22 octobre 2017
Charles Michel : flamingant ?

Très minoritaire dans le gouvernement, en compensation les Flamands avaient concédé le poste de premier ministre à un MR, Charles Michel a dans ses fonctions, l’obligation de rappeler aux Régions le droit fédéral et, au-dessus, le droit européen.
Le dernier rapport du Conseil de l’Europe sur la situation dans les communes à facilités de la périphérie de Bruxelles est "extrêmement accablant pour la Flandre" et aussi pour le premier ministre.
On pourrait accuser sa gestion du gouvernement de très complaisante vis-à-vis de l’autorité régionale flamande. On le savait déjà à la suite des écarts des ministres de la N-VA au sein de sa coalition auxquels Charles Michel avait à peine fait quelques petits reproches, vite étouffés par une avalanche de compliments.
Damien Thiéry exulte. « Le Conseil de l'Europe a invité jeudi les autorités flamandes à supprimer le système de nomination des bourgmestres par le ministre de l'Intérieur du gouvernement flamand. Il a aussi recommandé de "réviser les modalités d'application des lois linguistiques" afin de permettre l'emploi à la fois du français et du néerlandais par les conseillers municipaux ainsi que par le collège et les citoyens. » (7/7)
Ainsi, le gouvernement régional flamand et accessoirement, Charles Michel, chef du gouvernement fédéral, ont officiellement tort devant 350 millions de citoyens européens d’avoir arrangé à la sauce anversoise, la gestion des communes à facilité de la périphérie bruxelloise.
Après ce camouflet, que pensez-vous que la Région flamande et le chef du Fédéral vont faire ?
Rien, bien entendu.
Les uns défendront leur nationalisme exacerbé et l’autre, sa politique d’équilibriste outrancièrement pro flamande, au nom de la sacro sainte économie à fortifier.
Voilà où en est la démocratie en Belgique, régulièrement ridiculisée par l’ego de la famille Michel et des intérêts économiques dont il n’est pas sûr que le premier ministre ait la bonne formule !
Que ce pouvoir s’autorise à se proclamer démocrate et défenseur de nos « valeurs » fait déjà partie du folklore, comme manneke Pis.
Voilà qui pourrait ajouter un froid supplémentaire entre les citoyens et les autorités fédérales.
Faire des concessions au-delà du raisonnable à un voisin puissant pour obtenir la tranquillité, qui possède une once de bon sens sait que cette faiblesse aboutit toujours à ce que l’autre exige davantage.
C’’est une des causes du malheur de la Wallonie : la lâcheté de ses dirigeants. C’est aussi le péché du MR au fédéral.

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L’extrémisme flamingant de Liesbeth Homans, ministre de l’intérieur du gouvernement flamand, est insatiable. Son appétit exige d’avaler un jour tout Bruxelles. Ce n’est pas pour rien que le gouvernement flamand a installé son parlement à Bruxelles, alors que cette ville ne compte pas 10 % d’habitants attachés à la Flandre par leur langue. C’est comme si nos ministricules de Namur déménageaient la Région dans le quartier de la gare d’Anvers, puisque c’est le quartier francophone de la métropole avec la communauté des diamantaires et d’autres minorités francophones avérées.
Madame Homans ne cache pas son intention de supprimer un jour les facilités aux francophones majoritaires dans les communes à facilité. Alors, vous pensez, démocratie et Conseil de l’Europe, elle se tamponne le coquillard. Elle peut même compter sur la passivité bienveillante de l’ensemble du MR ! Même Borsus, ministre président de la région wallonne, est plat comme une limande devant Michel et les flamingants !
Voilà encore un premier ministre, qui devra sa longévité au pouvoir fédéral grâce à sa passivité coupable devant les thèses flamandes qu’il avait combattues avec acharnement, stigmatisant l’attitude de Bart De Wever, mais c’était avant les élections !
Thiéry, prétend que la Flandre doit sa mauvaise image auprès des Etats membres du Conseil de l'Europe à Liesbeth Homans (N-VA). Cette dame est une activiste du parti, parmi d’autres. Elle serait remplacée par une personnalité de son acabit dont la N-VA a des réserves, si elle démissionnait. Ce serait un coup de sabre dans l’eau.
La question serait plutôt dans le camp du MR. Comment se fait-il que la N-VA, déclaré extrémiste et nationaliste avant les élections par les libéraux, soit devenu après parfaitement compatible avec la démocratie version libérale, alors que le Conseil de l’Europe vient d’exposer les raisons qui font penser le contraire ?

21 octobre 2017
Ce farceur d’Adam Smith ! (suite)

Parmi les grands mystificateurs qui ont tracé les grandes lignes de l’économie de marché actuelle, citons la référence suprême de nos MR du gouvernement : Adam Smith.
Une des cimes de la connerie militante d’Adam Smith dans son œuvre « La richesse des Nations » est tout entière dans son chapitre sur la concurrence.
La main invisible de l’Anglais y est plutôt lourde.
Pour que la concurrence puisse fonctionner, il faut qu’il n’y ait pas de monopole et d’ententes entre les producteurs.
Or, comme déjà en son temps elle était impossible, Smith l’a complétée par un autre morceau de bravoure sur la concurrence imparfaite. S’y sont engouffré des grands noms de l’économie : Marshall, Wicksell, Chamberlin et l’ineffable Augustin Cournot.
Si pour atteindre les locaux du MR, il y avait un long vestibule, on y pourrait voir tous les bustes en marbre de ces théoriciens révérés.
Pour que la concurrence soit parfaite, l’entrepreneur ne doit faire ni bénéfice, ni perte. C’est même Léon Walras, 1834-1910, considéré par Schumpeter comme « le plus grand de tous les économistes », qui reprend la théorie initiale de Smith dans son ouvrage «Éléments d’économie pure», pour le réaffirmer. En principe, ne dégager aucun profit serait pour ces messieurs la réussite parfaite du système. Il faut vraiment être à côté de la plaque pour en arriver à ces conclusions ! Quant aux admirateurs libéraux de ces « précurseurs », faut-il qu’ils soient ou ignorants ou de mauvaise foi !
Sans le savoir, ils venaient d’inventer un avion sans aile, incapable de voler… la clientèle ! Même s’il existait encore un seul altruiste à la direction du MR, il nous dirait malgré tout qu’en économie libérale, c’est mieux de faire le plus de profit possible !
Deux conclusions s’imposent : d’une part, s’efforcer de joindre la pratique à la théorie et ainsi établir la concurrence parfaite ; d’autre part, de l’aveu même de quelques illustres dont j’ai cité les noms, on n’y arrivera jamais.
Un phénomène d’imbécillité se manifeste souvent parmi les plus grands intellectuels qui pensent trop. La première des conclusions nous amène au néolibéralisme (on n’est pas pur, mais on fait des progrès) et la seconde, à l’essai d’un réformisme social-démocrate qui tourne court.
Ces impasses tracassaient déjà Aristote, c’est dire si ça remonte bien avant Smith.
Comme les grands esprits se rejoignent, certains économistes ont imaginé une situation de monopole, qui supprimerait donc cette question non résolue de juste équilibre par la concurrence et qui serait maintenue dans la situation acceptable des profits. Ceux-ci seraient réinvestis dans l’innovation et la modernisation des matériels. C’est exactement ce qu’a écrit Karl Marx dans « Das Kapital » !
Les monopoles tant combattus sur le papier par la Commission européenne, avec les ententes et toutes les nouveautés inépuisables en matière de cartel, s’appuient en réalité sur les démocraties. Ils ont besoin de la force et l’aide de l’État pour s’installer. C’est un paradoxe qu’il faut souligner, car ces monopoles sont de véritables entités communistes privées qui sont capitalistes au-dehors, mais dictatoriales au-dedans, avec une hiérarchie stricte conduisant au chef, duquel ruissellent les profits sur les seuls actionnaires. C’est comme qui dirait le politburo, entourant le « petit père du peuple ».
La théorie d’Adam Smith et consort sur la théorie de la concurrence pure et parfaite est in fine incapable de concevoir un profit raisonnable permettant de vivre en harmonie dans une société capitaliste.
Cela pour la raison évidente que le portrait dressé par Smith de l’entrepreneur tel qu’il devrait exister ne correspond à aucune réalité, ni dans le présent, ni dans le futur. Il est même impossible que l’exemple de Smith serve de modèle pour l’amélioration de la condition d’entrepreneur.

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C’est le côté comique, quasiment burlesque de l’œuvre très sérieuse d’Adam Smith, son modèle abouti d’économie ressemblerait plutôt à une société socialiste !
Si Charles Michel n’était pas si dédaigneux de ce que pensent les citoyens de ce pays, il serait bon qu’il prenne un congé sabbatique d’un an pour lire les classiques d’économie, avant de rencontrer les citoyens qu’il est censé administrer en sauvegarde des intérêts du plus grand nombre.
Il n’entre pas dans cette chronique aucun jugement sur la valeur des systèmes économiques en concurrence, l’Europe ayant clos le débat en faveur du capitalisme à outrance. Je constate tout simplement à la lecture d’Adam Smith, que « son » économie tendrait plutôt vers une société socialiste.
C’est compréhensible, puisque ces théoriciens n’ont cessé d’avoir pour objectif de rendre leur économie vertueuse ! Or, s’il y a bien une chose absolument étrangère au système économique actuel, c’est bien la vertu !
C’est même toute la difficulté des libéraux au pouvoir. Ils doivent donner l’illusion de la vertu, en sachant bien quel monde de gredins et de voyous ils défendent. Ce serait comme si Weinstein était chargé de décerner des prix de vertu aux jeunes starlettes de Hollywood.
Inconsciemment les successeurs de « l’inventeur » de l’économie libérale, ont à leur tour plutôt démontré qu’une société socialiste avait du sens, tout en concluant du contraire ! Il ne faut pas oublier que ces économistes n’étaient aucunement socialistes.
La première critique sérieuse d’une « économie socialiste » vision Adam Smith, fut celle de von Mises, de l’école autrichienne d’économie, et ce après la révolution de 1917.
Mais là, c’est une autre histoire !

20 octobre 2017
Nécessaire propriété collective.

J’ai toujours eu un faible pour les livres d’occasion, indépendamment du fait qu’ils coûtent moins chers. Penser qu’on n’est pas le seul à avoir feuilleté et lu l’ouvrage qu’on tient dans ses mains procurent une sensation particulière, celle de n’être pas l’unique lecteur à en avoir respiré l’ennui ou le plaisir.
C’est d’autant enrichissant que les ouvrages sérieux, enfin destinés à l’étude ou à la recherche, sont souvent raturés, soulignés, annotés, au point que pour gagner du temps, on fait confiance aux lecteurs précédents. Il suffit d’ouvrir à la page annotée pour aller à l’essentiel d’un chapitre et s’épargner le fastidieux du reste. C’est une sorte de testament olographe que laisse le prédécesseur. Il ne reste plus qu’à déposer un commentaire en-dessous de l’autre pour espérer que l’œuvre ainsi augmentée bénéficie à quelqu’un d’autre.
Justement, en avoir été celui-là donne une idée du collectif.
Parler du collectif, en ces années de braderie d’une droite conquérante pour distribuer au privé des activités anciennes, c’est mettre en garde contre les appétits privés, ce que la gauche a toujours protégé : les services publics à la responsabilité de l’État, c’est-à-dire des citoyens!
Beaucoup de biens des particuliers ont un caractère collectif, sans que cela soit toujours bien perçu de l’utilisateur.
Les économistes appellent ce collectif « externalité ».
Positives, quand elles sont avantageuses à des tiers et négatives, quand elles sont désavantageuses, les externalités sont des pièces d’un puzzle social que Charles Michel et les siens s’ingénient à détruire parce qu’ils leur semblent que moins il y a d’État, plus la société est prospère. Ils oublient que moins il y a d’État, plus fragile est la démocratie et plus grand est le risque, qu’il n’y ait plus de lien social et donc d’État !
La conviction libérale est en train de changer de camp pour ce qui concerne la propriété du privé des biens collectifs, grâce à la prise de conscience des problèmes de pollution.
La privatisation est impossible dans ce domaine. Elle nous conduirait à un simulacre de réalisation, en même temps qu’une politique dilatoire en tirerait du profit, sans pour autant régler le problème des pesticides, des moteurs diesel, des déchets ménagers et du destin final de l’électricité par l’atome.
L’existence des externalités (confier le collectif au privé) montre les limites que Charles Michel et ses pareils à l’Europe tentent de dépasser, dans l’intention d’affaiblir l’État au profit de l’économie de marché.

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Comment l’État peut-il se bien comporter dans la gestion du collectif, si ceux qui en ont la responsabilité, c’est-à-dire le MR et le CDH à la Région, ont intérêt à ce que l’opinion le déconsidère, afin de tirer argument pour la liquidation de ses entreprises ?
Comme écrivit Victor Hugo (autrement), on ne peut pas empêcher le collectif d’apprécier le parfum de la rose, quand bien même son propriétaire ne le voudrait pas.
Le système économique est en train de mettre directement en danger les liens sociaux qui font la démocratie.
Il le fait de manière inconsciente, un peu comme quelqu’un qui tombe à l’eau ne sachant pas nager et s’agrippant à ce qu’il trouve, finit par se noyer avec quelqu’un d’autre.

19 octobre 2017
Addiction et perversion.

Les gazettes : « Des experts psychiatriques indépendants pour libérer Marc Dutroux: son avocat va demander qu'ils se rendent en prison pour l'examiner. »
Voilà deux ou trois ans que cycliquement l’affaire de la libération conditionnelle de Marc Dutroux remonte à la surface, puis le monstre replonge dans les abysses de sa prison.
Toute indépendante qu’elle soit, on sait bien que la justice tient compte de l’opinion publique et, dans le cas de Dutroux, c’est tant mieux.
L’opinion publique est formellement pour la détention à vie de l’assassin Dutroux, avocat ou non, bon droit ou légalité de la demande de relaxe sous condition.
Pour ne pas qu’il établisse un record de durée de détention, il serait souhaitable qu’il ne vive pas trop vieux. C’est ce qu’il ressort de l’opinion des gens dans une sorte d’unanimité jamais atteinte sur tout autre sujet.
L’affaire Vanderlinden, le violeur-tueur de sa voisine, le je-m’en-foutisme de la police liégeoise au suivi de ce multirécidiviste, le bruit autour du magnat hollywoodien Weinstein Harvey, le prédateur des starlettes, renforceraient plutôt l’opinion de conserver Dutroux bien au chaud entre quatre murs.
Cette chronique serait superflue pour n’avancer que les banalités de ce qui précède.
Elle n’a de sens que pour ce qui suit.
Les gazettes font du n’importe quoi, comme d’habitude, au sujet des rapports délictueux entre les hommes et les femmes, en matière de sexe.
Pourtant, les erreurs seraient très rapidement corrigées si nos gazetiers prenaient la peine de se renseigner auprès d’un psy qui soit plus scientifique que charlatan. Les plus avertis, avec seulement la lecture des articles concernés dans le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), seraient édifiés.

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L’addiction au sexe n’existe pas. Harvey Weinstein clame partout qu’il va se faire soigner, à seule fin de faire croire qu’il va sortir guéri dans six mois. Il raconte des craques et on les diffuse avec la complaisance que l’on doit aux riches, même déconsidérés.
On éprouve une addiction pour une drogue, de l’alcool, du chocolat, du tabac, mais pas pour un être humain.
La nature est riche dans sa diversité, il y a des personnes qui ont de plus gros besoin à satisfaire leur pulsion sexuelle, que d’autres. On ne peut pas considérer comme un délit d’aimer le sexe jusqu’à la performance.
Weinstein, Vanderlinden et Dutroux n’entrent pas dans les hyper performants vaincus par l’excessif de leurs besoins. Si ça se trouve, ils sont dépourvus d’un attribut de compétition et très éloignés d’être des athlètes du sexe, leur point d’orgue pourrait être lent, laborieux et non intense, sinon inexistant.
En considérant leur nature à la lumière de ce qu’ils ont fait, ils tombent dans la catégorie des pervers.
Les perversions forment l’essentiel du DSM !
Ce qu’il faut en retenir est simple. Les perversions ne se guérissent jamais ! Il n’y a pas de remède et il n’est même pas dit que la castration soit à 100 % efficace.
Il y a des périodes de rémission, même de remords qui sont sincères et que l’on peut mettre au palmarès des soins et des méthodes de réinsertion. Mais, les rechutes sont inévitables, parfois brutales, en tout cas certaines, quoique le temps, c’est-à-dire l’âge du pervers, peut soit accélérer ou décélérer la perversion.
Des pervers comme Weinstein, Vanderlinden et Dutroux le seront toute leur vie. Si le premier n’a pas tué, il constitue comme les deux autres un danger permanent. Ce sont des bombes à retardement dont la justice a conscience, qu’en les relâchant dans la société leur peine accomplie, ils peuvent récidiver. Encore que Weinstein ne sera probablement jamais condamné. Ces personnes souffrent d’anomalies psychiques. Ils n’ont pas leur place en prison, mais dans un asile d’aliénés.
Ce que la justice fait en les condamnant à des peines de prison n’enlève aucun des risques, lorsque libérés, ils se fondent dans la foule anonyme.
La controverse tourne autour de la manière dont cette perversité s’acquiert et se développe. Est-elle innée, naît-on pervers ou le devient-on ? S’il existe des pervers quasiment inoffensifs, toute perversion peut conduire au pire.
Tous les pervers ne sont ni en prison, ni en hôpital psychiatrique. Certains assumeront leur perversion sans nuire à personne sinon à eux-mêmes. On ne peut sanctionner que ceux qui contreviennent à la loi. Mais alors, qu’en faire ?
Weinstein a développé sa perversité en acquérant de la notoriété liée à l’argent, ouvrier du bâtiment, peut-être se fût-il contenté de siffler sur le pas des belles passantes et dépenser la moitié de sa paie d’un coup, dans un bordel le samedi soir ? Michèle Martin avait des aptitudes à la perversité, un psychisme malléable et favorable. Dutroux lui aura fourni les moyens de son accomplissement. Si par elle-même, elle constitue aujourd’hui un moindre danger, son association avec un grand pervers est toujours à craindre. Quant à Vanderlinden et Dutroux, ils sont irrécupérables et de ne pas s’en être aperçu pour le premier fit perdre la vie à une innocente destinée au plus brillant avenir.
Dans certains Etats des USA, un pervers relâché doit impérativement se présenter aux riverains du quartier où il réside. Que n’a-t-on procédé de la sorte à Liège, la malheureuse étudiante serait encore en vie !