31 mai 2020
Fin des combines ?

La récente alliance de Gérard Colon ‘LREM’ avec la droite ‘LR’ à Lyon fait jaser en France, à tel point que le parti de Macron l’a exclu. Cette nouvelle et ultime pirouette caractérise un socialiste qui glisse au centre droit avec Macron, pour partager l’affiche du deuxième tour des élections avec la droite.
Chez nous, en Belgique, voilà longtemps que le ménage PS-MR ne surprend plus personne. De Di Rupo à Magnette, le PS à l’échine souple. L’écuelle pleine des bontés de l’économie libérale pour les partis amis, ils bâfrent tous à la même auge.
Le paradoxe de l’alliance « temporaire », du capitalisme libéral et du socialisme dans une réaction d’autodéfense, est devenu un habituel et définitif parcours de santé.
On a oublié, suite à la pression du Mouvement de la Résistance de 1945 ce que l’on avait gagné, puis perdu à la suite de la trahison du socialisme à la Charte de Quaregnon et l’abandon de la lutte des classes : planification économique, politiques de plein emploi, contrôle des capitaux, gratuité des soins et des études, réduction des inégalités de revenus grâce à une fiscalité plus progressive !
Comment s’étonner dans ces conditions que la crise financière de 2007-2008, ait été entièrement payée par les classes populaires ? Cette façon de gérer la crise par Reynders et sa bande a coïncidé avec une concession supplémentaire du PS qui a reconsidéré la même année sa position en faveur de la N-VA. La xénophobie de l’anversoise matrone (ne serait-ce qu’à l’égard des francophones) et de son président De Wever proches des thèses de l‘économiste Rawls, ne sont plus des barrières infranchissables. Le plafond de verre était en réalité un faux-plafond.

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Que les pépères du PS assis dans les emplois juteux avec leurs anciens ennemis de classe retiennent bien ce qui suit.
Le communisme fut le seul mouvement politique dans l’histoire à défier le capitalisme en s’employant à construire un modèle économique et social opposé. C’est probablement une chance dans l’état actuel de déliquescence du libéralisme d’avoir un modèle ancien avec tout ce qu’il faut faire et ne pas faire, prêt à le remplacer. Ce modèle de socialisme aujourd’hui disparu, a semblé disqualifier des idées comme la planification, la propriété collective des moyens de production, le refus que l’entreprise privée, le marché et le profit, afin qu'ils soient les acteurs déterminants de l’économie. Or, la crise économique doublée de la crise liée au coronavirus a rappelé que tout n’était pas mauvais dans l’ancien monde économique socialiste. Ces programmes coulés dans la force des grandes idées pouvaient prendre le relais de ce qui ne fonctionne plus que par le slogan, la tromperie et le vol des profiteurs du statuquo.
Tout semble aller tellement de travers dans l’association des pouvoirs politiques et économique, qu’un renouveau devient nécessaire, nonobstant la volonté de tourner le dos en matière de politesse à l’incongrue et stupide madame Marghem.
Mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas gagné. Des pulsions féroces du désir de possession ont été libérées par la privatisation à l’encan des biens publics. Ses suppôts dangereux de la bonne affaire ne siègent pas que dans les conseils d’administration, ils sont aussi au gouvernement et dans les partis, qu’un brouet commun agrège. Le capitalisme n’est pas fini. Il se sent menacé, parce que ses crimes se voient trop !
Idéologiquement, la roue a tourné. La contre-utopie opposée à l’utopie soviétique a connu un échec tout aussi flagrant. Staline tenait les apparatchiks par la peur et les roubles. Le capitalisme tient ses supporters par l’illusion et les dollars.
Les manœuvres d’enfumage des oppositions binaires entre démocratie et totalitarisme n’ont plus de raison d’être au niveau des États. L’URSS est morte et enterrée. Par contre, elles sont devenues indispensables pour maintenir les citoyens européens dans le giron du libéralisme américanisé. En fait, nous nous retrouvons comme en 17 à subir un tsar qui trône à Wall Street, en espérant un nouveau Lénine à l’UE.
C’est dans cette crainte, que le néolibéralisme ne baisse pas la garde et continue d’exorciser un communisme qui n’existe plus, tant il craint qu’il puisse renaître dans l’esprit des gens.
En n’abandonnant pas leur campagne contre leurs opposants, Bouchez, Di Rupo, Wilmès et les autres entendent conjurer le réveil d’une gauche anticapitaliste. Cela sonnerait la fin de leurs relations juteuses à la fois avec la démocratie et le capitalisme. Ce qui équivaudrait à la mort de leur monde et la fin de leur train de vie.

30 mai 2020
Le crime au pouvoir.

Même pas au bout du déconfinement, les politiques remballent leurs cliques et leurs claques, ferment la porte du placard et reprennent tout au début du trimestre fatal, comme s’il n’avait pas eu lieu. Ils enterrent ainsi les fautes et les promesses, celles-ci découlant de celles-là, dites dans l’affolement des élites dépassées.
Reste la crise économique, plaie dont l’infection s’est aggravée du Covid.
Tout le monde comprend qu’on ne se tirera pas véritablement de la situation présente par des rustines de politique monétaire ou de report de taxes. Le renouveau pour le MR, c’est de pousser les gens au travail et soutenir les propositions scandaleuses du patronat, par exemple de supprimer les vacances d’été, de ne pas rémunérer les heures supplémentaires, etc.
Les socialistes ne sont pas meilleurs. Ils contestent la version patronale et la FGTB joue du clairon. Dans un rapport convenu du captal/travail classique et dans un consensus de l’organisation de l’économie à l’identique, cette démarche de la gauche libérale n’est en rien porteuse d’une transformation radicale de cette société. Elle veut le maintien des anciens codes.
Le lien de Covid-19 avec l’écocide capitaliste est prouvé. Poursuivre dans la voie actuelle du système est suicidaire. Les Anciens auraient appelé cela, la poursuite de l’impudence de notre hybris irritant Némésis. Pour faire « moderne » disons que si nos illustres étaient journalistes au « Petit connard illustré », ils seraient tous rédacteurs en chef !
Dommage que se demander s’il n’est pas temps de choisir entre l’économie libérale ou la vie, ne soit plus une question à l’ordre du jour. C’est du moins ce qui ressort des discours et des préoccupations de nos élites, manifestement attelés à la tâche de remettre en état l’usine à gaz à l’identique de ses tubulures ramifiant dans la bourgeoisie et les banques.
Leur cri « plus rien ne sera comme avant » était poussé parce qu’ils avaient la trouille. Ils sont rassurés. C’était une fausse alerte. Les conneries productivistes repartent. La FEB respire.
L’économie dont il faudrait sortir au plus vite organise la reproduction matérielle collective à l’américaine. Les américanolâtres montent au créneau assimilant l’idée même du travail à cette énormité, que l’aspiration générale serait de vivre comme les privilégiés de la 5me avenue à New-York, et qu’on y arrivera ! Rejeter ensuite le socialisme révolutionnaire comme le destructeur absolu du travail, plongeant la société dans la misère et le chaos, est l’argument suprême que ces fous du dieu dollar mettent dans la tête des gens.
Or, il n’y a rien de plus faux.
Sortir de l’économie ne veut pas dire s’affranchir de tout travail, mais le réorganiser pour qu’il convienne au plus grand nombre, serve à réduire les inégalités et sauve la population de la misère.
La lecture de Marx a été dénaturée par les tenants dominants de l’économie. Lorsqu’il écrit dans sa correspondance « N’importe quel enfant sait que toute nation crèverait qui cesserait le travail, je ne veux pas dire pour un an, mais ne fût-ce que quelques semaines ».
« Sortir de l’économie », ça ne peut donc pas dire s’en affranchir.
Jamais nous ne réduirons les libéraux à repenser le système autrement puisqu’ils en sont les premiers à en vivre par la définition qu’ils en sont les propagandistes et les propriétaires.
Après l’expérience de la pandémie qui n’est pas finie, mais qui en augure d’autres, le citoyen européen ne peut plus vivre replié sur la poursuite apeurée de ses intérêts de conservation. Les pères fondateurs : Smith, Hobbes, Tocqueville ont fait leur temps. C’est fini.

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Les très grandes crises ont au moins un avantage : elles donnent à voir les fonds de marmite. Et comme l’a écrit Céline dans Le Voyage « Dès qu’on assure au cuisinier qu’il va lui-même, en personne, passer dans son court-bouillon, il gratte plus du tout d’allumettes ».
Les productivistes malades de la rente iront jusqu’au dernier arbre debout, jusqu’à la dernière terre rare extraite. Ils ne sont pas les pédagogues adéquats pour nous faire sortir du système, mais plutôt pour nous y faire demeurer.
Ils devraient donc être dénoncés comme de dangereux criminels attachés à nous faire disparaître dans l’espoir, sans doute, qu’ils seront les derniers à s’éteindre.
Ils sont toujours là, avec ceux qu’ils ont convaincus, un peu comme Charles Manson avait des disciples qui tuaient pour lui !

29 mai 2020
Allô ! Love mi…

Martin Luther King ne fut pas le négro sympa, cireur de pompes à 10 ans, qui a fait son chemin à 35. Il avait le capitalisme américain dans le nez et la justice dans le sang. Qu’un énergumène, prenne du champ et fasse une audience pareille en Belgique, il ne ferait pas long feu. On a des Harvey Oswald comme on veut. L’esprit Bob Denard n’est pas mort chez les libéraux.
Le genre RichardIII.com a une audience nulle. Il n’est pas dangereux, juste turbulent. Il est la preuve vivante que le régime pratique la liberté d’expression. Nous cautionnons ces saligauds en quelque sorte. Saucisses, on travaille mieux qu’à Francfort et c’est nous que l’on met en boîtes.
Mais attention, l’Autorité a posé des balises. Si on s’écarte de la pantalonnade, qu’on fouille trop les comptes des banques et qu’on retrouve des ordres chiffonnés de Tel-Aviv dans la poubelle, il faut faire extrêmement gaffe. Ils font l’amalgame. De la politique pour rire, on tombe pour un rien dans l’antisémitisme, comme Tex dans le porte-jarretelle. Là, on ne rigole plus, d’où le large consensus sur un silence autour des colonies, du sort de Gaza, des gouts de luxe de Netanyahou, etc.
On est bien dans un monde inversé : le socialisme pour les riches et la libre entreprise pour les pauvres.
La Belgique américanisée, l’intelligentsia ne parle plus que l’anglais. On a fait du Trump, avant Trump. C’est une passion. Je révèle un scoop : pourquoi le petit Chastel en a voulu à Reynders, au point d’être devenu le sujet BDSM des Michel ? (Ils passaient sur lui leurs petites colères et s’y reposaient les nerfs.) Ministre du Budget et de la Simplification administrative en 2011, Chastel avait pour mentor Didier Reynders, président du MR et ministre des finances (plus pour longtemps à l’époque). Ne vint-il pas à l’idée du beau merle d’admonester Chastel en public sur sa mauvaise connaissance de l’anglais ! Et dire avec son rire de carnassier, du sang de sa dernière victime sur les babines, « Olivier parle l’anglais comme Yasser Arafat ! ». Encore aujourd’hui à l’Europe, Reynders pense « toilet paper » et il ne dit jamais « donnez-moi le dossier chose » mais « give me the thing folder ». Comme ça, à Bruxelles, à 1500 mètres de son domicile !
L’État belge poursuit sa reconstruction en anglais. Philippe pousse l’héritière dans un collège anglais. Mathilde ne porte pas de petite culotte mais est en « lingerie pants”. L’anglais serait la langue idéale pour réconcilier les pointus avec le français. Les deux camps parleraient l’idiome shakespearien « neutre » plus répandu que l’espéranto. La bourgeoisie belge en est si friande ! Depuis, on en est à la haine du Chinois, comme à Washington.

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Donc l’état belge américanisé, avec les beaux parents australiens de la première ministre, et tout le MR qui a le diplôme au-dessus des techniques, on a construit un marché des dettes publiques. Les bourgeois avaient leurs commis aux écritures au gouvernement, avec les opérateurs privés ils ont le contrôle du crédit. Plus besoin d’introduire des barbouzes à la Stéphane Moreau, le contrôle se fait « from the park of the second home on a lounge chair”.
Le must redouble même avec la crise Covid. Les plans de soutien Reynders, après le krach de 2008 sont enfoncés.
Von der Leyen sort de sa lessiveuse des milliards dont on ne soupçonnait pas l’existence. Ces mesures viennent en complément d’une série de dispositions qui facilitent l’accès des banques aux liquidités. Honorer le totem de la stabilité financière signifie qu’au plus fort de la crise du coronavirus les fonds d’investissement, les banques et les grandes entreprises, y compris les plus polluantes d’entre elles, sont les premiers bénéficiaires du soutien des pouvoirs publics. Le « socialisme pour les riches » n’a jamais été aussi protecteur.
Nous les blogueurs, les utilisateurs de FB, loin des marchands d’idées qui commercialisent leurs soupirs à vingt-cinq cents la séance comme Dieudonné, on se casse le cul pour trouver une nouveauté tous les jours. Nous sommes effrayés par l’astronomie des dettes et les billions de dollars pour remettre l’énorme machine en branle, dans les mêmes conditions de déchets et de gaspillages qu’avant. Nos arrières enfants parleront encore l’anglais dans cinquante ans, se trémousseront toujours à la musique du jour et s’empliront plus que jamais les bronches de la bonne pollution en bénissant l’Amérique de nous avoir ‘’wrung out the bullet hole to get their cars through American comfort.”

28 mai 2020
Ils allaient conquérir le fabuleux métal (1)

Enodia hérite d’une dette de 90,4 millions à payer à son propre fonds de pension Ogeo Fund. Selon un document interne au CA de l’intercommunale, 69,4 millions d’euros avaient été transférés à sa filiale Nethys, afin de payer une partie des pensions du groupe. L’argent ne sera jamais transféré ni à Enodia ni à Ogeo Fund. Personne ne sait où sont ces millions ! Pendant ce temps, les intérêts ont flambé. (Les journaux)
Alexandre Dumas Père n’aurait pas dédaigné de chiper à Balzac, l’histoire d’un Rastitgnac des temps modernes, Stéphane Moreau.
L’ombre du beau Stéphane plane sur toutes les entreprises d’ordre public où il est passé ; comme s’il avait été mandaté par des agents du néolibéralisme pour désavouer toute consultation du PS avide de placer ses créatures. Exactement comme Sophie Wilmès le fait à propos des entrepreneurs masqués. Et puis parler de tous ce beau pognon évaporé le jour où José Happart disparaît des prétoires et de l’aéroport de Bierset, c’est beaucoup !
Et cette manie d’angliciser les acronymes. Nethys, Resa, Enodia, Ogeo Fund, même rengaine avec Wilmès pour le call center N-Allo et son « tracing ». Les « debaters » anglais appellent Stéphane Moreau, « Steph Moraw ».
Le Ps en a fait une belle le jour où Steph Moraw prit sa carte au parti. Il est vrai qu’il n’avait que seize ans et s’appelait encore Stéphane.
On voit d’ici l’œil encore obscurci par les libations de la veille, Michel Daerden, dit Papa, donner les premiers conseils au jeune homme, en son fief d’Ans. Quelques années plus tard, l’oisillon devenu un beau merle, a le rang de porteur de serviettes, comme jadis Reynders et Michel père pour Jean Gol, du bistrot d’en face, en quelque sorte....
Le beau Stéphane fit tant et si bien que Papa ne put plus s’en passer. Bourgmestre d’Ans indéboulonnable, il avait besoin d’un playboy décontracté, pour assurer sa réputation d’homme de gauche, ne dédaignant pas une tournée générale, des heures sur un tabouret de bar à déconner avec les bons socialistes.

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Et très rapidement, Moraw devint l'un des cinq proconsuls à la tête de la Fédération liégeoise du PS, Jean-Claude Marcourt, les sérésiens Alain Mathot et André Gilles et Willy Demeyer.
Comme un vol de gerfaut hors du charnier natal… ce beau vers du sonnet de Heredia, dit tout de l’envol du jeune homme.
Il ne restait plus que Brutus donnant le coup de poinçon à César, au printemps 2011.
Une motion de méfiance est déposée contre la majorité communale ansoise (contre Daerden) par son bras droit, Stéphane Moreau ; une majorité alternative est mise en place, écartant Michel Daerden de l’hôtel de ville. Alors que ses recours échouent, Michel Daerden décide de se porter candidat dans la commune voisine de Saint-Nicolas.
Quatre ans avant, Moraw avait été mis en cause à la suite d'une lettre anonyme pour une suspicion de trafic d'influence concernant sa mère et la Société de Logement du Plateau. Comme il avait réglé banco la transaction, on n’en parla plus.
C’est ainsi que ça marche en Belgique, vous volez des millions, une transaction finit par tout arranger. Le casier reste vierge. Ne vous attendez pas à pareille mansuétude si la nécessité vous pousse à commettre un plus petit délit. On ne vous demandera même pas si vous opteriez pour la transaction, c’est le poste, puis la correctionnelle, ah ! mais…
On a perdu de vue les 90 millions. Pas tout à fait.
Fin 2016, Moraw est mis en cause dans l'affaire Publifin. Il démissionne du Parti Socialiste en avril 2017, au moment où est engagée sa procédure d'exclusion.
Et les 70 millions devenus 90 millions chargés des intérêts, où sont-ils ?
On ne sait pas. On pense que quelqu’un les a trouvés dans la rue, emballés dans un sac en plastique, s’en est emparé, puis a disparu sans laisser sa carte de visite.
On ne dira jamais assez, comme le public est malhonnête. Place Sainte-Véronique, on le jure, un socialiste n’est pas capable de ça !
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1. Les conquérants de José Maria de Heredia (sonnet) – Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, Fatigués de porter leurs misères hautaines, De Palos, de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal. Ils allaient conquérir le fabuleux métal… (etc)