11 décembre 2017
Trumpette de la renommée.

On ne sait quelle mouche a piqué Trump dans son amour pour le judaïsme au point de franchir le pas en désignant Jérusalem comme lieu futur de l’ambassade américaine.
Outre sa fille Ivanka, convertie au judaïsme, pour l’amour de son mari, Jared Kushner et gendre du président, des personnalités proches de Trump: David Friedman, Jason Greenblatt, Steven Mnuchin, Stephen Miller, Gary Cohn, Boris Epshteyn David Shulkin, Reed Cordish, sont de confession juive.
Quant à prétendre que ce sont eux qui ont fait tomber le président sous le charme de Benjamin Netanyahu, je n’y crois pas tellement.
Ce type est bien trop concentré sur lui-même pour décliner un penchant pour quelqu’un.
Donald Trump a libéré en quelques mois la parole de toute une catégorie de gens gravitant autour des mouvances extrémistes américaines. La communauté juive lui reproche d'avoir encouragé par ses discours à l'émergence d'un climat de recrudescence des actes antisémites.
Un discours prononcé le 23 avril, puis un voyage en Israël, rassurant la communauté juive a montré ce dont Trump était capable, comme avancer une chose et dire son contraire le lendemain.
En s’affichant devant le mur des lamentations Trump a montré de quel côté il était dans le conflit israélo-palestinien, alors que jusque là les présidents s’étaient bien gardés de s’y faire voir.
On oublie que Trump avait soutenu cette reconnaissance dans le respect des décisions prises avant son élection. Peu au courant du droit international, il ne se préoccupe que de ce qu’il a promis aux électeurs.
Est-ce le fait de pratiquer cette politique qui renforce son image d’homme fort chez ses supporters et d’immature dangereux chez ses adversaires, qui modifie son image à l’extérieur des USA ?
Elle y est tellement mauvaise, qu’on se demande s’il est possible qu’une autre initiative puisse la détériorer davantage, sinon une guerre nucléaire avec Kim Jong-Un.
Il souhaite la paix et dit qu'il œuvrera pour cela sans relâche, alors qu'il s'est disqualifié du rôle de modérateur devant l’entièreté du monde arabe et suscité la réprobation d’une grande partie des pays d’Europe.

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Voilà une bien mauvaise méthode que celle de déclarer vouloir la paix en même temps de créditer Israël d’une attitude positive des USA et de mépris pour le monde arabe.
C’est à la cote au plus bas du président que l’on voit l’électeur américain désapprouvé les procédés politiques sans nuance de celui-ci, même si son électorat applaudit.
Si cette méthode de ne rien faire comme ses prédécesseurs pouvait le conduire enfin à faire bouger les lignes dans ses rapports avec le reste de la planète sur des questions d’environnement !
Mais, autant Trump n’est pas un président qui réfléchit, autant il croit en sa bonne étoile et son impulsivité qui le conduisent toujours, croit-il, du bon côté.
Le XXme siècle n’a apporté aucune amélioration à l’éthique du capitalisme. La révolution industrielle enrichit les banquiers et condamne les travailleurs à la misère.
Ce n’est pas de ce côté-là que Trump va porter les regards. Il ne lui reste plus qu’à s’attaquer à la mince couverture sociale qu’Obama avait tentée de jeter sur les épaules des plus fragiles.
La prochaine offensive de Trump est plutôt là. Il reste sur l’échec de la couverture sociale pour les plus pauvres des citoyens, au sénat ; alors qu’il est en passe de gagner sur la construction d’un mur à la frontière mexicaine et qu’il a renoncé aux accords de Paris sur l’écologie.
À moins d’être rattrapé par l’affaire russe, il n’a pas fini de faire souffrir tout le monde à la Maison Blanche et à l’étranger.

10 décembre 2017
Quel con, ce type !...

Si quatorze personnes ont été intoxiquées à Anvers avec le CO2, davantage l’ont été avec le discours et les interviews de notre nouveau pourfendeur de moulins gauchistes, Pierre-Yves Jeholet (MR), ministre wallon de l’Emploi et de l’Économie.
Il faut signaler aussi que, ces temps derniers, le journal La Meuse jette ce qu’il lui reste de journalistes dans la bataille pour ajouter à la gloire de l’homme. On ne dira jamais assez le pouvoir sournois de ceux qui font semblant de rester en-dehors de la mêlée, pour mieux placer les croques-en-jambe à la gauche exécrée.
Ces carnassiers mutés en herbivores, pour mieux dévorer l’agneau, adoreraient que la borsufication de la région wallonne parachève sa métamorphose en régnant sans l’appoint misérable, mais nécessaire, des apostats du socialisme que sont les gens du CDH.
Bouffer le PS fortement remis en cause avec son congrès qui n’est qu’une monstrueuse exposition des choses devenues impossibles, voilà le programme du journal La Meuse, pardon du MR.
Aussi, faut-il s’attendre à une offensive non-stop sur tout ce qui bouge à gauche, syndicat, PTB, Écolo et PS changés en affreux gauchistes, nouveaux moujiks ivres de vodka, rêvant de violer la paroissienne fidèle à la Belgique libérale.
À la dernière interview, Pierre-Yves, plus remonté que jamais contre les grévistes du TEC, ajuste son tir contre la FGTB. La Meuse, aux anges, préambule la chose en multipliant les éloges du nouveau ténor à la voix « détonante et sans langue de bois ». Pour des gens qui mettent toute leur ardeur à fourrer leur nez dans les pires fentes de nos élites souillées de la merde de cinquante années de libéralisme, on peut croire qu’on a affaire à des connaisseurs.
Donc, le ministre wallon de l’Emploi et de l’Économie fustige le comportement de la FGTB, comme il ne l’a jamais fustigé. Mais il est bon prince, malgré tout le ressentiment qu’il a à l’encontre des chauffeurs du TEC, il les met en garde de la tentation de porter le PTB au pouvoir, des fois qu’il viendrait l’idée à la fiente, de s’allier à l’étron, faisant malgré tout un front majoritaire opposé à l’apostolat enthousiaste de Jeholet.

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Malgré tout le baratin de la bourgeoisie sur pied de guerre, il y a toujours une majorité de gauche en Wallonie, même débarrassée d’un CDH qui ne sait plus de quel côté il est, depuis que son chef, Benoît Lutgen, joue la carte du MR, un peu comme le fit Gérard Deprez qui voulait il y a vingt cinq ans, passer avec armes et bagages au MR, ce qu’il fit, mais lui et quelques palotins de sa parentèle seulement.
Revenons au triomphe Jeholet, la bonne surprise borsufiée de l’été.
La Meuse : «Directement entré dans son volumineux portefeuille de ministre de l’Emploi et de l’Économie, Pierre-Yves Jeholet (MR) a, depuis, multiplié les contacts…etc. »
On avait une orchidée rare et on ne le savait pas !
Encore ces fichus jaloux, les Michel et Reynders qui gardaient ce prodige au placard !
À bien y réfléchir, la direction du MR avait sans de bonnes raisons de nous cacher ce pignouf !
Les propos de Jeholet sont d’un homme d’une ignorance absolue de l’économie mondiale. Tels qu’ils sont, nos MR ne sont pas là pour rétablir la vérité économique, mais pour rassurer les gens et, si possible, les rendre heureux en leur racontant des craques.
On croit le journaleux à côté de ses pompes lorsqu’il écrit « Pierre-Yves Jeholet multiplie les contacts de terrain avec les entreprises. Il en tire un constat alarmant sur ce vers quoi la situation actuelle pourrait conduire, qu’il livre en exclusivité à Sudpresse. »
Erreur, c’est le suspens du journal La Meuse. Le constat alarmant tient dans les « Trois nouveaux jours de grève dans les Tec. »
C’est le bus qui pourrait faire tout foirer !
Pour le reste Jeholet est certain, la crise de 2008 est surmontée. Les commandes sont là. Tout est au beau…
Mais comme il n’a pas encore assez souligné que si ça foire, ce sera la méchante gauche qui noyaute les entreprises et fait de l’ouvrier respectueux et libéral, une bête brute assoiffée du sang des riches, « …beaucoup me disent que le climat social devient un handicap, en Wallonie. Ils peuvent investir, mais les actionnaires deviennent frileux. »
La droite libérale devrait faire savoir à Jeholet et à La Meuse que le discours, simpliste à trop en rajouter des couches, finit par faire le contraire de ce que pourquoi on l’utilise.

9 décembre 2017
Sport de riches pour pauvres !

Est-ce qu’on peut arrêter quelques secondes de déconner pour réfléchir un peu ?
Voilà des mois qu’on veut construire un stade de foot de prestige pour accueillir quatre ou cinq matches pour l’Euro 2020 à Bruxelles.
On croirait nager dans des rivières tapissées de billets de banque.
Les sommes avancées pour cette nouvelle lubie, réparties sur les habitants de ce pays vivant en-dessous du seuil de pauvreté, suffiraient à faire revenir sur le champ, le chômeur des Caraïbes en Jet privé, rien qu’à la lecture du Daily News de la Barbade, avançant des chiffres à rendre malade le paradis fiscal, où selon La Meuse, nos chômeurs soignent leur dépression nerveuse.
Au lieu d’éviter de péter plus haut que son cul et de rafistoler le vieux Stade roi Baudouin, nos hardis entrepreneurs ont sorti un de ces plans, qu’à côté la nouvelle gare des Guillemins de Calatrava à l’air d’une baraque à frites.
On combinait déjà des formules pour remplir des valises de fric de l’URBSFA, de l’UEFA, du privé de la Région et de quelques sponsors, qu’on trouve facilement sur les carnets d’adresse des cadors du MR, des bruits couraient sur les enveloppes de commissions à épater Alain Mathot !
Un chaud parmi les chauds, Didier Reynders était prêt au sacrifice un week-end sur deux pour tenir la buvette, afin qu’on appelle la chose « Grand stade Reynders ».
Le sort du stade Baudouin était fixé : on avait trouvé le ferrailleur pour dégager la place et faire des barres d’apparts vendues sur plan qui s’enlevaient déjà comme des petits pains.
Sauf… sauf… que le seul endroit encore disponible pour cette apothéose grandiose footballistique, se trouve à Grimbergen. C’est-à-dire en Flandre. Il y eut comme un coup de froid au comité organisateur, quand on apprit que les Flamands étaient réticents.
Vous pensez, une partie du sol sacré de la Flandre vendue à des bruxellois majoritairement francophones, un raz de marée fransquillon était possible.
Pour doucher les enthousiasmes, la Commune de Grimbergen, avec l’appui de la Région flamande, eut une idée de génie, en découvrant que le parking du Heysel qui allait être sacrifié à la folie bruxelloise, recoupait un chemin communal visible du temps où l’aire bétonnée n’était qu’une prairie à vaches. Soit bien avant l’Expo de 58 ! Les Flamands tinrent six mois là-dessus. Le temps que la polémique s’enfle aussi du côté des promoteurs et des organisations de défense des chemins champêtres.

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Si bien qu’on en revint à penser la modernisation du vieux Baudouin.
Trop tard. Il paraît qu’il faut plus de temps pour démolir la chose et la reconstruire en plus hardi, genre arches et parapluie géant, que foncer des pieux et booster tout de suite la production des tribunes, tout ça avant 2020, pour le coup de sifflet de l’arbitre.
C’est alors que mercredi, le jour avant la décision de l’UEFA du foot à Bruxelles, Reynders sentant l’oignon, trente ans de cohabitation avec Louis Michel (maintenant que le vieux à le fils en renfort c’est Clémenceau en 14) s’est mis à râler que le stade était de la foutaise, qu’on n’avait jamais vu une Région construire ses annexes sur le terrain d’une autre (alors que les Flamands ont bien leur parlement à Bruxelles) et de revenir sur le confort du vieux Baudouin, si confortable et économiquement plus acceptable.
À croire qu’il connaissait la décision de l'UEFA prise jeudi après-midi lors de la réunion du comité exécutif de l'instance européenne à Nyon, en Suisse.
Notez qu’elle était prévisible.
Le couperet est tombé, les instances européennes du football ont décidé de porter leur choix sur des solutions existantes, à savoir le stade londondien de Wembley. Tout cela assez logique, puisqu’il n’y a de stade que sur plan et que le Baudouin, même avec ses sublimes ferrailles, n’est pas aux normes, ni à vocation mondiale !
Le match d'ouverture se déroulera à Rome. Le stade londonien de Wembley a récupéré les quatre rencontres prévues à Bruxelles.
Voilà les promoteurs et les bailleurs de fonds emmerdés. Les promesses faites à la société de travaux publics dont personne ne sait la teneur, l’ URBSFA avec ses valises de billets de banque sur les bras, Didier Reynders en pleine palinodie, le beau monde a laissé le dernier mot au groupe de construction Ghelamco. Celui-ci a réaffirmé, jeudi, que le stade national verra le jour. Le promoteur ne souhaite pas que le dossier du stade atterrisse à la poubelle.
Comme on le comprend. Surtout s’il a déjà posté les enveloppes.

8 décembre 2017
Jérusalem paravent du Russiagate ?

Je l’ai écrit hier, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président Trump allait déclencher quelque chose dont on n’a pas encore bien pris la mesure.
Pour le coup, je suis tombé dans le mille !
Une partie de la presse américaine est déchaînée aujourd’hui. On relie cette décision aux rancœurs accumulées depuis l’élection de ce personnage, au nouveau Watergate qui pourrait dépasser l’ancien, par l’implication des russes dans l’élection du président, en faveur des Républicains.
Le Watergate est resté un traumatisme, comme une sorte de naufrage de la foi patriotique dans le système politique américain.
Pourtant, toute comparaison est impossible entre le Watergate et le Russiagate. En effet, qu’est-ce qu’un cambriolage par des pieds-nickelés au service de Richard Nixon dans les bureaux des démocrates, à côté de l’affaire russe, cent fois plus grave impliquant une puissance étrangère, et non la moindre, dans la politique intérieure des États-Unis !
C’est tellement différent ! Nixon risquait la destitution, Trump risque bien pire. Si on le destitue, ce qui serait impossible actuellement puisqu’il n’y a pas de preuve qu’il se soit impliqué personnellement dans ce genre de relation, il pourrait passer devant un tribunal pour intelligence avec une puissance étrangère et risquer la prison à vie.
La dernière tentative « d’empêcher » un président fut celle des Républicains contre Clinton s’appuyant sur son parjure dans l’affaire de la jeune stagiaire Monica Lewinsky.
Les Républicains échouèrent lamentablement à obtenir la destitution de Clinton, en plus, ils perdirent des sièges aux élections de mi-mandat organisées cette année-là, tandis que la popularité de Clinton grimpait de quinze points en un an !...
L’affaire Clinton nous démontre que ce qui semble partir en catastrophe politique peut se transformer en un show médiatique auquel on peut survivre.
Les Républicains ont compris qu’ils ne devaient pas se joindre aux Démocrates pour mettre Trump en accusation, quels que soient les résultats de l'enquête.
C’est un constat sur l’immoralité de l’opinion qu’ils font, alors que Clinton avait menti devant le Congrès, on ne lui en a pas tenu rigueur. Se faire tailler une pipe par une stagiaire, dans le bureau ovale sous le portait d’Abraham Lincoln, est donc illégal, mais toléré !
Bien entendu, avoir des rapports avec une puissance étrangère n’est pas une faute à ranger dans la même catégorie. Par rapport à Nixon, Trump, a un soutien global comparable (37%) de l’électorat. Son action est approuvée par 81% des Républicains et seulement... 7% des Démocrates.

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On en parle beaucoup moins, mais cette reconnaissance de la capitale d’Israël a été faite par quelqu’un qui n’a vraisemblablement aucune notion d’histoire et est incapable de soutenir des arguments pour ou contre la reconnaissance de deux États, comme on a cru que cela était possible, s’il est fort en affaires, c’est un inculte pour tout le reste.
Israël ne connaît qu'un droit : le sien, si l’on en croit la poursuite des colonies rendant impossible en 2017, les plans qui avaient été faits à l’ONU avant l’an 2000.
En se joignant aux Israéliens, les USA viennent de renier toutes les condamnations de l’ONU et du Droit international, comme il est vrai aussi qu’Israël a toujours bénéficié du veto américain au Conseil de sécurité, évitant ainsi les sanctions.
La reconnaissance de Jérusalem « unie » et « juive » est une nouvelle épreuve de force contre les Palestiniens qui ont le droit international pour eux et Israël, dont le jeu, plus clair que jamais, est de profiter de sa puissance militaire en pouvant compter sur son grand allié américain pour dominer un monde arabe désuni. Israël a toujours trompé l’opinion internationale en faisant semblant de vouloir négocier avec les Palestiniens.
Quoique cachée depuis le début, son intention n’a jamais été de faire la paix avec les Palestiniens en leur concédant un État.
Voilà cinquante ans ou presque, que ces malheureux vivent sous une occupation étrangère. Tandis qu’Israël a de plus en plus difficile de dissimuler sa volonté d’annexer toute la Palestine.
On peut dire que c’est en partie cette mauvaise foi dont le monde arabe nous estime complices, qui nous vaut une part du terrorisme dont nous souffrons.