9 décembre 2022
Frank et Maggie, même combat !

Frank Vandenbroucke est un de ces lépidoptères de gauche (vooruit) qu’aime épingler le collectionneur. Il entre au gouvernement Dehaene en 1994 pour démissionner après cinq mois pour avoir été mis en cause dans l’Affaire Agusta.
Vingt-huit ans plus tard, une sale affaire sur les bras ne gêne plus personne dans le monde politique.
Il se met au vert pendant quelques années, histoire de se faire oublier. Son parti le rappelle après son exil des urnes. Il retâte au truc fédéral en 1999, en qualité de ministre fédéral des Affaires sociales et des Pensions du gouvernement de Guy Verhofstadt. Il troque en 2003 les Affaires sociales pour l'Emploi dans le gouvernement Verhofstadt II. En 2010, il quitte « définitivement » la politique. Le public pousse un « ouf » de soulagement. Vain soulagement ! Il revient dans l’actualité, vierge de son passé, paré de son manteau d’oubli, ministre de la Santé, dans l’actuel gouvernement d’Alexander De Croo.
De son bannissement, il ramène une thèse gambergée dans une université de prestige « Justice sociale et éthique individuelle dans une société ouverte: égalité, responsabilité, et incitants » non encore traduite de l’américain, fort heureusement pour la quiétude des usagers de la langue de Vondel.
Comme on peut comprendre au pitch, le citoyen a finalement plus de responsabilités que de droits dans la société ouverte de Frank. Sa thèse, si elle était appliquée, conduirait à une démocratie où le peuple donnant plus qu’il ne recevrait serait aussi bien baisé que s’il était resté dans celle qu’on a aujourd’hui.
Alors, question de bon sens, pourquoi changer ?
Bref, ses turlupinades n’ont fait qu’attiser le désir de son président de parti de le voir réintégrer le corps privilégié des ministres en exercice. Il y a comme ça, des fatalités que l’on ne s’explique pas !
Métamorphosé conseillé médical en chef, le ministre de la Santé Vandenbroecke, nous les casse depuis deux ans au sujet des vaccinations Covid-19, du port des masques et des rapports du public avec les hôpitaux. C’est dire si fin 2022 l’épidémie repartant à la hausse, notre homme n’a pas fini de nous prendre pour des demeurés ne comprenant rien à rien.

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Il y a ainsi dans les destins des ministres socialistes une fatalité soit à mettre les doigts dans le pot de confiture du fric national, là où il n’y a qu’à prendre, soit faire une connerie qui compense par son ampleur les détournements que les habitués du pouvoir ont tous rêvés d’au moins faire une fois dans leur vie.
Après l’affaire Agusta on imagine que Frank ait décidé d’opter pour la connerie.
Patatras ! La connerie est grandiose. Elle égale celle de Maggie De Block qui laissa pourrir sous la pluie d’une toiture en mauvais état d’un hangar de l’armée, des millions de masques !
« Het Laatse Nieuws » fin octobre a lâché le morceau. Le ministre devait réagir sur le fait que l’équivalant de 10,7 millions € de tests Covid-19 achetés par ses soins étaient bons à jeter à la poubelle des entrepôts de l’État. Peut-être est-ce le même que celui de Maggie ? Le socialiste avait alors nié les faits, en expliquant que la perte n’était que de 498.000 euros et que le gâchis était donc à relativiser.
Un demi-million d’euros à relativiser, ce n’est pas rien quand même, mais passons sur le relatif…
Quelques semaines plus tard, le journal consulte une note interne du SPF Santé qui confirme que les montants sont différents de ceux annoncés par le ministre.
La patate était bien de 10,7 millions d’euros !
Frank finit par s’excuser et admettre que les calculs de ses collaborateurs n’étaient pas corrects. Le SPF avait indiqué qu’un produit en particulier valait 4,9 euros par unité. La réalité, c’est que le produit en question coûtait 390 fois plus, soit 1.905 euros par unité. Cette grossière erreur fait donc grimper la perte d’argent à 10,7 millions d’euros. En période de crise, ça a du mal à passer. Les journalistes rapportent qu’il ne s’agit pas de la seule erreur dans les calculs du ministre.
« Je trouve pour le moins fâcheux d’avoir livré des chiffres à ce point erronés. Ces mauvaises estimations sont dues à l’utilisation d’un prix unitaire erroné pour une certaine partie du matériel », regrette le ministre, qui auparavant s’était défaussé toujours, aussi élégamment, sur ses collaborateurs. Et de promettre qu’un nouvel inventaire des stocks dans les labos fédéraux sera effectué « à des prix corrects ». Un journaliste l’interrogea ensuite sur l’intérêt d’un audit, pour mettre au clair les responsabilités dans ce nouveau gaspillage. On attend toujours la réponse de l’intéressé.
Les ministres pris en flagrant délit d’erreurs aussi magistrales ne démissionnent plus par les temps qui courent. C’était bon au temps passé, quand il y avait encore une question d’honneur à bien accomplir la mission confiée par les citoyens.
D’un parti à l’autre du même bord, les socialistes se fréquentent-ils encore ? Une partie de poker menteur entre Frank Vandenbroecke et Jean-Claude Marcourt aurait son petit succès.

8 décembre 2022
Vacances à Dubaï !

Ce qui perd un haut fonctionnaire, comme un ministre, c’est l’illusion de se croire intouchable. Cela commence par de petits écarts, des passe-droits. On prend l’habitude d’interpréter les règlements, puis on en vient aux lois. Arrive le moment où la distinction des pouvoirs accordés à la fonction n’a plus de repères autres que ceux que l’on détermine soi-même, toujours plus larges au fur et à mesure de la montée en puissance dans les assemblées et les réunions politiques dans lesquelles barbotent inférieurs et supérieurs. C’est là que s’égare le mieux le distinguo entre possible et impossible, trompé par l’excessive déférence jusqu’à l’obséquiosité qu’il apprécie autour de lui, le ministre ou le haut fonctionnaire se fourvoie alors si ouvertement qu’il finit par l’initiative de trop, l’indélicatesse flagrante impossible à rattraper.
Frédéric Janssen et Jean-Claude Marcourt ont déjà défrayé la chronique des scandales au Parlement Wallon, après qu’une plainte de la moitié du personnel ait été déposée devant l’Assemblée sur le comportement du greffier de l’Assemblée. Tyranneau à ses heures, insultant « ses têtes », le greffier avait acquis au cours des ans une réputation de scrogneugneu d’adjudant-chef à la Courteline.
Jean-Claude Marcourt se voyait emporté par le scandale comme étant le président du Parlement ayant soutenu et protégé le greffier.
On est ici dans les anciens travers du PS à la base de beaucoup de scandales, donnant l’image peu flatteuse du parti après l’assassinat d’André Cools, que révélèrent les conclusions du formidable travail de la juge Ancia. Il se pourrait que ces turpitudes fussent inhérentes à la cupidité des Hommes d’État que ce parti fournit toujours à la Wallonie et à l’État, par la grâce du soutien des électeurs.
Ce serait une sorte de tare du socialisme corrompu par son ralliement à l’économie capitaliste. Bien entendu, tout n’est pas vertueux ailleurs, loin de là, mais cette constante à défrayer la chronique des scandales à quelque chose d’interpelant.
Et justement, de nouvelles révélations font état de frais de voyages et de déplacements anormalement élevés du greffier, Frédéric Janssens, qui était accompagné, de Jean-Claude Marcourt, lorsqu’il s’est rendu à Dubaï.
Que diable !... qu’est-ce qu’un huissier, même en chef, allait faire à Dubaï ? Et Marcourt ! n’y avait-il pas des pays plus intéressant à visiter, en supposant que d’autres expositions où figurent la Wallonie, n’ont pas besoin de Marcourt et encore moins de l’huissier Janssen, pour tenir un stand à la gloire des fromages du Pays de Herve.
Après des faits de harcèlement moral et l’explosion des dépenses liées à l’extension du Parlement wallon, voilà la « mission » à Dubaï qui refait surface. Par une sorte de fatalité, c’est à la fin du jugement définitif d’Alain Mathot à propos des pots de vin dans l’affaire de l’usine de traitement des détritus de Herstal, qui condamne l’ancien ténor à de fortes amendes et à de la prison avec sursis, ancienne tête de gondole de la grosse section liégeoise du parti socialiste de la rue Sainte-Véronique et membre influent de la Loge de la rue Fabry.
Décidément, ils le font exprès !

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Le montant du déplacement à l’exposition universelle à Dubaï avoisine les 19.000 euros. A une époque où Elio di Rupo crie famine à la Région et aux difficultés des ménages qui ne devraient pas leur échapper, des responsables politiques dilapident l’argent public dans des voyages luxueux.
Les deux compères se sont tapés la classe business côté transport, des chambres dans un hôtel luxueux à presque six cents euros la nuit. Enfin, « une guide » aurait été payée pour accompagner la délégation. L’Escort-girl les aurait soulagés de 3.446,22 euros pour quatre jours.
Les dépenses de ce voyage posent clairement problème, puisque les montants sont tout à fait excessifs. Ils dépassent clairement ce qui avait été mis sur la table au moment où ce projet a été discuté, hurlent les écolos.
Un petit copain des deux joyeux représentants wallons, André Frédéric, chef de groupe PS au Parlement wallon, vole à leur secours : "C’est toujours facile de réexpliquer le match quand il est fini (l’escapade avait cependant lieu avant la coupe du monde) tout le monde a un avis, tout le monde sait comment il fallait faire. Une fois qu’une décision est prise, ce sont les services du greffe qui organisent les déplacements et ce n’est pas moi qui réserve les billets d’avion".
L’écran de fumée est déjà en place pour envelopper les frais dans un flou artistique. Jean-Claude Marcourt au journal Le Soir explique avoir participé à ce déplacement, sur base d’une décision prise par le bureau élargi du Parlement auquel participent tous les groupes politiques. Concernant son voyage en classe affaires, il avance que c’est la règle dans la plupart des institutions, quand le vol dépasse une durée de 5 heures.
Les fesses de ces messieurs seraient sanguinolentes après cinq heures en classe touriste ? On demande à voir.

7 décembre 2022
« Fusion-Scission » au gouvernement.

Xième réunion chez De Croo à propos du nucléaire.
Pas besoin d’être présent pour imaginer la cacophonie régnant rue de la Loi, ce mercredi, à propos des centrales nucléaires. À partir du moment où il n’a jamais été question de mettre en doute le mode de vie actuel, pur produit de la logique productiviste d’un système fou, que voulez-vous qu’ils se disent, sinon rabâcher des sornettes ?
Les chèvrechoutistes écologistes tergiversent, se concertent, se déchirent à propos des fermetures des centrales. Fermera ? Ne fermera pas ?
Ce débat qui n’a l’air de rien est en réalité un marqueur politique. Les socialistes sont entre deux idées et les écolos entre trois, seuls les Bleus sont farouchement pour les centrales. GLB s’en étrangle. Ils sont tellement engagés, que c’est « marche ou crève », sauf que même marchant, on va tous crever. Mais ça, c’est pour un futur lointain, incompréhensible pour eux ! Seules les projections qui n’excèdent pas cinq ans, échéance de leur future réélection, sont étudiées. Les élus sont pragmatiques.
Ils sont comme des enfants au bac à sable, surveillés par le système, la haute finance et les intérêts des holdings. Big Brother attentif à tout ce qui pourrait contrarier le monde qu’il a créé, les observe, peu inquiet quant à la conclusion des débats. Il connaît la limite de ces petits cons favoris, bardés de diplômes et de certitudes.
Question pratique dans le jusqu’auboutisme, avec les difficultés d’approvisionnement, l’incertitude du climat cet hiver, il faut garder le plus de centrales ouvertes possibles. Avec l’expansion des besoins en électricité : les voitures électriques et les robots de toutes sortes réclamant de plus en plus de courant, il est vital de maintenir toutes les centrales en activité, mais encore en construire d’autres.
C’est la logique d’un apparatchik de la société de consommation qui raisonne en bon libéral. Son produit est bien la société actuelle qui a l’obligation de poursuivre son expansion sous peine de disparaître tout de suite dans un chaos économique ou être prolongée jusqu’à l’extinction des ressources naturelles de la planète et disparaître, à une date non précisée, mais plus lointaine et ce définitivement.

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Comme il n’y aucune voie autre que celle-là, qu’aucun plan n’a été mis à l’étude pour éviter un clash certain, il n’y a pas à barguigner et faire la fine bouche, si nous voulons éviter le chaos.
Les gens se plient à tout, sauf à manquer d’électricité puisqu’ils sont impliqués dans le système et qu’on ne leur a pas laissé d’autre alternative que ce qui est devenu « consomme qui peut », les autres n’ont qu’à aller se faire foutre ailleurs… et comme il n’y a pas d’ailleurs…
Dans l’absence d’une organisation sociale qui aurait prévu un accommodement afin d’économiser la destruction du milieu naturel, nous allons tous ensemble à la mort assurée de l’espèce, en suivant l’actuel programme. Mais nous irons au trépas à pas lents. Nous pouvons donc poursuivre le trajet du train fou capitaliste. Cette génération espère consommer toujours plus, se gaver de gadgets et de robots savantissimes qui feront tout afin qu’elle puisse vivre en nabab du pétrole, même si celui-ci sera en voie d’extinction complète. Nos dirigeants non d’autre alternative que de monter sur un Titanic industriel qui se rue à la rencontre de l’iceberg qui l’ouvrira comme une boîte de conserve.
Il n’est question que de ça !
Nous aurons un approvisionnement assuré cet hiver, sans coupure d’électricité en suivant ce productivisme issu de la logique de consommation, dont nous ne savons comment nous défaire.
Dans ce cénacle du bien disant, nos petits génies se sont tous associés pour glisser dans un tiroir du bureau d’Alexander, écolos compris, ce qui n’est pas résolu dans le nucléaire et qui reste un problème majeur dont les générations suivantes hériteront.
Comment se défaire des déchets radioactifs dont certains peuvent constituer un danger pendant plusieurs siècles ? Les enterrer au plus profond est-ce une solution ? Les jeter dans des abysses, comme certaines pratiques toujours en cours, quel crime n’accomplit-on par-là ? Comment rendre à l’industrie et le cas échéant à l’agriculture, les hectares de terre sur lesquelles sont construites les centrales nucléaires, qu’il faudra bien un jour détruire lorsqu’elles seront obsolètes ?
Enfin, en cas de guerre, les centrales ont montré leur vulnérabilité. On a vu que les artificiers de Poutine ont failli à plusieurs reprises se farcir un réacteur.
Dernier écueil non résolu, même si les emplacements souterrains choisis sont réputés sûrs et stables, qui peut dire qu’ils le seront encore dans cent ans ? Ne faut-il pas craindre les crues rapides des fleuves à des étiages inconnus aujourd’hui, des séismes et des tempêtes majeures causés par les changements climatiques, comme il faut s’attendre à des fleuves à sec certaines saisons, pour les centrales qui refroidissent leur réacteur à la température ambiante du fleuve ?
Ces questions déjà pendantes à la construction des plus vieilles centrales et qu’on allait résoudre très rapidement, ne le sont pas encore et ne le seront peut-être jamais.

6 décembre 2022
Les soirées de Marly !

Après le sérieux, le frivole.
Être (de Marly) était un honneur suprême. Rassurez-vous, vous n’en auriez pas été, ni au siècle de Louis XIV, ni au nôtre.
Y a-t-il rien de plus léger que le spectacle que nous offre les élites ?
Le théâtre heureux qu’ils nous montrent, est une suite de Ballets de Lully relookée façon moderne.
C’est le spectacle d’eux-mêmes, de leur réussite sur la façon dont ils conduisent le pays. Notre Louis XIV parti se répandre en somptuosité Rond-Point Schumann, le surintendant Fouquet, premier ministre, voyage beaucoup pour nous et pour son plaisir, sous le nom d’emprunt, bien sûr, d’Alexander De Croo. Il est flanqué d’une ancienne speakerine de la télévision, venue de peu et parvenue à la cour, par la grâce de Monsieur, frère du roi, Orléans-Bouchez, sa favorite.
Alexander-Fouquet ne risque pas de finir à Pignerol, victime d’une lettre de cachet ou d’une défaite électorale. Tout le monde peut remarquer qu’un ministre du royaume, même désavoué, même battu aux élections, même d’une grande médiocrité tout au long de son mandat, est toujours recasé sans passer par l’ONEM.
En attendant une retraite à moins de cinquante ans, Alexander-Fouquet serre les mains d’autres illustres partout dans le monde, en notre nom. À l’UE, il donne souvent des leçons et se place en premier ministre exemplaire. Malgré l’étalage de ses compétences et de son obéissance à l’Amérique, Ursula von des Leyen le pointe du doigt et colporte partout que la Belgique est le mauvais élève des 27. Qu’importe puisque tout se passe au-dessus de nos têtes et que nous ne nous sentons concernés que lorsqu’on serre la vis trop vivement, comme jadis la torture du tourniquet qui faisait craquer les os des manants de notre sorte.
La merveille des laides manières apprises sous l’Ancien Régime s’est cristallisée dans la roche de quelque chose qui a l’aspect d’une démocratie, mais qui n’en est pas une. Les auteurs de la pièce sont également ceux qui la commentent et apprécient leurs propres mots d’esprit dans leurs grands monologues. Les trois actes, la venue, l’action, le triomphe se passent dans les jardins à proximité des fontaines et des serres de Laeken. Vous n’y êtes pas les bienvenus.
Et pour cause, les spectateurs sont en même temps les figurants muets de la comédie.

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Qu’importe cette incompréhension du peuple qu’ils devinent et les chagrinent pour l’unique raison que cela pourrait mal tourner. Leur seul défaut : ils sont trop intelligents ! Mais ils ne désespèrent pas que l’euro glissé dans la fente du jukebox des amusements pour débiles légers, ne déjoue les difficultés passagères. Nous faire aimer leur gavotte primesautière, n’est qu’une affaire d’adaptation de leur haute intelligence à la médiocrité de la nôtre.
Après Laeken, les auteurs nous promènent dans le parc d’attractions où ils ont regroupé tous les symboles de leur réussite, les visiteurs amusés se croient sur une autre planète, une Belgique martienne, rigolote et satisfaite.
Ils sont émerveillés de la facilité que leur procure l’organisation mondiale de l’économie et des arrangements entre démocraties. Leur job pourrait être exécuté par un enfant ! Après tout, Louis XV fut roi à cinq ans !
Ils sont en intérim comme madame Wilmès le fut au départ du grand Charles. Ils n’ont rien d’autre à faire qu’ouvrir le courrier venu de Washington et répercuter la douleur sur la barbaque de leurs abattoirs ! Le succès est assuré.
« Mais comment peut-on » se récrient les salons libéraux : les temps changent ! Les gens n’ont plus la bosse de l’admiration pour ce qui est au-dessus d’eux. Ils n’ont plus le respect des décors, des costumes, des diplômes. On peut très bien parler l’anglais comme Shakespeare et être un beau con.
Le ridicule les a peut-être rattrapés sans qu’ils s’en doutent. L’odieux de leur position par rapport à celle du peuple en souffrance ne les touche pas encore, mais il y a progrès.
Le peuple en se durcissant pour échapper à ses souffrances est devenu réfractaire !
Il a fini par comprendre qu’il peut se moquer de qui le moque. Il sait que contenter les gens du dessus, s’était, quelque part, être mécontent de soi.
Il a bien vu que nos Maîtres sont en réalité des valets d’autres maîtres. La Belgique, au point où elle en est, peut faire l’économie de ses intermédiaires. La vie serait-elle si différente si nous étions directement un protectorat américain, un ixième État des rois du commerce et de la thune ? Au moins, sous tutelle, nous serions débarrassés d’une belle collection de prétentieux imbéciles.