3 février 2023
Retraite qui décide ?

Les grèves en France contre le gouvernement Borne au sujet de la retraite à 64 ou 65 ans remettent en question le sens que l’on donne au travail.
L’Homme moderne n’est pas né d’une pièce, d’un coup de claquement de doigts, selon le calendrier qui voit défiler les années et les siècles. Sa transformation ou, plutôt, sa mutation en suivant le progrès des techniques et des disciplines de production ne sont pas des effets naturels propres à sa nature, mais, au contraire, les résultats d’une acceptation par la nécessité d’être de son temps ou de périr, de suivre à la lettre ce qu’on lui dit pour produire ce qu’ont décidé ceux chez qui il a loué ses services.
Voilà qui est contraire à sa nature, plutôt inventive, capricieuse et touche à tout, tantôt active, tantôt flemmarde.
Or, ceux qui décident pour lui de sa carrière, de sa longévité en années et en heures par jour de travail, ne fonctionnent pas du tout comme ça.
Certes, ils ont des chefs, des contraintes et vivent dans le respect d’une hiérarchie dont en France, le président de la République est le chef suprême qui fait et défait les carrières. Mais, entre le lever et le coucher, ils vont et viennent mêlant leurs préoccupations de carrière à des considérations éthiques et ludiques personnelles, selon des agendas dont une petite partie est seulement de contrainte.
Il est impossible de comparer une journée de travail entre ces deux sortes de travailleurs, de quantifier ce qu’ils proposent d’eux-mêmes à autrui pour justifier le salaire que leur donne l’État ou le patronat.
Les uns apparaissent accablés par les contraintes, tandis que les autres se plient ou s’esquivent de leurs obligations de façon unilatérale, sans rencontrer une réprobation systématique.
La question financière est vite tranchée en faveur de ces derniers. Les salaires sont incomparables, dérisoires d’un côté, hypertrophiés de l’autre. L’argent, dans cette société, permet entre autres, d’organiser le temps de loisir d’une manière tout à fait différente selon les sommes que peuvent y consacrer ceux qui perçoivent une rétribution pour ce qu’ils font.
Les uns n’ont souvent aucune possibilité de varier les plaisirs, les autres le peuvent aisément en y ajoutant des dépenses purement culturelles, que sont les plaisirs raffinés des fauteuils d’orchestre dans des concerts, des conférences, des achats de livres rares et des évasions dans des pays exotiques pour y connaître les mœurs et la langue ou tout simplement pour s’y baigner dans la piscine d’un cinq étoiles.
En même temps que le curieux et l’édifiant d’une conclusion préliminaire, ce n’est pas au travailleur en bleu ou en cache-poussière, rivé à ce qu’il fait, payé chichement, à qui revient de décider du nombre d’années de présence, à un travail agencé selon les normes d’un tiers, mais à l’autre celui qui est dans une forme différente de travail, dont on n’a pas encore trouvé un autre nom, pour le désigner, alors qu’ils sont d’essence tout à fait différente.

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On objectera que les décideurs de l’âge de la retraite ont d’autres considérations que le respect et le progrès de l’humain. Ils sont tenus de veiller à un équilibre entre les productifs et les improductifs. Les variantes démographiques sont propices aux déséquilibres entre la somme de travail, d’un ensemble selon le nombre de bras permettant de l’étendre sur le temps de l’accomplir. Mais leur condition les met hors d’état de juger ce qui est bon ou pas pour ceux qui pratiquent ce qu’ils ne font pas et ne feront sans doute jamais, comme un enfermement de huit heures dans un lieu clos, réagissant à l’avertisseur sonore qu’il est midi ou cinq heures.
La question du mérite est à débattre. Il paraît qu’aller à l’école plus longtemps que d’autres donne droit à un meilleur salaire et à une autre considération. Aucune école au monde n’a jamais permis de classer les intelligences comme les prix des marchandises dans les rayons d’une épicerie. La plupart des hautes tâches administratives de l’État peuvent se faire par n’importe qui possède une capacité de jugement critique et d’intelligence pratique.
Mais comme dans toute organisation sociale le prince doit être entouré d’un certain nombre de gens qui le protègent par la défense de leur intérêt personnel, au fil du temps, on a trouvé pratique de les sélectionner par diplôme. Ce qui n’est pas du tout le cas dans le privé, le seul critère étant le pouvoir par l’actionnariat.
Reste la valeur morale du travail. Le plus grand nombre se dévouerait pour une société inégalitaire au plus haut degré, à qui pourrait-on faire croire à ces sornettes ?
Que la sinistre obligation de la vie impose le travail, soit, mais qu’on demande d’y croire à ceux qui descendent dans la rue pour qu’on ne touche pas à l’âge de la retraite, de révérer son métier avec celui des autres, passe l’entendement du philosophe. Certains préfèrent la nuit au jour, n’est-ce pas leur droit ? Rien ne sert d’être vivant le temps qu’on travaille.
André Breton dans « Nadja » n’écrit-il pas « L‘événement dont chacun est en droit d’attendre la révélation du sens de sa propre vie, cet événement que, peut-être, je n’ai pas encore trouvé, mais sur la voie duquel je me cherche, n’est pas au prix du travail ».
C’est justement là qu’on retrouve Emmanuel Macron et son soldat Borne, ces gens qui tranchent selon leurs critères que la multitude des Français doit accomplir trois ou quatre ans de plus pour trouver une raison d’être. Ce n’est pas au prix du travail qu’ils la trouveront.

2 février 2023
En guerre imminente ?

Toute l’attention des gens se porte sur la dégradation du niveau de vie. Comment le système prend la perte du pouvoir d’achat à la légère, quand les hauts placés à galette reportent sur nous la responsabilité de leurs politiques. Les élites nous promènent dans leur délire néolibéral. Nous nous attachons, quasi exclusivement à ce conflit avec les Autorités.
On en oublie notre implication dans la guerre que Poutine mène en Ukraine.
Si les sorties de guerre sont beaucoup commentées, le basculement inverse a été peu étudié. Il s’agit de réfléchir au passage de la paix à la guerre. Savoir comment les gens prennent conscience que les actes et les prises de position de leurs dirigeants y mènent ou n’y mènent pas !
Or, s’il y a bien une chose dont on ne parle pas, ce sont les conséquences possibles où pourrait conduire l’aide de l’Europe à l’armée ukrainienne.
Il ne s’agit pas de peser le bienfondé de cette aide nécessaire du point de vue de nos seuls intérêts. Cela a déjà été tranché. Nous ne pouvions pas assister à la mort d’un État européen sur les ukases d’un dictateur russe. Il était hors de question une fois la démocratie étouffée en Ukraine, que celle-ci se voie coiffée d’un président à la solde de Poutine.
Certes, nous aurions dû monter aux créneaux dès l’invasion de la Crimée. Outre que cette invasion fut une promenade de l’armée de Moscou, il a semblé en 2014 que les Autorités ukrainiennes n’aient pas voulu aller plus loin qu’une simple protestation. Il était généralement admis à propos de la Crimée lors de son invasion en 2014, qu’elle était fondamentalement un territoire russe « donné » en signe d’amitié au temps de l’URSS à une République amie. Or, il n’en est rien, ce territoire ayant été conquis par les armes d’un tsar précurseur de Poutine. Le khanat de Crimée est attaqué par l'Empire russe au XVIIIe siècle. Au cours des campagnes d'Azov, le tsar Pierre le Grand attaque la ville d'Azaq (l'actuelle Azov). Après un premier siège infructueux en 1695, il finit par s'en emparer en 1696.
À l'issue de la guerre russo-turque de 1768-1774 les Tatars de Crimée, jusque-là vassaux de l'Empire ottoman, deviennent théoriquement indépendants par le traité de Küçük Kaynarca.
Mais en pratique le khan passe sous protectorat russe, et, contesté par la population, dépend du soutien russe. Après plusieurs années de désordres, l'impératrice Catherine II procéda à l'annexion du Khanat en 1783,
Nous avons donc choisi d’aider les Ukrainiens à contenir une armée dix fois supérieure en hommes et en matériel, huit années après l’annexion de la Crimée par défaut de connaître l’histoire et entraîné par l’Ukraine à faire passer ce territoire au compte de profits et pertes de la République.
Ce faisant, nous avons déclenché un processus nous conduisant à entrer tôt ou tard en conflit ouvert avec les troupes du dictateur de Moscou.

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En effet, un dictateur qui invente les motifs d’une guerre doit impérativement la gagner ; il y va de la survie de son régime et de lui-même.
Après le triomphe de Crimée, Poutine a cru pouvoir aller plus avant en faisant tomber le régime de Kiev par une simple démonstration de force , sorte de parade militaire, jusqu’à la capitale de l’Ukraine, sur le temps que Zelensky et son gouvernement se réfugiait à l’Ouest.
Au lieu d’un défilé avec la population jetant des fleurs aux tankistes, ce fut un déluge de feu et une résistance de la petite armée adverse bien résolue à défendre la terre et son régime démocratique.
C’est alors que l’Occident prit conscience de la dangerosité du dictateur du Kremlin en aidant par petits dons progressifs la capacité de résistance de l’armée de Zelensky.
Ce fut le premier acte ouvrant la voie à la guerre, tempéré par le sentiment que prenant conscience d’avoir à faire tôt ou tard à l’OTAN et à l’Amérique, le dictateur chercherait une porte de sortie par la négociation. Il aurait certainement conservé la Crimée et aurait négocier l’indépendance du Donbass qui comprend deux oblasts (provinces) : l'oblast de Donetsk et l'oblast de Louhansk.
Mais quel que soit le résultat des négociations, la dictature de Poutine aurait pâli en Russie, à cause des prétextes que le dictateur avait donnés à son peuple sur l’invasion de son voisin, à savoir, entre autres, l’éradication des fascistes de Kiev.
Aujourd’hui, c’est l’escalade entre deux armées faisant face. Moscou ajoute des chars et des drones, l’Occident fournit des chars et des drones à l’Ukraine.
Les parties ne peuvent plus reculer.
C’est aussi impensable pour Poutine de perdre la guerre que pour l’Amérique et l’Europe de perdre la face dans cette guerre qui, pour le moment n’en est pas une entre la Russie et l’Europe.
Poutine joue tout simplement sa peau dans ce conflit qu’il ne peut pas perdre, sans mettre fin à son règne.
A moins d’un sursaut des opposants du dictateur à Moscou et à Saint-Pétersbourg, mettant fin à cette guerre enclenchée sur une faute d’appréciation du dictateur, on est bel et bien parti pour un conflit majeur entre l’Otan, à défaut d’une armée européenne, et l’armée russe.
En résumé, nous sommes entrés dans un processus qui mène inexorablement à la guerre.
En avons-nous conscience ? Les médias n’osent aborder la situation sous cet angle. Nous avons donc une guerre « prévisible » dont nos dirigeants auront pris soin de ne la mentionner que lorsque l’OTAN entrera en Ukraine pour soutenir l’armée ukrainienne en voie d’être défaite. Ils nous placeront, une fois de plus, devant un fait accompli.

1 février 2023
Maudite Europe !

Nous sommes malades de l’Europe, ce grand rassemblement des peuples européens n’a pas réussi à nous enchanter, dans un premier temps, pour réussir à nous décevoir, dans le second.
Ce sentiment de plus en plus partagé pèse sur nos relations dans la politique intérieure, puisqu’il est courant de s’entendre dire par le pouvoir que nous ne pouvons pas contrarier la politique de l’Europe dans notre politique intérieure.
Cette conformité obligatoire réduit l’autonomie des États membres à presque rien, surtout dans le domaine social. En effet, l’Europe s’affiche clairement libérale dans le sens d’un domaine privé qui a la priorité sur le domaine public, au point de réduire celui-ci d’année en année à pas grand-chose.
La ligne néolibérale défendue par la Commission est devenue indéfendable dans un monde divisé en plusieurs blocs qui se font une guerre commerciale à coups de marchés antagonistes, parfois aussi à coups de canon. Elle l’est aussi socialement par la mise en concurrence des travailleurs des pays adhérents, modifiant les statuts et équarrissant les salaires vers le bas.
La politique extérieure de l’Europe est désastreuse, on y sent la vassalité aux États-Unis. Elle n’a pour ainsi dire pas d’autonomie par rapport à son puissant mentor. De même qu’elle accepte sans murmure les sanctions contre des entreprises européennes qui commerceraient avec des nations qui sont sous embargo américain.
La guerre à la frontière de l’Europe est un cas d’école.
Puisqu’il a été décidé d’aider l’Ukraine à se défendre contre son agresseur, on attend la position des États-Unis pour la livraison d’armes sophistiquées, comme les chars lourds nous en révèle le procédé.
Personne n’a prévu une issue fatale qui serait une victoire de l’agresseur. Cette alternative entraînerait ipso facto la défaite de l’Europe aussi ; qu’elle serait l’attitude de celle-ci, si les vainqueurs plantaient leur drapeau à la frontière de la Pologne ?
Quelle serait la décision de l’OTAN autre puissance extra-européenne, pourtant gérant militairement la quasi-totalité du territoire des Vingt-sept ? Afin de ne pas perdre la face, ne serions-nous pas obligés d’intervenir militairement en Ukraine, afin de repousser l’ennemi chez lui ? Bref de faire la guerre ?
Aucun des grands projets de l’Europe n’a abouti. La politique des frontières (Schengen) est un échec. Vient en Europe qui veut, sans y être invité et sans permis de séjour. Le flux migratoire au frontière est incessant. Des bateaux affrétés par des organisations caritatives sauvent de la noyade des milliers de candidats à l’asile venus d’Afrique. Au lieu de les reconduire là d’où ils viennent, on les dépose dans des ports européens.
Ils entrent ensuite en Europe et font leur choix du pays dans lequel ils vont vivre. Ils s’y installent illégalement et tentent de survivre comme ils peuvent. Ils savent bien qu’ils sont quasiment inexpulsables par les lois cumulées des Etats et de l’Europe, tant les recours sont innombrables et les coûts de rapatriement élevés.
Ce déferlement empêche une politique d’accueil acceptable, tout en discréditant l’Europe qui fait la leçon pour plus d’humanité aux États récalcitrants.
Poussant au maximum l’initiative privée, l’Europe est à la base du démantèlement et de l’appauvrissement des pouvoirs publics allant des Services sociaux aux populations pauvres, au manque d’investissements des hôpitaux ouverts à tous. S’en suit la durable impression qu’une politique de démantèlement de tous les acquis sociaux se poursuit, en consensus avec les autorités des pays adhérents.

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Le néolibéralisme tenant pour acquis que chacun peut trouver un emploi et qu’il suffit de traverser la rue, selon Emmanuel Macron, pour de l’embauche, les aides attribuées aux chômeurs se voient régulièrement réduites dans les États à majorité libérale, ce qu’ils sont presque tous devenus par le phénomène généralisé d’une poussée de la droite partout.
De même, il est « nécessaire » de relever l’âge de la retraite dans les pays, comme la France, que l’Europe estime trop bas. On chuchote même dans les couloirs du Berlaimont que l’âge idéal serait de septante ans !
Ainsi, sans politique européenne réelle, sans prise de décision aux seuls critères de l’Europe, avec une guerre dont on ne sait que faire sur les bras, sans armée et sans l’intention d’en construire une, avec des achats massifs d’armement aux USA, alors que nos entreprises et pas seulement d’armements, mais encore touchant à tout, de la pharmacie aux secteur de pointe de l’atome et de l’électronique, se décentralisent en Inde et en Asie, l’Europe s’ajoute en grand corps malade à celui de notre gouvernement fédéral, en passe de se confédéraliser à notre insu.
Cette Institution qui allait faire des merveilles est devenue un obstacle à l’amélioration de l’existence du plus grand nombre. L’Europe aggrave le sort d’une démocratie déjà mal en point, rien que par la faute des acteurs locaux.
Si à cela on ajoute l’absence d’élections pour la constitution du parlement européen, on aura un tour quasiment complet des raisons d’un désamour général de l’Europe.

31 janvier 2023
OÙ WALLON-NOUS !

2024 sera-t-elle la dernière législature de l’usine à gaz Belgique dans sa forme fédérale ?
C’est possible vu la déclaration de Bart de Wever et pas que… l’insolvabilité financière imminente du niveau fédéral et des niveaux wallon et bruxellois, est criante. Elio Di Rupo nous a raconté tellement de craques sur l’argent en caisse, qu’il a endormi les gens, tandis que son gouvernement y allait de bon cœur dans les dépenses inutiles.
Les deux Régions francophones par leur mauvaise gestion apportent de l’eau au moulin de Bart De Wever qui n’a plus qu’à souligner que la Flandre ne peut plus cohabiter avec des paniers percés.
Mais il y a aussi la tension (financière) entre les Bruxellois francophones et les Wallons qui défendent manifestement des intérêts différents. Si bien que nos élites vent debout contre le projet De Wever partent à la castagne dispersés et plus que jamais opposés.
Bart De Wever propose de passer outre l’État de droit (2/3 des voix pour changer la Constitution) pour imposer l’autonomie de la Flandre de manière extra-légale.
Et bon sang de bon sang ! en tant que Flamand, il a raison !
Les citoyens francophones de ce pays sont coupables d’avoir voté pour des fossoyeurs qui n’ont fait que creuser notre propre tombe depuis vingt ans !
Quant à l’État de droit, depuis le temps qu’on s’arrange pour l’oublier, voir le Traité de Maëstricht, les accords avec l’Europe sans consultation populaire et les labyrinthes juridiques de la frontière linguistique, on ne comprend pas que Nollet s’étrangle à la pensée qu’on risque de perdre le fil de la Constitution, si ce n’est pour nous jouer un acte de Tartuffe, quand celui-ci tente de séduire la femme de son bienfaiteur.
A bien regarder nous n’avons que ce que nous méritons.
La Flandre agit selon les critères du capitalisme. Ce système n’est-il pas celui que nos dirigeants admirent le plus, et en redemandent jusqu’à la boulimie ? Ne veulent-ils pas nous américaniser à fond dans leur obsession néolibérale ?
Dans ce contexte, le pognon est roi. Une entreprise florissante se débarrasse au plus vite de filiales au bord de la faillite ? Fin décembre, on a vu la Société mère de MAKRO liquider un poids mort, au point que le personnel licencié ne touchera probablement aucune indemnité !
Alors, de quoi se plaint-on ?
Pascal Delwit, politologue de l’ULB, gourou de la bienpensante Belgique, s’en prend vertement à la N-VA dans La Libre : « Pour outrepasser la constitution avec une forme d’acceptation sociale et politique, il faudrait un large accord. Sinon, c’est un coup d’État au sens littéral. »
Ce sera probablement le thème de nos partis de gouvernement quand sonnera l’heure de la propagande électorale. « Surtout ne pas toucher à la Constitution quand le quorum des députés n’est pas requis ».
Alors que depuis 1919 à Lophem en approuvant le vote unique universel, on a bricolé les moyens de contourner la Constitution, depuis on n’a fait que ça, pratiquement à chaque annexe ajoutée à notre usine à gaz, avec ou sans législature réformatrice du bidule sur le droit et l’État.
Bart De Wever et d’autres fins pronostiqueurs sont convaincus qu’avec le Vlaams belang et le PTB, la N-VA sera incapable de passer la réforme confédérale en 2014. Alors, il veut y aller par la force. Il n’a pas tort par expérience, puisque les Régions francophones ont toujours fini par accepter les ukases de la Région flamande. Il n’est même pas dit qu’elles n’approuveront pas cette dernière, à condition que la Flandre leur jette un sac d’écus.

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Voilà encore une différence avec la Flandre, les Régions francophones marchent au pognon ! Les achète qui y met le prix. Il pourrait se dessiner un accord sur le confédéralisme lié à une assistance financière de plusieurs années. Pourquoi pas ? À Namur, au Parlement, on est rompu aux marchandages et à la nécessité de penser au renflouement des caisses.
C’est insupportable pour les Wallons qui ont un reste d’honneur et qui voient leur Région comme jadis les pauvres, aux portes des églises tendre une sébile aux riches paroissiens.
Car on en est là, malgré les rodomontades de Nollet et les versions latines que Paul Magnette échange avec son ami Bart.
Il en a oublié une « Si vis pacem, para bellum » (Si tu veux la paix, prépare la guerre »). Or la Région n’a rien préparé du tout. Elle n’a fait aucun plan par précaution pour le cas de figure qui se présente. Elle avait et a toujours confiance dans le bourgeoisisme ambiant qui voit l’avenir dans la certitude d’une Belgique unie et européenne, même si des replâtrages sont nécessaires.
Bref, l’usine à gaz en partie son œuvre, est avant tout une œuvre commune avec la Flandre.
Alors qu’il eût été d’une grande sagesse de mettre ensemble les francophiles, les rattachistes, les royalistes unitaristes et les quelques survivants des thèses de François Perrin et des fondamentaux qui ont produit André Renard et le Mouvement Populaire Wallon, afin de trouver un compromis et d’avoir un but à atteindre en cas de séparation.
Mais cela, PS, MR et Écolo n’y ont jamais pensé.
Si bien que la paire effarante que sont les deux incapables Di Rupo et Borsus, sera notre représentante à ce moment de notre histoire où il eût fallu un Metternich et un Talleyrand.
On a les chefs qu’on mérite en démocratie… ces deux-là, c’est le pompon !