28 octobre 2020
À chacun sa tragédie.

Ce Covid-19 n’a pas fini de faire des ravages sur tous les plans. C’est un révélateur d’une société que nous ne voyions plus à force d’entendre dire qu’elle n’était pas parfaite, mais que c’était la meilleure possible.
Eh ! bien non, elle n’est pas la meilleure possible. Elle est même plus désastreuse qu’il n’y paraît. On ferait bien de s’en débarrasser au plus vite, sous peine de voir des énergumènes comme Trump devenir plus nombreux à l’avenir.
La folle entreprise d’une Europe des services est une chimère ! À la première bourrasque, tout est emporté. Des ministres s’agitent, mais ne prennent pas les bonnes mesures. Le tissu d’artisans et de commerçants est dans un état de marasme indescriptible. Les plus forts, pour ne pas finir noyés, se tiennent la tête hors de l’eau en s’appuyant sur les cadavres.
Et cela en six mois à peine de contagion, avec un nouveau départ du virus, redouté, pourtant pas prévu pendant la fausse trêve de l’été !
Les partis responsables de l’aggravation des phénomènes ne s’en remettront pas, sauf si l’électeur est tombé sur la tête.
Le peuple est profondément meurtri et anxieux. Ne vous y trompez pas, les bravaches, les négationnistes les gens qui s’affichent en disant « même pas peur » qu’on retrouve un peu moins nombreux à chaque jours car la mort prend sa dîme, sont aussi anxieux que les autres.
C’est terrible de se trouver démuni, sans ressource au milieu de la tempête. Même les ministres, tellement incompétents que certains devraient être en prison, ne peuvent s’empêcher d’avoir un sentiment honteux de sécurité de par les avantages matériels et financiers que la fonction leur procure. Les guichetiers des CPAS font leur métier de tuer la pauvreté en tuant les pauvres. Ils argumentent pour faire en sorte de décevoir les quémandeurs, par conscience professionnelle, à défaut de conscience tout court.

1abri1.jpg

À tout ceux-là qui vivent au jour le jour, sur parfois des espaces si petits qu’ils cohabitent presque avec le voisin ou la voisine, comment leur dire qu’il faut se protéger sans moyen de protection ? Comment leur tenir le discours du docteur « tant-mieux » d’aérer les chambres quand ils n’en ont qu’une, de manger sain, quand ils font les poubelles des grands magasins, de garder des distances, quand, en automne, il fait frisquet la nuit et qu’on n’a qu’une couverture pour deux ?
Bien sûr que la détresse matérielle, la peur de manquer de tout dans l’immédiateté des besoins aggrave l’anxiété, cette émotion désagréable qui correspond à l’attente d’un danger. Avant, dans la période insouciante, il était souvent infondé. Aujourd’hui, il correspond à de graves problèmes, comme l’impossibilité de payer un loyer ou de régler une facture d’électricité (Le requin président de l’Europe l’a faite passer à 21 %.).
On a beau se dire que l’anxiété est un phénomène normal, présent chez tous les individus. Pouvait-on savoir qu’il prendrait un caractère pathologique sous la forme de troubles anxieux ? Souvent le psy devant prendre en charge ceux que la situation déséquilibre ne peut pas répondre à cette souffrance soit parce qu’il ne la comprend pas, mais le plus souvent parce qu’il la comprend trop au point, qu’il la partage avec sa propre famille.
Ici, il n’y a plus d’anticipation à des malheurs illusoires ou réels, c’est une anxiété qui tire sa force de la réalité contre laquelle on ne peut rien.
Que dire à quelqu’un qui a un proche dans un état normal à midi et qui meurt à deux heures du Covid ? Comment faire savoir à un vieux que ses enfants amènent à l’hôpital, suite à une mauvaise chute, que ce n’est pas le moment, ni l’endroit pour des vieillards ?
Que se passe-t-il dans la tête d’un urgentiste qui sélectionne ceux qui auront une chance de s’en tirer et ceux qui n’en auront aucune, sur le seul critère de l’âge, même si le jeune et le vieux meurent ? Alors qu’on n’a pas pu sauver le jeune, le vieux s’en serait peut-être mieux tiré, si on l’avait soigné !
La peur des gens qui anticipaient d’éventuelles difficultés avant que le problème fût posé, les psys l’appelaient « peur sans objet ». Et si aujourd’hui, ce n’est pas la peur, mais l’instinct de conservation, comment on fait pour soigner ça ?

27 octobre 2020
Méfiez-vous de Mehmed !

Attention ! C’est une histoire où il n’est pas question de la droite, de la gauche, de l’écologie, du droit des gens, etc. Non, non !... ce n’est pas de ça qu’il s’agit.
L’histoire fourmille de peuples puissants qui ont perdu leur empire par simple distraction. Le monde romain, après avoir régné sur une partie de l’Europe et le pourtour méditerranéen, s’est dilué dans les excès du plaisir et de la confiance en soi. Il a été vaincu par des « barbares » descendant les alpes sur leurs boucliers, transformés en traîneaux, mal armés et à moitié nus. Le monde byzantin, sombrant dans l’art de couper les cheveux en quatre, reçut le coup de bambou des parlotes de la chrétienté à propos de la date pour voler à son secours. Le dernier bastion de la chrétienté en Orient tombe dans les mains de l’Erdogan de l’époque, Mehmed II, le 29 mai 1453. Depuis, allez dire à un Turc, que ce qu’on appelle la Turquie est un territoire conquis, donc volé, pour voir sa réaction. Eux n’occuperaient pas la Gaule avec quelques janissaires, mais serait plutôt du style « mis au point » par Tel-Aviv. Ils arriveraient avec toutes les familles et le barda, chasseraient nos chasseurs de Covid et planteraient le croissant sur les toits des maisons de la Grand-place.
Ce que je prends par la force est à moi. J’occupe et je mets mes pondeuses en activité. Je noie les pays conquis de ma belle jeunesse bien copulant. Que les délogés aillent se faire pendre ailleurs ! Depuis le début de l’histoire des civilisations, c’est ça et rien d’autre.
L’épidémie, c’est pour nous européens la parlote de trop.
Il faut dire que les gouvernements européens s’entendent pour ajouter de la confusion à la pagaille et que les mauvais résultats de la lutte contre la Covid courroucent les gens et les distraient de la menace turque – et pas seulement turque – mais aussi celle de tout le Moyen-Orient qui, petit à petit, sombre dans le salafisme faisant de la religion musulmane une sacrée dangereuse connerie, bien adaptée à la guerre religieuse.
Les derniers roulements de mécanique de Recep Tayyip Erdoğan, le Mehmed III du jour, ont de quoi inquiéter. Passés inaperçus en Belgique, c’est quand même un flot d’injure en chœur des dérangés du bocal à force de se taper le front sur la Kaaba, repris par l’ancien marchand de cravate devenu sultan de la Porte. Nous, pendant ce temps, on part à la chasse au Covid comme on va à celle du papillon.
C’est le moment d’occuper l’Europe, terre normalement vouée à Mehmed III, pense Erdogan le magnifique, qui dispose d’une armée capable de partir à sa conquête depuis sa tête de pont volée à la Grèce, pour aller comme une fleur, jusqu’en Scandinavie, sans qu’aucune armée européenne puise le retenir. Et comme le sultan fait partie de l’OTAN, on pourrait faire passer ça pour des manœuvres communes ! Nous, évidemment toujours à consulter les graphiques de la progression irrésistible du virus, on finirait, hébétés, par agiter des petits drapeaux turcs sur le passage des tanks.
Vous rigolez ! Les droits de l’homme, l’amour de l’humanité, la défense de la nature, tout ça, c’était déjà chez Constantin XI, le dernier empereur de Byzance, monarque philosophe très en verve avant mai 1453. Comme a dit Courteline pour celui qui ne comprend pas, la seule menace du pied au derrière et il comprend à l’instant même. Mehmed a visé juste. Sa babouche s’est écrasée sur les fesses de Constantin, justement en train de peaufiner un discours, ce sera le dernier.
Je n’aime pas Macron. Qui à gauche aime Macron ? Mais ne voyez-vous pas que lorsqu’Erdogan traite le président français de « malade mental », ce sont tous les Européens qui se font traiter de fous !

1avion2.jpg

La proposition d’Erdogan à Macron de se faire soigner, ce samedi 24 octobre, a été réitérée ce dimanche, en dépit du rappel de l’ambassadeur français en Turquie. Vous avez entendu des condamnations européennes ? C’est exactement la même complainte sous forme de soupirs qu’on a entendue quand Erdogan a fait promener son gros bateau renifleur de pétrole dans les eaux grecques, comme si il était déjà chez lui.
Mehmed III occupe actuellement une portion du territoire grec sur les rives du fleuve Evros. Une unité des forces spéciales de la police turque, forte d’une trentaine d’hommes, a installé un campement et hissé le drapeau turc sur un bout de terrain grec, d’une superficie d’environ 1,6 hectare.
Ces gens vont-ils nous refaire le coup de Chypres ?
On ne parle pas de l’abandon des Kurdes à leur triste sort et la guerre que la Turquie fomente et alimente en armes comme en hommes contre l’Arménie. Le génocide de 1915, décidément, ne les satisfait plus.
Pendant ce temps, Merkel digère son million de Turc avec son croissant du matin. Les populations d’Europe se Covidisent, en se fourrageant le nez à l’aide de coton tige.
Il n’y a que la France qui a compris qu’on va l’avoir profond, avec nos virus, notre Brexit et les frites qu’on ne sert plus après dix heures.
Merde ! Réveillez-vous.

26 octobre 2020
Capichetalisme…

C’est pas tout de le dire, mais le glouton a besoin de croissance, à la fois pour rentabiliser les capitaux et calmer le jeu social, en créant des emplois et en rémunérant le travail. Avoir toutes les commandes en main : politique et économie, on se demande si le capitalisme n’a pas vu trop gros ? Non, c’est tout le contraire répond en écho le chœur des pleureuses du MR.
On n’est pas sûr chez Bouchez, ni même chez Trump d’ailleurs, qu’on va inventer un type de croissance « économe », de meilleure qualité que le hamburger américain. La matière grise n’est pas leur fort. Dès qu’on sort des profits, ça ne les intéresse plus ! Ils sont absents, le regard vide, la lippe pendante !
Sortir du gaspillage, il faut de la fine technique, plus subtile qu’envoyer un Rover sur Mars. La trajectoire est plus incertaine. On voit d’ici Ducarme et Borsus, les spécialistes du genre, éviter une régression sociale insupportable, s’en aller pleurnicher à l’Europe quelques petites lichettes de millions d’euros.
Avec Covid, on est parti pour dérégler les prix. Avant Covid, on était proche de la culbute dans le commerce, la crise déjà…
Il reste quoi, come fine mécanique ? La régression sociale pardi ! Pour ça, ils ont tout appris par cœur, du moment qu’il n’y a plus que ça, ils redeviennent forts et compétents. Di Rupo se rappelle les beaux jours où il graissait son nœud pap des agapes ministérielles, lui premier ministre, toute l’Italie à l’applo, les bourgeois étonnés jusqu’à Anvers d’entendre un socialiste parler comme eux !
Alors la décroissance ?
Vous voulez rire ? Déjà qu’avec l’âge Mon-Mons a perdu trois centimètres.
Reste au grenier du Palais de Philippe tous les attirails de la mondialisation, les stands en carton d’explication, les grands livres des comptes, une Europe en papier-fort, une maquette d’avion gros porteur et un préservatif anti-covid à cinq doigts, sur une photo dédicacée de Delwit.
On est allé trop loin en organisant l’espace mondial en terrain de jeu économique au sein duquel les marchandises, le covid et les capitaux peuvent circuler librement. Le résultat est que l’amélioration va cahin-caha, gain d’emplois d’un côté et perte d’emplois de l’autre. Une seule normalisation générale, les salaires plongent, les avions polluent et les bourgeois jouent à la mondialisation, comme s’ils avaient un train électrique miniature dans leur salon !
Quand vous vous retrouvez sans emploi, à la veille d’être expulsé de votre chambre et que vous ne faites plus qu’un repas par jour, c’est ce moment que le grand Charles choisit pour vous expliquer depuis son grand bureau, les poils de la moquette lui montant jusqu’aux burnes, que globalement, on s’en sort, même que parfois, on est un petit peu gagnant.
Ce dont le Belge a besoin, lui parti, c’est une meilleure gouvernance en matière de mondialisation. Il nous a donné sa Sophie. Il a trouvé un Montois plus bourgeois que Mon-Mons, il a aussi donné, ne l’oublions jamais, son petit frère en sacrifice. Reste son grand tracas, dans le gouvernement De Croo, les socialistes seront-ils à la hauteur ? Le maillon faible, M’ame Karine Lalieux l’inquiète beaucoup, suivra-t-elle la voie de son grand prédécesseur Bacquelaine ? Pourra-t-elle faire oublier la pension à 1500 € ?

1avec4 (2).jpg

Limiter les coûts sociaux, c’est son grand tracas au grand Charles, comme à De Croo !
Quant aux firmes multinationales qui utilisent la mondialisation pour échapper à leurs obligations, Charles trouve avec von der Leyen que c’est « fin jouer » ! Il soigne déjà ses arrières et espère suivre les traces de Barroso : s’installer avec son carnet d’adresses dans un paradis fiscal, propriétaire de toutes les boîtes aux lettres « spéciales » du coin.
La finance ne se contente plus des produits sophistiqués pour siphonner l’épargne des uns afin de la « recycler » en financements au profit des autres. Elle a introduit un mécanisme spéculatif qui a transformé les institutions financières en casinos. Avec le Brexit, on ne sait jamais. Si Barnier avait fait le con avec son intransigeance ?
Les bonus indécents et les mouvements spéculatifs sont repartis à la hausse comme jamais, à la faveur du Covid. Dame, on ne parle plus que du virus.
L’éthique, le social et l’écologie ne sont pas des préoccupations. La nouveauté, c’est qu’il faut leur faire une petite place, les bourgeois veulent durer encore un peu.

25 octobre 2020
Fin de contrat ?

Vous avez remarqué, la bourgeoisie libérale ne s’adresse jamais autrement qu’en termes de croissance aux téléspectateurs des télévisions qu’elle contrôle. Ce serait la solution miracle pour éradiquer la pauvreté dans le monde !
Or, c’est l’inverse, car la bourgeoisie a besoin qu’il y ait des pauvres et qu’ils le restent pour alimenter la seule croissance qui l’intéresse, celle du profit. La pauvreté a ceci de productif qu’elle produit des résignés qui travaillent à bas salaires et des ambitieux qui alimentent par le bas la classe bourgeoise qu’ils régénèrent et perpétuent.
À lui seul, ce constat vaut condamnation du système.
Il s’agit de rompre avec la logique mise en œuvre dans les années 1980 sous l’impulsion initiale de Mrs Thatcher et de Ronald Reagan et que la pandémie créée par la Covid-19 pourrait interrompre, par l’incapacité démontrée du système d’y faire face.
Dans la conception des marchés, ce qu’acclame un Bouchez, l’omniscience et l’omnipotence de l’initiative privée, engendrent les maux les plus grands, alors qu’il prétend y mettre fin.
L’affaire des masques, la situation actuelle des hôpitaux suite aux concentrations et aux diminutions des lits et des emplois, la disparition d’Europe des productions pharmaceutiques et des matériels sanitaires, autant de preuves que ce canevas économique ne vaut rien, au point qu’il est aujourd’hui criminel. Cet exemple est celui qui parle le plus directement aux gens, mais il en existe des centaines d’autres dans tous les domaines.
Dans la conception libérale, la notion de justice sociale n’a pas de sens, car seuls les marchés sont en mesure de déterminer ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Il s’agit donc d’une vue pessimiste. Permettre aux hommes de modifier la distribution des profits en-dehors du cercle étroit des profiteurs est impensable pour ces gens avides, surtout si la motivation est altruiste !

1action101.jpg

L’argument final du MR consiste à dire que la solution socialiste est bien pire, tant il faudrait inventer des contrôles sur la sincérité des décideurs et la probité de la population, un système vertueux ne pouvant fonctionner que par des utilisateurs intègres.
Par delà le problème philosophique que pareil argument soulève, en réalité les libéraux font l’apologie du vol, de l’indélicatesse et de l’incivisme, puisqu’à priori l’altruisme et l’honnêteté ne serait pas des qualités libérales. Ils font le pari que leur voyoucratie est supérieure à toute autre forme d’organisation.
Pourtant, à ce libéralisme, s’opposerait un libéralisme utopique, de nature plus optimiste : les hommes sont capables de construire des institutions dans lesquelles les marchés jouent un rôle, mais ne prennent pas toute la place, de sorte que, sans perdre de leur efficacité, ils contribuent à la justice sociale, en trouvant des compromis acceptables de nature à viser le « plus grand bonheur du plus grand nombre ».
C’était, semble-t-il, l’excuse du PS pour abandonner la lutte des classes et la Charte de Quaregnon, soi-disant obsolète. Le constat d’échec de ce capitalisme à visage humain est terrible pour le PS. Il en paie les conséquences et sa descente aux enfers n’est pas terminée.
Aux tumultes néolibéraux et aux gesticulations de Georges-Louis Bouchez peut-on opposer au moins une réflexion sur de nouveaux compromis acceptables, sans passer pour des gauchistes islamo-compatibles, selon l’expression de la maffia libérale ?
Pour rendre nos sociétés moins dures et plus durables, à l’inverse du capitalisme « libertarien », il aurait fallu aller vers un capitalisme où les actionnaires et les détenteurs du capital n’auraient plus été les acteurs qui organisent le système en fonction de leurs seuls intérêts.
L’économie en 2020 est trop éloignée du raisonnable, pour encore l’oser envisager.
Purger le capitalisme de ses démons est une tâche désormais impossible.
La pandémie vient de nous le faire savoir. Envisager un autre, environnemental celui-là, à l’arrière-plan de la crise actuelle, est impensable.
Aujourd’hui le libéralisme met en danger la planète. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le retour aux « Trente Glorieuses » n’est pas envisageable.
Allons jusqu’au bout du raisonnement contradictoire et tirons-en les conséquences.