17 février 2019
FRIC FRAC au sommet ?

Des députés desquels on presse le fruit pour faire un suc ministrable, formant ainsi après séchage une croûte résistante au fond du plat de la démocratie, ça ne marche plus. Le résultat du raffinage est trop éloigné de la mélasse première. Il ne faut pas demander au raffiné qui fait ses vingt tickets par mois de se mettre à la place de celui qui n’en aligne qu’un seul. Pourtant, c’est du brouet initial, qu’en principe, la quintessence est la représentante.
C’est simple, avec le système, elle ne l’est plus. Plutôt, elle ne l’a jamais été, mais les raffinés avaient fait en sorte que cela ne se sache pas.
Avec les samedis Gilets Jaunes, tout le gratin est embêté. Macron soigne sa pub et remonte dans les sondages, mais si le grand débat ne débouche sur rien, la scène de ménage tournera au vinaigre, à l’opposé de l’apaisement souhaité de Brigitte Macron !
La crise de la démocratie a remis à l'ordre du jour le référendum, les citoyens sont invités à se prononcer en lieu et place de leurs députés. Vous pensez la honte de ces derniers ! Un référendum se veut l’expression d’une démocratie directe et souveraine. Mais, ayant dit cela, principe et réalité cohabitent difficilement.
Ça s’est vu à l’occasion d’un référendum que les électeurs ont emporté contre les « élites ». Les raffinés ont tourné la difficulté. En définitive, ce fut Di Rupo qui évita le référendum, en magouilleur de première, en se passant de l’avis des électeurs. En France, le référendum eut lieu en 2005, qui fut rejeté par une majorité. Nicolas Sarkozy, une fois élu, fit voter par le Congrès, le traité de Lisbonne, contre l’opinion majoritaire. Et hop, passez muscade !
Soit sûrs d’eux, soit en plein doute, le recours au référendum des raffinés et des différents représentants de Zeus au long des siècles (Jupiter au XXIme) est irrégulier. Les Napoléon un et trois s'en sont servis pour légitimer leur pouvoir. Charles de Gaulle l'a aussi utilisé pour installer la Ve République. Ce qui ne l’a pas empêché en 1969, d’en attraper un sur le képi.
Ces essais ont réveillé les désirs des Français de s’y essayer par un référendum d'initiative citoyenne (RIC), à l'image des « votations » suisses, oubliant les raffinés qui, vexés, ont eux aussi leur petite idée.
C’est la Révolution française qui fait « appel au peuple » pour la Constitution de l'An I, Convention du 24 juin 1793. C'est une première en France.
La Constitution de l'An I ne sera jamais appliquée. Le premier référendum français n’aura servi à rien. Sauf à l’ouverture d’une voie démocratique directe, qui jalonnera la vie politique française jusqu’à nos jours, mais de manière irrégulière
L'expérience de l’Empire conduira à une distinction entre le référendum authentique, par lequel on demande aux citoyens leur avis sur une mesure constitutionnelle ou législative et le plébiscite, une consultation peu démocratique, les citoyens y renouvellent leur confiance envers le chef de l'exécutif.

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Pas moins de neuf référendums seront organisés sous la Ve République. Ils seront tous plus ou moins adoptés, sauf celui du Grand Charles et le dernier, celui de 2005.
Ce qui changerait dans le RIC, c’est qu’il ne viendrait pas des raffinés, mais du peuple. Ce qui change tout. Bien entendu, les raffinés ne veulent pas en entendre parler, l’initiative populaire entamerait ce qu’il leur reste de prestige ! Et si ce RIC était dirigé contre leurs prérogatives, ils se trouveraient bien capables d’en refuser les effets, sous peine de perdre tout.
On le voit le RIC est loin d’être gagné. C’est le genre de conquête qui ne se quémande pas, mais qui se prend.
S’il était acquis dans des limites établies par les raffinés, il faudrait encore trouver les sujets qui portent et dont le pouvoir a sans cesse refusé de parler. On voit toute la difficulté est là.
Une proposition farfelue ou peu intéressante pour les électeurs, et c’est toute la crédibilité de l’idée de le faire participer au destin de la Nation qui se noie dans le ridicule !
Un seul genre de référendum pourrait faire l’unanimité. Il s’établirait en deux questions.
1. Etes-vous pour ou contre la révocation du président de la république et un quelconque ministre de son gouvernement pour des promesses non tenues ?
2. Etes-vous pour le salaire maximum des pouvoirs législatifs et gestionnaires de la nation, ainsi que de l’ensemble de l’administration à quatre fois le salaire minimum ?
Mais, ce n’est pas gagné !

16 février 2019
Fin de l'État de droit !

A-t-il seulement existé en France comme en Belgique ?
La classe bourgeoise a un instant vacillé aux débuts du soulèvement des Gilets Jaunes. Puis elle s’est ressaisie et est en train de reprendre le dessus sur le mouvement, en le désignant comme responsable des peurs qu’un siècle d’illusions nous a instillées comme étant de notre responsabilité : les casseurs, l’antisémitisme et l’affolement des petites entreprises, qui à cause des GJ vont licencier massivement.
Les chaînes de télévisons officielles d’État s’y sont mises. Encore quelques samedis, puis l’essoufflement clôturera le trop long épisode de trois mois de lutte, et ce sera tout. L’économie de marché et la bourgeoisie auront gagné. Ce que nous aurons perdu, ce sera un nouveau pan de la démocratie, celui de l’État de droit et de l’indépendance de la justice ; mais nous y aurons gagné la fin d’un mythe, en perdant notre crédulité.
Si cela continue l’affaire Benalla pourrait s’arrêter court, les magistrats s’y emploient. C’est une Affaire d’État, dira-t-on et on s’en contentera !
Il ne reste plus qu’à produire la bonne foi de Madame Nicole Belloubet, garde des sceaux, protestant de son intégrité morale dans l’affaire Benalla et des perquisitions intempestives chez les dirigeants de la France Insoumise ; tandis que sous l’autorité vigilante de Nicole Belloubet, les comparutions immédiates et les jugements à la chaîne se pratiquent jusqu’à cinq ou six heures du matin dans les tribunaux.
Les journalistes quasiment « d’État » ne produisent aucune réaction d’indignation, pas davantage que les perquisitions d’intimidation, ni les mises en détention de gens simples et sans antécédents, dont la vie est ainsi brisée.
Et d’abord, qu’est-ce que l’État de droit ?
Il se définit comme un système institutionnel dans lequel la puissance publique est soumise au droit. De manière plus approfondie, c’est un État dans lequel les normes juridiques sont hiérarchisées de telle sorte que sa puissance s’en trouve limitée. Dans ce modèle, chaque règle tire sa validité de sa conformité aux règles supérieures. Un tel système suppose, par ailleurs, l’égalité des sujets de droit devant les normes juridiques et l’existence de juridictions indépendantes. Le constat fait en France est quasiment identique en Belgique.
La chronique d’hier concernant la Cour Constitutionnelle belge décrivant l’impossibilité du citoyen d’y introduire toute réclamation d’initiative personnelle, on est en droit de penser que la Cour constitutionnelle contrevient à l’État de droit.
Depuis les débuts de la Belgique dès 1832, les nominations des magistrats furent ressenties comme un acte éminemment politique. Et elles le sont encore, avec toutes les conséquences de la grande méfiance actuelle à l’égard de la justice, plus instrument du pouvoir, que d’égalité du droit à un jugement équitable sans apriori de classe.

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« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir », dit La Fontaine, deux mots sont à remplacer « de cour » par « des tribunaux ». Il y a une propension évidente du magistrat à conduire le délinquant pauvre à la prison, tandis qu’il n’y met pas le délinquant riche ou politiquement en vue, sauf pour les flagrants délits et les crimes de sang. Les délits financiers sont particulièrement « oubliés » pour certains citoyens, les plus salés étant les petits vols commis par des citoyens de la classe inférieure.
Restent encore les armes « légales » qui dissocient les riches des pauvres. Il s’agit des recours, jusqu’à la cassation. Les jugements retardés pour autant, c’est du temps de gagner dans l’esprit que tout prévenu est estimé innocent, jusqu’à son jugement. Ces recours ne sont possibles qu’en disposant de moyens considérables. Nous ne sommes pas prêts de voir MM Kubla et De Decker passer en jugement.
Pour être juge, il faut être juriste! Au lieu d'une logique de politisation, notre démocratie a besoin de moraliser les nominations aux plus hautes fonctions.
Vu de l’étranger le pouvoir conjoint franco-belge de la justice, fait l’objet de vives critiques.
La réponse politique aux GJ est jugée sévèrement à l’ONU. Après la résolution européenne (non contraignante) sur l'utilisation des LBD, c'est la notion de "droit à manifester" qui attire l'attention des experts de l'ONU. Bientôt suivi de l’effarement des milieux internationaux du nombre élevé de manifestants attraits devant les tribunaux, soumis à des jugements hâtifs, fort peu argumentés et dépourvus de preuves.
Les méthodes employées par les forces de l'ordre lors des manifestations, après avoir reçu "des allégations graves d'usage excessif de la force.", sont également dénoncées.
"Il est très inquiétant de constater qu'après des semaines de manifestations, les restrictions et tactiques de gestion des rassemblements et du recours à la force ne se sont pas améliorées", soulignent les juristes de l’ONU.
L’État de droit, en France comme en Belgique n’est plus qu’un leurre destiné à faire croire aux citoyens qu’ils ont des droits attachés à l’exercice de la démocratie. Ce qui est de moins en moins vrai. Il se pourrait même qu’on en arriverait à délégitimer le droit de vote, à tout le moins ne pas tenir compte de celui-ci, comme ce fut le cas en France en 2005. On attendra les élections de mai 2019 pour étudier leurs conséquences postélectorales.

15 février 2019
Cour Constitutionnelle

Après des recherches sur les salaires des membres de la Cour Constitutionnelle qui s’avérèrent infructueuses, j’ai mis le nez dans le fonctionnement de l’État belge. Sans être juriste, mais ayant quelques notions de droit d’organisation, j’ai demandé des éclaircissements à des gens compétents des lois fédérales, régionales et communautaires. Personne n’a eu une vision globale de l’État, sans la compétence d’un autre, comme si, pour comprendre l’État belge, il fallait avoir la capacité d’un ordinateur !
J’en suis effaré !
La Constitution belge n’est plus compréhensible par un seul citoyen, elle ne devient à peu près lisible qu’en conjuguant les lumières de plusieurs spécialistes.
Autrement dit de par sa nature même, la constitution belge est devenue inconstitutionnelle !
Aucun citoyen de cet État n’est en mesure d’en expliquer son fonctionnement de manière complète et rationnelle ! De ce fait, la démocratie qui en découle n’est plus accessible aux citoyens. Si son obscurité profite à certains, elle exclut tous les autres, puisqu’ils ne sauraient en expliquer les mécanismes et sont donc empêchés d’émettre une opinion en possession de tous les éléments pour la justifier !
Nous avons hérité d’une usine à gaz ! Au lieu d’en démonter les conduits pour en simplifier le fonctionnement, nous faisons l’inverse en y ajoutant des tuyaux ! Notre législateur en pond avec la régularité d’une poule sur batterie !
Pour en revenir aux traitements, les membres de la Cour sont nommés « à vie » c’est-à-dire jusqu’à la retraite (1), désolé de n’avoir nulle trace de la hauteur de leur émolument. A défaut, je me suis intéressé aux compétences, parce qu’enfin, il faut bien qu’elle puisse faire quelque chose dans une Constitution en trompe-l’œil.
Tout un chacun saisit d’emblée un texte moyennant quelques précisions « les personnes physiques ou morales tant de droit privé que de droit public, de nationalité belge ou étrangère, justifiant d’un intérêt personnel et direct. » Jusque là tout va bien, attendons la fin du paragraphe « Le fait de demander l'annulation sans intérêt (par exemple, une certaine forme d’altruisme ou l’amour du bien public) est appelé « recours populaire » : le recours populaire est toujours rejeté. » ! On a compris, ce truc n’est pas pour nous.

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Alors, vous me direz, à quoi sert la Cour Constitutionnelle ? Elle sert à deux choses 1) À regrouper quelques privilégiés, loin de l’opinion des citoyens. 2) À mettre ces privilégiés en position d’égayer leurs fins de mois, par un cacheton confortable et ce jusqu’à la retraite, le tout indexé sans doute (enfin j’en conjecture).
Exaspéré d’avoir trouvé une tuyauterie en activité mais dont on ignore en quoi cette activité procède, je me suis tapé l’introduction de lois et règlements qui servent de prétexte aux traitements restés mystérieux.
« La Constitution belge telle que promulguée par le Congrès national le 7 février 1831, a fait de la Belgique un état unitaire décentralisé. L’Etat central déléguait alors certaines compétences d’intérêt local aux provinces et communes, tout en gardant la tutelle sur ces dernières. Cependant, au fil des années, ce modèle étatique se montra insuffisant au regard des dualités belges. Les revendications flamandes d’une part, essentiellement communautaires, et wallonnes d’autre part, surtout économiques, menèrent à la création de communautés puis de régions. Suite aux réformes constitutionnelles que l’on connait, et avec comme point d’orgue la loi spéciale de réformes institutionnelles du 8 août 1980 (ci-après LSRI), ces entités fédérées se virent chacune attribuer une sphère de compétences et disposèrent d’organes et d’autonomie afin de pouvoir les exercer. Depuis le début du processus de fédéralisation, la Belgique fédérale se base sur un système de répartition de compétences caractéristique du modèle étatique du fédéralisme par dissociation. »
J’arrête ici. Le reste devient bouffon. Cette cour Constitutionnelle a pour mission d’établir un arbitrage entre les compétences du fédéral et les Régionaux… comme elles ne sont pas définies de manière formelle, tout le monde tire à soi la couverture et personne ne saurait dire si c’est de droit ou illicitement ! Comme le souligne M. Uyttendaele, le seul à n’y pas perdre son latin, le transfert de compétences peut être effectué par le biais de blocs homogènes. Nombre de celles-ci ont par la suite vu leur exercice transféré d’une entité à l’autre. La conséquence de tout cela est une répartition de compétences peu claire et impossible à généraliser !
« Il en ressort qu’il est compliqué, pour le citoyen, confronté à une pluralité de gouvernements et de parlements, de déterminer d’où sont issues les normes créant des situations auxquelles il est confronté au quotidien. Cette incompréhension contribue au désamour grandissant de la population vis-à-vis du monde politique. La répartition des compétences au sein de la Belgique fédérale pose donc un problème évident du point de vue de la démocratie. »
Ceci étant de l’avis de MM. Uyttendaele et Maddens, je ne vois pas bien le rôle du citoyen belge dans la démocratie actuelle, ni des parlementaires non plus d’ailleurs !
Nous avons franchi le cap de l’Oligarchie. Philippe, c’est Constatntin XI Paléologue, dernier empereur byzantin à Bruxelles. Qui seront les Turcs conquérants : Bart De Wever ou les Gilets Jaunes ? Le flou de l’organisation de l’État est tel, qu’il est impossible de départager les partis de pouvoir et donc de voter « intelligemment » pour l’une ou l’autre alternative...
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1. J’ai lu qu’elle se prenait à 71 ans, mais je n’en suis plus certain, puisque quatre ou cinq pages plus loin, elle s’appliquait autrement. Monsieur Delpérée aurait-il la réponse ?

14 février 2019
Entre les bittes (1) du wharf.

Les souvenirs nazis à Anvers, ce n’est pas simple, il en existe encore. De la mairie au port, on en trouve parfois. Certains collent aux basques de Bart De Wever et d’autres aux ourlets des robes de l’évanescente ministre flamande Liesbeth Homans (N-VA). Non pas qu’ils aient été de la Volkssturm les héros malheureux des derniers jours d’Adolphe, puisqu’ils n’étaient pas né ; mais il y a une certaine malédiction de racler le fond flamand des voix disponibles, on ramène certains poissons prédateurs contaminés par une toxine (nazitoxicus) résistant à tout entre les bittes des wharfs. Certains, comme Theo Francken, en ont ingurgité beaucoup, si bien que la mèche et la moustache du « bien-aimé » plane toujours sur le Pier !
On a beau les escamoter, les fantômes reviennent chatouiller les mémoires à défaut des consciences des « p’tits gars » de la N-VA. On s’en est aperçu à la rénovation du dock Delwaide, pour l’arrivée de 8.000 bateaux TEU.
Ce nom « Delwaide » est venu aux oreilles de l’historien Herman Van Goethem. « 1942 » (2) est un ouvrage qu’il consacre à l’attitude des autorités communales anversoises pendant cette fameuse année 1942 de la Deuxième Guerre mondiale. Leo Delwaide fut bourgmestre pendant la guerre. Et il a, ce grand bourgeois, cet homme honorable, décoré par Léopold III, aidé l’Occupant dans la déportation des Juifs et des Résistants.
S’appuyant sur un faisceau de preuves indubitables, l’auteur démontre que Leo Delwaide, bourgmestre catholique d’Anvers durant la Seconde Guerre mondiale, a activement facilité la persécution de la population juive de sa ville, et en particulier sa tranche la plus pauvre, la plus fragilisée.
1941 fut l’année terrible pour la population qui fuyait à la fois les Allemands et la bonne bourgeoisie anversoise, comme la bonne bourgeoisie du reste de la Belgique, nazifiées par conviction et surtout par intérêt.
Mais, l’année 1942 fut l’année charnière ! Celle où l’on passe des Chemises brunes à la Résistance, enfin pas tout à fait, on a encore peur des Allemands, juste qu’on ne traque plus les Juifs, qu’on les trouve même sympathiques et qu’on s’enquiert si parmi les cousins éloignés il n’y en aurait pas un qui serait résistant, afin de lui envoyer des couvertures et un thermo de café de temps en temps.

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Parce que 1942, c’est Stalingrad. Il n’y a que les Flamands obtus qui ne s’aperçoivent pas qu’Adolphe est fichu, tous les autres, dont les bons bourgeois et le bourgmestre d’Anvers s’en rendent compte.
C’était le bon moment pour les élites de passer « du bon côté de l’Histoire ».
Et c’est ça que le public ne comprendra jamais. Aucun de ces grands bourgeois, commis des nazis pendant la guerre, peut-être même ayant dénoncé personnellement quelques Juifs qui gênaient pour des locations d’appartement quand on est bon gestionnaire, se trouvèrent soudainement à la tête des Cortèges de la Libération, mitraillette au poing, après s’être assuré qu’Anglais et Américains avaient repoussé « la peste brune » bien au-delà de la zone de parade où il est de bon ton d’être ceint du laurier des vainqueurs.
Van Goethem, avec un style un peu plus édulcoré que le mien, nous confronte à plusieurs vérités qui dérangent. L’idée selon laquelle en 1940, de nombreux mandataires, contraints et forcés, n’auraient prêté à l’occupant nazi qu’une assistance passive.
Couillonnades qui ne résistent pas à l’analyse.
Des personnalités de premier plan comme le bourgmestre d’Anvers Delwaide, celui dont la Patrie reconnaissante a baptisé un dock de son nom, ne se sont pas limitées à fournir le strict minimum des prestations requises. Elles ont bel et bien fait du zèle et collaboré !
Van Goethem, qui a sans doute l’âme d’un Gilet Jaune, se demande si nos mandataires d’aujourd’hui se comporteraient autrement ?
On ne peut pas dire… mais des girouettes de la trempe de Charles Michel, des oiseaux migrateurs comme Didier Reynders et des Coqs de combat feutré comme Elio Di Rupo, sans parler des Anges de la Flandre éternelle de la N-VA, franchement, je ne mettrais pas ma main sur la grenade GLI-F4 des CRS, pour le jurer !
La collaboration exposée dans l’ouvrage « 1942 » participe moins d’une conviction idéologique que d’un opportunisme, dit l’auteur, pour sauver l’honorabilité de sa classe sociale. Et on le comprend. Ce n’est jamais enrichissant de se faire traiter de salaud par une partie de la population.
Faut-il ou non rebaptiser le bassin Delwaide ? C’est une affaire antwerpennoise. Léo Delwaide de bourgmestre collabo à résistant glorieux est passé, après guerre, échevin du port, ultra célébré et décoré, pilier à jamais de la Belgique éternelle.
Le bon bourgeois effacera-t-il la canaille des années noires ?
On a déjà vu pire. Le bourgeois n’est jamais ignoble dirait Bart De Wever. C’est quand on est sans argent et sans travail qu’on l’est. C’est une façon de voir les choses. Elles sont inscrites dans la Constitution, elle-même gravée au fronton des banques. Alors pourquoi se gêner, tant qu’on y est !
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1. Ou bollards, c’est comme on veut.
2. « 1942 » is het kantelpunt van de Tweede Wereldoorlog. Vanaf november lijden de nazi’s zware nederlagen. Overal in het Westen, van Londen tot Washington, veranderen overheden en hun ambtenaren de politieke koers. Ook in Antwerpen. Herman Van Goethem wekt dit cruciale jaar weer tot leven. Hij schrijft een beklemmende kroniek van het dagelijkse leven in de havenstad. De Joden zinken er weg in armoede en wachten af. Het stadsbestuur collaboreert ijverig met de bezetter. De politie komt steeds meer in de greep van een ruige Nieuwe Orde, en vanaf augustus worden de Joden ook massaal gedeporteerd. Cruciaal is de internationale context van oorverdovende stilte en slepende onzekerheid.