27 mai 2018
Ils sont fous ces Italiens !

On sait bien ce qui ne tourne pas rond à l’Europe. C’est qu’elle n’a pas su plaire au peuple de la rue. Pas de ces bourgeois prétentieux de droite très remontés contre elle, mais des plus humbles européens qui soient parmi les innombrables petits salaires, les sans-travail et les pensionnés aux retraites minuscules. L’Europe n’est pas pour eux. Elle ne s’en cache pas d’ailleurs, avec le rêve de J-C Juncker de coller à la réalité mondiale d’un capitalisme sans état d’âme.
Alors que l’Italie rejoigne la Hongrie et la Pologne dans la contestation globale, en quoi cela concernerait l’homme de la rue ? L’Europe n’ayant jamais rien fait pour lui, pourquoi irait-il défendre une cause qui n’est pas la sienne ?
Et il n’a pas tort l’homme de la rue.
N’est-il pas profondément injuste de voir l’Europe confronter les salaires afin d’aligner les plus hauts sur les plus bas ? Ah ! si seulement cela avait été l’inverse. Tout cela comme on le ferait d’une industrie par rapport à une autre, comme si l’homme était comparable à une machine ?
Il est quand même assez fortiche de la part de la classe dominante de faire appel à lui pour s’opposer à la concurrence du plus à droite qu’elle !
Le système s’est emparé de l’Europe, comme l’héritier d’une fabrique. C’est une société de classe et qui dit classe, dit pays dominants et pays dominés.
C’est le plus riche qui est patron : l’Allemagne. C’est logique. Mais le plus bellâtre « alaindelonisé », Macron, tient à faire valoir les intérêts de la France, l’aristocrate de l’Europe. Les autres pays sont priés d’attendre leur tour dans le vestibule des gloires européennes que Merkel et Macron les sonnent.
L’Italie se rebiffe, alors qu’elle n’a jamais été soviétisée. Voilà qu’elle rejoint les ex de Staline qui étaient venus à l’Europe avec enthousiasme et qui enfantent de petits monstres à la tête de leurs exécutifs.
Macron ayant l’esprit ailleurs, il fallait bien que l’esprit français fût représenté face à ce nouveau couac. Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie s’en est chargé. Il a mis en garde, l’autre dimanche, les trublions de la Botte : « Gardez votre budget sous contrôle et ne prenez pas de risques idiots. »
L’homme de la rue, qu’il soit Insoumis mélenchonien en France ou hedebouwiste en Belgique reste en-dehors du conflit, Bruno Le Maire parle de supériorité morale, donc il l’exclut d’office du haut du nouveau mépris des « vrais » européens.
Mais l’Italie, berceau du second lit de la civilisation, le premier étant Athènes, c’est encore une valeur sûre de l’UE qui fiche le camp !
La Ligue du Nord est à l’extrême-droite, le Mouvement 5 étoiles (M5) est populiste – la pire insulte du vocabulaire des Commissaires européens. « Populisse » dirait Gerlache à la RTBF.
Pour l’élite européenne, les Italiens sont devenus fous !

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Ils ne font plus partie de l’opposition digne et constructive des partis qui jouent le jeu.
Quel jeu, en définitive ?
Mais celui qui consiste à s’auto flagellé du suffrage, afin de laisser dans la démocratie ambiante le chaud jus de cinquante années d’ignorance des besoins des masses.
Tous les navigants de l’économie mondialisée s’y reconnaîtront.
Du coup voilà les Italiens macaronisés, pour l’andante plongés cinq minutes dans des insultes bouillantes.
Quelle que soit la suite politique, les Italiens sont loin d’être fous. Ils sont tout simplement dégoutés de l’Europe, eux aussi.
Que les partis qui s’adjugent le pouvoir ne valent pas cher, c’est entendu. Les électeurs de Trump ont fait aussi le même pari.
Que les mécontents n’aient pas voté pour la gauche en Italie, c’est un fait. Mais là aussi la gauche est à redessiner. Est-ce qu’on vote encore à gauche quand on vote socialiste ? Le problème italien est aussi un problème belge.
Alors, en attendant d’y voir plus clair, on vote pour n’importe quoi à condition que ce ne soit pas du pouvoir d’avant les élections.
Les Italiens n’en veulent plus. Et nous non plus !
En Italie, come ailleurs, le match n’est pas fini. Il ne fait que commencer.
Quand les Italiens se rendront à la raison de ce que l’extrême droite propose, qui ne sont que des chimères, reflets des libéraux au pouvoir, ils reviendront à gauche, mais ce sera sans les socialistes.

26 mai 2018
Si Talleyrand voyait ça !...

Trump suit une certaine logique dans… son manque de logique !
Après avoir rompu tout accord avec l’Iran, sous l’influence de Netanyahou mais pas que, aux yeux du Nord-Coréen Kim Jong-Un, Trump devenait peu crédible, un dirigeant irrationnel et peu sûr.
Plutôt que se faire rouler par Kim, Trump a préféré prendre les devants et c’est lui qui se dépêche de rompre, avant que l’autre ne lui inflige un camouflet.
L’Amérique avec ce président a innové dans une politique originale. Le Monde est une fête foraine qu’un coq de village visite, entouré d’admirateurs. S’il n’affiche pas sa supériorité dans les luna-parks, sa domination dans le tir aux pipes et un score maximum dans les machines à sous, Trump casse la baraque avec l’aide de sa bande de gros bras et tous les opportunistes autour de lui. Insensible aux mamours d’adorateurs à la Macron, il va son chemin en bousculant tout ce qui lui ferait de l’ombre.
Alors que le dictateur Nord-Coréen dynamitait sa montagne d’essais variés de l’arme atomique en signe de bonne volonté, c’est par un courrier de vingt lignes que le président américain a fait part de sa décision de renoncer au face-à-face prévu le 12 juin à Singapour. La presse internationale, pense que ce revirement résulte d’une bataille d’ego et de tensions extrêmes, autour de la question de la dénucléarisation.
Mine de rien, c’est quand même Trump qui a cané en déclinant l’invitation. C’est d’une certaine manière une satisfaction d’égo de Kim.
Le sommet historique entre Washington et Pyongyang n’aura donc finalement pas lieu. La photo du siècle de ces deux mirliflores se toisant ne pourra être prise.
C’est dommage, les réseaux sociaux ont raté un fameux foutage de gueule, faute de combattants !
Officiellement, le prétexte de Trump est une insulte contre le vice-président Mike Pence, qualifié par les officiels Nord-Coréens de « politicien imbécile ».
Si on cherche, comme les gamins d’une cour d’école qui a commencé à insulter l’autre, ce serait plutôt Mike-Pense. Alors que personne ne lui demandait rien, celui-ci aurait déclaré que la Corée du Nord pourrait finir comme la Libye de Mouammar Kadhafi, si Kim Jong-un ne passait pas un accord avec Washington sur la dénucléarisation.
Voilà quand même une étrange manière de préparer une réunion au sommet !

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On se demande si tout n’a pas été machiné par celui qui – officiellement – n’a jamais été l’amant de Stormy Daniels, mais du peuple américain tout entier.
L’entourage de la Maison Blanche confirme ce à quoi on pense de cette rupture, avant même qu’ait commencé le moindre pourparler. “Trump a une peur morbide d’être humilié” !
Pour Gerald Seib, chef du bureau du Wall Street Journal à Washington, l’échec tient au fait que les deux pays “ne sont pas parvenus à comprendre complètement ce que disait le camp adverse” à l’approche du sommet, chacun défendant une vision différente du concept de dénucléarisation. “Les tensions se sont alors rapidement accumulées, puis ont explosé”, conclut le journaliste.
Pour une fois la débilité mentale ne vient pas du camp Nord-Coréen, mais des Etats-Unis. On ne peut pas, même de la part du plus puissant État du monde, faire des traités et les déchirer ensuite, proposer des choses puis faire le contraire, se moquer de ses alliés, puis de les sommer de s’aligner sur la position du dominant.
“Les États-Unis exigent un démantèlement complet, vérifiable et irréversible du programme d’armement nucléaire” nord-coréen comme préalable à la levée des sanctions internationales, tandis que “le Nord réclame une approche progressive”, précise le quotidien sud-coréen The Korea Herald.
Jugeant la décision de Trump “extrêmement regrettable”, la Corée du Nord a réagi vendredi en affirmant qu’elle était toujours ouverte au dialogue, en bon stratège.
Si on devant mettre une cote sur le comportement de chacun, on pourrait décerner 7,5 sur 10 à Kim et 2,5 sur 10 au milliardaire président.
On ne peut pas dire que Trump fait dans la dentelle.
Á la longue, il va dépasser Poutine dans le cynisme et la position de force dans tout concept de dialogue. Talleyrand n’était pas mal dans le genre, au temps de Napoléon et de la Restauration, mais la comparaison avec Trump n’est pas possible. Talleyrand mettait des formes dans la volte-face, des manières si l’on veut. Tout s’échafaudait sur une logique apparente, même si ce n’était que du bluff. Mais Talleyrand était intelligent. Trump n’a que l’odorat et l’instinct en guise d’intelligence. C’est déjà ça ! Chez nous, Junior ne pourrait même pas en dire autant.
Juste avant de boucler, une info signale que Trump pourrait finalement renier sa lettre de refus et se rendre au rendez-vous du siècle. On se demande si la vente de la médaille commémorative des deux présidents à la boutique souvenir de la Maison Blanche n’y est pas pour quelque chose

25 mai 2018
La médiocrité, vertu cardinale.

Les anciens vous le diront, ce n’est pas être réaliste d’accumuler des jérémiades sur « avant » plus heureux qu’« après », l’ancien était bien dégueulasse sous la bourgeoisie dès le Second Empire, affirmer que le nouveau est bien pire, c’est faux.
Ce n’est pas pareil, c’est tout !
Question du travail, on relève des effondrements, des pertes de savoir, notamment dans l’abandon du savoir-faire de l’ouvrier, de l’artisan et de l’employé de bureau.
Les métiers disparus, reste l’immonde métier interchangeable que peut faire Monsieur-Tout-le-Monde aujourd’hui, bien obligé de s’abrutir pour gagner son pain.
Nous assistons à un rapt de l’intelligence et du savoir-faire au profit d’un système où l’ergonomie et l’ingénierie triomphent au détriment des métiers y compris ceux d’employé-comptable et secrétaire de direction.
De cette approche des tâches dévolues aux « manœuvres » de l’industrie, en découle un monde où le savoir-faire de tout un chacun se réduit à la mécanique du geste et au salaire minimum pour tous. Les plus habiles à ce petit jeu n’ont besoin que de bons réflexes et un système nerveux qui réagit au quart de tour.
Pour les anciens ingénieurs de formation « antique », les métiers que proposent les offices de l’État pour la remise au travail de chômeurs sont des supercheries qui ne rendent pas le savoir-faire aux gens et qui spécialisent les muscles au détriment du cerveau.
Alain Deneault n'est pas du genre à mâcher ses mots. Comme il écrit ce que je pense depuis longtemps, j’ouvre les guillemets :
« Rangez ces ouvrages compliqués, les livres comptables feront l'affaire. Ne soyez ni fier, ni spirituel, ni même à l'aise, vous risqueriez de paraître arrogant. Atténuez vos passions, elles font peur. Surtout, aucune bonne idée, la déchiqueteuse en est pleine. Ce regard perçant qui inquiète, dilatez-le, et décontractez vos lèvres – il faut penser mou et le montrer, parler de son moi en le réduisant à peu de chose : on doit pouvoir vous caser. Les temps ont changé (...) : les médiocres ont pris le pouvoir. » Docteur en philosophie et enseignant en sciences politiques à l'université de Montréal, auteur de nombreux ouvrages sur les paradis fiscaux et l'industrie minière, le penseur québécois s'attaque cette fois-ci dans La Médiocratie (Lux Éditeur) à la « révolution anesthésiante » par laquelle le « moyen » est devenu la norme, le « médiocre » a été érigé en modèle. »
Voilà plus de cinquante ans que les travailleurs sont victimes du behaviorisme (Théorie psychologique basée uniquement sur l'étude du comportement), d’abord à doses légères pour trouver son rythme de croisière dans l’industrie après l’essai du « Réarmement moral », d’un patronat qui y réfléchissait déjà dans les années septante.
Aujourd’hui ce système n’est plus contesté par personne. Les syndicats se sont repliés sur la notion de pénibilité au travail, encore que la répétition des tâches ne soit pas de la partie, sauf s’il est question de porter des charges.
Bien avant cette fureur ergonomique, l'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor avait montré les « bienfaits » pour l’industrie du travailleur « désarticulé » sur commande pour l’organisation scientifique du travail. Les élucubrations de Taylor que tous les industriels suivent à la lettre dans leur course au profit ne datent pas d’hier, puisque Taylor vécut de 1856 à 1915.

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L’affaire dure toujours. Il y a même des bureaux spécialisés pour faire suer la salopette. Les grandes entreprises ont les leurs pour mettre de l’ordre sur les chaînes de montage, en appui des ingénieurs techniciens et ergonomes.
Au tournant du millénaire, on a abandonné le prétexte du bon salaire pour un meilleur rendement. C’était pour éviter la décentralisation vers des ailleurs plus rentables.
Les MR sont friands de ces techniques de rendement. Le petit Chastel en raffole et Michel en redemande, pour ne pas être en reste du « progressiste » Reynders.
À les entendre, c’est l’avenir même de la Belgique qui en dépend.
A contrario de ces beaux messieurs qu’on n’a jamais vu sur une chaîne de montage, donc qui ne connaissent rien de ce dont on parle, la mise en place d’organisations du travail encore plus pointues a accentué l’individualisation et la segmentation des tâches et accru les contraintes de productivité. Le patronat ne cache plus ses objectifs : l’intensification du travail, l’individualisation des statuts d’emploi, la casse des collectifs de travail. Tout l’attirail classé nécessaire par les libéraux ne fait que suivre une mondialisation constate Junior, dont le suivisme pour toutes ces nouveautés n’est contredit par personne. Ces messieurs « s’y résignent » donc, comme les caïmans l’œil à fleur d’eau attendent qu’une proie passe à portée pour qu’ils n’aient qu’à ouvrir la gueule.
C'est la « médiocratie » d’Alain Deneault.
C’est le stade moyen en tout, hissé au rang d'autorité, une norme impérieuse qu'il s'agit d'incarner, la norme cette manière d’être moyen pour attraper un grade universitaire, plutôt qu’être brillant dans un domaine. Les génies sont priés d’aller faire la file au pointage, ou finir au réapprovisionnement des rayons chez Carrefour.
La division et l'industrialisation du travail ont largement contribué à l'avènement du pouvoir médiocre. Le médiocre est le référent du système.
Marx avait déjà flairé l’arnaque vingt ans avant le tournant du XXme siècle.
« L’indifférence à l'égard du travail particulier correspond à une forme de société dans laquelle les individus passent avec facilité d'un travail à un autre, et dans laquelle le genre déterminé du travail leur paraît fortuit et par conséquent indifférent. » On passe d'un travail à l'autre comme s'il ne s'agissait que d'un moyen de subsistance. La prestation devient moyenne, le résultat tout autant et les gens parfaitement interchangeables.

24 mai 2018
Relais trois fois « sans mettre ».

Même si on n’y est pas, au moins en France avec le plan Borloo sur les banlieues, on aura quand même essayé. En Belgique, Junior n’y pense même pas.
C’est que Charles Michel a un bon prétexte. Il n’y a que deux villes en Belgique qui ont de la banlieue comparable à la France : Bruxelles et Anvers.
Les autres villes wallonnes ou flamandes, le problème est au cœur même de la cité, dans des quartiers pauvres, comme à Charleroi et à Liège, mais aussi Gand et Malines.
Cependant, le problème est le même. Il s’agit de zones où le manque de tout se perçoit rien qu’en les traversant, au niveau de la voirie et d’après le nombre de boutons de sonnette sur les portes.
Une grande partie des banlieues de Charleroi et Liège ont gardé cet aspect rural des anciennes communes périphériques avec ce que cela suppose de commerces et de centres d’activités. C’est ainsi que la violence et la frustration restent cantonnées dans le centre urbain.
La gentrification, c’est-à-dire l’appropriation de logements anciens, repris, transformés et réaménagés, souvent refondés en un seul nouveau pour deux anciens, n’est vraiment visible qu’à Bruxelles et Anvers pour des raisons de rareté locative de standing, par un groupe social en progrès, celui des fonctionnaires européens et des politiciens locaux à mandats lucratifs et des businessmen, riverains des ports et des industries de pointe (plutôt Anvers).
Le semi échec du plan Borloo va faire plaisir à Junior, pour la raison qu’il n’a pas l’heur de plaire non plus à Jupiter (Macron pour les intimes et la presse). Le président le trouve inapproprié, dans le sens où il pourrait être trop onéreux, tandis que Stéphane Troussel, président PS de la Seine-Saint-Denis, l’a trouvé décevant par rapport aux enjeux sociaux.
On voit bien ce qui arrange Junior : ne pas se lancer dans des projets hors de prix pour un résultat improbable, pour quelqu’un qui n’a pas la fibre sociale, cela l’arrange bien.
Oui, mais en France, on a au moins le mérite de montrer à l’opinion qu’il y a un grave problème de société. En Belgique, Charles Michel a autre chose à faire, par exemple trouver des justifications à un nouveau gouvernement « déséquilibré » (trois partis flamands et le seul MR pour la Communauté française).
Notez que Michel ne serait pas contre de lancer dans la presse l’idée d’une refondation des villes par la fusion des classes sociales de diverses manières, à commencer par la mixité sociale dans les écoles, en débutant par l’école gardienne.
Le gouvernement ne débourserait pas un euro et aurait l’air de faire quelque chose. Ainsi posé, ce plan ne résoudrait rien, mais serait un bon pare-feu contre une gauche divisée par le match PTB-PS, juste le temps de courir aux urnes et d’adouber Junior pour une nouvelle période de sursis de la Belgique fédérale.
Encore qu’à échéance postélectorale cette mesure apparemment justifiée rendrait certains parents furieux de mettre leurs enfants dans des écoles « dépotoirs », dont on sait l’existence et qu’on regarde d’un œil désabusé, en ne faisant rien.
Voilà pourquoi, mine de rien, Junior est heureux de la grosse déception française.
Macron a su jusqu’à présent maîtriser son personnage et, sauf quelques réflexions lâchées un peu comme les « sans-dents » de Hollande, rapportée par Valérie Trierweiler (Macron pour lui, c’est le beau costume pour ceux qui travaillent et pas pour ceux qui ne fichent rien), il a été difficile d’excaver tout le côté bourgeois du nouveau président. En une formule « projet mâle blanc », il vient de discréditer Borloo et son travail. Pourquoi diable est-il aller le chercher, alors qu’il convenait en privé des résultats nuls de la rénovation urbaine, quand Borloo était ministre de la ville ?

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Sous couvert de "changer de méthode" et d'abandonner "les grands plans inefficaces", Macron est peut-être en train d’enterrer Borloo et la banlieue dans un prêchi-prêcha d’anthologie, un avatar, un de plus d’un État défaillant sans capacité de mettre les moyens adéquats pour arrêter une paupérisation croissante qui va finir par gagner les centres villes.
Quand on voit que des voyous font le coup de feu en plein quartier chaud de Marseille, puis après avoir vidé quelques chargeurs de kalachnikov s’en repartent dans leurs voitures et se fondent dans la nature, sans que la police soit capable de les arrêter, on a compris ! Ce n’est même plus dans six mois qu’on doit agir, mais tout de suite et mettre le paquet.
France-Belgique, même combat ? Oui, politiquement sur un point : Macron dit l'argent n'est pas le nerf de la guerre, pour enrayer cette montée de non-droit dans les quartiers due à la misère et à l’absence de travail bien rémunéré. Charles Michel pense de même. Quand Macron aide les plus riches, avec l'ISF, la flat tax et les autres cadeaux fiscaux, là ça passe par le fric abondant. Les libéraux belges sont au diapason, faisant de la Belgique un petit paradis fiscal, à partir d’un certain revenu bien entendu. Les riches français qui s’installent du bon côté de la frontière, c’est-à-dire en Belgique, en savent quelque chose.