14 août 2020
Clap de fin de la Belgique.

Nos flèches ministrables sont particulièrement douées pour ne plus jamais gouverner ensemble ! Quand les unes s’assemblent sur l’injonction du roi, aussitôt les autres s’abandonnent à leur penchant naturel d’y voir la pire des solutions.
Le petit jeu dure depuis 2019, mais il est bien plus ancien. Il date de la formation du gouvernement de Charles Michel, lorsque pour les besoins de la cause, le MR a convaincu les autres partis de désolidariser la N-VA, du Vlaams Belang pour en faire un parti sympa et démocrate, ce qu’il n’a jamais été, histoire de prolonger la Belgique de papa.
Nos flèches n’ont pas vu que la N-VA ne s’est pas transformée en un parti libéral-royaliste « jouant le jeu » comme le voyait Michel.
On aura beau condamner « après coup » le gouvernement Michel, alors qu’on le savait, dès que les libéraux montèrent le coup ; peut-on reprocher à la N-VA d’être ce qu’elle est ?
C’est bien le MR sous l’impulsion de Charles Michel qui a plongé le pays dans cette situation. Evidemment, Bouchez dit le contraire et malgré le dégoût affiché de Bart De Wever des libéraux, le président du MR se recroqueville sur sa position en s’attachant au mât avec l’Open Vld, partenaire à la vie à la mort, dans la nostalgie du passé.
Manifestement, la N-VA entend poursuivre la dislocation de l’État en trois chapelles confédérées. Magnette s’y est résigné dans le besoin de caser les chefs des PS locaux à des emplois ministériels. La plus forte section du PS, la Fédération liégeoise, n’est plus rien dans le parti, celui-ci s’étant recentré sur Mons-Borinage. Il faut des ministres pour calmer le jeu.
En attendant, c’est le MR qui a plongé le pays dans l’inextricable situation. Et qui le dirige ? Une libérale : Wilmès avec les pires qui soient depuis le départ du Bien-aimé pour l’UE.
Nous vivons dans une bulle, un gouvernement confiné dans les limites d’un mandat d’attente, ne l’empêche pas, tout à fait illégalement, de garder une posture résolument néolibérale en adéquation avec l’Europe et Charles européanisé.
La crise n’attend pas que nous sortions de nos dissensions.

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En Espagne, le PIB fin juin était à 22,1% en dessous de l’année dernière, de 19% en France, de 17,3% en Italie, etc. Le toboggan est possible jusqu’en 2022.
Les statistiques de l'emploi portent les stigmates de la récession. La France a perdu plus de 497.000 emplois au premier trimestre, plus 119.000 au deuxième trimestre. Que dit Wilmès de la situation belge « Il est hors de question de voir l'activité retrouver rapidement son niveau antérieur. » Si vous avez la moindre connaissance des vrais chiffres des emplois perdus et des faillites, vous feriez un scoop en les publiant, c’est top secret !
En un sens, être un gouvernement sans l’être offre l’avantage de se taire sans avoir besoin de s’expliquer du silence prolongé.
Aux États-Unis, en avril, il y avait 14,7% de chômeurs. Des doutes s’expriment sur la capacité du pays à renouer avec la croissance et le plein-emploi. Le dollar est à son plus bas niveau depuis deux ans.
Il est encore trop tôt pour déterminer quels seront les gagnants et les perdants de la crise, mais à coup sûr, la Belgique ne sera pas dans le camp des gagnants. .
L’urgence démocratique serait, tous partis confondus, de faire une concertation nationale sur l’économie néolibérale. L’Europe partie, intégrante du problème, serait concernée, puisque sa politique est purement libérale et que son action au niveau social est inexistant.
Evidemment, cela ne sera pas. On va plutôt vers la poursuite du système tel qu’il est. Côté constitutionnel, ça sent la dissolution de l’État belge.
Est-ce cela que la majorité du pays souhaite ? Est-ce que cela a de l’importance, puisque les minorités libérales agissantes n’ont cessé d’imprimer leur politique au pays. Au Nord, les minorités flamingantes arrivent à leur fin. Nous vivons les dernières années d’un État fédéral. Bientôt, nous serons des confédérés, dernière étape avant l’autonomie complète des Régions.
Le seul hic serait qu’en confédération, la Ville de Bruxelles perde ses derniers liens avec la Wallonie et la francophonie. La Fédération Wallonie-Bruxelles n’aurait plus aucune légitimité dans un système confédéral. L’étape suivante serait l’absorption de Bruxelles par la Flandre, puisqu’elle en a déjà fait sa capitale. Viendrait ensuite le processus des facilités aux francophones dont on sait le caractère transitoire et aléatoire.

13 août 2020
Solde, démarque des masques !

La semaine dernière, je me suis promis de ne plus rien écrire sur les masques, les porter ou pas, les directives de Wilmès, les conneries de Clarinval, stop. Trop c’est trop… Voilà six jours que je suis au calme, malgré les bruits et les fureurs à propos de l’efficacité ou pas d’être masqué.
Ce n’est pas au point d’exclure toute réflexion. Il m’arrive parfois de mettre un commentaire sur un mur. Ce serait plutôt sur les dégâts collatéraux qu’il faudrait porter l’attention.
La maladresse du gouvernement est stupéfiante ! On n’avait pas besoin de ça pour tomber dans la paranoïa, mais avec Wilmès, De Block et Clarinval, voilà le petit plus qui pousserait au suicide. À ce propos, on n’en parle pas, mais il doit y avoir un beau paquet de dépressifs nouveaux et anciens qui mettent fin à leurs jours. Mettra-t-on un jour ces malheureux au compte du Covid-19 ?
On a également pris connaissance des types de quidams nerveux qui n’attendaient qu’un prétexte pour aller à la baston. Alors que la plupart vivaient en se fichant éperdument des libertés, que les atteintes ne les estomaquaient d’aucune manière, les voilà sortant délibérément sans masque dans des endroits où il est obligatoire d’en porter, tabassant des chauffeurs de bus, s’en prenant à des masqués qui ont le grand tort de leur faire remarquer qu’ils mettent en danger la santé des autres.
Je fais le pari qu’une fois la pandémie retombée, ces illuminés oublieront tout aussi vite la défense de leur liberté et tout le tralala qu’ils auront fait autour de la démocratie.
Cette affaire des masque aura quand même vu tomber une catégorie de citoyens plus fort en gueule qu’en exemple : ce sont les experts scientifiques, les chefs de laboratoires universitaires et toute une intelligentsia qu’avant on croyait avoir réponse à tout, alors que le public s’aperçoit qu’ils n’ont réponse que pour des choses que ma grand’mère aurait bien pu trouver toute seule. Voilà toute une série de croyance en leur supériorité sur la plèbe, qu’il va falloir revoir. Ça tombe mal, au moment où Poutine sort Spoutnik, le vaccin qui fait mal aux autres laboratoires qui se voyaient déjà milliardaires. Peut-être que l’OMSS va rattraper le coup en le mettant à rien, prématuré, bâclé, outil de propagande, comme si les autres étaient des enfants de chœur ! Si ce sont les mêmes jaloux qui ont coulé Raoult de Marseilles, Poutine n’en a pas fini avec la meute.

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On se demande si les furieux qui agressent les masqués ne sont pas aussi devenus des incroyants complets sur le système économique, les experts et le gouvernement, tout le paquet, et même pour les hôpitaux. La semaine dernière on a dû en sortir un des urgences qui faisait du tapage pour des raisons obscures, le port du masque n’y était pas étranger.
Quand même, on a trouvé des gens heureux du Covid-19, du CHD au PS, des Écolos au MR, on les voit mettre la catastrophe économique sur le compte du confinement.
Le manque à gagner des entreprises, c’est comme une injure personnelle faite à Gorges-Louis Bouchez ! Il y a gros à parier que le patron socialiste de la FGTB, Bodson, lui donnera raison. De Wever-Magnette préparent un important chapitre sur les aides aux entreprises, « qui ont tellement souffert ».
Ce sont, finalement tous ces à-côtés déclenchés par le coronavirus qui me font le plus râler. Si on se prend déjà les pieds dans cette bête affaire des masques, il est à redouter que les libéraux finiront par s’en tirer sur la question du système économique pourri qui nous pousse dans le trou bien plus vite que Covid-19.
À moins que… l’Europe, les partis bidons, tous de droite, la démocratie en loques, les extravagances d’une politique qui met par terre 90 % de la population pour ravir les 10 restant, tout cela finit par se savoir et cela fait jaser.

12 août 2020
Une distraction coupable.

Pourquoi en est-on arrivé à cet asservissement où l’organisation de la société se fait en-dehors du principal intéressé, le peuple ?
Celui-ci est majoritaire et devrait d’une seule voix réclamer que ceux qu’il élit épousassent la cause du plus grand nombre !
Or, rien de pareil. Les élections poussent en avant des professionnels à la majorité relative qui s’empressent d’opter pour le sens où va l’Europe, une politique de complaisance à l’égard d’un système économique qui court à sa perte, sans une once de social.
Le peuple serait-il inconséquent ?
Se serait-il fait prendre à l’apparente justice des urnes, qui n’est qu’un sac de nœuds qui n’aboutit qu’à faire le contraire de la majorité au nom d’une autre majorité, relative, celle-là.
La littérature nous fait part d’un doute au sujet du peuple. L’inconséquence serait le propre de tous les caractères faibles qui ne résistent à rien, accordent tout, en rougissent intérieurement, et ne se déclarent qu'à la dernière extrémité
Vauvenargues va encore plus loin et pose la question de l’intelligence des peuples « Quelle est quelquefois la faiblesse et l’inconséquence des hommes ! Nous nous étonnons de la grossièreté de nos pères, qui règne cependant encore dans le peuple, la plus nombreuse partie de la nation ; et nous méprisons en même temps les belles-lettres et la culture de l’esprit, le seul avantage qui nous distingue du peuple et de nos ancêtres. »
Avec Emmanuel Todd, je pense évidemment le contraire. Le peuple est par la force du holisme, l’ordinateur naturel de ce que par quoi l’Homme touche au génie.
Alors pourquoi ces personnages de pouvoir, émoulus de l’ENA, de polytechnique et des facultés de droit disent-ils la messe avec le peuple à genoux, eux, ces imbéciles instruits ?
Parce que le peuple ne parle pas d’une seule voix. Et quand cela le serait, c’est pour batailler sur un thème suggéré par ses peurs ou venu d’en haut par l’incompétence naturelle de ses mandataires, tel ce débat à n’en plus finir sur les masques, d’autant plus vif qu’il est à la fois issu des peurs du peuple et de la bêtise du gouvernement.
La doxa des dirigeants des 27 pays engagés à l’Europe est encore plus significative puisqu’elle passe à côté des courants qui se sont engagé dans le combat contre l’austérité et l’euro, sans que le peuple y prenne part.
Il s’est répandu qu’une sorte de mutualité de prêts entre les États allait faire pleuvoir des milliards, mais ce n’est pas destiné à une amélioration de nos conditions de vie !
La première des inconséquences est de considérer l’Euro comme une simple monnaie, et donc de n’aborder la question que sous l’angle économique. C’est s’aveugler que de ne pas voir que les implications de l’Euro vont bien au-delà.
L’Euro est un projet politique. Il s’agit de passer au Fédéralisme (en Belgique on connaît) sans jamais demander une validation démocratique dont ces mêmes promoteurs savaient qu’elle serait refusée. Le peuple est trop occupé à se masquer pour réagir. Son inconséquence est flagrante. On est presque tenté de donner raison à Vauvenargues !
La nature antidémocratique du projet de l’Europe est inscrite dans ses origines. Il ne s’agit pas de se déclarer pour ou contre l’Europe, mais de savoir qu’aucune des règles démocratiques n’y est appliquée.

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La conséquence de cette fédéralisation feutrée est le démantèlement de l’ensemble des institutions sociales, qu’il s’agisse des différentes mesures prises depuis 1945 ou du Code du travail. L’Europe est donc à l’origine de la grande régression qui est en train de se produire sur le terrain social, dans un cadre qui vide la démocratie de son contenu, et progressivement de son sens.
On entre dans l’ère des experts, dont Attali et Giulani sont les têtes d’affiches, des irresponsables qui prennent une place de plus en plus grande du pouvoir. Ce principe de gouvernement constitue la plus formidable subversion de la démocratie auquel on ait assistée depuis 1945. Cette Europe est par les règles consubstantielles le « néo-libéralisme » à l’état pur, une manifestation de ce que Michel Foucault appelait la « biopolitique », c’est à dire la disparition de la politique derrière des principes pseudo-naturels.
L’inconséquence des gens à ne pas voir l’Europe telle qu’elle est, fait peur. Les partis qui tentent de rassembler à gauche, font croire à la vérité immanente des peuples.
Non, le peuple n’a pas toujours raison, il y a des événements majeurs qui passent. Les gouvernements disent qu’ils sont sans conséquence, le peuple abusé ne les voit pas !

11 août 2020
Accélération de l’Histoire…

En ayant l’œil braqué sur la France, on peut prévoir ce qui va se passer politiquement en Belgique, un ou deux ans plus tard. C’est classique, les Français nous précèdent dans les embrouilles politiques. La République en Marche de Macron a perdu presque tous ses adhérents ! Déjà les Gilets Jaunes avaient avalé la moitié de la liste, le Covid a fait le reste. De 418.000 inscrits en 2017, ils ne sont plus que 20.000 aujourd’hui !
Parmi les joyeusetés d’une démocratie qui se ramasse au bas de l’escalier, la majorité LREM en a encore pour deux ans à ne plus représenter personne, mais à appuyer Macron dans ses projets, quasiment tous abandonnés heureusement !
Ça promet.
Les gazettes font ce qu’elles peuvent pour masquer la réalité aux lecteurs. Il fallait bien pourtant donner les résultats du second tour des municipales. Une ville comme Paris qui a voté massivement Macron à l’élection pour la présidence de la république et où la candidate de la majorité, Agnès Buzyn n’est même pas conseillère municipale, ni Barbier, ni Jeudy ni la Fressoz, du Monde, n’ont pu noyer dans le remplissage du rien qu’ils savent admirablement faire, la paire de claque qui a dû faire mal à l’Élysée. C’était le mois dernier ! On a l’impression que c’était il y a cent ans !
La mécanique s’est enrayée. On n’y croit plus.
Macron en est entièrement responsable. C’est lui qui a tout fait foirer, nommé des gens douteux comme Castaner, entrepris la gestion du Covid avec une Agnès Buzyn pas à la hauteur de l’événement, joué avec sa chance en soutenant l’équivoque Benalla et enfin remercié Edouard Philippe, parce que le premier ministre lui faisait de l’ombre.
Les milieux politiques prennent conscience que Macron passera à l’Élysée comme un météore qu’on ne le reverra plus, que dans les réunions d’anciens présidents. .
Comme les commerces peu achalandés qui croient qu’en changeant de local ça va repartir, LREM a tenu sa première réunion dans des nouveaux locaux du VIIIme arrondissement.
Jean Castex a essuyé les plâtres. «Sa présence au premier bureau exécutif de LREM depuis sa nomination est un signal fort pour notre mouvement», s’est réjoui Stanislas Guerini, délégué général du parti, mais en instance de départ.
En fait de signal fort, les participants avaient l’air de ne plus y croire. La plupart étaient là pour les petits fours. Castex, a blanchi tout de suite sous le harnais. C’était quand le départ de l’autre, parti se refaire des forces au Havre ?
On entendait des sortes de grognements dans les groupes. «On ne peut pas continuer comme ça jusqu’en 2022, il nous faut du changement», confiait un cadre à 20 Minutes, résumant le pessimisme général. Ce n’est pas encore la panique. Ils en ont encore pour deux ans, mais l’inquiétude monte. Et le nouveau chef du parti, c’est pour quand ?
Et quand ça ne va pas, que fait-on ? On remanie. Stanislas Guerini est dans le viseur.
Alors que Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, a déjà annoncé qu’il quittait son poste dès septembre, Stanislas Guerini pourrait lui aussi laisser sa place. «Il a démontré son incapacité à nous faire parvenir au succès, on ne peut quand même pas se satisfaire d’avoir obtenu que quelques conseillers municipaux!», a déploré un député LREM (Reportage 20 Minutes). Macron essaie de redorer son image au Liban. Les bains de foule en France, il ne faut plus compter dessus.

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Quand un parti bat de l’aile, on prend des décisions que l’on croit salutaire et qui font pire. Un nom revient régulièrement pour la présidence du parti : celui de Christophe Castaner. Marcheur historique, l’ancien ministre de l’Intérieur reste populaire au sein des cadres. Ils ne voient pas la détestation profonde des Français pour ce type qui a géré la crise des Gilets Jaunes en envoyant des dizaines de citoyens à l’hôpital et des centaines en prison.
Mais, c’est ainsi, quand on commence à perdre, on ne voit plus clair. La preuve ce que les cadres disent de l’ex ministre de l’intérieur : «Il faut quelqu’un de puissant, avec une large notoriété et du charisme. Je verrais bien Casta reprendre le parti, qui sera fondamental pour la préparation de la présidentielle».
On n’en est pas encore à compter les défections au PS en Belgique. Depuis, qu’il y a des mariages possibles avec la N-VA, on sent comme une odeur de roussi dans les démarches actuelles et une perte cruelle d’électeurs possible aux prochaines urnes.