15 juillet 2018
Bart le para sol flamand…

Barbara Debusschere, journaliste à De Morgen, dans un article repris sur « Daardaar » nous rappelle l’existence de la frontière linguistique entre les deux communautés, des fois qu’on l’aurait oubliée. Pas de solde en démarcation du sol. On va encore entendre des vertes et des pas mûres sur le pâturage linguistique et agreste, d’ici le mois d’octobre.
On peut compter sur la N-VA et le Vlaams Belang pour ça !
Eric Van Steenkiste possède deux lopins de terre, emploie deux comptables, utilise deux étables et exploite deux types de vaches : les Flamandes et les Wallonnes.
« L’agriculture a été régionalisée. Elles ne peuvent donc pas se mélanger à l’étable », résume Eric Van Steenkiste, agriculteur établi à la frontière régionale. » (Daardaar magazine)
C’est tout à fait bouffon, mais c’est impossible de faire autrement dans son cas.
Agriculteur à Lessines dans le Hainaut, il a aussi des terres sur la commune flamande de Grammont (Geraardsbergen), ses terres sont traversées par la frontière ( !) entre la Flandre et la Wallonie.
« On a donc du blanc-brun côté flamand et du blanc-bleu côté wallon. Ce qui permet de les séparer facilement. »
Il y a une étable construite du côté wallon, la ferme proprement dite est du côté flamand. L’agriculture étant une compétence régionale, les deux bâtiments doivent désormais faire l’objet d’une séparation stricte, attendu que deux compétences différentes et pour ainsi dire rivales avec des règles contradictoires, sont les gestionnaires administratifs des lieux. La Wallonie et la Flandre appliquent des règles différentes en matière d’hygiène, de primes, de quotas d’engrais et de pollution de l’environnement.
Ça rappelle des souvenirs, non ?
Sauf que depuis la débâcle des Fourons, il n’y a plus de mouvement en Wallonie reprenant les objectifs du MPW (Mouvement Populaire Wallon).
Les autorités wallonnes ont manqué de psychologie en incitant les Francophones à croire les grands arrangeurs que sont les libéraux pour imaginer une Région flamande apaisée.
Les pointus et la N-VA poussent les autres partis à la surenchère. Le Vlaams Belang se marre. Dans trois mois, c’est la kermesse !
Éric le fermier ne rigole pas, les périodes durant lesquelles il est permis d’épandre l’engrais sur les champs, le calcul de la quantité d’engrais par vache, le seuil de compensation due à la pollution et les règles concernant l’épuration des eaux et l’arrosage divergent de part et d’autre de la frontière.
Comble des combles, les vaches ne peuvent pas se trouver sur le même pâturage ou dans la même étable. Il y a trop de place dans l’étable wallonne et il en manque dans l’étable flamande, mais les vaches flamandes ne peuvent pas rentrer dans l’étable wallonne. Si un inspecteur de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) s’en aperçoit, on infligera une amende au fermier !

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Et vous savez pourquoi ?
Les bêtes ne peuvent pas se mélanger pour éviter les contaminations, et pour ce qui est des primes et des quotas d’engrais, le « poids » d’une vache est différent en Wallonie et en Flandre !
La comptabilité est particulière à chaque Région selon la bête, le pauvre Van Steenkiste est obligé d’avoir deux comptables !
Barbara Debusschere est allée se renseigner auprès de la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA). Le cas d’Eric Van Steenkiste n’est pas unique. Au moins 200 agriculteurs de la région se trouvent dans cette situation, un autre ponte du Département wallon de l’Agriculture, Bernard Hennuy, estime qu’ils pourraient être environ 1000 fermiers !
Comme l’illustre le cas d’un veau noir et blanc qui vient de naître. Le lendemain de sa naissance, il se trouve dans un box et boit du lait dans un seau. « C’est un culard. La mère est une vache à lait flamande, le père un culard. Comme il a besoin d’aliments et de soins différents, je préfère le mettre avec les Wallonnes », explique Eric Van Steenkiste. « Mais je dois d’abord l’inscrire via la mère flamande. Pour obtenir la naturalisation wallonne, je dois remplir beaucoup de paperasse et réaliser des tests sanguins. C’est un peu ce que voulaient faire les Français avec Eden Hazard. »
À côté du veau flamand qui doit être naturalisé wallon s’en trouve un autre, brun et blanc, né deux jours plus tôt et « purement flamand ». Sur place, un négociant admire les veaux. Un peu plus tard, il repart avec une jeune vache flamande dans sa remorque. « On a vendu une vache flamande à un Wallon », conclut Eric Van Steenkiste. « Si ce n’était plus possible, il faudrait mettre la clé sous la porte. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, on se trouvait tout simplement en Belgique. »
Que « Daardaar magazine » me pardonne ainsi que sa chroniqueuse Barbara Debusschere, pour les longs extraits cités de leur travail, mais c’est tellement hallucinant qu’il doit bien se trouver d’autres cas dans d’autres industries que l’alimentaire. Que dire quand on sera en Confédération ! On en tremble à l’avance.
Et dire que les supporters des « Diables rouges » avec la chorale de la presse sportive belge vont dire partout qu’on n’a jamais été si soudés grâce au sport !
Il est vrai qu’ils ont déjà oublié les raisons de la commune flamande de Grimbergen pour qu’un nouveau terrain national de foot ne soit pas construit sur le plateau du Heysel.
On devrait quand même se rendre à l’évidence en Wallonie que le processus de séparation des deux communautés est déjà tellement avancé, que ce n’est pas la peine que Borsus s’attache à Namur aux accords de Michel à Bruxelles qui espère tant rempiler avec la N-VA.
C’est foutu mon pote !...

14 juillet 2018
Match France-Belgique truqué ! (1)

Dans l’excellent roman de Philip Roth « La tache », une anecdote colle parfaitement avec le thème du livre. En Amérique, s’il y a bien des citoyens encore discriminés, ce sont les gens de couleur, alors que plus Américains de longue date que la plupart des citoyens actuels, les origines de leur ancrage remontent de la fin du 18me s. à la mi-19me.
Venons à l’anecdote :
« Le docteur Charles Drew a découvert comment empêcher le sang de coaguler, ce qui a permis de le stocker. Puis, il a été blessé dans un accident de voiture, et comme l’hôpital le plus proche ne prenait pas les gens de couleur, il est mort en se vidant de son sang. » (« La tache », page 444 et 445 Folio).
Cette anecdote est symptomatique de l’ambiance « petit blanc » qui existe encore dans la société américaine. On y adhérerait complètement par élan du cœur et dans la réprobation des discriminations. Cependant, elle est fausse. !
Le docteur ayant été accueilli dans le même hôpital que les autres passagers du véhicule. Son artère fémorale sectionnée dans l’accident, il a été impossible de le ranimer aux Urgences.
L’affaire aurait pu se passer comme l’écrit Roth. Les bouteillons ont la vie dure.
Mais ce n’est pas vrai.
Le livre est paru à NY en 2000. Voilà 18 ans que le bruit se colporte en librairie et bien plus longtemps encore de bouche à oreille.
Depuis la diffusion des tweets de Trump, grand dénonciateur et grand diffuseur de Fake news lui-même, cette pratique de la fausse nouvelle revient sur le devant de la scène politique, cependant elle est très ancienne.
Trump rend presque service au camp de la vérité en incriminant la presse de cette pratique assez répandue. De ce fait, il joue les arroseurs arrosés.
Souvent le fake est à sens unique, la craque de droite impactant l’oreille de l’homme de gauche, attendu que la quasi-totalité de la presse est aujourd’hui dans des mains intéressées de personnages plutôt de droite, sinon d’extrême droite et qu’il est plus facile à un représentant d’un parti de l’espèce de se faire interviewer par des journaux de connivence comme Le Soir, La Dernière Heure, sans parler des presses locales.
Si bien de nos jours, qu’une nouvelle profession est en train de voir le jour : diffuseur de fausses nouvelles.
Fake news et hoax (canulards malveillants) menacent la démocratie, qui n’avait pas besoin de ça pour être menacée( l’illustration de cette chronique est hoax à double titre).
Nous voilà entrés dans la « postvérité », la vérité d’après, c’est-à-dire celle qui aurait pu être, comme la mort supposée du docteur Drew. Une vérité supposée chuchotée entre amis, lorsqu’elle est suffisamment répandue devient « majoritaire » par rapport aux faits réels. C’est une « vérité » à laquelle on veut croire parce qu’elle adhère à nos propres convictions ou qu’elle est « poétique » et que c’est finalement une plus belle histoire, qui a en tous cas plus de sens, que la réalité.

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Dans le genre, le flacon brandi par Colin Powell aux Nations Unies faisant preuve que Saddam Hussein travaillait à l’arme atomique reste fameux parmi tous les fake-News.
Les peuples travaillés par des esprits forts, des prêtres et des escrocs viennent d’hériter d’une catégorie à vrai dire ancienne de propagandistes du faux, en train de revenir en force, les placeurs d’hommes politiques dans l’opinion et les politiques eux-mêmes enthousiasmés à l’idée que les promesses électorales non tenues pourraient se nourrir de fake établissant le contraire.
Jean-Claude Juncker, titubant au sommet de l’OTAN, était-il fin saoul ou victime d’une crise de sciatique ? Cette interrogation n’est pas anecdotique. Elle est politique et d’une grande importance, puisque cet homme joue un rôle considérable dans la construction de notre avenir en Europe. Saoul ou état physique mauvais, la vérité ou fake-new : on a déjà les deux !...
Là aussi, l’idée n’est pas neuve de faire passer le rêve d’une démocratie idéale pour la réalité.
En 1733, Jonathan Swift – l’auteur des Voyages de Gulliver – définit le mensonge en politique comme « l’art de convaincre le peuple par des faussetés nécessaires ». L’historien américain Robert Darnton, bibliothécaire de l’université de Harvard avait constaté que les journaux anglais du XVIIIe s. vivaient de ragots, exploitaient les rumeurs à des fins politiques ou mercantiles. Les journaux français rivalisaient avec eux en publiant des informations invraisemblables à une époque très sensible, au point que Louis XVI y perdit la tête. Cela ne signifie pas que les Révolutionnaires étaient des menteurs patentés, mais on ne saurait dire quelle aurait été la suite de l’Histoire de France si les informations avaient reflété la réalité, l’Ancien Régime, ne vérifiant pas les sources, diffusant les rumeurs dans la jubilation d’avoir trouvé le moyen de faire fortune en vendant du papier !
Marc Fougères mentionnait en 1943 que l’exactitude d’un fait n’est pas un concept absolu qui porte en lui-même sa preuve. À l’époque, le Régime de Vichy était passé maître dans l’art de raconter des craques. Mais la réflexion de Fougères est juste. Il n’existe pas de vérité absolue qui ne puisse être controversée, sinon que nous naissons mortels !
Trump et ses pareils n’ont pas fini de nous étonner. Il est vrai que depuis le temps que la foi se passe de vérité prouvable, on se demande si ce n’est pas Dieu lui-même qui aurait lancé la fausse nouvelle de son existence !
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1. Je compte sur un nombre record de lecteurs rien que par le titre, même si cette chronique le dénonce comme fake-new, par son contenu !

13 juillet 2018
Le temps des Cyborgs !

À la différence des siècles au cours desquels l’illettrisme était une conséquence de l’appropriation des connaissances par l’élite nobiliaire, elle est aujourd’hui le résultat d’une forme de loisir, dispensée par toutes sortes de pouvoir.
On n’honorera jamais assez l’instituteur laïc de l’entre-deux guerres qui donna à la jeunesse le sens critique et la théorie de la lutte des classes.
Près d’un siècle plus tard, peu armée pour résister aux chants des sirènes de l’establishment, notre génération affronte les machines à l’intelligence artificielle (IA), programmées pour modifier le psychisme humain !
L’université, en progrès, est à égalité avec la bêtise générale, tout aussi en progrès ! Il n’est même pas certain que la bêtise soit moins bien représentée dans la haute école que dans les niveaux inférieurs.
Autant que l’alimentation ersatz, rehausseur de goût et médecine de confort, lorsque les robots modifieront la psychologie humaine, vers quel désastre courrons-nous ?
Ce régime économique totalitaire détourne nos désirs et réduit nos espérances à de grandes cérémonies collectives, sortes de célébrations politico-religieuses et sportives. Alors que, déjà, les machines intelligentes bouleversent notre manière d’être au monde, en nous déchargeant du fardeau d’être intelligents !
L’accélération voulue par le productivisme économique, essence même du système en quête de profit, dévoile notre impatience du loisir et la satisfaction de nos désirs.
Des robots satisfaisant à nos caprices en toute célérité de communication, nous serons frustrés par l’agressivité de la société humaine, de ses bavardages inutiles et de sa méchanceté naturelle. Seules les autorités patronales et politiques auront le droit de nous piétiner, par l'effet de leurs moyens de rétorsion à notre égard.
Subissant le contact humain comme une contrainte, aurons-nous envie de nouer de nouveaux contacts, après nous être défaits des anciens ?
La société ne se définira plus par la présence d’humains, de parents, d’amis, mais par une machine. Au Japon, des couples se forment d’une machine et d’un humain, au même titre qu’entre deux humains. L’avantage serait incomparable. La machine est aimable et complaisante. Son entretien est limité. Son abandon dans un placard ne suscite aucune controverse. Elle est douée d’une conversation à la carte et d’une intelligence supérieure à la moyenne.
Que deviendra la possibilité de s’adonner à des réflexions intérieures, lorsque nous serons en face d’un appareil prêt à nous écouter d’une oreille complaisante ?

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La mémoire, déjà si complétée et rafraîchie par Internet et le smartphone que nous n’aurons plus en poche, mais en permanence en « puce à l’oreille », qui pourrait envisager un retour brutal à l’état de nature, soit par une punition distribuée par les deux pouvoirs – l’économique et le politique, soit par un cataclysme dont nous pourrions être les auteurs ?
La géolocalisation nous donne le droit d’être géographe sans l’être. La téléportation nous donnera celui d’être dans un lieu sans y être ! Et tout cela sans que nous soyons capables de la moindre explication, sinon d’appuyer sur des boutons indiqués sur la notice.
Déjà que nous sommes amenés à philosopher sans plus savoir quels sont les philosophes, les théories qu’ils ont émises et les besoins que nous avons de les connaître, les robots vont-ils obliger l’homme à repenser l’idée qu’il se fait de lui-même ? En d’autres mots, l’homme va-t-il être contraint d’entrer dans les questions de métaphysiques sans en rien connaître, depuis qu’on l’a rendu idiot et conservateur ?
Aidés et complétés, quand nous serons convaincus que les machines ont des compétences que nous n’aurons jamais, il sera trop tard. Nous ne pourrons plus rentrer dans le monde primitif qui fut notre matrice à l’aube de l’humanité
Comme la réalisation la plus sophistiquée sera l’œuvre d’une poignée d’individus fabricant des machines pour le reste complètement ignare, l’équation reviendra à nous livrer à des forces que nous ne contrôlerons pas, sorte de CAC 40 du niveau supérieur. Les effets pathologiques sont prévisibles, comparables à ceux qui sont privés de jeux vidéo, de réseaux sociaux ou de drogues, nous pourrions très rapidement être en manque !
L’humain drogué du progrès entre plus facilement dans des délires religieux. Le jour où les fabricants nous feront croire que leurs machines sont pourvues d’émotions, on verra des processions animistes aussi redoutables que les sottises actuelles d’esprits croyants.
« C’est ce qu’on appelle un phénomène de dissonance cognitive : on a beau savoir que ce sont des machines, on ne peut pas s’empêcher de développer avec elles la même relation qu’avec des humains, et croire qu’elles ont des émotions. Plus récemment, l’état-major américain a découvert que certains soldats envoyés en Irak et en Afghanistan s’attachaient de manière déraisonnable à leur robot démineur : les dommages que ­subissait celui-ci les affectaient gravement, et ils voulaient absolument qu’on le leur répare plutôt que de recevoir un robot tout neuf sorti de l’usine. Pendant le combat, certains pouvaient même mettre leur vie en danger pour lui éviter des dommages. » (Serge Tisseron - Le Monde).
Bientôt, les seuls acteurs sociaux importants seront les inventeurs des robots. Et encore, le jour où l’intelligence artificielle pourra se reproduire, nous serons tous fichus à la porte, y compris leurs inventeurs.
L’humanité sera obsolète !

12 juillet 2018
Voyou et démocrate.

L’argument favori de ceux qui se positionnent en faveur d’une liberté totale des rémunérations tient dans la foi que les sociétés libérales s’autoréguleraient par la loi de l’offre et de la demande, tenant compte des investissements. Comme s’il n’existait pas des abus de pouvoir et des prises de bénéfices sur salaire, mettant à mal l’avenir même de l’entreprise.
Dans la foulée, les mêmes sont unanimes à considérer que la plupart des critiques sur les rémunérations exorbitantes proviennent d’envieux qui restent en-dehors du cercle restreint de ceux qui le peuvent, attendu que s’ils étaient en mesure de le faire, ils n’y verraient plus aucun inconvénient.
On ergote sur l’origine des rémunérations. Après tout, si elles proviennent d’entreprises privées, c’est une question qui regarde l’employeur et les employés, généralement représentés par un syndicat. Sauf, bien entendu, dans le cas d’une entreprise ayant reçu des subsides de l’État, c’est-à-dire relevant d’une responsabilité devant les citoyens.
Mais quid des organismes publics employant des fonctionnaires, comme tous les traitements et avantages des fonctions de représentation dans la démocratie ?
Un rapport de Transparency International EU s’intéresse aux revenus annexes des eurodéputés. Voilà qui tombe bien dans un moment de tension entre les comptables de l’Europe et le Rassemblement national (RN), l’ancien Front national (FN) de Marine Le Pen. Il serait réclamé à cette dernière une pincée de millions d’euros que la dame aurait employée à rémunérer son personnel en ses locaux de propagande, plutôt qu’à des tâches relevant des députés RN européens.
Comment vivent nos représentants à l’Europe ? Pas mal, merci ! selon ce qui suit :
Les déclarations d’intérêts des eurodéputés, via l’outil Integrity Watch, traitent l’activité rémunérée en parallèle des mandats. Au moins neuf d’entre eux en ont tiré des revenus supérieurs à leurs indemnités d’élu, et dans la liste des trente eurodéputés ayant les revenus annexes les plus élevés, les Belges ne sont pas à la traîne. Ces situations sont le résultat de conflits d’intérêts, principalement d’activités de conseil ou d’avocat-conseil.
Ah ! ces professions libérales qui professent un tel amour de la démocratie qu’il en devient suspect !
Transparency International EU recommande à l’intention des institutions européennes et des parlementaires quelques précautions élémentaires, dont l’Europe se fiche bien. Elle aussi ne serait pas loin de considérer cet organisme comme étant le siège d’envieux et d’aigris, un peu comme le gouvernement Michel voit une manifestation de l’envie des « petites gens » s’exprimer dans une certaine forme du populisme.

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Cependant, il n’y a rien de plus raisonnable dans ce que recommande Transparency International :
– Interdiction pour les eurodéputés d’activités de lobbying en marge d’un mandat et instauration d’une période de carence pour les sortants ;
– Obligation de transmettre plus de détails sur la nature des activités conservées ;
– Amélioration du contrôle effectué par le parlement Européen ;
– Mise en place d’une autorité indépendante pour sanctionner les abus.
Pour Marc-André Feffer, président de Transparency International pour la France, « il est légitime de se demander si un parlementaire qui perçoit d’importants revenus annexes ou qui cumule des dizaines de fonctions, a le temps d’exercer efficacement son mandat parlementaire, en toute indépendance et sans risquer d’éventuels conflits d’intérêt ».
C’est exactement ce que l’on se demande en Belgique.
Le plafonnement des revenus annexes des parlementaires, et l’interdiction des activités de lobbying en marge d’un mandat, est dans le domaine du raisonnable.
Mais un cumulard de première, à l’instar d’un grand patron du CAC 40 est-il raisonnable ?
Je ne citerai pas de noms. Je ne dénoncerai pas de carrières. Il y a un site sur la Toile qui relève les noms des parlementaires cumulards.
Voilà quelques années que ce site existe. Cette situation est connue de tous. Apparemment, tout le monde s’en fout, surtout les intéressés.
Et on s’étonne que l’antiparlementarisme progresse, alors que se sont les parlementaires eux-mêmes qui l’alimentent par leur insatiable gloutonnerie.
Oui, il y a incompatibilités entre un mandat parlementaire et une fonction de consultant ou d’avocat-conseil, une activité de lobbying, etc.
Cependant, une partie des gens de pouvoir s’y emploie comme s’il s’agissait d’un sport ou pour un travail d’une association de bienfaisance.
Parmi nos élites, on dénombre pas mal d’avocats, de médecins qui n’ont pas dételer, possèdent cabinet et clientèle et à l’instar d’Armand De Decker ne sont pas manchettes sur les factures à leur clientèle.
On cite parmi les eurodéputés, Renaud Muselier, élu marseillais, président de la région Paca. Le type aurait mis en poche plus de 800.000 euros d'euros tirés de ces activités dans le milieu médical, à la tête de deux cliniques dans sa région.
Notre inimitable Bacquelaine, il est vrai n’est pas eurodéputé, mais ministre, le p’tit gars d’Chaudfontaine doit s’en fourrer aussi pas mal, de ses multiples casquettes et pas que médicales.
Il paraît qu’il est très aimé, très compétent, très serviable disent les très cons qui l’apprécient.
À ceux qui s’interrogent sur la façon dont ils s’acquittent de leurs nombreuses missions, on peut leur dire qu’ils n’y font rien ou presque, sauf de passer à la caisse tout à fait régulièrement et sans jamais oublier les dates.
Dire si je crève d’envie d’en faire autant serait faux. C’est une question de probité.
Me croire un vilain envieux aux maux de ventre irrépressibles, c’est une erreur. Ces gens me dégoûtent trop pour me vouloir comme eux.
Mais prendre leur place, oui, j’en ai envie ; mais pas pour m’en mettre plein les poches… pour leur botter le cul !...