27 septembre 2016
La Libre Belgique n’en rate aucune.

Le 16 septembre La Libre a fait « porte ouverte » en accueillant dans ses colonnes un collectif foulardisé selon la mode actuelle chez les tapées de religion. En terre occidentale vouée par la grâce d’Allah à l’islamisation, la Libre Belgique est le porte-étendard des « progressistes » qui passeraient d’une religion à l’autre sous tous les Dieux, pourvu qu’ils fussent sévères !
Je n’ai pas mis dix jours pour « penser » à la chose, disons que j’avais abandonné le projet d’un bloc tant l’histoire avec les religions et particulièrement cette petite dernière, en sa terre d’asile, me court sur le haricot.
Le blog de Nadia Geerts critique justement les propos des dames au foulard. Entièrement d’accord avec elle, la cause féminine n’est pas bien défendue par ces musulmanes pratiquantes. Elles la desservent plutôt.
Comme je ne donne pas de conférence chez les Femmes Prévoyantes Socialistes, je vais être franc avec tout le monde.
La première phrase de cette lettre est déjà une provocation « En Belgique, les mesures en vue de refouler hors de la vie sociale les musulmanes portant le foulard se multiplient. Ne nous contraignez pas au repli communautaire, devenons des alliés. »
Si je comprends bien, en trouvant indigne d’une femme libre de porter ostensiblement les signes d’une religion, alors que par temps chaud le mari est en bras de chemise, on la contraint « à un repli communautaire », on devine où elle veut en venir. Elle veut justifier le bonhomme en cherchant à se faire ostraciser par le pays d’accueil.
C’est, ni plus ni moins, donner un coup de pouce à la tension et offrir des arguments à Daech !

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Les récits de voyages dans les pays du Maghreb témoignent de l’hospitalité réelle des Algériens et des Tunisiens. Depuis Flaubert s’étant, du 12 avril au 5 juin 1858, « esbigné pour le rivage du Maure » qui a laissé treize Carnets de Notes de Voyage, tous font la même remarque sur les mœurs des hôtes : un grand sens de l’hospitalité. Cependant, et c’est légitime, il convient d’y respecter les mœurs et les coutumes des pays traversés, sans quoi ils deviennent franchement hostiles, agitent des couteaux et chassent impitoyablement de sous leur toit, ceux qui, parfois sans le vouloir, ont blessé leur amour propre dans leurs façons. Si ces voyageurs avaient décidé de rester sur place et qu’au lieu d’être une poignée ils avaient été cent mille, il y aurait eu un basculement de l’hospitalité en méfiance, guerre clandestine avant d'être ouverte, comme ce fut le cas, bien après le voyage de Flaubert.
Cent cinquante années plus tard, que je sache, ce n’est pas une visite de courtoisie, mais une implantation de ressortissants arabes en Europe.
Le nombre jouerait-il un rôle essentiel dans l’établissement des règles du jeu ?
Entrerions-nous dans un processus inversé des accords d’Evian ? Jouerait-on le scénario des Pieds-Noirs français d’Algérie, par un afflux contraire, reprenant le voyage à l’envers ?
Eh bien non ! Nous n’en sommes pas là. Mais il est dangereux de nous en faire souvenir.
Si l’hôte a un devoir d’accueil, le visiteur a celui de la retenue et du respect des mœurs qui ne sont pas les siennes et qu’il découvre.
Veut-il rester ? Qu’à cela ne tienne, à condition de se fondre dans la population et de faire un effort d’assimilation.
Ce n’est pas bon d’interdire le port du voile, comme ce n’est pas bon de l’arborer ostensiblement. Se promener dans des tenues que l’on peut comprendre dans les premières journées d’arrivage cinq ans plus tard, cela ne fera pas avancer d’un pouce la cause féminine, ni reculer d’un poil le machisme des mâles.
Depuis que les papes ne sont plus des criminels et que les jésuites sont rentrés dans leur caserne-couvent, le croyant européen ne veut plus de ces simagrées et de ces accoutrements de propagande.
Alors, bon, la laïcité c’est déjà difficile à vivre avec les politiciens qui font dans leurs frocs devant les couteaux brandis. Quand on est athée en plus, ce battage pour des élucubrations écrites il y a une éternité, selon des visions « haschichisées », passe pour de la connerie exportée, comme si on n’en avait pas assez de la nôtre !

26 septembre 2016
Un quart d’heure différent.

Pour être d’art ou pseudo, la poésie doit sous quelque forme que ce soit, être présentée à un public. Une autre manière, c’est l’amoureux qui rime sa pensée à la personne de son cœur ou encore, l’exalté devant le pont du Gard qui rend hommage au génie romain et honteux d’avoir transcrit un élan lyrique en vers, jette son papier chiffonné dans le Gardon.
En toute chose et la poésie n’y échappe pas, montrer son travail est primordial. Le danger est de sombrer dans le riquiqui, l’élan vers l’autre qui donne envie de rire aux autres.
C’est le danger dans lequel sombrent beaucoup de rimailleurs.
Cet art devient vite incompréhensible et d’autant plus insupportable à cause des rimes savantes puisées dans des dictionnaires. Dans certains cas, le public, c’est comme quelqu’un qui n’entend pas le chinois et qui à une conférence subit un orateur qui parle mandarin.
Il me souvient d’une émission d’RTLTvi, Jacques Pradel était aux manettes.
Croyant bien faire, pour « adapter » leurs personnages à la strophe qu’ils voulaient romantique, deux candidats s’étaient déguisés en Pierrot et Colombine.
Pradel a dû passer un des pires moments de sa vie, partagé entre le devoir de rester sérieux et l’immense envie d’éclater de rire aux nez de ces deux inconscients.
Ce qui est dramatique, c’est la difficulté de percevoir le ridicule quand on est lancé dans des textes pour lesquels on ressent l’émotion du temps qu’on les écrivait au moment de les dire, alors que le public goguenard et passablement inattentif reste insensible.
Au fait, qu’est-ce que la poésie ?
Bien commode, on a Paul Valéry en penseur multiformes.
La poésie, dit-il, c’est le langage dans le langage.
À quoi bon avoir deux langages, le premier ne suffit-il pas ? On voit où le poète veut en venir. Langage dans le langage, l’État dans l’État, donc à toutes les singularités et bizarreries et effets de langage d’une Marie-Chantal déguisée en femme savante.
Qu’importe, ce qui compte c’est l’émotion vraie et non feinte et transcrite avec le plus de sincérité possible dans une situation où à cause des rimes on écrit malgré tout un mot qui dénature parfois la pensée au point de risquer son contraire.

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Ce qui m’amène à parler de deux formes possibles.
Les poèmes à forme fixe et les poèmes à forme libre.
En alexandrins, on entend le rythme des mots comme une musique.
J’admire beaucoup celles et ceux qui parviennent à rendre le même résultat en forme libre.
Les trois poètes souverains qui hantent les débutants encore aujourd’hui sont Baudelaire, Verlaine et Rimbaud, suivent évidemment les autres des plus lointains, de Rutebeuf à Eluard et même à celles et ceux, nos contemporain(e)s, parmi lesquel(le)s je cite Béatrice Libert, que j’eus l’extrême plaisir de seconder dans son entreprise, dans un récital à la petite salle de l’Émulation.
La notoriété en poésie passe par une notoriété acquise ailleurs.
Houellebecq, s’il n’avait été cet écrivain connu qui enrichit la maison d’édition en même temps qu’il gonfle son compte en banque, n’aurait jamais pu être édité en tant que poète. Et cela aurait été dommage, car sa poésie a une certaine valeur qui ne dépend pas de sa notoriété d’écrivain.
Enfin, tous les poètes en sont là.
La poésie est cet art majeur dont tout le monde se fout.
Et l’on a tort !

25 septembre 2016
Des nouvelles de l’Hôtel Mondo.

La presse belge ne se nourrit que d’Agences de presse et de lectures de journaux étrangers pour son brouet quotidien, afin de faire semblant de tenir ses lecteurs au courant des événements internationaux.
Les rédactions ont fondu au point que tous ceux qui à l’ULB suivent des cours pour obtenir une licence en journalisme et communications peuvent se brosser pour entrer dans un journal.
Les affaires belges sont politiquement trop sensibles pour en faire des compte-rendus suivis d’une analyse intelligente. Si bien que du côté francophone on aime assez traduire des articles de la presse flamande, bien plus incisifs, mais qui n’influencent guère le lecteur francophone par l’effet de méfiance de celui-ci à l’égard de l’opinion flamande.
Restent deux trous affreux à combler pour le rédacteur : le samedi et le lundi. Le samedi les prétoires sont fermés, les agences partent en week-end et le lecteur qui n’est pas sportif à tendance à passer son tour. Enfin le lundi, une bonne demi-journée est un temps creux. On se rabat sur les accidents mortels du dimanche. Les activités restent au ralenti. Il faut attendre l’édition du mardi, pour commenter les faits-divers et la réouverture des prétoires.
Le divorce Brad Pitt-Angelina Jolie est du pain béni pour la presse bruxelloise. Quant à la presse régionale, la Meuse tire sur la ficelle du procès Wesphael pour en remettre une couche sur les petits potins.
Dans l’alambic du boulevard de la Sauvenière Oswald Decock passe un sale quart d’heure.
La Meuse du samedi ; « Depuis que le procès Wesphael a débuté, il ne se passe plus un jour sans que l’on ne parle d’Oswald De Cock, l’amant de Véronique Pirotton, et de ses dégâts sur la relation Wesphael-Pirotton. Il nous revient aujourd’hui que Régine, l’ancienne compagne d’Oswald, a déposé plainte plusieurs fois contre lui pour harcèlement. Cela se passe bien après le drame de l’hôtel Mondo ! »

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Au début, on parlait d’un certain OD, psychologue, puis d’Oswald D et enfin le nom au complet, avec la profession et le lieu habité par l’intéressé, Fléron. Un simple coup d’œil sur la Toile et tout le monde peut connaître la rue, le numéro de la maison, etc. Sur Google Maps, les images, heureusement que les caleçons du type ne séchaient pas dans la cour à côté.
Régine, 42 ans, adresse à Waremme, photo et strip-tease, ce sera pour plus tard.
On oublie que l’accusé c’est Wesphael et la victime c’est Véronique Pirotton, même si l’Oswald s’y entendait pour souffler sur les braises.
Même si OD n’a pas eu au départ Véronique comme cliente et qu’ils se sont rencontrés à la terrasse d’un bistrot, en voilà un qui fait un métier qu’apparemment il ne maîtrise pas bien. On se demande si, grâce à la Meuse, il ne va pas devoir en changer ! Parce que comme psy, pardon, il ferait mieux d’aller consulter lui-même.
Ce procès Wesphael prend une étrange tournure. Si j’ai déjà commis deux articles sur le procès et qu’en voici le troisième, c’est davantage pour mettre en évidence l’étrange pouvoir qu’à encore cette presse, même moribonde, pour flanquer des gens par terre avec une rare détermination, avant de tomber moi-même dans la critique à la fois des articles de presse et des sujets qu’elle aborde, oui les deux protagonistes Wesphael et Decock manquent d’élégance et s’arrangent tous les deux pour salir l’image d’une femme qui n’est plus là pour se défendre.
Quand bien même l’un soit blanchi et l’autre seulement témoin, cela n’empêchera pas la Meuse de les avoir presque condamnés à finir leur vie chômeurs ; car pour l’un, leader d’un parti de gauche avec son QI à 83 et (toujours d’après La Meuse) ses week-ends amoureux avec une personne bien plus jeune que lui, le voilà mal barré pour de nouvelles tribunes politiques ; quant au psy cavaleur de première et rancunier en rupture amoureuse avec ses partenaires, ce n’est pas demain qu’un mari avisé ira lui présenter sa femme pour des conseils.
Encore une petite dernière du côté de Régine, qui faisait « amoureuse » par roulement avec Véronique : « Mais en janvier 2015, effrayée par les mensonges et la personnalité multiple d’Oswald (Régine avait notamment découvert qu’il avait placé un logiciel espion sur son PC), elle rompt définitivement. Oswald ne l’entend pas de cette oreille et tente de la relancer à de multiples reprises. Par des SMS, des appels téléphoniques, des lettres, l’envoi de colis, de clé USB, d’objets divers (clé, corde…). Ses manœuvres finiront par effrayer Régine. »
La différence entre Maître Uyttendaele et moi ? Lui se bouche le nez, moi j’ouvre les oreilles. Vous remarquerez que se boucher le nez n’exclut pas d’ouvrir les oreilles.

24 septembre 2016
Sganarelle - « Mes gages ! ».

La création dans le mode littéraire est un échec. Dans le mode théâtral, c’est une tragédie sans cesse répétée et jamais jouée.
Dans ces domaines, la création quoique intéressant un grand nombre d’actifs reste velléitaire dans la mesure où l’on a autre chose à faire pour gagner sa vie.
La voilà bien cette foule anonyme de créateurs dans l’incapacité d’être des montreurs. Ils habitent des petites villes comme Liège à prétentions artistiques, mais qui n’ont pas assez de public pour remplir deux salles en même temps.
L’échevin de la culture règne en satrape au milieu des desservants de l’Art subventionné. Il joue le rôle de Puntilla expliquant à son valet Matti l’étendue de ses propriétés, dans l’optimisme du propriétaire qui distribue des bourses forcément dans l’intérêt de sa gloire, mais aussi selon sa formation et ses connaissances souvent réduites aux chicanes politiques.
À moins d’une fortune personnelle, il faut tout plaquer pour savoir ce que l’on vaut à courir l’aventure d’une grande ville comme Paris, Lille ou Bordeaux, avec son petit bagage serré dans une serviette de fonctionnaire et un paquet de cartes de visite qui sont autant de reproches aux promesses non tenues de ceux que l’on a approché.
Courir les éditeurs ou les directeurs de théâtre c’est une gageure qui tente tout le monde mais vite abandonnée. Reste alors les fausses maisons d’édition où l’impétrant doit être davantage représentant de commerce qu’écrivain et les théâtres de seconde zone où les subsides de la ville font que l’on retombe vite dans l’émirat d’un pacha politique local. C’est-à-dire que l’on a devant soi un directeur de théâtre qui n’a pas son mot à dire dans les créations, qui n’en convient pas pour ne pas perdre la face, mais qui mène tous les auteurs inconnus en bateau.
La vérité de l’exploitation de la créativité est l’aliénation des auteurs s’ils s’y croient victimes de discrimination. Puisqu’ils le sont tous, à l’exception d’une infime minorité, ce n’est pas d’une aliénation qu’il s’agit, mais d’une incompatibilité de notre époque avec la création artistique.
Et ce n’est pas les quelques têtes d’affiche au service de pièces sublimes dans le bruissement des générales ou les dédicaces en librairie du dernier prix de la critique qui feront croire que la crème est devant nous et que les refus sont mérités.
Je parie même le contraire. Cette époque excelle dans le gâchis, qu’il soit industriel ou intellectuel.

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Les trésors les plus sublimes resteront à jamais anonymes et les grands talents ignorés pour toujours. Ce n’est pas pour me rendre agréable auprès des déçus et des refusés, mais pour simplement m’aligner sur la statistique et l’étouffement dans le nombre d’un « renouveau de l’art contemporain » qu’on ne pourra pas connaître, comme si à des époques antérieures Van Gogh n’avait pas eu un frère et Casanova le comte de Waldstein.
Qu’ainsi faute de choix, le public cultivé puise dans ce qu’on lui présente comme le meilleur une infime partie des productions de l’art en y éprouvant encore du plaisir, c’est toujours ça de pris sur l’inculture et les bruits furieux qui se préparent, mieux encore, qui sont déjà des best of de librairie ou des éclats divers des théâtres dits expérimentaux.
Le seul regret est qu’il y confond les goûts des maîtres avec le sien propre, depuis qu’on lui a enlevé celui de la critique, dans un univers binaire, comme s’il n’y avait que deux éléments, blanc ou noir, dans l’ignorance des cathédrales enfouies sous ses pieds.
Nous sommes entrés dans la civilisation du simili, de la photocopie, du 3 D.
L’exposition Salvador Dali aux Guillemins était une escroquerie. Il n’y avait là que des reproductions, plus moins bien réussies et bien présentées, certes, mais tout de même, faire payer les gens pour des reproductions !
La dernière étape sera de faire croire que la copie est de meilleure facture, ce qui sera possible avec les avancées de la technique, mais ce sera compter pour rien le travail de l’artiste et son inventivité. L’art poétique, c’est encore plus facile, il suffit de changer quelques mots et dire que c’est une œuvre de jeunesse personnelle, dès lors qu’on aura vieilli le papier et l’encre aux dates que l’on veut.
Tout fout le camp… surtout l’art !...