24 août 2019
Comme au FOREM, Didier chasse l'emploi !

À force de postuler partout pour un emploi public en dehors de la Belgique, Didier Reynders arrivera-t-il à se sauver de la Régionale bruxelloise du MR ?
L’homme est usé jusqu’à la corde dans son parti. Il ne doit sa survie qu’à son ancienneté. On se souvient qu’il a fait porte-serviette de Jean Gol, en alternance avec Louis Michel.
Voilà justement un épisode lointain qui ne plait pas au clan Michel. Quand on a réussi, on n’aime pas voir traîner les relations de la première heure dans les bureaux. Ils ruminent de la rancœur. Ils se souviennent qu’ils ont été grouillots, en même temps que les patrons actuels. Ça fait mauvais genre.
La nomination de Charles Michel au poste de président de l’UE a déjà empêché Reynders de se tirer des MR bruxellois. Au MR, Chastel est mort de rire du ratage de Didier pour le secrétariat général du Conseil de l’Europe, la timbale revenant à la ministre croate des Affaires étrangères Marija Pecjinovic Buric.
Les tenanciers de la firme sont partagés entre deux idées, laisser à la Régionale de Bruxelles le soin d’humilier Reynders, jusqu’à ce qu’il ramasse ses affaires et démarche pour ses pensions (sa belle carrière d’histrion politique lui vaudra un bon paquet) ; ou deuxièmement, s’en débarrasser en le fourguant à la Commission européenne qui recrute actuellement ?
L’homme va sur ses 62 ans, c’est jeune pour des briscards dans un métier où on vit très vieux. Les seuls dangers : l’alcool et les femmes, ne paraissent pas être les péchés des radins, dont il fait partie.
L’ambition déçue est un poison mortel qui peut tuer son bonhomme en quelques années, à force d’aigreurs et de désirs non assouvis. En politique, les laissés pour compte chopent un ulcère, voire un cancer dans un cas sur trois.
Une dernière chance lui est offerte de fuir la rue de Paris où la Régionale du MR à ses locaux.
Le gouvernement fédéral faisant fonction va proposer, un candidat belge pour la Commission européenne. Deux noms circulaient, Kris Peeters (CD&V) et Didier Reynders, appartenant tous les deux à la coalition gouvernementale sortante. En principe, après deux mandats exercés par des néerlandophones, l’équilibre belge voudrait que ce soit un francophone qui ramasse le tapis, donc Reynders.

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Mais ce gouvernement n’a plus la capacité d’exercer un plein pouvoir. Des décisions comme celle-là doivent se faire dans une concertation avec des éligibles francophones.
La candidature Reynders suscite la controverse au centre-gauche. Marie Arena (PS) fait remarquer que cela ferait deux MR à l’Europe, avec Charles.
Décidément encore Charles dans les pattes de Didier !
Laurette Onkelinx, ex-vice-Première ministre, postule à son tour. Elle a un atout dans sa manche. La Commission pour atteindre à la parité homme/femme a besoin de candidates du beau sexe. La nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, veut en effet composer une équipe paritaire homme/femme. Or, jusqu’à présent, si on fait le compte des candidatures, la balance penche en faveur des hommes.
Le PS a confirmé la candidature de Laurette, 61 printemps le mois d’octobre. Elle est plus battante que son homologue réputé fainéant par sa Régionale, avocate elle aussi, profession mythique dans la politique, logiquement et à cause du poids de Charles Michel, elle devrait pouvoir souffler le poste au candidat du MR qui serait alors le candidat le plus malchanceux depuis longtemps.
Charles Michel sous sa casquette de Premier ministre intérimaire est bien embêté. S’il admet le raisonnement du PS, il renvoie Reynders à la Régionale de Bruxelles où on ne le supporte plus. La majorité à la Chambre n’existe plus, MR, CD&V et Open Vld ne disposent plus que de 38 sièges sur 150. Il doit donc marchander … pardon négocier avec les autres.
Ecolo a réclamé un débat. Les Verts n’excluent pas de proposer un nom.
Bref, en Belgique on n’a pas d’idées pour résoudre la question sociale et la misère montante, mais question de placer un crack aux machines à sous, on est champions du monde.

23 août 2019
Les 7 mercenaires au G7.

Le G7 samedi est un non-événement dont tout le monde parle. La grande presse pour le célébrer, les réseaux sociaux pour le dénigrer, les Michel et le gratin pour s’y agenouiller.
En réalité, les 7 mercenaires ne débattront que sur leur fonds de commerce, la banque, leurs intérêts, et les femmes.
Ces individus peu sérieux déplacent nos destins, comme si nous étions leurs pions, dans une stratégie où les dominants gagnent et les dominés perdent. Ils se fichent de ce que nous pensons des lois absurdes et des traités saugrenus. La grande presse est censée refléter nos convictions intimes. Elle est évidemment du côté des patrons, dans les confidences du G7.
Les traités internationaux, censés réduire les coûts par la concurrence d’un continent à l’autre, sont la meilleure manière de rendre incontrôlables les pesticides dans l’agro-alimentaire et les produits chimiques d’engraissement du cheptel.
Que peuvent-ils nous concocter qui vaille la peine de s’y arrêter : rien !
Une petite scène de vaudeville est possible entre Trump et Boris Johnson sur le Brexit. Le milliardaire de Manhattan le rassurera sur l’aide qu’il apportera aux Anglais. Donald fera tout son possible pour enfoncer un coin dans le font uni des 27 de l’UE. Johnson ne se rend pas compte que la Grande-Bretagne va devenir un satellite des USA. Elizabeth doit s’attendre à bouffer du poulet aux hormones.
Macron, l’amphitryon, a promis de parler de la pauvreté. Comme elle gagne du terrain en France, on est scotché sur ce qu’il va dire aux autres !
Les pépères du G7 ont beau faire les intéressants en déclinant le danger des inégalités extrêmes, ils favorisent ces inégalités dans les grands pays et chez les petits, comme la Belgique, tous bien américanolâtres.

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OXFAM vient de faire un bilan « spécial G7 ».
Oxfam en a assez de faire des phrases Elle résume les sept enjeux majeurs que le G7 n’abordera probablement pas, sinon par de beaux discours (Macron y est expert).
La mainmise sur les politiques publiques
Les réductions d’impôts pour les riches
L'amenuisement des dépenses sociales
La priorité accordée aux actionnaires
Le soutien d'économies qui excluent les femmes
Le non-respect des promesses d'aide
Les invités du G7 représentent la moitié de la richesse mondiale. Ils ont encouragé le développement d’un système inégalitaire en permettant aux plus riches de contrôler la politique (comme aux USA) et même mieux, parmi ces élites, ils ont favorisé le rut de ceux des leurs qui ont en permanence un fer des plaisirs au feu. Epstein, Harvey Weinstein, Dominique Strauss-Kahn, Trump et une kyrielle d’autres rempliraient le Who's Who de leur paraphilie, si l’argent et la veulerie de la presse, ne les rendaient discrets et intouchables, jusqu’à la limite des recours de la loi.
Cette troupe peu recommandable a sous-investi dans les services publics, nivelé vers le bas l’imposition des grandes fortunes et semé la confusion des priorités, dans un contexte de crise climatique.
De nouveaux milliardaires éclosent chaque jour, tels des asticots d’une fosse à purin. N’en déplaisent à nos comiques de service, Dave Sinardet et Pascal Delwit, le populisme n’est pas toujours le cri hystérique d’un flamingant, ni d’un PTB enragé. Le fossé entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien est le vrai moteur du populisme. Les culs-bénis qui vont se retrouver samedi sont les fossoyeurs d’une croyance ancienne qui voulait que la démocratie soit le juste continuum de la classe politique. En plaçant leurs créatures au plus haut niveau politique ils ont écœuré bien des électeurs, la confiance en la classe politique n’est plus. Les inégalités condamnent des millions de personnes à la pauvreté. C’est l’échec majeur du système économique mondial.
Les seuls pays riches pourront taxer les entreprises payant des impôts en dessous du taux minimum légal dans d’autres pays. Les pays en développement n’ont pas la capacité de tenir tête à des multinationales qui ont des revenus supérieurs aux États dans lesquels ils fricotent. Le stratagème imaginé par Macron ne permettra pas un rééquilibrage des impôts. Au reste, Macron ne permettra rien du tout et les autres non plus.

22 août 2019
Lever de rideau.

En France, la rentrée sera chaude avec les projets de réformes des fonctionnaires, les Gilets Jaunes, les pensions, l’hôpital, l’agriculture, la PMA et la perspective des élections municipales en mars 2020. Macron a du souci à se faire. Paradoxalement, en Belgique, malgré les chauds bouillants Bacquelaine, Reynders et Maggy De Block, tous MR ou sous l’étiquette flamande, très remontés sur des réformes, mais réduits à baver dans la coulisse, nous échappons à un lever de rideau comparable. On n’a pas de gouvernement et, par conséquent, le public peut se croire momentanément à l’abri d’une foucade de la droite aux affaires, qui use de sa position dominante pour faire pression sur la classe dominée.
Mais, on ne peut pas s’empêcher de penser au vu de la politique de Macron et, par delà, de l’Europe, que s’il y a une catégorie de laquelle on attend des efforts à faire pour tenter de sauver la planète et, par la même occasion, sauver l’économie libérale, c’est bien la classe sociale laborieuse.
Historiquement, c’est la bourgeoisie qui a imposé son système économique aux travailleurs. Même si les choses ont évolué, il n’est pas certain que la classe inférieure veuille sauver l’économie de la bourgeoisie. Cependant, la majorité libérale pense différemment, d’où l’agressivité de leurs mandataires, à l’égard des catégories sociales qui feraient de la résistance.
Elio Di Rupo hésite à rallier le camp libéral dans les conditions actuelles. Non pas qu’il soit en désaccord avec le libéralisme et l’économie de marché, mais il craint en entrant dans une coalition qui veut en découdre immédiatement avec une partie de son électorat, que celle-ci ne rallie définitivement le PTB, ce qui ferait de son parti le frère de celui de François Hollande.
Ce serait peut-être le moment d’élever le débat au niveau national et de revenir sur l’avenir de l’économie de marché dans un monde aux matières premières limitées, aux pollutions qui s’intensifient et au relèvement des températures qui, ensemble, vont changer nos modes de vie. Alors que samedi prochain, ces messieurs du G7 vont, une fois de plus, se moquer du monde !

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Le bonimenteur vend au porte à porte des choses dont on n’a pas besoin. Ce n’est pas l’objet qu’on achète, mais la dialectique qui en fait le prix. C’est exactement ce qui se passe avec les libéraux. Ils nous vendent un monde qui va disparaître, tout en nous assurant qu’il n’en est rien à condition que nous fassions un effort, non pas pour faire de l’écologie la première des préoccupations, mais pour faire repartir la croissance au détriment de notre pouvoir d’achat et de nos lois sociales. En foi de quoi, ils mobilisent nos efforts pour détruire l’environnement, en nous faisant croire qu’ainsi, nous sauverons la planète.
Il y a une déconnexion totale entre l’économie libérale et nous. Le résultat est un chaos social et l’absence du peuple dans une démocratie désincarnée.
Que peut faire un citoyen qui ne partage pas les aprioris de la bourgeoisie ? Pas grand-chose. Il est atterré par les discours qu’il entend et reste effondré par l’activisme des victimes du libéralisme, qui, pour certaines se trompent de combat !
Intellectuellement ce système est indéfendable et si tant d’intellectuels le défendent, c’est parce qu’ils ne sont pas vraiment des penseurs, mais seulement des diplômés, avec un intérêt personnel. Leur confort a un prix et ils n’ont pas le choix. On leur vend du bonheur conditionné. Cela suffit à les rendre médiocres. Ils s’inscrivent dans de belles carrières jusqu’à la retraite, sans se poser des questions.
Que nous racontent les gens de pouvoir ? Ils parlent continuellement d’eux-mêmes en nous persuadant que c’est de nous qu’il s’agit.
Il y a derrière des mécanismes économiques à comprendre, tous les secrets qu’ils détiennent. Avec cela, la grande presse n’a pas la volonté de démonter l’imaginaire du paradis à atteindre, que le libéralisme nous vante, sur le thème indémodable de la consommation des masses.
Le résultat est catastrophique et attente à nos vies et dans le futur, à celles de nos enfants.
C’est à cela que Di Rupo devrait songer, pour refuser d’entrer dans une coalition où la classe qu’il est censée défendre est perdante dès le départ.

21 août 2019
Un scrutin avec montre RTL ?

Michel De Maegd est de ces parlementaires à la ramasse, sorti facile des petites lucarnes de RTL. Élu les doigts dans le nez, son job aurait fait élire n’importe quel tocard Maison. Deborsu doit y penser.
Venir de RTL est une référence, M’ame Reuter en sait quelque chose. Avec les avocats, c’est une denrée que l’Haut-lieu s’arrache. Les Michel père et fils en sont friands. Même la casaque RTBF a le parcours triomphant, en moins flamboyant toutefois. M’ame Delvaux a fâcheusement jeté son sac dans un mauvais corridor, celui du CDH. Guy Lutgen a refilé son emploi à un copain, chez lequel il avait une ardoise. Olivier Maroy aurait pu passer à côté du MR, mais c’était lui qui avait raté une marche. Luc Beyer, on s’en souvient, mort l’année dernière, fut député européen. Le gros de la troupe des ménestrels bien-disant préfère de loin les Bleus. Pour retrouver un transfert du music-hall au PS, il faut descendre dans les antennes régionales.
Sinardey et Delwit sont ravis. Ils glandent à l’entrée des artistes pour deviner quel sera le suivant. Ils ont intégré depuis longtemps le logiciel de la presse parlée et visuelle. Ils partagent avec les discoureurs de l’info, la détestation de la couleur ponceau.
De Maegd avouait, hier encore dans les gazettes, avoir le cœur à gauche ! Il se lève la nuit pour écrire ses hautes pensées sociales, puis de la journée, il disperse les feuillets aux quatre vents. Louis Michel est ravi. C’est tout lui, cette idée d’élargir la droite bourgeoise et radicalement conservatrice au socialisme, par des jeux d’écriture à l’encre des basses-eaux montoises.
Michel De Maegd l’a ouverte sec devant les micros, pour s’indigner de l’incapacité des élus à former un gouvernement fédéral. Il a imaginé une solution à la crise politique belge. Les temps morts après le recours aux urnes nuisent au trône, au nonce et à la Commission de Bruxelles.
Il plaide pour un scrutin à deux tours, triomphe du concours Lépine de la rue de la Toison d’Or ! Mais attention, pas comme celui pratiqué en France, non, quelque chose de tout à fait nouveau au point de réorganiser le fatum de Sinardet et Delwit ! Pourquoi pas un scrutin avec une montre RTL en bonus, tant qu’on y est ?
Le premier dimanche, on voterait pour des loustics avocats, chanteurs ou impresarios, peu importe. Ceux-ci auraient une semaine pour présenter aux foules ébaubies des combinaisons de gouvernement. Le dimanche suivant, l’électeur n’aurait qu’à appuyer sur la touche « On » du bureau de vote, pour la combinaison qui aurait son choix.
Vous avez compris où l’artiste veut en venir. Une petite semaine pour plier le deal de « qui va gagner des millions », c’est du tout cuit pour le centre-droit des grands mamamouchis de la belgitude ! Il serait impossible d’espérer que la vraie gauche soit dans la course !
Le PS déjà archi compromis dans la rente et les histoires de la Bourse, sans compter les petits arrangements entre amis, prendrait un poste de secrétaire d’État et finirait de se déshonorer avec les patrons de De Maegd. Les écolos feraient de la figuration, jusqu’à ce qu’on leur colle la paternité d’une taxe impopulaire écologiste, pour les remettre à 6 % à l’élection suivante.

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Les libéraux seraient toujours les maîtres du jeu. Une majorité « démocrate compatible » avec l’extrême droite nationaliste, ferait le yoyo autour du cordon sanitaire, selon les besoins de la noble cause.
Ainsi, le système placerait à coup sûr un gouvernement que les gens ne veulent pas et qu’ils se farciraient quand même.
Qu’arriverait-il si l’électeur récusait toutes les combinaisons présentées ? L’électeur n’aurait aucun recours probablement. Il subirait l’arbitraire, un de plus, de ce curieux système.
Et si à l’échéance du deuxième vote, les partis ne parvenaient pas à accorder leurs violons ? On ferait quoi ?
De Maegd n’y a pas pensé !
Et si on supprimait les élections ?
De Maegd n’ose pas le dire, mais ça, il y a pensé. Puisque l’initiative populaire est impossible dans une démocratie qui ne vit et ne respire qu’avec les chiffres de la Bourse et dont la survie dépend essentiellement de l’économie, l’étape suivante est toute trouvée : une démocratie sans électeur ! De Gaulle en a fait une à Londres pendant quatre ans.
Mais que voilà la bonne idée libérale : garantir à vie les députations et les représentations indemnisées. La direction de la démocratie serait héréditaire, un peu comme chez les Michel, précurseurs. La foule à l’écart de tout, comme aujourd’hui mais de façon vraiment officielle, ce serait tout bénéfice pour l’industrie. On pourrait travailler le dimanche des élections, puisqu’elles n’auraient plus lieu ! Les folles idées revanchardes seraient abandonnées. On pourrait aller jusqu’à interdire le PTB !
Je parie que Bouchez et Ducarme ont déjà un plan, ne serait-ce que pour prendre De Maegd de vitesse.