
On se demande, ce que la classe supérieure va bien pouvoir inventer pour justifier aux yeux des naïfs, des immatures et des imbéciles que notre démocratie est tout bêtement formidable !


12 novembre 2019
Les malheurs de Sophie.

On aurait quand même le droit de s’étonner que les partis chauds bouillants pour se partager le pouvoir ne soient pas encore parvenus à former un gouvernement à près de sept mois du seul acte de démocratie possible qu’ont les citoyens : voter !
Eh bien non ! L’étonnement est ailleurs, la dernière défaite du Standard, l’historien russe qui se prenait pour Napoléon et qui a fini par découper sa maîtresse pour jeter les morceaux dans la Neva, un mouton à cinq pattes en Inde, le direct du droit foudroyant de Macron dans une salle de sport dépeint par Benalla dans son livre et le dernier viol de Polanski, tout on s’étonne de tout, sauf de l’absence de gouvernement !
Et ce n’est pas le fantôme qui hante la rue de la Loi sous les traits de Sophie Wilmès qui dira le contraire. Au reste, en Flandre, personne ne sait qu’il s’agit de la première ministre en vacation, en attendant Godot.
D’après nos éminences et Sinardet and Partner, c’est la faute à l’électeur. Il ne sait pas jouer au bridge. Même en faisant le mort, il déçoit. Avant d’étaler son jeu, il a fait une mauvaise annonce à pique, et il met tout le monde sur le carreau !
Les élections n’auraient pas dû avoir lieu. C’est clair.
Voter de façon aussi invraisemblable que la seule combinaison possible soit entre deux chimies, tellement identiques dans la gestion du capital, tellement en symbiose sur l’économie libérale, qu’on les confondrait ! Insupportable à un politique.
Les journaux nous cachent tout, à commencer par la seule raison profonde de ne pas annoncer la publication des bans de Paul Magnette et Bart De Wever : la peur d’effaroucher l’électeur qui pourrait voter pire aux urnes suivantes. Sur le fond, tout baigne.
La mondialisation de l’économie à définitivement réglé tous les problèmes des démocraties.
Les chinois n’ont pas acheté le Pirée pour rien. Le plus beau de nos CEO, mais aussi le plus controversé, Steph Moreau, colle mieux au look de la nouvelle association politico-financière que nos premières flèches des partis traditionnels.
Il faut se rendre à l’évidence, l’économie libérale a tué la démocratie. Ce que soixante ans de communiste n’ont jamais réussi à faire, quinze vingt ans après le baisser de rideau, c’était dans la poche.
Pourquoi les gens s’en foutent ? Mais, parce qu’ils ont un autre maître : l’argent. Pour qu’ils reviennent à la politique, il faudrait que le show soit intégré entre Cyril Hanouna et Affaires conclues, qu’il soit conduit par une meneuse de revue, à la langue un peu pâteuse, au cul bien serré dans un body couleur chair, aux nibards refaits et à la conduite douteuse, le contraire de Sophie Wilmès, personnage de la comtesse de Ségur.
C’est un drame vécu par la poignée d’acteurs d’une troupe qui joue devant des chaises vides. Où sont les grands meetings d’antan ? Dans deux, trois ans, on fêtera le premier mai entre grands responsables, dans une arrière salle de la Maison du Peuple, pour tout autant qu’il y en ait encore une et, de l’autre côté du rideau linguistique, on fêtera l’anniversaire de la bataille des éperons d’or, dans un ancien local de l'Algemeene-SS Vlaanderen.

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Charabia que cela. Le public boude parce que ce qu’il pensait de la démocratie le poussait plutôt vers le haut, l’aidait à mieux aimer les autres et par conséquent à mieux s’estimer.
Alors, délassement pour délassement, autant s’offrir une place dans un vrai théâtre avec de vrais acteurs qui font rire souvent, réfléchir parfois, plutôt que s’ennuyer au spectacle de vieux pitres sans talent, qui nous font payer les places à l’avance et qui ne remboursent jamais, même quand tout est foutu !
Les acteurs politiques, comédiens professionnels ont déçu. On aurait voulu qu’ils ne fussent pas si doués pour le mime et le transformisme, qu’ils eussent le recul d’effroi qui fait la personne de qualité en voyant ce que le libéralisme, le commerce et l’amour de l’argent ont fait de nous.
Autrement dit, tant que le mauvais exemple prendra place devant le bon, tant qu’on jugera de l’espèce humaine « selon que vous serez puissant ou misérable », tant qu’il y aura une telle confusion dans les valeurs que les sottises, pourvu qu’elles fussent d’université, passent devant l’intelligence populaire, tant que les médiocres feront en sorte de faire croire qu’il n’y a que leur solution possible, il n’y aura pas de gouvernement tirant les Belges vers le haut.
On assistera ce à quoi on assiste aujourd’hui, un roitelet éperdu cherchant le bon grain de l’ivraie dans sa cage dorée, sachant dans le fond qu’il n’y a que l’ivraie, pépiant, sautant d’un perchoir à l’autre, donnant du bec dans l’os de sèche. Sa femelle, assise sur ses œufs, jetant un regard dédaigneux de son nid sur cette multitude grouillante, ne comprendra pas, seulement inquiète, quand ils écloront.