26 mai 2022
Urne casse-burnes.

Peut-être moins la Flandre, mais la Wallonie et Bruxelles sont directement concernés par le résultat des élections législatives des 12 et 19 juin prochains en France.
L’influence française sur nos mœurs, notre culture et l’organisation sociale de notre société est énorme.
Plus qu’en France, la Belgique, plus bourgeoise, plus craintive de l’avenir, tient toujours Macron pour une personnalité du centre, défendant la banque et le rentier avec le « bon » sens de l’austérité et des sacrifices unilatéralement destinés aux populations pauvres. Tout ce qu’aime Georges-Louis Bouchez qui doit vouer à Macron une admiration sans borne. Les gens ordinaires tiennent le président des Français pour le grand ami des riches, de l’Europe conservatrice néolibérale, dans un oxymore qui le caractérise parfaitement : le tout et son contraire, convaincu que le seul chemin possible est la mondialisation.
Ces élections mettront un point final au suspens sur l’ampleur du mandat du président Macron et les contours de son programme.
Inutile d’appuyer sur la plaie, tout le monde voit bien, tant en France qu’en Belgique, l’échec du système politique dans ses tentatives de recoller aux gens une démocratie qui part en morceaux. L’absence criante d’une représentativité réelle des populations ajoute au désenchantement général, alors que monte la vague de fond du mécontentement social.
La réélection de Macron est un mauvais remake d’une situation qui date de Jospin battu par Jean-Marie Le Pen. Depuis le cordon sanitaire, dont on use et abuse encore en Belgique, a été, en France, le convenu d’une comédie du pouvoir dans laquelle l’électeur finit par adouber un président qu’il déteste et contre lequel il avait voté au premier tour.
Bis repetita, l’élection présidentielle est retombée dans des travers qu’une majorité écrasante d’électeurs espérait éviter. Elle annonce un nouveau quinquennat sans élan et sans espérance, mais dans lequel vont souffrir les petits revenus. Le président sortant se trouve reconduit par défaut alors que la plupart des Français estiment que son bilan est mauvais (56 %), que depuis cinq ans la situation du pays s’est dégradée (69 %), que son programme est dangereux (51 %) et qu’il sert surtout les intérêts des privilégiés (72 %). C’est donc uniquement par rejet de l’extrême droite que des millions d’électeurs de gauche se sont résignés à voter pour un président contre lequel certains sont déjà prêts à descendre dans la rue. Les occasions ne vont pas leur manquer : baisse du pouvoir d’achat, relèvement de l’âge de la retraite, inaction climatique, augmentation des taux d’intérêt, dispositif punitif contre les chômeurs.

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« Il y a cinq ans, l’hebdomadaire britannique The Economist, proche de l’extase, représentait le président français en couverture. On le voyait marcher sur l’eau vêtu d’un costume aussi étincelant que son sourire fanfaron. Pour une bourgeoisie mondiale que le Brexit et l’irruption de M. Donald Trump à la Maison Blanche venaient de frapper de stupeur et d’effroi, l’arrivée sur la scène internationale de M. Macron s’apparentait à une revanche. Elle en escomptait le reflux du « populisme » d’extrême droite en Europe au profit du libéralisme « progressiste » et de la mondialisation. Il ne reste plus grand-chose d’une telle illusion. Avec la crise sanitaire et hospitalière, les difficultés d’approvisionnement énergétique et la guerre en Ukraine, les thèmes de la souveraineté, du pouvoir d’achat, de la relocalisation des activités, de la planification écologique occupent une place croissante dans le débat public. Au point que le 10 avril dernier, à l’issue du quinquennat de M. Macron, la gauche de rupture a conforté son influence, et l’extrême droite nationaliste, que la politique du président sortant prétendait endiguer, a fortement progressé ». (Le Monde Diplomatique)
L’impasse se dessine à l’horizon, il est toujours possible que les REM fassent le plein d’électeurs avant de faire passer la mayonnaise de REM à Renaissance, mais il est tout aussi imaginable de voir la coalition de gauche menée par Mélanchon rassembler les électeurs abstentionnistes et faire de ce parti de coalisés un gagnant.
D’après Marianne, le programme de la coalition n’est pas si révolutionnaire que ça et il est très jouable.
Les dernières péripéties du nouveau gouvernement Borne avec ce ministre repêché au PR et sur lequel pèse des soupçons de viol, à cela ajoutons la situation délicate du ministre de l’Intérieur sur le même plan sexuel, à quinze jours des élections, cela pourrait être les affaires de trop dans la sphère du président qui n’en manque pas sur d’autres plans, financiers notamment.
Ce serait un Macron les ongles coupés dans une coalition obligée avec un Mélenchon premier ministre. Cela rappellerait la cohabitation de Mitterrand avec Chirac et de Chirac avec Jospin.
Nous aurions un quinquennat inédit. Les plans politiques s’annulant, ce serait un drôle de match. Beaucoup plus excitant que ce que le gouvernement Borne proposera des arriérés de la Macronie, les réformes sur les pensions et la retraite à 64 voire 65 ans.

25 mai 2022
Un monde plat.

Lundi 26 mai Armand Laprune prend son vélo à sept heures trente pour rejoindre son poste chez Legagne, transporteur routier. Il fait partie d’une majorité travaillant au minimum légal, soit 11 € 55 de l’heure par semaine de 38 h. Ernest Legagne, content de son ouvrier, a arrondi son salaire à 12 €, soit 45 cents de plus. 68 € 40 par mois.
Pendant qu’Armand enfile son bleu avant d’aller pointer ; c’est le dernier jour d’un événement à Davos : le Forum économique mondial.
Armand ne sait pas que ça existe un rassemblement des responsables politiques, des universitaires et d’autres leaders de la société pour façonner les agendas mondiaux, régionaux et industriels », comme se définit l’organisation internationale indépendante, c’est-à-dire sceller son destin chez Legagne.
Ernest, le patron, n’est pas au courant, sinon vaguement par un prospectus de la FEB, lui signalant qu’ils ont un observateur à Davos.
Ils n’ont été, ni l’un ni l’autre, suspendus aux images de la télévision montrant des personnages bien vêtus, s’adressant des compliments
Pendant qu’à la RTB un fonctionnaire débite d’une voix lasse à propos de Davos « … il s’agit de la première édition depuis le coronavirus et le moins que l’on puisse dire est que le contexte particulièrement tendu a été au cœur des discussions. », Armand Laprune regardait avec son épouse Louise, « Mariés au premier regard » sur M6 et Ernest Legagne sortait d’une partie de poker où il avait laissé quelques billets sur la table.
Davos finissait en apothéose, banquet final et champagne sur une entente générale du fait que personne n’était d’accord sur rien et qu’on allait vers du jamais vu.
Cela faisait plus de dix ans qu’Armand Laprune s’était fait à l’idée que les petits ruisseaux ne faisaient pas les grandes rivières. Il avait fini par être écœuré par tous les « jamais vu » qu’il avait subi au long d’un parcours professionnel de galère en galère. Les plaisirs étant rares dans une vie d’ouvrier, il avait inconsciemment sombré dans les émissions de loisir à la télé, plutôt que sombrer dans l’alcool. Le seul luxe visible dans son rez-de-chaussée sans vestibule, c’était un écran TV géant, qu’on voyait de la rue, dès qu’on ouvrait la porte.

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Legagne n’aurait su en dire plus sur Davos que son ouvrier. Héritier d’une affaire de transport, il vivait en dépensant les hauts et en empruntant pour sauver les bas. Son affaire dépendait de Davos de façon directe, et plus lointainement, des frères Legagne, père et oncle d’Ernest, hommes d’affaires depuis 1943 et résistants en 45.
De Davos, José Manuel Barroso qu’on avait connu à l’Europe faire le métier d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et qui une fois sorti de son haut-fonctionnariat s’était empressé de vendre son agenda à Goldman Sachs International, pour en devenir le président, Barroso le portugais, déplorait le ralentissement du rythme de la mondialisation, dans un anglais mélancolique comme dans une morna de la Diva dos pés descalços, Cesária Évora.
Oui, Armand et Louise allaient probablement être les futures victimes d’un Davos, sans qu’ils ne puissent changer le cours des événements, défenestrés par un Ernest Legagne, prêt à tout pour rester bourgeois, fils de bourgeois et heureux de l’être, mais ne l’éprouvant pas encore dans sa chair.
« A cause de la guerre en Ukraine la géopolitique est au premier plan, après des années de baisse d’inflation et de taux d’intérêt bas », affirmait Charles ‘Chip’ Kaye au banquet de fermeture. Kaye, directeur général de Warburg Pincus, une autre sommité de Davos, menaçait ainsi directement Laprune de mise à la rue, à défaut de trouver les moyens d’éponger les forts déficits de l’État belge !
Alors que Laprune prenait seulement conscience des difficultés de la crise précédente en suivant « Grey’s Anatomy » sur RTL, les difficultés de l’hôpital, la pandémie, etc., voilà qu’on le menaçait de « démondialisation » au tour suivant !
« Les entreprises disent qu’elles ont besoin d’une production plus proche du client », déclarait Jonathan Gray, président de Blackstone Group, au délégué de la FEB, lui-même groupé dans un pack de soixante informateurs des associations patronales des 27. Qui dit plus proche du client, voit moins de kilomètres à parcourir à mes camions, d’un coin à l’autre de l’Europe, ne pensait pas encore Legagne, persuadé qu’il allait se refaire à coup de quintes floches à une autre table.
« Il serait succinct de dire que la mondialisation est terminée, mais la mondialisation à laquelle les gens pensent maintenant n’est plus vraie. La mondialisation qui existait il y a quelques années, avec le libre-échange et l’idée du ‘monde plat’, est terminée », déclara M. Weber, tout à fait à la fin, clôturant ainsi le Davos, en y laissant la touche finale d’une panique inavouée.
Le « monde plat » l’idée libérale encore de saison au MR, serait déjà has been ? Dommage aurait pu se dire Laprune, cycliste, un monde plat n’a pas de côte !
Les grands augures en décideront.
Laprune a quelques semaines devant lui à faire du vélo. Legagne ne sait pas encore qu’il va empêcher l’autre d’avoir le coup de pédale souple du matin. La politique au sommet rend les gens innocents : jouets irresponsables des événements par le jeu subtil des nouvelles lois de la démocratie commerçante.
Penser que tout cela soit possible, c’est comme qui dirait plonger le citoyen dans un océan de méditation.

23 mai 2022
Détestation de la Ville de Liège !

Comment suis-je arrivé à détester cette Ville, moi qui l’aimais tant !
Né place Delcour ayant été logé de Robermont à la rue Saint-Nicolas, passant de la rive droite à la rive gauche, tous les quartiers et pratiquement toutes les rues me sont familiers.
C’est que je n’y reconnais plus rien de ce qui me la faisait aimer.
Après le massacre Destenay, ce libéral fou, voulant transformer la ville dont il était le maïeur en autostrades bornés de hauts buildings, nous aboutîmes au désastre architectural de la Place Saint-Lambert. Nous y perdîmes le charmant théâtre du gymnase et le square Notger. Nous assistâmes à la perte de quelques vestiges majeurs dont les écuries des prince-évêques, existant encore dans les méandres de la librairie Biblio et des magasins du Phare.
Puis, après trente ans du « Trou de la place », nous eûmes les tracassés du bien-être pas cher qui firent Droixhe. Leurs successeurs en démolirent une partie.
Pendant ce temps, prenant souvent les riverains par surprise, des concussionnaires complotèrent avec des entrepreneurs pour acheter, même parfois à prix d’or, des maisons de maîtres, parfois petites gentilhommières, tout au long des boulevards de la Sauvenière et d’Avroy. On se mit à saccager le formidable patrimoine immobilier, plutôt que de l’adapter en appartements originaux. Au nom de l’intérêt général, souvent synonyme d’intérêts particuliers innommables, on construisit des sortes de clapiers de douze étages sans âme et sans originalité. arrachant avec délectation des lambris de chêne, des cheminées de carrare, des stucs trompe-l’œil, des plafonds peints avec l’ardeur d’iconoclastes incultes pour y faire croître leurs horreurs.
Il eût été tellement esthétique et intelligent de laisser la Ville dans son ensemble telle qu’elle fut créée après le comblement de la rivière Avroy en 1835, en transformant adroitement les gentilhommières aux hauteurs de plafond souvent de plus de quatre mètres, en appartements originaux et de qualité.
Le spectacle architectural de ces deux grands boulevards est absolument navrant. On dirait la bouche d’un géant brèche-dent à cause des malheureux monuments d’époque pas rachetés encore à cause des propriétaires qui résistent, entre les canines éléphantesques de messieurs les entrepreneurs-urbanistes de la cité désarmante.

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Mais ce n’est pas tout, restait le motif suprême, la haine de l’automobilistes et des autos que l’actuel bourgmestre affiche dans sa dérive du tout-à-pied ou à vélo, sacrifiant ainsi à l’écologie pour qu’on ne lui reproche pas les grosses pollutions dont la Ville perpétue la tradition.
Le chantier du Tramway fut l’opportunité. Commencé un peu partout et achevé nulle part, voilà plus de deux ans que nous en sommes accablés. Tous les jours, il y des chantiers qui s’ouvrent sans que jamais les autres ne se referment. Les commerçants sont désespérés, les clients rares, les autos tournoient sans pouvoir atteindre une issue, les amendes pleuvent sous la forte progression des détournements et des rues barrées, le tout dans une incohérence rare.
On peut même se demander s’il y a un pilote dans l’avion, d’un projet au départ intéressant et qui tourne au cauchemar.
Certes avec Ecolo le Bourgmestre Demeyer ne veut pas se fâcher, l’automobiliste vache à lait idéale, ne disparaîtra pas avec les diesel et les vieux breaks à essence, sans les avoir traqués jusqu’au dernier, taxés et sommés de se vouer à l’électrique, comme si la plupart des usagers avaient les moyens et les bornes adéquates pour ce nouveau pari, aussi dingue et irresponsable que celui de Destenay, il y a soixante ans.
Le bourgmestre oublie que nombre de handicapés utilisent de petits véhicules à essence sans lesquels leur sort est scellé : la maison de retraite et les parties de dominos.
Il devrait faire le compte des mécontents. Il se pourrait qu’une majorité de Liégeois trouvent que le massacre de Liège d’autrefois, le tram, les chantiers, les détournements, les rues barrées et les manifestations publiques comme cette course à travers la ville de ce dimanche, resserrant davantage l’écheveau des rues permises à quelques-unes, en faisant passer du boulevard Kleyer aux Guillemins pour retrouver le boulevard Sainte-Beuve, juste derrière, ce ne soit un peu beaucoup !
Manifestement, on devrait être charmé des décombres, des trous et des rues barrées tantôt plus nombreuses que toutes les autres, qui nous feront une ville calme, agréable, reposante, après, quand ce cauchemar aura pris fin.
Connaissant les édiles, les haines des vieux ensembles et des vieilles voitures, on fait confiance pour qu’ils nous trouvent d’autres horreurs, une sorte de piétonnier général où pour descendre au centre, il faudra laisser sa voiture à Saint-Nicolas. Nul doute que sans la vache à lait motorisée, ils ne s’attaquent aux piétons, un permis de circuler en ville.
Reste le parcours de ce tramway mythique. C’est bien de longer la Meuse. C’est surtout facile. Le parcours Ans-Fléron, crucial pour la fluidité routière, ce n’est pas demain la veille que des petits génies en auront l’idée. On a oublié que nous étions jusque dans les années soixante en possession d’un réseau de tramways remarquables. Le Tram 10 allait bien de la Place Saint-Lambert à Fléron, tandis que son homologue descendait d’Ans.
Ah ! ce passé qui remonte sans cesse en amertume dans la bouche du Liégeois !

22 mai 2022
RV dans 20 ans !

Samedi 14 mai, une fusillade a eu lieu dans le supermarché d'un quartier africain-américain de Buffalo, dans l'État de New York. Ces fusillades sont monnaie courante dans un pays où les armes à feu sont très faciles d’accès. Arrêté, l'auteur de cette tuerie se nomme Payton Gendron, 18 ans. Il se présente comme raciste, fasciste, antisémite et se réclame de la théorie du «grand remplacement» de Renaud Camus.
Cet écrivain était inconnu pour la plupart avant qu’Eric Zemmour ne le mentionne dans sa campagne électorale. Il l’avait déjà fait auparavant chez Christine Kelly sur CNews, mais là encore, on n’y avait pas prêté beaucoup d’attention.
Renaud Camus est un écrivain et militant politique français d'extrême-droite.
Au cours de sa carrière littéraire, il écrit de nombreux textes au sujet de ce qu'il nomme le « grand remplacement » des peuples européens par l'immigration, ce qui le rend influent au sein de la droite identitaire. En 2014, il est condamné pour provocation à la haine et à la violence contre les musulmans.
C'est dans l'Abécédaire de l'innocence que Renaud Camus mentionne, en 2010, la thèse complotiste d'extrême-droite du grand remplacement, avant de la détailler dans Le Changement de peuple, paru en 2013. Il affirme s'inscrire dans la lignée du Britannique Enoch Powell, auteur du célèbre discours des fleuves de sang sur les conséquences du multiculturalisme.
Le « grand remplacement » serait un phénomène rapide et important au regard de l'histoire de France. Il évoque également la notion de « Grande Déculturation », qu'il appelle encore « enseignement de l'oubli » ou « industrie de l'hébétude » présentée par lui comme l'indispensable moyen du grand remplacement. Considérant que, parmi de multiples causes, les médias et surtout l'éducation nationale sont directement impliqués dans cette entreprise de déculturation, l'auteur présente en une phrase, souvent répétée sous une forme ou une autre dans ses interventions, les raisons pour lesquelles il y voit le principal moyen du grand remplacement : « Un peuple qui connaît ses classiques ne se laisse pas mener sans révolte dans les poubelles de l'histoire. »
Renaud Camus a tout de suite connu le succès dans les milieux de l’extrême droite. C’est sans doute une des raisons que la diffusion de son œuvre soit restée quasiment confidentielle.
Il a eu tout de suite des lecteurs capables de propager son idée de grand remplacement : Jean-Marie Le Pen, Stéphane Ravier, Marion Maréchal, Éric Zemmour, Ivan Rioufol, comme auprès de magazines Valeurs actuelles et Causeur.
Par contre, le Nouvel Observateur parle de la « bouillie xénophobe de Renaud Camus » et un article du Monde ironise sur le « grand boniment ».
Renaud Camus voit-il juste ou se trompe-t-il lourdement ?

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C’est toute la question que l’on devrait se poser en toute lucidité plutôt que se joindre à l’un ou l’autre parti d’extrême gauche ou d’extrême droite, afin d’y militer plus par intuition que par déduction.
D’autant que l’auteur n’a pas la rationalité d’un Emmanuel Todd pour définir avec le plus de précision possible qu’elle va être la courbe des naissances de la communauté européenne de souche et de la communauté maghrébine d’exportation récente sur notre continent.
Tout l’argumentaire de Renaud Camus tient dans notre déficit des naissances, mais pas seulement, dans l’esprit de corps musulman des populations d’importation d’Afrique du Nord posant aussi un problème culturel.
C’est déjà, quoiqu’en disent les polémistes de l’un ou l’autre camp, un problème français avant d’être européen, quoique certaines communes comme Schaerbeek en Belgique sont très proches des situations, surtout de banlieues, des grandes villes de France.
Les réponses fournies de l’un ou l’autre camp, le laxisme de la politique modérée menée jusqu’à présent en France sont aléatoires et dépendent directement des flux migratoires stoppés ou laissés aller au laxisme ambiant.
Une chose est certaine, les camps sont divisés sur ces questions de civilisation.
L’Histoire nous apprend seulement que les civilisations sont mortelles, même si certaines, comme la grecque et la romaine imprègnent toujours la civilisation occidentale.
Nous avons troqué le rassemblement des peuples par la chrétienté contre le rassemblement des peuples par la laïcité. Nous y avons perdu – est-ce une bonne ou mauvaise chose – le fanatisme des peuples ignorants, pour la découverte du Siècle des Lumières. Ce faisant, il semble que de cette victoire la laïcité ait hérité d’une trop belle assurance. Si la catholicité a perdu de sa puissance, par contre la religion musulmane de grande diffusion récente, n’a jamais été prise avec la même rigueur que la chrétienne pour sa remise en question face à la laïcité, le principe de base de notre civilisation.
Est-ce cela qui pourrait ressortir des élucubrations haineuses d’un Renaud Camus qui sans le savoir aurait parlé « vrai » ? Selon lui, rendez-vous dans vingt ans !