19 janvier 2022
Le vol par la libre concurrence.

Pour calmer la classe moyenne qui fond comme beurre au four des faillites, Vélociraptor Bouchez n’a que de vieilles formules sur l’économie classique. Il parle de la liberté d’entreprendre et de l’initiative du citoyen, comme s’il était encore au temps de Burke, de Constant et de Tocqueville. À part les fripons qui défendent ce discours, les autres libéraux feraient bien de retourner à l’école avant d’écouter Bouchez divaguer sur la concurrence. Les querelles du passé paraissent désormais obsolètes. Libéraux et conservateurs antiétatiques se découvrent plus de points communs que leurs prédécesseurs imaginaient. Du reste, Vélociraptor, a-t-il conscience de quoi il parle ? Il trie les formules que le clan Michel lui souffle à l’oreille. Il les émaille de ses sottises qui deviennent des références à RTL-TVI.
Les décideurs européens, le clan Michel et Vélociraptor l’assurent : la concurrence ferait baisser les prix du gaz et de l’électricité, au profit des ménages et des entreprises. C’est justement le contraire qui se produit, depuis les années 2000. Si la reprise chaotique d’une économie chamboulée par la pandémie explique l’origine de la flambée actuelle, la dérégulation génère une augmentation structurelle des prix encore plus inquiétante. Les décideurs voguent eux sur l’idée de Spencer (+1903) de l'État minimal = succès libéral. Ils nous poussent à vive allure vers des catastrophes dont ils n’ont pas conscience, ce qui pour des dirigeants d’un parti comme le MR est on ne peut plus fâcheux.
Les prix de l’énergie grimpent dans toutes les régions du monde depuis six mois. Le tarif du gaz a flambé en Belgique, en France il a augmenté de 57 %. L’électricité pareil : de 120 euros par mégawattheure à 190 euros, en dix ans.
Cette crise tire l’inflation dans la zone euro à son plus haut niveau depuis 2008 (3,4 % sur un an) et menace particulièrement les gens (même les travailleurs) en état de pauvreté, comme les entreprises qui ont de plus en plus besoin d’électricité pour produire. Beaucoup de commentateurs libéraux, anesthésiés par les propos dépassés de vélociraptor, n’y voient que des raisons conjoncturelles. Ah ! la conjoncture, le fourretout du gratin officiel des économistes, alors que les vraies causes sont à rechercher à Bruxelles, dans les installations de la Commission, envahies des mêmes certitudes que le MR.
En cause, les privatisations depuis 1996. L’Europe veut des règles communes pour l’électricité et commence, par des directives, à démanteler les services publics intégrés de pays comme la Belgique et la France. « Le marché de l’électricité concurrentiel est né ». Le gaz suivra deux ans plus tard.
La méthode met en œuvre deux principes :
1. isoler des activités précédemment intégrées au sein d’une même entreprise publique de façon à les rendre indépendantes les unes des autres ;
2. création d’une cotation dans les Bourses du gaz et de l’électricité, sur lesquelles se forment des prix de marché, selon le principe fondateur du modèle néolibéral, de l’offre et de la demande.

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Le remplacement progressif de tarifs régulés par des prix de marché n’a rien d’un changement anodin.
Avec la Bourse de l’électricité, le cours du mégawattheure varie en permanence au fil de la journée en fonction de l’offre et de la demande. En période de pointe de consommation, le marché peut offrir des profits faciles aux gestionnaires de centrales thermiques ou hydroélectriques qui assurent l’équilibre du réseau européen. Pour un opérateur avide, il est tentant de réserver la mise en route de ces centrales aux moments où les prix sont les plus hauts… et donc de tirer encore davantage les cours à la hausse.
A la flambée de l’automne 2021, les gouvernements effrayés des taux cherchent à intervenir, mais sont dépassés par la mécanique complexe d’un système qui vend au plus offrant, d’autant qu’ils ont sacrifié à la concurrence européenne la plupart de leurs moyens de régulation. Reste la fiscalité sur l’énergie, réduite par l’Italie, l’Espagne ou le Portugal afin de contenir la hausse des factures, peut-être demain, la Belgique, malgré Vélociraptor, sans oublier son mentor Charles Michel qui plaça un taux d’imposition de 21 % sur l’électricité !
Les réponses conjoncturelles d’aides pour les gens en détresse financière ne sont qu’illusions. Les associations de consommateurs dénoncent de plus en plus ouvertement ce système et sont rejointes par les gros clients industriels confrontés à une situation critique de renchérissement de leurs coûts de fabrication. De leur côté, les organisations syndicales multiplient les initiatives pour réclamer un retour de l’énergie dans le giron public.
Bruxelles, malgré tout, s’obstine dans sa logique de dérégulation et de privatisation. Sortir l’énergie des logiques de marché pose donc une autre question, aux répercussions bien plus vastes : comment s’affranchir de ce droit européen ultralibéral qui s’impose aux États ?
Le temple libéral se fissure. Les privatisations ne concourent plus à faire baisser les prix, mais au contraire, par un jeu subtil des approvisionnements des sources, à faire entrer au passage des milliards payés par les consommateurs dans un ensemble maffieux qui joue sur la hausse et la baisse des prix.
L’Europe par sa politique a permis un nouveau casino. Nous avons eu celui des banques en 2008-9. Nous avons les « yoyotistes » des prix sur l’énergie.
Bonsoir les consommateurs. Pour revenir à Vélociraptor et ses fumeux principes, est-il un con ou un salaud ? Le choix se rétrécit.

18 janvier 2022
Le MR en guerre contre le MR !

François De Smet de Défi (ancien FDF) a son idée sur la droitisation du MR « ce n'est pas Georges-Louis Bouchez qui droitise le MR. C'est la droitisation du parti qui conduit à des phénomènes comme Georges-Louis Bouchez".
Il n’a pas tort, à considérer l’action de Charles Michel, dans son équipée avec Bart De Wever, partenaire majeur dans un gouvernement, Bruxello-Flamand, comme un changement fondamental de la politique belge depuis cinquante ans. Le pays médusé par ce fameux coup de barre à droite, s’était tout de suite repris. Les gens sont à la fois abasourdis par la société de consommation et le feuilleté du système libéral. La famille Michel à la pointe de la défense du plafond de verre, fut la première à l’attaquer au pic à glace. C’était inouï. Depuis, La Belgique est le bosquet de Mesrine. On tourne autour. Tout le monde réclame des policiers et des juges. Personne n’a envie d’y aller voir.
Même la trahison ultime de Bart n’a impressionné personne. Cela était écrit depuis le départ. Charles avait atteint son objectif. Il avait été premier ministre.
À quelques brontosaures près, tous les grands anciens du MR ont gagné leur popularité par le passé dans la tournée des marchés et la diffusion de leur grand amour pour les petits commerces. Borsus s’est fait une réputation en allant discuter le bout de gras chez les détaillants à Marche. Christine Defraigne bat le rappel dans le folklore, date de son meeting unique annuel, le 15 Aout, lieu Outremeuse. Ducarme promène sa nature animale dans les fermes et les laiteries. Juste que depuis son mariage, il fait grasse matinée. Crucke bossait dans l’assurance et le petit employé ambitieux, le voilà en attente de son os à ronger dans la haute magistrature.
Ce n’est pas si anodin que cela, les dérapages de Georges-Louis Bouchez à propos de la carrière de Ducarme, le quota de femmes à la Région, etc. Le concurrent malheureux à la présidence du MR est avec Borsus, le chef de file des modérés. Crucke a été la première victime du dégommage au sein du parti. Ce ne sera pas la dernière.
À Liège, la première échevine, Christine Defraigne, est dans le collimateur. Mais, c’est un gros poisson, loin de Bruxelles et Bouchez marche sur des œufs, à Liège. C’est avant tout un montois. Au MR comme au PS, il n’y en a plus que pour le Hainaut.

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C’est du tir au clays. Les assiettes en terre de pipe volent dans l’espace. La terre, la première à s’éparpiller façon puzzle au pied du tireur, est celle de Crucke.
Un gros atout pour Georges-Louis, Didier Reynders, l’ennemi de toujours des Michel est commissaire européen et il l’est à cause du coup de pouce de Charles. C’est dire la génuflexion en public qu’il a dû faire devant son grand rival. Il y a des humiliations dont on ne se relève pas. La carrière du brillantissime causeur se terminera donc à l’Europe. Cela lui donnera le temps de repeindre bientôt les volets de sa maison de campagne et même de vernir les briques.
Pour la droite pure et dure, ce départ laisse un boulevard au petit avocat montois.
Mais le plus coriace de tous, le plus résistant à la griffe du vélociraptor c’est le châtelain de Marche, Willy Borsus. C’est aussi celui qui vendra chèrement sa peau, pour la simple raison qu’il n’a pas de diplôme universitaire et qu’il sera difficile de le recycler avec les avocats « peinards », comme Crucke et aussi Madame Defraigne.
Tout est bien prémédité par le clan Michel. Bouchez ne brûle pas ses vaisseaux en se mettant mal avec tout le monde. C’est l’homme de main des Michel, celui qui prépare le parti pour le grand retour. La seule inconnue : Bouchez lui-même.
Charles a tout en main : le parti, son frère, son père, Wilmès, l’Europe, Georges-Louis et même Ursula depuis son PC. Le grand poster où on le voit assis avec Erdogan, en manspreadind pour aérer ses balloches, alors qu’Ursula en veste rouge a l’air d’une placeuse de cinéma debout devant ces messieurs, n’est pas encore dans son bureau. Il est roulé dans un tiroir.
Bouchez acceptera-t-il, le moment venu, de s’effacer comme Chastel et finir ses jours député européen ?
L’hubris de l’homme pourrait créer quelques surprises.
L’appâter avec la promesse que le prochain premier ministre libéral sera lui, est une idée à creuser. Sans le clan Michel, Bouchez ne pourrait rester longtemps à la présidence.
Les indicateurs passent au rouge pour les MR modérés. Les « gaffes » de Bouchez étant insuffisantes à lui faire prendre la porte, il ne reste plus qu’à le désavouer. Il avait même été question de le surveiller par un système de parrains, après la nomination de Mathieu Michel. Cela n’a pas tenu le coup quinze jours. Évidemment, le clan Michel ne se carbonise pas à la moindre allumette.
Et le libéralisme dans tout ça ? C’est curieux, tout le monde s’en fout !
Au MR, on est chez Pablo Escobar. Bouchez est la première gâchette du chef. Il a la clé de l’armoire aux mitraillettes.

15 janvier 2022

La main au panier de la ménagère.
S’il y a bien une chose que les bouchéristes ne sauraient truquer dans leur hymne au système libéral, c’est bien le panier de la ménagère.
Le mien en a pris un sacré coup depuis fin de l’année passée. En se tapant à peu près toujours les mêmes denrées et les mêmes produits, depuis juillet 2021, mon panier est passé de 60 à ± 75 € la semaine, sur six mois de courses.
Il y a là un phénomène qu’il faudrait expliquer. Je paie les marchandises 12 % de plus en 2022 qu’en 2021 !
Pour les messieurs qui font de la politique haut niveau, cela semble anodin. Avec notre pognon, la vie est belle. Pour le consommateur lambda, cela mérite qu’on s’y attarde.
Selon l’INSEE, en 2021, l’inflation était à 2,8 %, quand l’Allemagne était à 5,3% ! Crucke à la Région wallonne – bien fourré, gros et gras (La Fontaine pour Raminagrobis) - avait parlé de cette progression des prix chez Deborsu. Il avait conclu qu’elle était largement inférieure à celle de nos voisins.
Si j’en crois mon panier, Crucke nous racontait des craques ; mais si je globalise avec les prix de l’énergie + 18% sur un an, les prix de l’alimentation de 1,4 %, les prix des services de 1,8%, les uns interférant sur les prix des autres, mes 12 % serait un pourcentage à « diluer ». Bref, le consommateur fait de « l’un dans l’autre » sans le savoir. Les économistes se chargent de diluer le poisson dans l’ensemble. On a l’air de payer trop. C’est une illusion. Il faut diluer et on ne dilue jamais assez !
Seulement voilà, si je dilue mes 12 % dans les 18 % de l’énergie, ce n’est pas une raison qui fera passer les 18 à 16 % ! On voit d’ici l’arnaque. Nous sommes victimes d’un raisonnement libéral qui ne vaut que pour eux, nous faisant passer pour des imbéciles. En réalité, lorsque nous payons notre mazout 18 % plus cher, cette hausse influence aussi sur d’autres augmentations, comme le pain, que nous payons aussi plus cher.
Dans ce beau micmac, Eurostat n’arrive pas aux mêmes chiffres que l’INSEE. Son indice des prix à la consommation harmonisé - calculé différemment et qui sert de base de comparaison au niveau européen - a progressé en décembre de 3,4 %.
Au fédéral s’entend une musique qui devrait faire effet d’endormissement sur les gens. « l’inflation est temporaire, vous verrez que fin 2022, elle sera « normale ».
Qu’est-ce que le gouvernement en sait ?
Pour la zone euro, la prévision d’inflation est de 3,2% en 2022.

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Depuis que nous avons casé de gros pions à l’Europe, les frères ennemis Reynders et Michel, nous devons croire aux Institutions européennes. Lorsqu’un commissaire garanti que l’Europe et la BCE ferons ce qu'il faut pour que l'inflation revienne autour de 2% dans la durée» et que le gouverneur de la Banque de France tient le même langage, que voulez-vous qu’on dise ? Que ce sont des escrocs ? Qu’ils n’en savent rien ? Sans doute, mais nous non plus, tout compte fait. Sinon que nous sentons le malaise et que statistiquement la pauvreté progresse et que le capitalisme nous dore la pilule.
D’abord parce que des économistes sérieux ont mesuré l’inflation a 5% en zone euro en 2021 et que l’inflation en Belgique est sous-évaluée et qu’ensuite, le consommateur voit ce qu’il sort de son porte-monnaie un an sur l’autre, pour s’acheter la même chose.
On se demande si ces marioles ne laissent pas filer exprès l’inflation puisqu’ils n’annoncent pas de resserrement immédiat de la politique monétaire avec des taux qui restent à 0, contrairement à ce que commencent à faire la FED et la banque d’Angleterre qui ont relevé leurs taux.
Les milliards qu’on lâche chaque année au-dessus de nos moyens pour payer les salaires de nos cinq gouvernements et de nos neuf ministres de la santé, notre manque d’intérêt pour récupérer dans l’évasion fiscale les milliards que nos richissimes parvenus escamotent sous notre nez et aussi les milliards que la pandémie a coûté et coûte encore, il faudra bien les régler à quelqu’un quelque part ! Si les taux d’intérêt remontaient ? L’État belge serait virtuellement en faillite, son patrimoine serait vendu à l’encan. Cette dernière hypothèse, rassurez-vous, ne se peut. C’est toute la mystification du système capitaliste. Il établit des règles que les circonstances suppriment, comme en 2008-2009.
Pourquoi laisse-t-on filer l'inflation ? Pour écraser les dettes publiques, pour qu’elles soient mécaniquement plus basses par rapport au PIB et dans le bilan de la BCE.

Ce sont en fait les épargnants, les retraités européens qui paient automatiquement la note de la crise sanitaire sans que les gouvernements européens aient besoin de lever des impôts.

14 janvier 2022
Le roi se représente !

Tout un temps, la Pologne élisait ses rois, plus de deux siècles plus tard, la France élit le sien. Malgré les prérogatives de ce puissant monarque, les Français ont décidé qu’il serait toujours appelé président de la République.
Comme l’égo devient vite l’hubris en monarchie, le règne est de cinq ans renouvelable une seule fois.
On est à 100 jours de l'élection présidentielle. Autre référence qui sent l’Empire : les Cent jours. Sans le savoir Bonaparte accédait à son périgée. D’aucuns attendent l’apogée de Macron.
Contrairement à ce qu’on croyait, cela se passe « comme prévu » beaucoup de candidats, peu ou pas de critique sur le monarque sortant qui pourtant n’a pratiquement avancé sur aucun des dossiers de son programme de candidature, se contentant se surfer sur la crise du sars-cov-19, avec plus ou moins de bonheur, sous la houlette d’un premier ministre brouillon et d’un ministre de la santé calamiteux.
Les habitudes prises lors des élections précédentes présupposent une abstention record, sans doute plus de la moitié du corps électoral. Si bien que déduction des troupes des prétendants non élus, c’est à peu près avec moins d’un quart des voix de la population, que Macron II succédera à Macron I, selon toute probabilité.
La campagne se déroule comme un roman de Houellebecq : une mince intrigue avec des personnages qui évoluent dans des décors certifiés authentiques par Wikipédia et la Maison éditrice du bottin des chemins de fer, pour l’horaire des trains. Campagne informe, sans reliefs, comme l’écriture anti-Céline de l’anodonte écrivain, qui depuis son succès « Soumission », en qualité de nouveau Balzac, a pu se payer un bridge avec ses royalties.
Le virus fait l’histoire depuis 2019, en dicte les épisodes, devant un pouvoir multipliant ses ukases comme autant de gestes d’impuissances. Pour un roi absolu voilà qui est plutôt fâcheux, heureusement il y a Castex, une caricature de MM les Ronds-de-cuir. Macron I a confiance, les Français le dissocieront de cette caricature. Comme avait prévu Hugo, on ne jettera des pierres que sur le vilain crapaud.
Signe que le roi est encore très couru, comme on dit dans les salons, le résident de l’Élysée a envie d’emmerder les non-vaccinés et son mot a fait florès. Tout le monde en parle !
Le complotisme prospère sous d’aussi heureux auspices. Le spectacle vire à la magie noire. Le sommet serait que la dernière nasarde complotiste de Dieudonné vînt à maturité dans les réseaux sociaux « Brigitte Macron serait un homme » ! Rabâchée entre deux mèches chez le coiffeur, la réalité dépasserait la friction ! Ce bouteillon est tellement faux que cela en devient drôle. Même si des bijoux de famille s’étaient trompés de slip, ils ne pourraient empêcher le sacre.
Plus il y a d’abstentions, plus il y a de candidats ! Le peuple, regardant ailleurs, accouche d’une portée d’ambitieux qui a honte pour lui.
Tous les candidats, Macron I compris, partent à la rencontre d’un peuple indiscernable. C’est embêtant de ne pas savoir par où le ramener à son devoir démocratique. On devrait faire comme pour le Covid-19, en-dessous de 1 % de contaminations, il n’y a plus de démocratie.
Sans les lanceurs de tomates, devant une salle vide, les fausses valeurs pullulent. On n’est pas loin d’un vaudeville sans spectateur. Plus aucune valeur du rire certain n’est acquise, de De Gaulle à Pétain, de la Résistance à la Collaboration, Zemmour en blouson à la Communale, Marine en chaudasse se tapant de l’ouvrier et Valérie Pécresse en précieuse ridicule, le peuple réputé le plus blagueur d’Europe fait la gueule ! Devant le bide, le politique s’autodévore !

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Seule madame Hidalgo suscite des ricanements. Sa bêtise profonde résume bien l’état de vide absolu du parti socialiste français. Pour éviter la faillite, le dernier secrétaire PS, lui-même en assistance respiratoire, va devoir couper le courant du micro et la traîner de force, s’il le faut, hors de la tribune où elle cumule les conneries.
L'actualité se fiche des indignations morales et du calendrier électoral, comme du PK. Elle sème la panique chez les militants fanatisés les plus cyniques. Les états-majors suivent les sondages à défaut de suivre l’opinion des rues qui leur échappe. La période actuelle n’est ni l’occasion de revenir aux Trente Glorieuses, ni un essoufflement passager du néolibéralisme, à force de monter dans les maisons de passe avec des Bruno Lemaire et des Edouard Philippe. C’est un ovni incolore et inodore avec des bras comme des entre-parenthèses aux digressions infinies.
À défaut de bien lire la carte actuelle, Zemmour se croit en 1933, inquiet du discours d’Adolf qu’il perçoit aussi dans des mosquées ; Hidalgo est en 36 au front populaire, avec les réfugiés de Barcelone passant les Pyrénées ; Pécresse et Marine se partagent la Ligne Maginot de 38.
Je ne sais plus quel journaliste, moins tordu que d’habitude, sert de cul de lampe à cette chronique qui prend l’allure d’édito : « La globalisation a entraîné partout dans le monde une dénationalisation de l'espace économique qui a eu pour effet paradoxal de provoquer une renationalisation des discours politiques. »
Cela doit être la raison profonde du micmac. Tant qu’on n’attaquera pas au système économique repeint en façade, l’Europe sous la Démocratie libérale, ne n’en sortira pas.