16 octobre 2019
L’Europe en liquidation.

L’Europe s’est, peu à peu, rendue insupportable pour les gens qui n’y font pas carrière.
Les vingt-sept pays adhérents n’y parlent pas d’une seule voix. Les plus puissants dictent leur loi aux autres. Et pour quel résultat ?
L’Europe puissance industrielle est un nain militaire qui ne peut même pas intimer l’ordre à Erdogan de cesser sa guerre de conquête en Syrie, sans faire rire dans le monde entier.
Mieux encore, de par les traités qu’elle a signés à l’OTAN, elle devrait aider le dictateur turc dans ses projets, puisque celui-ci plaide la légitime défense contre les Kurdes !
Depuis le 20 juillet 1974, la République de Chypre faisant partie de l’UE a été envahie par l’armée turque qui occupe la partie nord depuis, sans que jamais Bruxelles n’ait jamais pu faire entendre raison à la Turquie.
Le contentieux avec ce pays belliqueux s’alourdit. Erdogan ne menace-t-il pas d’ouvrir ses camps de refugiés syriens afin qu’ils demandent asile à l’Europe ? Et devant cet ukase, Bruxelles baisse la tête et regarde ailleurs.
C’est qu’il y a deux armées qui comptent à l’OTAN, celle des États-Unis et celle de la Turquie ; des autres, la France est le seul pays d’Europe à posséder une armée mais qui est loin de valoir en hommes et en matériel la puissante armée turque.
Le Brexit est un fiasco complet tant du point de vue britannique, que celui de l’UE. Personne, même parmi les spécialistes, n’est capable d’expliquer le plan européen dans ses grandes lignes. Michel Barnier semble s’être aventuré seul avec ses conseillers dans une bataille juridique que, même si un accord était trouvé avec Boris Johnson fin de semaine, il est préférable pour tous, afin que cela reste perceptible, à ne s’en tenir qu’au cas de la frontière entre l’Irlande, pays de l’UE et celle du Nord, relié à la Couronne britannique.
Il faut dire à la décharge de Barnier que le camp d’en face navigue aussi dans le flou artistique. Il n’est même pas dit que si un accord est enfin trouvé, qu’on ne sera pas sur le terrain dans l’impossibilité de l’appliquer.

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Le Brexit pouvait être une bonne chose pour l’UE. L’Angleterre n’a vraiment jamais adhéré à l’idée européenne et même maintenant, alors que tout le monde voit bien que les accords commerciaux mondiaux, avec des transports favorisant le meilleur prix, est une farce sinistre qui ne tient pas compte du coût réel d’un transport par avion. Des fraises du Pérou sur le marché bruxellois, pas plus que l’olive andalouse voyageant de même pour le Mexique, n’ont aucun avenir, dans un monde au bord d’une double crise, celle de l’économie et celle du climat. Alors que c’est sur les promesses bilatérales avec un Donald Trump aussi sûr qu’un crotale au pied d’un voyageur, que Boris Johnson s’est cru libéré d’un poids vexatoire et contraignant, alors qu’il s’apprête à en supporter un autre, plus contraignant encore.
De ce micmac profond, les députés européens se sentent écartés, comme le peuple que certains représentent vraiment. Tout n’est qu’un jeu entre les puissants mondiaux et les puissants locaux où seul finit par triompher le rapport des forces militaires en appui des objectifs économiques de leurs nationaux, les industriels.
C’est un coup dur pour les pacifistes. Le rameau d’olivier entre les dents n’a jamais effrayé personne. Et on sait très bien qui les foules auraient tendance à suivre en priorité, tandis que les gauches espèrent que le courant qui pousse vers la droite, finira bien un jour par s’inverser.
C’est ainsi que les pays majoritairement à droite veulent rouler des mécaniques, alors que justement l’Europe en est dépourvue.
Est-ce un bien, est-ce un mal ?
Socialement, il n’est pas mauvais d’être un nain militaire. En géopolitique, c’est le contraire, cela tourne à un chemin de croix.
Le nouveau gouvernement européen sera opérationnel dans un mois. Aucun membre de cette équipe dirigée par madame Von Leyen n’a été élu pour la fonction de commissaire, ils ont été désignés par les chefs d’État ou de gouvernement des vingt-sept. C’est-à-dire qu’ils sont commissionnés par leur gouvernement pour faire une politique particulière à l’État d’où ils proviennent.
Voilà qui promet très peu d’avancée sociale et encore moins un bon renom de l’Europe à travers le monde.

15 octobre 2019
3 h 10 pour Yuma.

Le Huffington-Post publie une vidéo parodique d’un habile montage montrant Donald Trump en train de poignarder ou tirer sur des personnages médiatiques et des opposants politiques. Cette publicité extrême a été présentée durant une conférence des partisans de Trump à Miami. Cette vidéo a fait l’objet d’un article du New York Times, de ce dimanche 13 octobre.
On savait la clientèle de Trump très proche et admirative d’un savoir faire agressif qui est la manière du président de répondre à des sujets qui le dépassent, comme le font tous les jours des voyous de rue. Mais on ignorait que cette brutalité fut cautionnée par le comité pour sa réélection. Maintenant, on a compris. L’État le plus puissant du monde est administré par un voyou, soutenu par d’autres voyous, des connaisseurs !
Pire, ce voyou est encensé par une presque moitié des électeurs américains !
Voilà qui jette une ombre sur ce que l’on croyait du pouvoir majoritaire des églises méthodistes poussant les instances dirigeantes à une rigueur moralisatrice.
Ainsi, ce grand pays sur lequel délire d’admiration béate quasiment l’ensemble des partis de pouvoir belges est, en réalité, un agrégat des poncifs qui abondent dans les westerns : une violence justifiée par le sentiment de propriété contre tout qui est à portée du colt quand le vis-à-vis n’est pas reconnu blanc de « souche ! », mais voisin pauvre ou inconnu de couleur, assisté de l’État social et respectueux suspect du climat et de la planète.
Trump explique en partie aussi l’embarras du MR, quand Ducarme ou Bouchez agite le drapeau américain au nom de la liberté et du bel exemple d’un pays qui ne compte que 5 % de chômeurs.
Cette vidéo s’intitule « American Priority », montage d’un massacre dans “l’église des fake news”.

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Donald Trump repousse des fidèles et s’attaque au défunt sénateur John McCain, au sénateur Bernie Sanders ―l’un de ses rivaux démocrates pour la prochaine présidentielle― ou au sénateur républicain Mitt Romney ainsi qu’à l’ancien président Barack Obama.
“American Priority” donne le ton dans lequel on verra la campagne des Républicains selon l’organisateur de l’événement. Celui-ci est venu tout fiérot projeter la chose la semaine dernière dans le club de golf de Donald Trump à Miami. Le clip a aussi été montré dans le cadre d’une “exposition sur les mèmes (1) internet. Le New York Times précise que plusieurs proches de Trump - dont son fils, son ancienne porte-parole Sarah Huckabee Sanders et le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis - devaient prendre la parole lors de cette conférence de trois jours, organisée par un groupe pro-Trump au Trump National Doral Miami.
Ce n’est pas la première fois que les partisans du président se lâchent en faisant la promotion de la violence contre les médias, dans une vidéo qui amuse les bas-fonds des cuisines électorales du New-Yorkais devenu président.
La chaîne de télévision CNN a estimé que Trump, la Maison Blanche et son équipe de campagne devaient dénoncer ce clip faute de quoi cela pourrait ”être considéré comme un soutien tacite à la violence”. L’association des correspondants à la Maison Blanche a également appelé le président américain à dénoncer ce mème (1).
Le président Trump est resté muet jusqu’à présent sur le sujet, lui qui est d’habitude si prolixe sur Twitter.
Si c’est le cas, si Trump avalise cette publicité ou pire en a décidé la parution, il fait quand même un pas de plus vers une dérive de la démocratie américaine où c’est la première fois qu’un homme d’affaire prenant le pouvoir confonde l’État avec un conseil d’administration !
Et si l’Amérique c’était ça, après tout ?
Si ce grand État était devant le gouffre béant d’une économie folle à lier, et qu’il persisterait dans sa course à la croissance, dont on voir bien que l’issue est la mort !
Quand on est allé aussi loin dans ce type d’économie libérale, il est quasiment impossible de revenir en arrière sans se détruire soi-même et donner des armes à des gens qui ont une vision différente qu’on a toujours combattue.
Alors, oui, sans rétro pédalage, le président Trump est le voyou qu’il faut à cette Amérique-là.
Trump encourage régulièrement la foule à huer des journalistes venus sur place, les désignant ennemis du peuple. Le tout est de savoir si le peuple, c’est celui des électeurs de Trump ou s’il est seulement l’ivraie du bon grain ? Enfin que l’autre, le « bon » vire ce voyou qui fait honte à la Nation !
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1. Mème : de l’anglais « meme », élément culturel, imitation du comportement d’un individu par d’autres individus.

14 octobre 2019
Messe eucharistique MR sur RTL !

Ce dimanche, crédo de quelques scripturaires d’Alexis de Tocqueville qui tentent leur chance à l’élection de la présidence du MR. Pas de programme, pas de perspective à la montre des idolâtres de la farfouille libérale, ils étaient cinq à pérorer ce dimanche face à un Deborsu ricanant.
C’est terrible de n’avoir rien à dire et de le dire quand même !
Certes, la fin du monde n’est pas pour demain. Pourtant, ces accélérateurs du processus de la fin de l’espèce, nous donnaient des raisons d’avoir peur, en les découvrant le verbe haut et la mine assurée, dans le stupide entêtement de ce qu’ils sont, sans moyen d’en sortir.
Ces gens quelconques ouverts à ce qu’il ne faudrait pas faire et qui le font avec la conviction que c’est la bonne direction, annoncent un chaos prochain par leur seule présence. Puisqu’ils n’ont pas idée de ce qui les attend, de ce qui nous attend, ils vont à l’abattoir l’âme sereine !
La dévotion est le propre des commerçants imbéciles qui vendent leurs saloperies comme des nectars et qui se vantent de s’empoisonner eux-mêmes en consommant leurs produits.
Cet amour du système reste le bon moyen de capter les envies, souvent au détriment de la réflexion, dans le bal des débiles qu’ouvre le couple Bouchez-Defraigne, lui toutes dents dehors, elle maquillée comme pour lever la jambe dans un french-cancan.
Avec eux nous n’aurons pas de réponse sur la démographie, avec tout ce qu’elle a de révélateur pour comprendre le passé, mais aussi pour prévoir l’avenir.
On voit d’ici leur château de cartes soufflé par dix milliards de bouches à nourrir d’ici la fin du siècle, selon une autre prévision que la leur, foutrement plus réaliste et quasiment certaine, balayant l’homme libéral, super-prédateur, qui croyait imposer sa doctrine à tous les vivants de la planète.
Tous ceux qui naissent aujourd’hui atteindront cette fin de siècle, enfin si les circonstances le leur permettent. De ce nombre, ceux qui, à la veille d’être engloutis par la marée humaine, auront voté une dernière fois, pour le petit fils de l’actuel Ducarme, seront à jamais figés dans l’histoire, comme les derniers vestiges de ce qu’on pourrait appeler les résidus de la connerie militante libérale. On voyait dimanche Denis Ducarme, si confiant dans la nature exceptionnelle des marchés mondiaux que son visage se rétrécissait autour de deux petits yeux de naja, par conviction. L’évidence absolue réduisait aussi son cerveau, comme s’il était tombé dans la marmite des Jivaros.

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Les Écolos l’ont oublié avec les MR, mais le facteur principal qui commande à tout le reste, c’est la démographie. Bien avant l’art d’écouler la marchandise de masse en salopant tout l’environnement, c’est la prolifération de l’humain qui multiplie de façon exponentielle le besoin d’accaparement et donc de saccage et de destruction de tout ce qui nous entoure.
Mettez les dix sagouins de l’émission, seuls ou à peu près sur un continent comme l’Europe, ils auront beau satisfaire leur instinct, piller, saloper, et même copuler sec et faire des petits MR en pagaille, ils ne parviendraient pas à augmenter d’un demi-millième de degré la température ambiante, ni atteindre à la déforestation, encore moins aux grandes tueries à la Buffalo Bill des grands mammifères paisibles, même si Deborsu les équipait chacun d’une mitrailleuse lourde.
À 500 millions en Europe, c’est autre chose… le milliard on n’ose pas y penser.
La première grande multiplication eut lieu au Proche-Orient il y a dix mille ans, suite à l’invention de l’agriculture et de l’élevage. Entre le paléolithique supérieur (XIe millénaire av. J.-C.) et la fin du néolithique (IIe millénaire av. J.-C.), la population de l’Europe a été multipliée par cent ! L’augmentation de la population fut la cause et l’effet de la mutation du système économique, à la fin de la période glaciaire.
Qu’est-ce qu’on me chante de la liberté d’entreprendre n’importe quoi, à condition que la jobardise soit générale pour l’écoulement des stocks.
Vous avez vu comment cela se passe dans une cellule individuelle dans laquelle les prisonniers vivent à cinq ou six ?
Le système libéral pourrait gagner dix, voire vingt ans de plus, par une politique largement ouverte à l’accueil des immigrés, vite scolarisés, embobinés, requinqués en militaires farouches défenseurs de l’Europe à la poussée de leurs congénères malchanceux.
Ils font le contraire. Les MR veulent tout, même devant le péril de tout perdre.
Les Terriens sont passés de 1 milliard en 1800 à 7,7 milliards début 2019. Et ce n’est qu’un début. À cette allure, nous atteindront peut-être les 20 milliards au lieu des dix extrapolés.
Faire encore de l’Adam Smith ou du Galbraith à Stieglitz, avec ce qui nous pend sous le nez, relève de la réflexion de Jean-Baptiste Say dans son cours pratique d’économie « Lorsque les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne, la terre ne produit que des bruyères et des forêts. »
Grand dieu… si c’était vrai !

13 octobre 2019
Le pouvoir et le PTB.

La perte de sens dans les trémoussements de la politique libérale au sein du MR est sensible également dans les autres partis, y compris écolo, en dehors du PTB qui est un parti à part. Les autres mélangent les couleurs et affaiblissent le clivage gauche-droite, laissant en marge le PTB défendre les ouvriers et les employés les plus modestes, avec ou sans diplôme, les chômeurs et les « inadaptés », dans un clivage social opposant la catégorie la moins pourvue contre toutes les autres.
Les trois quarts des électeurs constatent que le clivage gauche-droite est en train de disparaître, ce qui conduit à la ressemblance des partis de pouvoir. Leur différence n’existe plus que dans quelques détails sans importance.
On sait que le PS finira par former un gouvernement avec la N-VA et qu’à la législature suivante ce sera avec le Vlaams Belang, si l’électorat en Flandre poursuit sa droitisation.
Cela signifie que si le système économique est en train de perdre la partie dans sa structure libérale actuelle ; il est en train de la gagner dans la gestion des États.
Sous la domination de l’économie libérale, les partis réagissent à l’identique. Le choix est trop réduit dans les marchés libres, pour qu’il en soit autrement.
Comment faut-il interpréter la répulsion-attirance entre Bart De Wever et Paul Magnette ?
Sinon, comme le nouveau clivage progressistes-nationalistes, qui n’a plus rien à voir avec le clivage gauche-droite, puisque la défense de la population la plus vulnérable est dévolue au seul PTB, qu’on exclut expressément pour cela de toute responsabilité !
En effet, le PS s’est détaché des gens les plus fragiles. Il ne s’adresse qu’aux anciennes classes moyennes déchues et aux diplômés dans des salaires de 15 à 20 % au-dessus du salaire de base.

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La situation est nouvelle et assez curieuse. Les enjeux retenus ne concernent plus ceux qui en ont besoin, mais des groupes rangés dans des cases contigües : le corporatisme, le clientélisme, le nationalisme, le mondialisme libéral, sans oublier l’écologie avec ses subdivisions, du végétarisme au conceptualisme du respect intégral de la nature.
Les distances entre ces groupes varient d'un enjeu à l'autre, déterminant des sous classifications. La multiplicité empêche qu'un clivage puisse s'imposer, de sorte que toute politique après avoir fait le tour des possibilités revient à la case départ qui suppose que l’ordre libéral ne peut être transgressé.
L’équilibre finalement se fait toujours par la négation de la catégorie la plus pauvre et donc celle qui aurait le plus besoin qu’on s’intéresse à elle.
La lutte contre le terrorisme fait tendance et crée des alliances, souvent subjectives entre les partis, sur des restrictions de libertés individuelles, donnant le sentiment de ne plus être chez soi comme avant. Ce sont les populations les plus pauvres qui sont au contact des réalités au quotidien et donc les premières intéressées à ce que la lutte contre le terrorisme ne passe pas par l’amalgame entre terrorisme et populations pauvres et/ou émigrées, autrement dit contre souvent un voisin de palier, citoyen irréprochable et intégré que le pouvoir confond facilement avec un dangereux salafiste, pour des suspicions « au faciès » ou à des approximations d’infortune/fortune.
Cette chasse aux terroristes escamote un rééquilibrage social qui consisterait à prendre aux riches pour donner aux pauvres, afin de réduire les inégalités. Par contre les instances dirigeantes n’oublient pas de se servir au mieux, sans oublier l’actionnariat qui donne plus de flexibilité au marché du travail.
L’attitude des partis de pouvoir à l'égard de la mondialisation est identique, de l’ancienne gauche à la droite nationaliste et flamingante, tous la perçoivent comme une opportunité. De même, tous sont favorables au libre-échange et à l'idée que la société va vers plus de progrès.
La mondialisation n’est pas perçue comme un danger. Ce qui hérisse davantage les populations non-défendues par les partis de pouvoir et renforce l’idée de ceux-ci qu’un dialogue avec le PTB est impossible.
La véritable fracture sociale et politique est donc bien entre le peuple non-représenté par les partis traditionnels et les autres catégories sociales, surreprésentées.
La preuve matérielle réside dans l’écart grandissant du salaire minimum et la rémunération des cadres, des probabilités issues des phénomènes de plusieurs événements aléatoires, dans les graphiques de quelques économistes.