20 janvier 2018
Qu’allait faire Charles en cette galère ?

À entendre nos petits génies au pouvoir, Recep Tayyip Erdogan est à la tête d’une démocratie. C’est ce qu’ont dit à l’Europe les représentants de la Belgique, qui ne sont pas pour l’arrêt des pourparlers avec la Turquie à l’UE.
Charles, pas encore Quint de la Toison d’Or, tempère son choix pour ne pas perdre des électeurs « Il y a encore du chemin à faire. Les mesures fortes, les arrestations de journalistes, la mise à pied massive des fonctionnaires et les lourdes peines de prison pour des opposants, ne sont pas de nature à faire progresser les choses. »
Une large partie des Européens, bien avant la vente de loukoums à prix bradé de Charles Michel, ne voulait plus entendre parler d’adhésion de la Turquie.
Mais il s’est passé quelque chose à propos des migrations intempestives. L’Europe a payé Erdogan pour arrêter le flux chez lui, en même temps cet allié de l’OTAN, même en traînant les pieds, a été pour quelque chose dans l’effondrement de Daech.
Enfin, personne n’avait prévu que la démocratie s’effilocherait partout en Europe, surtout à l’Est. Erdogan n’est plus seul à faire un pas en avant. Maintenant l’Europe va vers lui en faisant un pas vers la dictature !
Vous verrez que, contrairement à l’opinion, quand nos chefs ont une idée en tête, ils ne la lâchent pas facilement.
Donc moins de prévention à l’encontre d’Erdogan, jusqu’à cette semaine.
Depuis lundi, Recep Tayyip Erdogan multiplie les déclarations guerrières laissant envisager une intervention militaire turque en Syrie ! Elle serait dirigée contre les forces kurdes de l’YPG. Les Kurdes ont en effet le malheur d’exister en Turquie aussi, sur des terres de leurs ancêtres malheureusement envahies par le sultan turc Selim Ier, le premier calife, au XVIme siècle. Ils sont un peu dans la position des Palestiniens occupés depuis 60 ans par les troupes d’Israël.
Cette situation détériore les relations de la Turquie avec ses partenaires internationaux qui soutiennent les Kurdes d’Irak et de Syrie, alliés sûrs et efficaces contre les intégristes musulmans.
La Turquie bombarde la région syrienne d’Afrin, depuis début d’année. Voilà dix jours, l’armée turque a pris position au nord-ouest de la frontière syrienne et pilonne à l’artillerie lourde les positions des forces kurdes qui contrôlent la région d’Afrin.
Le président turc, à son habitude, prend la pose mussolinienne “Si les terroristes ne se rendent pas et ne quittent pas Afrin dans la semaine, nous ferons s’écrouler le ciel sur leurs têtes”, a tonné le président turc le 13 janvier.
On voit d’ici Charles Michel tiraillé entre son désir de turquerie en Europe et la décision de son leader libéral, Donald Trump, d’entraîner et d’équiper une force de 30.000 Kurdes en Syrie. Ankara les considère comme des terroristes affiliés au PKK, la guérilla indépendantiste de Turquie.

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Pour réaliser son coup, Erdogan peut compter sur l’Europe qu’il tient à la gorge et aussi de la Belgique. Le siège de l’OTAN est en Wallonie et puis l’argent n’a pas d’odeur, comme on dit dans les couloirs du MR. Donc là, pas de problème, le gouvernement belge aime les dictateurs, ce n’est pas Theo Francken qui dira le contraire. La région d’Afrin que les Turcs comptent envahir est sous protection russe. Et c’est le plus scabreux. La Turquie ne peut pas entrer dans Afrin sans le feu vert de la Russie. Si l’opération a lieu, ce sera avec l’accord des Russes, qui voudront punir les Kurdes pour leur alliance avec les États-Unis”, analyse le quotidien d’opposition Cumhuriyet. On voit d’ici Reynders, ministre des ronds-de-jambe, partagé entre son amour inconditionnel de l’Amérique et son désir de faire plaisir à Erdogan !
Cette poussée de fièvre du président Turc, successeur de Selim le magnifique, contre l’YPG risque de provoquer la révolte des Kurdes de Turquie, solidaires dans leur grande majorité des Kurdes syriens.
On n’est pas loin d’un nouvel embrasement dans cette partie du monde à laquelle nous avons partie liée, ne serait-ce qu’à cause du million de Turcs devenus Allemands et de cette immigration en Europe de Kurdes venus des quatre pays qui ont digéré leur zone d’habitat.
On pense dans des milieux informés (quand on parle de milieux informés, généralement la Belgique n’y est pas) qu’Erdogan jouerait la carte de la guerre pour redorer son blason alors que sa cote baisse dans les enquêtes d’opinion. Il tente de pousser la Turquie vers une aventure militaire à l’étranger, afin de remporter les élections de 2019.
Reste à épingler au mois de janvier 2018, la première menace sérieuse d’un conflit dont on ne mesure pas bien toutes les conséquences pour nous européens.
L’année commence sur les chapeaux de roue et avec la flopée de cornichons aigre-doux qui nous dirige, on a raison de ne pas se sentir rassurés.

19 janvier 2018
Ce qui est nécessaire.

La chronique d’hier était, sans doute, trop technique. Dans le camp adverse, les têtes de gondole du superprofit ont pour armes favorites moquerie et désinvolture. On sent que sur la théorie, la réplique sérieuse n’est pas leur fort. À frimer, ils sont « en confiance » avec les « patriotes » qui leur mangent dans la main. Ils se savent battus d’avance par n’importe quel apprenti économiste qui les colle sur les graves défauts du libéralisme. Alors, autant prendre l’électeur sur un autre terrain !
Charles Michel s’est spécialisé dans la réplique insultante : « gauchiste, communiste, la FGTB passe son temps à dire n'importe quoi », etc. On attend toujours les arguments.
Les annonces fortes, les attitudes conciliantes, l’air grave et peiné quand on perpètre un coup contre les chômeurs, les vieux, les assurés sociaux et alors… on égorge le poulet dans la cour et on a soi-même du sang sur les mains.
Le public n’y voit que du feu. Entre Bart De Wever et les soviets, il a choisi ! Prendre leurs paroles pour de l’argent content lui convient le mieux. L’opinion s’en gave. Les citoyens en redemandent. Les MR le savent bien. Ils ont établi leur pouvoir sur la peur. Surtout pas d’examen du système, qu’arriverait-il si la masse passait d’une confiance aveugle à une confiance raisonnée ?
Bernard Madoff, président-fondateur de Bernard L. Madoff Investment Securities LLC. le savait aussi bien que Charles Michel, la confiance est l’essentiel pour les entrepreneurs.
Vous ne les verrez jamais revenir aux définitions du capitalisme et aux économistes qui ont établi les règles du commerce actuel. Chez Borsus, Michel et Reynders, et combien d’autres, l’air entendu sur leurs visages ferait croire qu’ils ont assimilé les principes du libéralisme, qu’ils l’ont dépassé et qu’ils mettent en pratique le résultat de leurs cogitations. N’en croyez rien ! Ces incultes plastronnent.
Leur point commun est l’ignorance. Eux travaillent d’instinct. Ils font confiance à leur staff, des gens bardés de diplôme établissant des règles qui en réalité masquent les sauts de carpe imprévisibles de l’économie, à la merci des détenteurs de la monnaie papier.
Ils ont cette chance qu’on hésite à revenir en arrière, comme on ignore la distance qui nous sépare du butoir fatal. Leur grande affaire, c’est la durée.
La formule est aussi celle des écologistes. On est toujours à moins une de redresser la courbe des températures. On multiplie les conférences sur le climat. Si, pas mal d’experts le prétendent irréversible, qu’on fonce vers les deux voire trois degrés de réchauffement, que d’ici vingt ou trente ans, des îles surpeuplées n’existeront plus, les experts républicains de Trump disent le contraire. De toute manière, la nécessité du commerce veut que l’on tranche de tout comme l’Amérique le veut.
C’est exactement la même chose avec le capitalisme. On nous fait croire qu’il n’a qu’une poussée d’urticaire et que nos bons docteurs vont tout arranger, en deux coups de cuillère à onguent d’assainissement budgétaire !

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On les croit. Sinon, nos bons docteurs seraient fichus. Le petit épargnant irait chercher ses trois sous planqués à la banque et flanquerait en une seule fois le système par terre ! Vous voyez d’ici nos prêcheurs en prison ? Le peuple déboussolé ne s’en remettrait pas !
Pourtant, à garder la tête froide, si le peuple commençait par voir ce qui ne va pas dans le libéralisme, s’il se mettait à comparer les perspectives des grands prédicateurs de l’économie libérale, avec la situation économique de 2018, je ne donne pas cher des Autorités actuelles.
La démocratie est allée trop loin dans ses démissions successives, faisant elle-même la promotion de ce qui est le plus détestable dans l’économie libérale. On ne peut plus arrêter la machine. Personne ne voit en Europe poindre un nouveau communisme, capable de balayer l’ancien système sans dommage pour autrui. Mais, ce qu’on peut faire, c’est réparer tant soit peu ce qui est réparable pour l’empêcher de dérailler, l’ouvrir à l’humain et la rendre moins crédule sur les valeurs fictives du papier-monnaie.
Le commerce va tout régler par plus de « probité et de morale » ! Alors que ces messieurs les donneurs de leçon ont tout fait pour transformer le monde en caverne de voleurs.
Pour s’opposer à ce cirque, la première étape est de bien comprendre l’économie libérale afin d’en faire ressortir le profond égoïsme, l’absolu déni de moralité et récuser les fins méprisables : voir les hommes se battre entre eux en faisant miroiter des intérêts sordides, résultat des passions funestes.
Les notions d'autonomie et d'hétéronomie individuelle et collective de Cornélius Castoriadis et de quelques autres devraient être abordées dans le but de faire, « un monde à visage humain ».
Ce n’est pas facile, mais pour un avenir moins sombre, le rétablissement de la démocratie est à ce prix.

18 janvier 2018
Jean-Baptiste Say son Charles !

Si les gens s’intéressaient à l’économie, les plus avertis s’effraieraient de l’Europe dans laquelle Charles Michel nous embarque. Les libéraux à vue courte se battent plus avec des slogans que sur des faits. Ils se font les champions d’une cause entendue.
Je ne dénigre pas un système, pour en vanter un autre. La persévérance des libéraux à nous vendre le fourre-tout mondialisé de l’économie a quelque chose de profondément malhonnête.
Après le farceur d’Adam Smith, j’épingle Jean-Baptiste Say, économiste et entrepreneur français, que les croyants du MR fleurissent tous les jours. « La loi des débouchés ou loi de Say », bible de Michel et Reynders, ne tient plus la route depuis longtemps.
En quelques mots : les produits s’échangent contre des produits. La monnaie, le “numéraire”, n’est qu’un intermédiaire entre les échanges. La théorie de Say est simple, pour assurer notre existence, nous devons en échange du numéraire, vendre des produits ou notre travail.
Selon lui, tout produit supplémentaire créé ouvre un débouché à d’autres produits, à condition qu’il ait une utilité recherchée par les consommateurs. Ceci étant, une crise de surproduction ne peut se produire du fait des nouveaux débouchés.
Say admet qu’il peut exister des surproductions partielles. Exemple, on produit tout à coup trop de voitures, cela signifie pour Say qu’il existe un autre secteur où il y a sous-production : on aura par exemple pas assez produit de vélos. Say admet donc qu'on ait employé trop de ressources ici, pas assez là. En raison d'une mauvaise répartition des efforts de production, c'est-à-dire d'une mauvaise distribution du capital. Il rejette comme absurde, l'idée qu'on puisse trop produire dans tous les secteurs à la fois (on ne parle ici que de la capacité d'absorption du marché, et non des besoins de la population : en économie libérale, un besoin qui ne peut pas payer n'existe pas).
Say en vient à l’équilibre idéal entre production et capital résultant du produit. Si l'ensemble des marchandises s'écoule pour 100 millions d'euros, cela signifie que la vente de ces marchandises va générer 100 millions d'euros de rentrées monétaires (quelle que soit la manière dont ces rentrées se répartissent ensuite entre les différentes catégories sociales). Ces 100 millions sont par définition ce qu'il faut pour acheter les 100 millions de marchandises.
L'impossibilité de la surproduction générale saute aux yeux, puisqu'à tout moment, la somme d'argent détenue par les consommateurs est strictement égale à la valeur des marchandises qui sont sur le marché. Tout au plus peut-on envisager que les goûts de consommateurs ne coïncident pas avec les différentes quantités produites, ce qui créera des déséquilibres sectoriels. Mais, il est impossible que toutes les marchandises soient invendables à la fois.

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L'argumentation de Say est presque une tautologie : les achats équilibrent les ventes... parce que les ventes équilibrent les achats. En réalité, elle repose sur une hypothèse centrale : celle que la monnaie ne sera jamais détenue pour elle-même, mais uniquement pour acquérir des biens. La conception de Say repose donc sur la conviction que la monnaie est neutre : simple intermédiaire des échanges, elle ne peut jouer un rôle actif (et donc, perturbateur) sur l'économie réelle. Elle ne peut pas être mise (provisoirement) de côté, c'est-à-dire thésaurisée. Selon les propres formules de Say, « la monnaie n'est qu'un voile » ; « les produits s'échangent contre des produits ».
La Loi des débouchés revient à affirmer que l'épargne est égale à l'investissement. Les produits fabriqués se répartissent en deux catégories : les biens de consommations, destinés à être acquis pour un usage direct, et les biens de production d’investissement.
MM Michel, Borsus et consort voient le monde libéral définit parfaitement. Et c’est bien leur grand tort. À cause d’eux, nous sommes les victimes d’une supercherie libérale.
L’expansion de la population – la démographie - met hors compétition un certain nombre de personnes en surnombre dans le processus du renouvellement par tranche d’âge.
Dans sa Lettre à Malthus, Say le critique en expliquant que la loi des débouchés approvisionne mieux la population. La liberté de produire permet de résoudre le problème soulevé par Malthus. On voit le résultat. Les pays industrialisés produisent avec 20 à 30 % de main-d’œuvre en moins, une production supérieure à ce qu’elle était en 1950 !
Nos politiciens vivent dans une démocratie de 2018, avec des arguments du XIXme siècle et ce sont eux qui se moquent des « utopistes gauchistes » !
Depuis la fin des accords de Bretton Woods, le 15 août 1971 par Nixon, organisant le système monétaire mondial autour du dollar américain, mais avec un rattachement nominal à l'or, tous les libéraux du MR au PS libéral poursuivent, comme dans la plupart des démocraties une politique du « cadavre exquis ». Ils habillent par jeu de mots et règles, une absolue aberration qui ne peut conduire qu’à la catastrophe. Le papier monnaie ne correspond plus à la valeur produite, autrement dit le système survit en fantôme, celui des échanges par le truchement du numéraire qui devrait correspondre à la valeur produite.
Déjà bien avant Nixon, Keynes contredisait la loi de Say, pour lui l’offre ne crée pas la demande. La crise de 1929 avait déjà secoué Say et montré les limites des thèses classiques et néoclassiques. On avait oublié l’épargne thésaurisée.
Les compères du MR au pouvoir en Belgique non seulement nous enfument avec des théories d’un autre âge, mais encore ils oublient les recommandations de Keynes – qui n’est pas soupçonné de communisme – lorsqu’il écrit « la demande joue un rôle primordial dans l’économie d’un pays. Il faut encourager la consommation à travers la mise en place de politiques budgétaires, l’intervention de l’État permet de résorber plus vite les déséquilibre des marchés qu’avec le système néoclassique, laisser les marchés s’autoréguler c’est prendre le risque de voir la population souffrir inutilement. »
Le ministre des finances de Michel pense évidemment le contraire. D’évidence les responsables politiques n’ont pas – c’est souvent le cas – les compétences adaptées à leur mandat. Ils trompent le peuple. Ils sont incompétents !
Si on ouvre « Le Capital » (on n’ose plus dire le nom de l’auteur pour s’épargner les sarcasmes des vaniteux), c’est une autre chanson, mais qui a, tout autant, du sens.
« Le pouvoir d'achat et la consommation créés par la production n’existe pas, car les ouvriers sont payés au minimum vital ; d'où la surproduction et un impérialisme pour écouler ailleurs la marchandise, qui ne peut se vendre. »
Voilà où nous en sommes, en Belgique et ailleurs. Charles Michel et Bart De Wever, associés avec les monétaristes et les nouveaux classiques concluent que tout doit être fait pour libérer l’offre.
C’est une ânerie. Sont-ils malhonnêtes ou imbéciles ? Il n’y a pas d’autre alternative.

17 janvier 2018
MR = Mobilité Réduite.

Le MR est un parti singulier rien que dans son appellation « mouvement réformateur », c’est-à-dire une association de citoyens en marche vers des réformes. Or, s’il y a bien un parti qui ne se meut en rien sur de nouveaux projets, c’est bien le MR. Il stagne sur des convictions qui sont loin être des principes. Comme par exemple l’idée qu’en détaxant les fortunes, celles-ci s’investiraient dans des entreprises développant l’emploi. Par expérience, on n’a encore vu nulle part l’emploi bondir dans les paradis fiscaux où, au contraire, des îles caïman aux Émirats, la fortune y côtoie l’extrême pauvreté et quand bien même, les Émirats construisent y investissent à tout va dans du n’importe quoi, c’est l’Inde qui fournit le plus gros contingent de travailleurs pauvres et exploités, parfois jusqu’à leur mort.
La loi de Murphy résumée en quelques mots « entre deux façons de faire et qu'au moins l’une peut entraîner une catastrophe, il se trouvera toujours quelqu'un pour choisir la mauvaise option », par atavisme héréditaire des chefs... tout le mouvement libéral a opté pour la mauvaise.
Cela ne date pas d’hier, c’est une signature. Elle est ancienne. Donc, ce n’est pas demain qu’on verra se dessiner un mouvement « progressiste » au MR.
Qui dit mouvement, dit implicitement qu’on va vers quelque chose. Ici, nous avons un repère : « réformateur ». Dans le Larousse un réformateur, c’est quelqu’un qui propose des réformes. Qu’est-ce qu’une réforme, c’est un changement suffisamment conséquent pour qu’il apparaisse comme une évidence. Exemple, le protestantisme est une réforme qui propose au sein de la chrétienté une modification profonde des mœurs et des rites.

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Qu’on dise ce que le MR a profondément réformé ?
Ce parti poursuit avec acharnement des modifications infimes mais qui, mises bout à bout restent la constante d’une idéologie conservatrice et réfractaire aux changements qui n’auraient pas l’ambition du profit.
Et encore, ces modifications sont infimes par peur qu’on s’aperçoive qu’elles mettent en danger la démocratie. Citons le bradage au privé des pans entiers du domaine public, la volonté de privatiser les postes, les chemins de fer, même la police dans certains cas.
La stagnation et le conservatisme seraient donc les traits essentiels de ce parti.
Le MR s’adjuge aussi la couronne du Droit en démocratie.
Qu’est-ce que le Droit en démocratie ? Dans ce cas précis, il y a un fondement moral au Droit. C’est celui des Droits de l’Homme et du Citoyen et c’est le propre même de toute démocratie.
La raison pour laquelle je ne me trouve plus en démocratie, c’est aussi la raison que le MR a choisie pour prétendre être pleinement en accord avec les principes d’une démocratie.
Pour le MR et en général les partis conventionnels au pouvoir en alternance, le Droit ne repose ni sur la morale, ni sur la loi dont la somme est le code civil, mais sur l’utilité, au sens stricto sensu de l’économie.
Bien sûr, il est aisé de s’insurger contre cette définition en procurant mille exemples de citoyens punis en voulant accaparer des biens à seule fin d’être « utiles » à eux-mêmes. Selon les lois du commerce, ils se sont découverts par maladresse, par manque de relations ou par impatience qu’un règlement « de progrès » débaptise un vol en une nouvelle forme d’activité commerciale.
Un cas bien précis sert d’exemple. L’activité d’avocat d’Armand De Decker à côté de sa carrière politique lui vaut une réprobation générale et une accusation en justice. Or, la collusion n’est pas établie entre ses fonctions électives et la somme élevée de ses arrhes de son travail juridique. Il se pourrait que le compère de Reynders soit acquitté et qu’à l’avenir tout commerce tiré d’une position sociale dans l’ordre public, au bénéfice de la sphère privée, ne soit plus considérée comme un délit, même si les sommes en cause sont bien plus élevées que la valeur conventionnelle attribuée au travail fourni.
Toute l’activité du MR et de ses pareils est de faire confondre par les citoyens les Doits et la liberté individuelle avec le droit d’entreprendre par le travail des autres.
Au vu des circonstances et avec l’appui des médias, je pense que le libéralisme tel que l’entend le MR et ses semblables est en train de faire des progrès dans le sens où le Droit citoyen à la démocratie est lui en train de régresser.